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OUF !

Drapeau européen 


L’Irlande a voté « oui » et le score (67%) efface complètement le « non » qui avait tout bloqué il y a un peu plus d’un an et demi. Cette fois-ci les motivations étaient inverses, en raison de la crise. Mais peu importe. L’évolution constitutionnelle inscrite dans le traité de Lisbonne est de nouveau sur les rails. Reste un écueil, celui du Président tchèque, esseulé, qui refuse toujours de signer le traité pourtant ratifié par son parlement, et qui cherche à gagner du temps en espérant une victoire des conservateurs britanniques au printemps prochain. Une course contre la montre est donc engagée pour faire entrer le nouveau traité en application dès le début de l’année prochaine.

Il est important que l’Europe soit relancée, et cerise sur le gâteau, au moment où l’on va fêter le 20ème anniversaire de la chute du mur de Berlin. Tout un symbole. Ce "oui" pourrait clore enfin un chapitre institutionnel qui n’a que trop duré. Il se sera écoulé 15 ans depuis le traité de Maastricht.

Que peut-on attendre de la « nouvelle Europe » ? Nos concitoyens n’imaginent certainement pas quel changement fondamental le traité apporte : c’est l’assurance d’une place sur la scène mondiale autrement plus crédible qu’actuellement, même si, grâce au volontarisme de Nicolas Sarkozy et d’Angela Merkel, elle a beaucoup plus parlé d’une seule voix qu’auparavant, à l’occasion de la crise. Demain elle offrira un tout autre visage  avec un vrai exécutif et une vraie gestion commune des « affaires étrangères ». C’est sans commune mesure avec la situation actuelle : un président élu pour deux ans et demi, un ministre des affaires étrangères qui ne dit pas son nom mais qui en aura les prérogatives. L’Europe qui s’annonce ce sera aussi plus de démocratie avec un parlement aux pouvoirs renforcés, et plus de réactivité grâce à des décisions plus rapides.

Bien entendu, le grand marchandage est probablement déjà commencé pour trouver un accord sur les deux postes à pourvoir et les personnalités compétentes pour  les occuper ne manquent pas.

L’année 2009 se termine donc sur une bonne nouvelle. Nous devrions en être d’autant plus satisfaits, nous Français, que notre Président n’est pas pour rien dans la décision de procéder à un deuxième referendum irlandais. Mais bon, notre opposition est coite dans ce cas-là !



IMPOTS LOCAUX : ENVOYEZ L’ADDITION !


Comme les feuilles d’automne qui tombent, nous arrivent les diverses taxes qui constituent ce qu’on appelle les impôts locaux. Force est de constater que les collectivités locales n’y vont pas avec le dos de la cuillère. Elles ont évidemment toutes de bonnes excuses et beau jeu d’accuser l’état qui se défausse sur elles. Vrai et faux. Car il y a à boire et à manger dans les différentes hausses. Et si au lieu de commencer par faire la liste des dépenses, nos élus faisaient d’abord le constat de leurs recettes et décidaient de ne pas dépenser plus ! Vous n’y pensez pas, monsieur, et nos projets ? Nos promesses mirifiques pour être élus … ? Alors comme personne ne s’y retrouve dans l’empilement des impôts sur la feuille que l’on reçoit, chacun en profite. Ici, c’est la part départementale qui en prend à son aise, là c’est la région, ou encore la commune, quand ce n’est pas les trois en même temps.

Une réforme radicale s’impose. D’abord laissons à la commune les trois vieilles : taxes foncières sur le bâti, sur le non bâti et taxe d’habitation. Cela paraît logique. On pourrait étendre la compétence aux communautés de communes ou d’agglo, à condition qu’elles passent sous le régime du suffrage universel. Pour le Département et la Région, aux compétences bien spécifiques, on crée une taxe départementale et une taxe régionale permettant de financer le fonctionnement et le développement de leurs blocs de compétences. Finies les dotations de l’Etat, sauf peut-être une dotation de péréquation pour égaliser quelque peu les chances entre riches et pauvres. Chacun serait devant ses responsabilités. Pour moins dépenser et mieux utiliser l’argent public, il faut en finir avec les guichets multiples et les financements croisés. La Taxe professionnelle, cet impôt imbécile, a été un formidable encouragement à la prodigalité. Elle est supprimée en grande partie et c’est une bonne chose. Il est grand temps que nos édiles apprennent l’économie, au sens noble du terme. Ce ne sera possible que s’ils sont responsables en pleine clarté devant nos concitoyens.



ZERO CUMUL : FAUSSE BONNE IDEE



A force de vouloir être dans l’air du temps, et de vouloir faire mieux que ceux qui n’ont pas d’élus, alors forcément on tombe dans l’erreur. Il faut, paraît-il renoncer au cumul des mandats et des fonctions : c’est ce qu’exigerait l’opinion. A voir ! Je ne suis pas certain que nos concitoyens soient aussi sévères en matière électorale, comme semble le prouver la réélection sans difficulté de nombre de « cumulards ». Pourtant, on était arrivé à un modus vivendi acceptable avec l’écrètement des indemnités et la limitation à deux mandats. Le bon équilibre n’est-il pas d’avoir un mandat local pour la proximité et un mandat national pour la représentativité et l’efficacité. Chacun sait bien que le maire d’une grande ville la sert mieux s’il dispose d’un mandat national (Angers en est la preuve par l’absurde) : il lui est plus facile de faire avancer ses dossiers auprès des ministres… Demandez à Gérard Collomb, le maire de Lyon. Et quand on pose la question à Jean-Marc Ayrault, il est plutôt embarrassé.

D’où vient donc cette idée du mandat unique ? C’est typiquement une idée de gauche, d’extrême-gauche même. Une position idéologique née autrefois dans les « soviets » avec le « mandat unique révocable » et justifiée par la crainte de « l’embourgeoisement » ou de la prise de liberté par la situation acquise. Un élu qui a plusieurs mandats devient moins perméable aux injonctions du parti. Il faut dire que les partis en question ayant peu d’élus, ils peuvent sans gêner personne prôner la « pureté » démocratique par le mandat unique.

Alors pourquoi l’UMP s’est crue obligée d’en rajouter en la matière ? Qui plus est, en changeant la règle du jeu après avoir fixé un calendrier de désignation des têtes de listes régionales. Au nom de la directive Jospin ? On s’étonne après de retrouver des ministres dans la seringue, obligés de renoncer ou de choisir. Ubu se serait-il installé rue La Boétie ? Doublement stupide : premièrement on se piège tout seul, deuxièmement, on tombe dans le piège tendu par la gauche. Cerise sur le gâteau : on risque de se priver des meilleurs candidats pour reprendre des régions aux socialistes !!!

Avec l’arrivée de Nicolas Sarkozy, je pensais enfin que la droite avait renoncé à être la plus bête du monde. Il y a des jours comme aujourd’hui où je doute.



ALLO MAMAN BOBO …

Angers_maine_chateau.miniature


Le moins qu’on puisse dire, c’est que le maire d’Angers a de la suite dans les idées. Il sort à point nommé son projet de réaménagement des voies sur berges, sûrement pour faire oublier ses déboires avec le tramway dont le coût dérape constamment, l’annulation du Plu ou les convulsions de la liaison sud. Est-ce bien sérieux ? S’il est vrai que la ville d’Angers, contrairement à l’agglo, est peu endettée, avant d’envisager un tel aménagement, il conviendrait de réaliser la 2ème ligne de tramway.

Et le lancement des études, qui vont évidemment coûter une fortune, s’appuie sur une vision certes flatteuse mais parfaitement irréaliste : c’est bien de vouloir supprimer la coupure des voies sur berges pour se réapproprier les rives, mais en choisissant de combler les trémies, on prive le centre-ville d’un accès rapide et pratique, et l’agglomération d’une radiale très utile à son irrigation. Croire qu’on va diminuer l’impact de la circulation automobile relève du fantasme : elle ne diminuera guère, parce que les autos vont évoluer, vont devenir moins bruyantes (électriques) et moins polluantes. On nage en plein délire bobo !

D’autant plus que d’autres solutions sont possibles, comme par exemple couvrir sur toute la longueur la voie sur berge, mais c’est Jean Monnier qui le préconise, alors….