CROISSANCE ET RIGUEUR
DES WOERTH ET DES PAS MûRS

PENIBILITE : TERRAIN MINE

 

La prise en compte de la pénibilité du travail par le système de retraite se heurte à des obstacles de définition, d’évaluation et d’évolution. C’est bien pour cela qu’aucun pays de l’OCDE ne s’est engagé dans une telle voie. En France nous nos heurtons à un fantasme syndical qui en fait un cheval de bataille, faute de pouvoir l’emporter sur le débat anachronique de l’âge de départ et de la durée de cotisation.

Deux raisons au moins font de ce débat un faux débat. D’abord, il y a quelque chose d’immoral à concevoir un système qui préférerait payer pour compenser une espérance de vie réduite plutôt que d’investir dans la prévention pour éviter que cela se produise. Qui plus est au travers d’un système qui s’appuierait sur la présomption et non sur la constatation. On imagine les dégâts dans le temps : c’est refaire le coup de la retraite à 50 ans du cheminot sur machine à vapeur qui se perpétue encore aujourd’hui alors que les conditions de travail n’ont plus rien de comparable. Mais ce qui est gravé dans le marbre. …. … Imaginons un seul instant quel impact aurait sur l’embauche une liste de métiers qui ouvriraient droit à une retraite anticipée pour « pénibilité ».

Ensuite, il y a une raison pratique : les causes d’une réduction de l’espérance de vie ne sont pas forcément de nature professionnelle seulement ; les origines peuvent être multiples, telles que le cadre, le mode et l’hygiène de vie, qui peuvent avoir un impact déterminant. Et une liste de critère comme celle qui a été définie par les partenaires sociaux (exposition aux substances cancérigènes, travail posté, travail de nuit…) ne règle rien car il peut y avoir de nouveaux facteurs qui apparaissent comme ceux liés à la fragilité mentale et autres…

C’est pourquoi le gouvernement a choisi la prudence en abordant le problème sous le seul angle maitrisable celui qui constate que la pénibilité est médicalement avérée, au cas par cas, qui est la logique d’indemnisation de l’invalidité en cors dans tous les pays de l’OCDE.

Cela ne satisfait pas les syndicats qui depuis longtemps assimilent les dispositifs de départs anticipés à une forme de « réparation » de la pénibilité et qui voudrait étendre le principe à une reconnaissance spécifique pour les salariés ayant été exposés à des métiers dangereux ou dégradants pour la santé, dans une prise en compte collective. On sait ce que cela a donné avec les régimes spéciaux !

Avec le déni de l’impact démographique, on est dans une surenchère surréaliste alors que la priorité est de sauver le système de retraite par répartition déjà en partie au fond du gouffre.

A tel point que certains se demandent légitimement, si ce n’est pas une injustice de plus qu’on veut faire subir aux générations qui nous suivent et qui auront à la payer.

 

 

Commentaires

jibe 124

- le travail pénible peut donner mauvaise mine.. Mais de là à parler de terrain miné !

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