LA SCIENCE CONFRONTEE A L’OBSCURANTISME

Vaccin-enfant

 

Le  phénomène atteint tous les pays occidentaux,  mais notre pays est  particulièrement concerné. Il suffit d’observer le recul du nombre des étudiants inscrits dans les disciplines scientifiques qui sont passés de plus de 130 000 dans les années 1996-97 moins de 10 000 au début des années  2000 et le déclin s’est  poursuivi depuis. Une chute préoccupante d’autant plus qu’inversement on voit progresser les comportements  de méfiance à l’égard  de la science, une forme d’obscurantisme qui se propage  d’autant plus facilement qu’internet offre  des tribunes  aux arguments  simplistes des  propagandistes.  Si la méfiance éthique est raisonnable  quand il s’agit par exemple de bioéthique, domaine où tout ce qui est techniquement possible n’a pas vocation à être autorisé, elle n’est  pas de mise quand il s’agit de sujet de santé publique mettant en jeu la  sécurité sanitaire collective.

La  vaccination.

Alors, je vais faire  encore hurler, mais je veux  participer au combat contre  l’obscurantisme quand il s’agit de la vaccination obligatoire. Au moment où nous constatons une recrudescence des maladies infantiles contagieuses et où notre  pays est exposé à une immigration  de population dont  l’état  sanitaire pourrait s’avérer dangereux en propagation d’épidémies diverses, ce qu’on peut lire, entendre ici ou là sur la  vaccination obligatoire me laisse pantois. Quand j’apprends que 55%  des français pensent que le ministère de  la Santé est de mèche avec l’industrie pharmaceutique pour cacher la nocivité des vaccins, je dis qu’on nage en plein délire. Quand on se  met  à craindre la science plus que la nature,  la médecine officielle  plus que les  errements des médecines alternatives, l’intégrisme n’est pas loin.  Quand il s’agit de leur santé personnelle, les patients ont le droit de faire ce qu’ils veulent, y compris de  croire au pouvoir des poudres de perlinpinpin. Mais quand il s’agit de la vaccination, le libre arbitre individuel n’a  plus lieu d’être. Car disons-le haut  et fort, la vaccination n’est pas affaire de choix individuel,  c’est une décision qui nous engage tous :  ceux qui ne se vaccinent pas mettent  la santé des autres en danger et s’ils  tombent malades  par leur faute, ils ont évidemment recours à la Sécurité sociale, qui est aussi financée  par les autres ! La logique de solidarité collective en matière de vaccination s’impose donc, voilà pourquoi il faut à  juste titre la rendre obligatoire pour un certain nombre de  maladies. Toutes les études scientifiques depuis un siècle montrent que la vaccination est vitale pour la collectivité et sauve des millions de vies. Il  ne sera pas  dit que le pays de Descartes soit  devenu le pays de la  haine de la science.

Les onze vaccins obligatoires.

En matière de sciences, toutes les opinions ne se valent pas. Tout est bon pour  alimenter le fantasme de collusion  avec les laboratoires mais on ne peut pas faire l’impasse sur l’épidémie de rougeole qui a frappé la France en 2011 : entre 2008 et 2016, plus de 24 000 cas déclarés,  près de 1500 ont  présenté une pneumopathie   grave, 34 cas ont connu des complications neurologiques et 10 sont décédés. A  côté, les rares inconvénients issus des vaccinations sont bénins. Il est bon que la vaccination soit obligatoire. Les résistances n’ont pas lieu d’être, sauf à se réfugier dans l’obscurantisme et les croyances,  comme présenter la vaccination comme un acte « contre-nature ». Il ne s’agit  pas de condamner le recours à l’homéopathie, mais celle-ci ne doit pas exclure la  médecine allopathique. Et quand il s’agit de lutter contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite, la coqueluche, les méningites, l’Hépatite B, la pneumonie, la  rougeole,  les oreillons ou la rubéole qui font l’objet des 11 vaccins obligatoires, la  question de  la  liberté individuelle ne peut se  poser face à la sécurité  collective.

Ces croyances qu’il faut combattre.

L’hygiène a permis la disparition des maladies infectieuses : c’est faux ! C’est l’introduction du vaccin qui a permis la diminution des personnes infectées. L’exemple observé au Japon le prouve : un suspension du programme de vaccination contre la coqueluche a été suivi d’une explosion de la maladie qui retombe  dès que le programme reprend. Le pays n’a pas connu, dans le même temps, de crise de l’hygiène qui aurait pu apporter l’explication,  ce qui,  en aucune façon n’aurait influencé la bactérie responsable de la  coqueluche.

Multiplier les vaccins nuit au système immunitaire des enfants : Encore faux ! Leur système immunitaire peut affronter plusieurs vaccins à la fois, et même ceux-ci le stimulent en lui permettant de fabriquer des défenses. Une étude a même estimé que le système immunitaire des jeunes enfants peut répondre à 10 000 vaccins à  la fois.  Avec 11 vaccins, il reste de la marge.

L’immunité innée est suffisante pour faire face aux maladies : toujours faux ! A la naissance, un nourrisson est protégé contre certaines  maladies grâce aux anticorps transmis par la mère, mais l’immunité disparait après quatre mois tout au plus. Seule la vaccination apporte une protection complète et durable.

Les  vaccins causent l’autisme : une hypothèse émise par une étude portant sur 12 cas  qui n’a jamais  pu être vérifiée par de  nouvelles  études. Par la suite, il a été révélé qu’une manipulation frauduleuse des données avait été réalisée par le responsable de l’étude en question.

Les  vaccins peuvent causer  la  mort subite du bébé : certains ont mis en corrélation la mort avec la  vaccination, sur des cas isolés. Toutes les études épidémiologiques s’accordent à dire qu’il n’existe  pas  de lien de causalité. Il n’en reste pas moins, que ce phénomène de  mort subite reste encore mal compris.

L’extension de l’obligation répond à des intérêts économiques : l’impact reste faible, dans la mesure où  70%  des  enfants ont déjà reçus les 8 vaccins supplémentaires concernés par l’extension de l’obligation.

Ce sont les adjuvants à base d’aluminium qui suscitent le  plus les craintes. Or, ils sont utilisés depuis 1926 sur l’ensemble de la  planète sans qu’aucun signal d’alerte n’ait  été émis par aucun pays. 12 millions de doses contenant ce type d’adjuvant sont administrées chaque année en France et un seul nouveau cas de myofasciite serait  survenu depuis 2012 ! Aucun lien de causalité n’a pu être établi avec les  adjuvants aluminiques.

La lutte contre l’obscurantisme n’est pas chose aisée, à une époque où la logique de  la violence et de l’irrationnel prolifère.  A défaut de faire appel à la raison, j’espère que la  logique des arguments et  des faits avérés l’emportera sur les affirmations  assénées par des gens qui fondent souvent leur démarche scientifique sur des convictions douteuses.  Allez-y, traitez-moi de tous les noms d’oiseaux qui vous plairont ! 

 


ET IL Y EN A QUI VEULENT LEGALISER LA CONSOMMATION DU CANNABIS !

 

On le suspectait, mais les derniers doutes sont en train de se dissiper : fumer du cannabis régulièrement depuis l'adolescence endommage irréversiblement le cerveau et peut provoquer une baisse des capacités intellectuelles à l'âge adulte, montre une étude publiée par une revue scientifique américaine.

Principal enseignement de cette étude, les consommateurs réguliers de cannabis dans l’adolescence ont vu leur QI baisser en moyenne de 8 points. 

La recherche effectuée sur 1 000 Néo-Zélandais, prenant en compte une période de 25 ans, a permis de comparer leur quotient intellectuel (QI) à 13 ans puis à 38 ans, les uns étant des consommateurs réguliers de cannabis, y compris après 20 ans ou 30 ans, les autres pas. Au bout de la période, un écart de huit points s'est creusé entre les fumeurs et les autres, affirme Madeleine Meier, psychologue à l'université Duke, en Caroline du Nord (sud-est), et auteur principale de cette étude publiée dans les Actes de l'Académie américaine des sciences. Or "le QI est censé être stable" à mesure que l'on vieillit, dit-elle. Pour les personnes n'ayant jamais fumé de cannabis, leur QI a même légèrement progressé de quelques dixièmes de points.

Des effets neurotoxiques…

Tout aussi inquiétant,  l’arrêt ou la diminution de la consommation ne suffit pas à restaurer  le « fonctionnement neuropsychologique » des fumeurs réguliers et précoces. En revanche, ceux qui ont commencé à fumer de l’herbe à l’âge adulte ne souffrent pas d’un tel écart intellectuel avec les non-fumeurs.

Les consommateurs de marijuana ont aussi montré de plus faibles capacités de mémoire, de concentration et de vivacité d'esprit, selon l'étude. Ceux qui avaient ralenti leur consommation l'année d'avant leurs 38 ans, moment du second test, n'ont pas pour autant obtenu de meilleurs résultats. En revanche, les fumeurs qui ont commencé seulement à l'âge adulte ne souffraient pas d'un tel écart intellectuel avec les non-fumeurs.

… Et de graves conséquences.

"On sait que le QI est un élément fort déterminant pour l'accès à l'université, pour le revenu gagné tout au long de la vie, pour l'accès à l'emploi, et la performance au travail", poursuit la chercheuse. "Quelqu'un qui perd huit points de QI durant son adolescence et à la vingtaine peut se retrouver désavantagé par rapport à ses pairs du même âge pour de nombreux aspects majeurs de la vie", et ce pendant de longues années, conclut-elle, soulignant que cette importante différence ne serait pas due à d'autres facteurs. Elle prend garde d’éliminer les facteurs associés – consommation d’alcool, éducation… – qui pourraient biaiser les résultats, souligne Marc Valleur, psychiatre, médecin chef de l’hôpital Marmottan. 

En 2011, une étude de chercheurs brésiliens publiée dans le British Journal of Psychiatry avait déjà montré qu’une consommation de cannabis avant 15 ans a des effets néfastes sur les fonctions cognitives, bien plus largement qu’une consommation tardive.

"L'adolescence est une période très sensible du développement du cerveau", indique Mme Meier. En utilisant des substances agissant directement sur le mental, les jeunes "peuvent perturber le processus cérébral normal", explique-t-elle.

Il faut renforcer la prévention.

L'étude n'évalue pas, par contre, les effets d'un arrêt ou d'un ralentissement de consommation plus tôt dans la vie, et ne précise pas non plus les quantités consommées mais elle a le mérite de porter sur une longue période. « C’est une étude sérieuse, qui porte sur une longue cohorte. Selon Madeleine H. Meier et son équipe, ces travaux devraient encourager la mise en place de politiques de prévention en direction des plus jeunes. Pour le médecin chef de l’hôpital Marmottan, ces résultats ne doivent pas faire oublier qu’il faut protéger les jeunes de toutes les sollicitations de consommations, qu’il s’agisse de la drogue, mais aussi de l’alcool, du tabac, des jeux et pratiques qui conduisent à des addictions, car avant 20-25 ans, les circuits cérébraux ne sont pas tous en place.

L’enjeu reste de taille à l’heure où l’on reparle d’une possible dépénalisation du cannabis dont on sait que celui qui est aujourd’hui sur le marché contient un taux de THC bien plus fort que celui des pétards des « ancêtres » quarante-huitards. L’enquête HBSC (Health Behaviour in School-aged Children) publiée par L’Observatoire français des drogues et des toxicomanies au printemps dernier soulignait que 6,4 % des jeunes de 13 ans et 28 % de ceux de 15 ans ont déjà fumé de l’herbe. Près de 3 % des adolescents de 15 ans déclarent des usages réguliers de cannabis. L’enquête HBSC faisait aussi apparaître la précocité et la prédominance de l’alcool dans les usages des plus jeunes.

Sans oublier que la consommation du cannabis est un facteur déclenchant de la schizophrénie !!!

 


PLUS SOCIAL, TU MEURS ! (fin)

Logosecu

 

Après la famille et la maladie, la protection sociale se préoccupe aussi de la vieillesse et du versement des retraites du régime général.

L'ensemble des régimes de base de retraite ont versé, en 2008, 175,82 milliards d'euros à 21,9 millions de retraités. Avec ses 11,5 millions de retraités, le régime général verse à lui seul 85,47 milliards d'euros de retraites, soit 7 433 euros par pensionné. Mais s'il concerne 52,5% des pensionnés en France, il ne récolte que 48% du montant total des prestations de retraites versées. Les 2 millions de fonctionnaires retraités, qui constituent 9,27% des pensionnés, récupèrent, eux, 25% du montant des prestations de retraites. Ils se partagent 41,14 milliards d'euros de prestation par an, soit 20 250 euros par pensionné. Les indépendants sont moins bien lotis : le million de pensionnés commerçants se partage 3,44 milliards d'euros par an (3 402 € par pensionné), les 819 000 artisans retraités se partagent eux 2,87 milliards d'euros par an (3 507 €). Les professions libérales se contentent, elles, de 835 millions d'euros pour 211 000 pensionnés (3 945 €). Ces montants ne concernent que les retraites de base.

Le minimum vieillesse, réservé aux personnes de plus de 65 ans disposant de faibles ressources, représentait en 2008 un coût annuel de 2,83 milliards d'euros pour la protection sociale. Cela représente la prise en charge de 22 régimes différents. Ces dépenses, en hausse de 4% par rapport à 2007, prennent en compte l'augmentation du nombre de retraités bénéficiaires et l'augmentation du montant de la prestation. En effet, celle-ci fait l'objet d'une promesse de campagne de Nicolas Sarkozy qui s'est engagé à l'augmenter de 25% d'ici 2012 pour les personnes seules. Cette revalorisation concerne environ 400 000 bénéficiaires. Son coût global devrait être de 400 millions d'euros environ d'ici 2012. Au total ce sont 501 650 ménages qui bénéficient du minimum vieillesse. Cela représente donc une allocation moyenne annuelle de 5 633 euros par bénéficiaire.

L'allocation personnalisée d'autonomie (Apa) est une allocation destinée aux personnes âgées qui ont besoin de recevoir une aide pour accomplir les actes essentiels de la vie courante ou dont l'état nécessite une surveillance régulière. Elle profite donc aussi bien à des personnes habitants à domicile qu'à celles hébergées dans un établissement. En 2008, la protection sociale lui a consacré 4,85 milliards d'euros. Cette aide sociale a profité à 1,1 million de personnes. Plus de 60% de ces allocataires habitent encore chez eux (669 908 personnes) et les 433 682 autres sont en établissement. En moyenne, ces allocataires ont touché 4 395 euros chacun. L'Apa est versée par les départements.

Le tableau ne serait pas complet sans les aides au logement, qu’on pourrait intégrer dans les aides à la famille et les prestations qui ressortent de l’indemnisation du chômage.

Les aides au logement : chaque année, plus de 6 millions de Français perçoivent une allocation de la part de l'Etat pour les aider à se loger. Elles peuvent prendre plusieurs formes : APL, ALS... avec ou sans enfant, étudiants... Comme beaucoup peuvent y prétendre, cela à un coût pour la collectivité : 14,96 milliards d'euros soit 22% du montant total des prestations fournies par les Caisses d'allocations familiales (qui versent également, rappelons-le, l'essentiel du RMI, les allocations de naissance et les allocations familiales entre autres). Si bien qu'un bénéficiaire perçoit en moyenne 2 479 euros d'allocations logement chaque année. Les aides au logement en faveur de personnes sans enfants (3,54 millions de bénéficiaires) sont moins coûteuses pour l'Etat (7,24 milliards €) que les prestations légales de logement en faveur des familles (7,72 milliards € répartis entre 2,49 millions de bénéficiaires).

Le risque chômage regroupe toutes les prestations versées à des personnes privées d'emploi qui ne remplissent pas les conditions normales de droit à la retraite et dont la cessation d'activité n'est pas envisagée comme définitive. En 2008, la protection sociale y a consacré 34,3 milliards d'euros soit 6,2% du montant total des prestations sociales versées en France. Mais au-delà des prestations liées à l'indemnisation du chômage, le risque chômage comprend aussi les préretraites (2,2 milliards €). Ces deux prestations, pour un total de 32,23 milliards d'euros, pèsent 94,1% des montants consacrés au chômage. Mais le risque chômage au sens de la protection comprend également des dispositifs de réinsertion professionnelle qui compensent des pertes de salaire pour cause de formation professionnelle. Ces derniers allocataires ont bénéficié de 2,02 milliards en 2008.

De la naissance à la mort, nous sommes d’une manière ou d’une autre pris en charge par un dispositif de sécurité sociale qui couvre pratiquement tous les risques auxquels chacun peut être confronté. Maladie, accidents du travail et maladies professionnelles, famille, vieillesse sont les quatre branches de ce vaste dispositif auquel va bientôt se rajouter celle de la dépendance pour laquelle il faudra trouver une source de financement, sachant que déjà la maladie est lourdement déficitaire ainsi que la vieillesse avec le problème du financement des retraites.

En plus de l’augmentation régulière du minimum vieillesse de 5% chaque année, et même chose pour les adultes handicapés, le gouvernement a mis en place le RSA qui améliore et simplifie les prestations liées à la précarité. On ne peut pas conclure sans évoquer la réforme HPST de grande ampleur pour tenter de rationaliser le secteur de la santé et de la maladie et le plan Hôpital 2012 qui représente un gros effort d’investissement et de modernisation de la santé publique. Il faudrait ajouter la création du fonds d’investissement social proposé par la CFDT dans le cadre des mesures anti-crise destiné aux demandeurs d’emploi et aux jeunes qui souhaitent décrocher une formation adaptée, le chèque-emploi service universel qui permet à 1 300 000 familles d’être aidées à domicile, …

Oui vraiment, plus social, tu meurs !

 


PLUS SOCIAL, TU MEURS ! (suite)

       Logocnam

 

Après le volet famille, dont on a vu qu’il était fourni, abordons celui de la maladie et de la santé. On oublie facilement la protection dont nous bénéficions et qui fait du système français, un des plus protecteurs au monde. Revue de détail :

Les consultations de médecins, En 2007,  ont été de 217,49 millions auprès des médecins généralistes libéraux. Au total, l’Assurance maladie, cette même année, a remboursé l'équivalent de 3,52 milliards d'euros pour ce type de prestation médicale à ses assurés sociaux. Cela représente donc un coût de 16,20 euros  par acte pour la protection sociale. Ce chiffre est à remettre en perspective avec l'ensemble des prestations maladie versées par cette branche de la Sécurité sociale : 115,93 milliards d'euros en 2007. Le remboursement des consultations de généralistes représente 3,04% des prestations légales couvertes par la branche maladie. Il s'agit aussi bien d'actes réalisés en cabinet libéral qu'en clinique privée ou en centre de santé.

Les remboursements de médicaments achetés en pharmacie sont de loin le premier poste de dépenses de l'Assurance maladie en médecine de ville : en 2008, ils ont coûté 18,3 milliards d'euros à la protection sociale, soit 14,1% des dépenses totales de l'Assurance maladie. Un montant nettement supérieur aux remboursements d'honoraires des médecins de villes libéraux par exemple. L'assurance maladie rembourse chaque année 2,1 milliards de boites de médicaments. Ce qui représente donc un remboursement équivalent à 8,7 euros par boite de médicaments remboursée.

Le congé maternité est considéré comme un risque maladie par la Sécurité sociale, au même titre que les arrêts maladie ou les accidents du travail. De toutes les indemnités journalières versées pour ces risques (11,3 milliards € en 2008), les congés maternité consomment 23,7% des crédits. . Le montant des indemnités journalières attribuées aux congés maternités est en constante augmentation depuis 1978.  Prises en charge par la branche maladie de la Sécurité sociale, elles coûtent chaque année 2,68 milliards d'euros. Elles sont égales à un salaire journalier de base, calculé à partir de la moyenne des salaires des trois derniers mois, diminué des cotisations sociales et de la CSG, dans la limite de 2 885 euros. De la même manière, les congés de paternité ont un coût pour la collectivité : 264 millions d'euros en 2008, en hausse de 4,9% par rapport à 2007.

Les indemnités journalières consécutives à un accident du travail, elles aussi sont prises en charge par la branche maladie de la Sécurité sociale et ont coûté 2,44 milliards d'euros en 2008. Cela représente 21,6% du montant consacré chaque année par l'Assurance maladie pour les assurés amenés à cesser leur travail pour des raisons médicales (11,3 milliards € en 2008). En amont ce sont 2 millions d'établissements employeurs qui cotisent à cette assurance et 18,6 millions de salariés (soit environ 70% de la population active). En 2008, on a recensé 704 000 accidents du travail et 45 400 maladies professionnelles qui ont donné lieu à un arrêt de travail. Le montant total des indemnités journalières attribuées aux accidentés du travail est en constante augmentation depuis 1978.

Les indemnités journalières consécutives à arrêt de travail pour maladie ont coûté 6,21 milliards € d'euros en 2008. Cela représente 54,8% du montant consacré chaque année par l'Assurance maladie aux  assurés amenés à cesser leur travail pour des raisons médicales (11,3 milliards € en 2008). Entre 2003 et 2008, on a constaté une diminution du montant total des indemnités journalières maladie (-1,4%). Et sur plusieurs décennies, on constate que le nombre de journées maladie indemnisées par personne ayant un emploi a eu tendance à diminuer. Il est passé de 11 jours en 1976 à 8,5 jours en 2005. Ce sont les chirurgiens orthopédistes qui prescrivent le plus de journées d'arrêt de travail. En 2005, ils avaient prescrits 85 207 journées d'arrêt de travail, suivis par les neurochirurgiens (58 438) et les généralistes (29 187).

Mais l'Assurance maladie rembourse également d'autres prescriptions. A commencer par les auxiliaires médicaux qui ont coûté 6,3 milliards d'euros à la protection sociale en 2008. Les prothèses médicales ont, elles, coûté 3,7 milliards d'euros, les examens biologiques 2,8 milliards d'euros. Enfin les transports sanitaires 2,5 milliards d'euros.

Les soins hospitaliers sont à l'origine de 44,1% des dépenses de santé de la protection sociale. Dans cet énorme gâteau, c'est l'hôpital public qui consomme le plus de crédits pour soigner les Français. En 2008, tous les soins qui ont été effectués ont coûté plus de 47,5 milliards d'euros à la collectivité. Logique, quand on sait que l'Assurance maladie prend en charge en moyenne 93% des dépenses d'hospitalisation. Mais les hôpitaux privés aussi profitent de cette somme. Les hospitalisations dans ces établissements ont représenté un coût de 9,8 milliards d'euros en 2008 pour la collectivité, soit 7,5% des dépenses de santé de la protection sociale. En moyenne, les dépenses de soins hospitaliers ont donc représenté 1 172 euros par personne dont 903 euros par personne dans le public et 269 euros par personne dans le privé.

Enfin, créée il y a dix ans, la Couverture Maladie Universelle (CMU) permet l'accès aux soins à des personnes à faibles ressources. Dans l'impossibilité de cotiser au régime général, c'est l'Etat qui couvre leurs dépenses de santé, dans les mêmes conditions qu'un assuré social normal. Aujourd'hui, la CMU de base couvrirait 1,5 million de personnes, d'après le fonds qui gère cette prestation. Mais impossible de connaître le montant total exacts des versements de cette couverture. Ni la sécurité sociale, ni le fonds CMU ne révèlent le budget qu'elle nécessite. Son coût avoisinerait les 6 milliards d'euros par an pour la CMU de base. En revanche, des chiffres très officiels battent en brèche certaines idées reçues : les dépenses des bénéficiaires de la complémentaire santé de la CMU (qui bénéficie, elle, à 4,5 millions de personnes) sont voisines de celles des autres assurés. Elles s'élèvent à 415 euros par bénéficiaire et par an.

Devant un tel foisonnement de prestations, il est normal qu’on les oublie, tant elles nous paraissent aller de soi. Et pourtant ce n’est pas fini. Il y a encore toutes les retraites et toues les prestations liées au vieillissement dont on sait qu’elles vont croître et embellir dans les prochaines années.

On en verra le détail dans le prochain article.

 


QUE FAUT-IL DONC FAIRE POUR INTERESSER LA PRESSE ?

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L’association « débats et convergences » organisait hier soir un débat sur le thème « le stress au travail, il est possible d’agir ».

Un sujet on ne peut plus d’actualité, comme en témoigne encore ce matin le rebondissement de l’affaire  « France Télécom ».

Avec un plateau de choix pour les intervenants, qu’on en juge : le président de l’association des DRH de Maine-et-Loire, la secrétaire Générale du syndicat le plus représentatif dans le département, un patron d’envergure ayant « piloté »  la fermeture d’un site angevin d’une grande usine et la professeure en charge du service de Médecine du travail de l’Hôpital d’Angers…

Et une affluence de plus de 200 personnes !

Dommage pour les Angevins qui ne connaîtront jamais la richesse des débats et des échanges de cette réunion. Entre les intervenants, mais aussi avec la salle.

Les journalistes étaient pourtant invités. Mais aucun n’est venu. Leur mission est pourtant de rendre compte des événements locaux. Il faut croire que ça n’en était pas un.

Eh bien cela me laisse perplexe !

Je me prends à penser que l’on aurait eu plus de succès s’il s’était agi d’un raoût contre le parc du végétal, ou de la création d’un club dissident de l’UMP, ou ….bof, à quoi bon !

A moins que le fait que la réunion ait été organisée par le député de la première circonscription et que votre serviteur en était l’animateur aient été des inconvénients définitivement rédhibitoires. Je blague. C’est pas ça !

C’est quoi alors ? J’ai eu beau chercher ce matin dans les journaux quel événement avait pu mobiliser toutes les énergies plumitives locales, je ne l’ai pas trouvé.

A vous de penser ce que vous voudrez.

En ce qui concerne l’association, cela ne l’empêchera pas de continuer. A commencer par le 27 mai avec un débat sur « la culture et le numérique ». Et à nouveau, avec des intervenants ayant la pointure.

 



LE STRESS AU TRAVAIL

 

L’actualité a mis en lumière cruellement avec les suicides qui ont affecté France Télécom, le phénomène que l’on désigne sous le nom de « STRESS » et qui semble être la marque de notre époque, puisqu’il ne se passe pas un jour sans qu’il soit évoqué. Il touche le monde du travail sans que personne ne soit épargné… Le gouvernement s’est ému de la situation. La santé au travail est devenue un sujet national : un rapport a été remis au premier Ministre en novembre dernier, une mission parlementaire doit rendre le sien en mai, le Ministère du travail a saisi le COCT (Conseil d'Orientation sur les Conditions de Travail) pour inciter les grandes entreprises de plus de 1000 salariés à mettre en place des plans de prévention, et la semaine dernière, les syndicats et patronat sont parvenus à un accord sur le « harcèlement et la violence au travail ». Voilà un sujet qui est au cœur de l’actualité !

Pour en savoir plus, réfléchir ensemble, aller plus loin, Paul Jeanneteau et l’association « Débats et Convergences » organisent un débat sur le thème : « Le Stress au travail, il est possible d’agir ! ».  Ce sera l’occasion de croiser l’expérience d’un patron, d’un Directeur de Ressources humaines, d’une médecin du travail et d’une syndicaliste. Une soirée passionnante en perspective au cours de laquelle le public pourra aussi s’exprimer.

Voici ci-dessous le carton d’invitation. N'hésitez pas... C'est une réunion publique. Aidez l'organisation en faisant part de votre venue.

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LE PLAN HOPITAL 2012 ENTRE DANS LE CONCRET

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Roselyne Bachelot a présenté le 10 février dernier la première tranche des projets retenus dans le cadre du plan Hôpital 2012, dont la vocation première est «l'amélioration de la prise en charge des patients ». La ministre de la Santé a également annoncé l'ouverture d'une deuxième tranche du plan dans les prochains mois.

C’est ainsi que 640 dossiers relatifs à des projets immobiliers et informatiques ont été retenus dans le cadre de ce Plan. Avec 10 milliards d'euros sur 5 ans (dont 5 milliards payés par l'État en aides directes de l'Assurance maladie), l'ambition du Gouvernement est de maintenir un haut niveau d'investissement pour le secteur hospitalier, équivalent à celui de la période précédente. Au terme de la première tranche, le niveau des investissements des projets retenus s'élève à 4,575 milliards d'euros pour 2, 202 milliards d'aides de l'Etat.

Ce plan est tourné vers l'efficience hospitalière : il s'agit de privilégier la meilleure performance économique des établissements de santé. Ainsi, le plan Hôpital 2012 valorise des projets d'investissements hospitaliers intégrant la recherche de l'efficience par la mobilisation des ressources propres, le caractère réaliste de la programmation budgétaire et la cohérence avec les enjeux d'équilibre financier d'exploitation.

Ce plan s’est donné plusieurs priorités.

Accompagner la recomposition hospitalière et la mise en œuvre des schémas régionaux d'organisation des soins (Sros) dans la nouvelle organisation des soins dans les territoires. Au-delà des projets immobiliers ou architecturaux, les opérations retenues répondent avant tout à une logique de projet médical, tendant à améliorer la prise en charge des patients et la qualité des services. Dans les faits, il s'agit d'opérations de restructuration entre deux ou plusieurs établissements, ou de restructurations internes portant sur un ou plusieurs pôles d'activité autour d'un pôle santé. Par exemple, la création d'un pôle santé par regroupement d'un centre hospitalier et d'une clinique.

161 projets immobiliers ont donc été validés. Plus de 1,8 milliards d'euros d'aides sont accordées par l'Etat, pour un montant d'investissement total de 3,883 milliards d'euros.

Accélérer la mise en œuvre des systèmes d'informations hospitaliers. L'informatisation des systèmes d'information orientés vers les processus de soins est un axe fort du plan:

  • 72 % des projets et des investissements sont consacrés à la production de soins : dossier médical, dossiers de soins, circuit du médicament, etc. ;
  • l'informatisation des fonctions médico-techniques représente 15 % des investissements : informatisation des systèmes de gestion de laboratoire, des plateaux techniques d'imagerie, des blocs opératoires, des services d'urgence, etc. ;
  • viennent ensuite les projets portant sur les infrastructures : sécurité, plateformes et matériels, etc. ;
  • viennent enfin les regroupements des projets et de la mutualisation.

Près de 500 projets de systèmes d'information ont été validés. 350 millions d'euros d'aides sont accordées pour un montant d'investissement total de 692 millions d'euros.

Réaliser des opérations de mise aux normes de sécurité à caractère exceptionnel des établissements de santé. Cette mesure cible en particulier des travaux qui dépassent la capacité normale de financement des établissements de santé. Exemples : la mise aux normes antisismiques, en Martinique et en Guadeloupe, ou des opérations importantes de désamiantage.
Sept projets sont retenus pour un montant global d'investissement de 910 millions d'euros. Parmi les projets retenus, la ministre de la Santé a confirmé un montant d'aides de 93 millions d'euros (sur 169 millions d'euros) pour la reconstruction du plateau technique du CHU de Fort de France et une aide de plus de 10 millions d'euros (sur 26,9 millions d'euros) pour la reconstruction du centre hospitalier de Basse Terre.

 




VACCINATION : ASSEZ DE SORNETTES !

Grippe

Il y avait débat hier soir sur la trois, après le journal du soir, pour faire le point sur la campagne de vaccination contre la grippe A. Des sommités étaient invitées pour l’occasion, deux franchement pro-vaccination, deux autres plus critiques. Mais les quatre se sont trouvées d’accord pour dire que le vaccin était « inoffensif » et le principe de la vaccination n’a jamais été mis en cause, sinon, son ampleur et son coût. On peu toujours trouver à redire, sinon nous ne serions pas en France. Ce que je retiens, c’est que la grippe A n’est pas si anodine et qu’il vaut mieux se faire vacciner.

Alors, c’est vrai que pour l’instant la grippe en question peut paraître si peu agressive qu’elle rende superfétatoire de se faire vacciner. Et si c’était un trompe l’œil ? Elle a tout de même fait 43 morts, dont certains ne présentaient aucun facteur de risque. C’est vrai aussi que les informations délivrées par les autorités ont pu paraître contradictoires en raison du décalage du calendrier de vaccination des femmes enceintes et des jeunes enfants, faute de vaccin sans adjuvant, infirmant l’urgence de la vaccination pour les autres. Le plus grave c’est l’attitude des professions de santé et les bruits qui circulent sur la dangerosité du vaccin préparé : une campagne savamment orchestrée dont on cherche la cible réelle.

Si l’épidémie n’a pas donné sa pleine mesure c’est tout simplement que la clémence des températures de cet automne particulièrement doux n’a pas créé les conditions les plus favorables à la propagation du virus. Comme il y a un temps de latence avant que la vaccin soit actif après son inoculation, on devrait mettre à profit ce répit au cas où l’épidémie reprendrait de plus belle avec des températures hivernales plus propices. De toute façon, il faut s’attendre à une deuxième vague pandémique, comme cela a toujours été constaté dans pareil cas dans le passé. Au lieu de se mettre à l’abri, les Français font des caprices d’enfants gâtés. On a la chance d’avoir un gouvernement qui a pris toutes les précautions et on n’en profite pas pour d’obscures raisons où l’irrationnel côtoie le ridicule : « il en fait trop ! » Il suffirait qu’il y ait dix morts « ordinaires » à la une pour qu’ils se précipitent tous dans les centres pour se faire piquer. Des moutons de Panurge aurait dit ma vieille mère !

Comme disait hier soir le député socialiste Gérard Baps : « la vaccination est un progrès pour l’humanité. Je me ferai vacciner sans hésitation dès que mon tour sera venu ». Pour moi aussi, c'est tout vu !



UNE VRAIE FAUSSE MAUVAISE IDEE


                                                

 

Frédéric LEFEBVRE a lancé un beau pavé dans la mare en proposant que ceux qui sont en arrêt maladie puissent éventuellement continuer à travailler en « télé-travail ». Ce qui, entre nous soit-dit, allègerait le fardeau e la branche maladie (à la marge, il est vrai). Le chœur des vierges effarouchées a aussitôt brandi le spectre de la « régression sociale ». Le gouvernement a rejeté l’amendement provocateur. On peut évidemment penser que le moment était vraiment mal choisi, juste avant les élections. 

Mais c’est une idée qu’il faudrait creuser. A condition d’être médicalement encadrée, je trouve que ce n’est pas choquant que quelqu’un qui est en congé maladie pour une jambe cassée, par exemple, et en situation de pouvoir le faire, puisse de chez lui accomplir ses tâches professionnelles. Il toucherait une partie de son salaire et cela réduirait les indemnités journalières de la Sécurité sociale. 

Ce qui est assez drôle, c’est qu’en fait, le député UMP a mis en plein jour des pratiques qui existent allègrement sans aucun contrôle, de l’initiative même de salariés, soucieux de traiter les dossiers dont ils ont la responsabilité.

Il n’est tout de même pas idiot de faire évoluer les règles en tenant compte du progrès technique et des pratiques sociales….


                                                          



UNE REFORME SOIGNEE !

 

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Le projet de loi « Hôpital, patients, santé et territoires », vise à réorganiser le système de santé pour maîtriser les dépenses et replacer le patient au cœur du système de soins.

P1030695        Devant un auditoire de 300 personnes, parmi lesquelles de nombreux représentants des professions de santé, Roselyne BACHELOT présentait le contenu de sa loi samedi dernier à Angers.La présentation forcément synthétique que je vous fais d’un exposé passionnant de près d’une heure trente, sera utilement complétée par la lecture des notes du12 mai et du 28 octobre 2008. Vous y accéderez facilement en cliquant au bas de la présente sur le mot « santé »

Cette loi est présentée devant les députés au bout d’un long parcours d’une concertation inédite où le terrain a été privilégié à travers des états généraux, des forums, des commissions thématiques, des auditions de personnalités de toutes sortes et enrichie de rapports parlementaires ciblés. Une concertation qui a permis de faire un diagnostic précis de l’état de notre système de soins.

 P1030688       Aussi est-il bon de rappeler que la France fait partie des 3 pays au monde qui dépensent le plus pour son système de soins et la plus grande partie de cet argent va à son dispositif hospitalier. Notre pays est aussi celui qui a le plus d’hôpitaux au monde, dans un mode de financement des soins hautement solidaire avec un taux de prise en charge qui est lui aussi le plus élevé du monde. C’est pourquoi il a été, et est encore souvent, considéré comme un des meilleurs au monde par son caractère performant.

Et pourtant notre système de santé doit absolument être réformé. Des ruptures, des fragilités, des lourdeurs sont apparues dont nous commençons à mesurer les dégâts. La démographie médicale est en perte de vitesse malgré un taux de 340 médecins pour 100 000 habitants que bien des pays nous envient. Mais il ne sera plus que de 280 pour 100 000 en 2020. Des régions entières sont sous-médicalisées, nos urgences sont encombrées avec un personnel débordé, des hôpitaux de proximité sont devenus obsolètes. Parallèlement le système de soins médico-social est confronté à des besoins croissants ne serait-ce qu’à cause du vieillissement de la population. Le système est cloisonné, avec des lits vides d’un côté et un manque de places chez le voisin, mal territorialisé et trop centralisé.

P1030688          La loi veut relever quatre défis : celui du vieillissement, celui des évolutions technologiques, celui des nouvelles donnes sociales et sociétales et celui du financement en visant à l’efficience du système.

Elle veut apporter des réponses simples à partir d’un mode de financement inchangé. C’est d’abord un pilotage territorialisé et responsabilisé avec la création des « agences régionales de santé » qui réunissent tous les acteurs et les organisateurs de soins, permettant une coordination fine au plus près des réalités, un comité de la prévention et une commission médico-sociale. Cela permettra de corriger la mauvaise organisation de la médecine ambulatoire ainsi que la démographie médicale, de mettre en place des structures médicales conformes aux évolutions et d’assurer la permanence des soins à partir des réalités locales.

C’est ensuite une réorganisation de l’institution hospitalière. Avec deux objectifs : donner un vrai patron à chaque établissement et établir une gradation des soins en répartissant les rôles et en mutualisant les moyens au sein d’une « communauté hospitalière de territoire » regroupant les hôpitaux secondaires autour d’un hôpital « centre ». Ainsi, pas un hôpital ne sera fermé, mais des vocations seront confortées comme l’urgence, les soins de suite et la gériatrie qui nécessitent de la proximité. Un nouveau type de contrat sera proposé aux médecins hospitaliers avec un statut contractuel.

P1030688      La Ministre est entrée parfois dans les détails en parlant de « fongibilité asymétrique », du remplacement de la liste d’attente par l’appel à projet à partir des besoins constatés….pour l’évolution du dispositif.

Les questions ont fusé. Elles ont porté sur la santé et la prévention, les cotisations, les problèmes de permanence des soins (médecins de garde), le remboursement des médicaments…

Au demeurant, le sentiment qu’on retiendra de la prestation de Roselyne BACHELOT, en dehors de la maîtrise sans faille de son sujet, c’est le réalisme de son projet, la grande cohérence de sa conception et sa dimension humaine. On sent que toute la volonté politique est tournée vers le patient pour qu’il ait à son service un système le plus efficient possible.

            

                                                                                                                                              

               

 


SANTE DURABLE

                                                                              

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Notre système de santé, parmi les meilleurs du monde, accumulait les dysfonctionnements : points de thrombose avec un recours souvent exagéré aux urgences des hôpitaux, désertification médicale de nos campagnes, paupérisation des médecins de ville, sans parler des maladies nosocomiales de plus en plus fréquentes.

                                                                  

Roselyne BACHELOT est arrivée sur un terrain hautement miné. Les 35 heures appliquées à l’hospitalisation publique avaient abouti à une réelle désorganisation, une pénurie de soignants et un arriéré colossal d’heures sup’ non payées…. Autant dire que réformer dans ces conditions, c’était « mission casse-pipe » assurée. Demandez à Alain JUPPE ce qu’il en pense. C’est peut-être aussi pour cette raison que Nicolas SARKOZY a confié le bébé à une routière aguerrie de la vie politique… et qui connaît le milieu médical comme le fond de son sac à main. Aussi était-elle attendue au tournant.

                                                                                

Les réformes à 6 millions de pékins dans la rue, c’est pas son truc. Notre Ministre de la Santé a donc pris le temps du diagnostic pour nous concocter une réforme d’une rare habileté. Dans ce qu’elle propose, on retrouve tous les remèdes pour soigner ce qui ne va pas dans notre système, le rendre plus rationnel et plus efficace, c’est-à-dire plus économe, tout en r

edistribuant les rôles et rendant plus lisibles les différents étages de l’accès aux soins. Vous n’entendrez donc pas de grincements comme dans la justice. Parce que tout le monde y retrouve son compte : le patient sera mieux soigné, l’hôpital sera enfin dirigé, les médecins garderont leur liberté mais seront l’objet d’incitations pour créer des « maisons médicales ».

                                                                                                                                                     

La loi que la Ministre propose met en place les outils d’une gestion efficace du secteur de la santé, avec le « patient » au centre de toutes les préoccupations. Nous n’aurons peut-être pas à voir avec les Agences Régionales de Santé, mais grâce à elles nous bénéficieront d’une réorganisation des soins : assignant une mission en rapport avec les compétences disponibles à l’hôpital de proximité, renforçant tel bloc opératoire, fermant une maternité obsolète…Des Agences qui auront compétence sur  les hôpitaux publics, les cliniques privées, les professionnels de santé libéraux, le secteur médico-social. Voilà pour l’aspect « centralisation ». 

                                                                             

La médecine se régionalise  par l’ouverture des postes d’internat, et dans le cadre d’un schéma régional (facultatif mais tellement indispensable) on visera à une bonne répartition des médecins sur le territoire. Autonomie des hôpitaux et renforcement des pouvoirs du directeur, doivent conduire à la création de véritables « communautés hospitalières de territoires », « avec une gradation des soins, depuis l’hôpital de proximité jusqu’à l’hôpital de référence, le CHU » précise la Ministre. Voilà pour l’aspect « déconcentration ».

                                                                               

Et je lui laisse la conclusion : « je ne veux pas construire une nouvelle machine technocratique. Je veux m’occuper des gens ! » . Roselyne BACHELOT vient d’inventer la santé durable.  

                                                                           

Ah que la réforme est belle quand elle n’est pas élucubrée par un énarque !

                                                                                 

                                                                                            


L'AVENIR EST UNE PROMESSE : LA SANTE

Commençons par ce qui nous tient le plus à coeur : la Santé. Notre angoisse quotidienne, c'est de penser que le confort de soins auquel nous sommes parvenus est menacé par le déficit chronique de son financement, lui-même aggravé par le vieillissement de la population. Et puis il y a ces maladies de dégénérescence comme Parkinson et Alzheimer dont nous voyons bien qu'elles frappent autour de nous toujours plus de personnes, ce qui augmente l'angoisse collective. De vrais défis que notre chère ROSELYNE doit relever.

Depuis son arrivée au Ministère, elle a pris le problème à bras-le-corps et mis en place les premières mesures d'urgence avec les "franchises médicales". Elle a jeté les bases de la réforme de notre système de santé dont les grandes lignes ont été annoncées par Nicolas SARKOZY.

La France a en effet pris beaucoup de retard pour faire ce que tous les autres pays autour de nous ont déjà fait depuis longtremps. Nos dépenses de santé représentent 11,3% du PIB, c'est-à-dire que nous sommes au 3ème rang mondial derrière les Etats-Unis et la Suisse. Les propositions du rapport Larcher dont la réforme s'inspire vont dans le bon sens : renforcement du pouvoir des directeurs d'hôpitaux, contrôle de leur gestion par des commissaires aux comptes, libération des contraintes du code des marchés publics... Avec les "regroupements" et la mise en place des partenariats publics-privés pour  réaliser des "pôles", on peut espérer gagner en rationalisation ce que nous pourrions perdre avec une concurrence moindre.  Mais le grand défi reste la diminution du taux d'hospitalisation par habitant qui est une fois et demie supérieur à la moyenne des pays de l'OCDE. Sans parler des prescriptions et de la consommation des médicaments dont nous sommes les champions "hors catégorie". Rien que sur ce poste, 20 milliards d'Euros par an pourraient être économisés.

Pourquoi alors, l'avenir de notre santé est-il plein de promesses ?

Parce qu'un grand mouvement a été entamé dont le grand public ne peut voir que quelques prémisses. Le programme de rénovation des hôpitaux a déjà englouti 10 milliards d'Euros et il sera dépensé autant d'ici 2012. Les établissements vétustes seront fermés, les autres seront regroupés sur des site neufs éventuellement. Des établissements ultra-modernes vont sortir de terre à Caen, Evreux, Clermont-Ferrand, Nantes, Reims, Metz. A Evry se construit l'Hôpital du futur, emblême du plan, truffé d'innovations médicales et technologiques. Il ouvrira en 2011 et coûtera près de 350 millions d'Euros. Ce projet de grands travaux est un véritable bouleversement qui va modeler la géographie médicale pour le siècle à venir. Comment finance-t-on tout ça, vous allez me dire ? la réponse est "PPP" ! traduction : "Partenariats Publics-Privés". Les puristes du "tout état" vont hurler et préféreraient que l'on croupisse dans la médiocrité vers laquelle notre santé glisse  un peu plus tous les jours. L'avantage du système c'est que l'on est opérationnel tout de suite.

En matière de recherche, les ambitions sont énormes. Sur les maladies du cerveau un labo de 22 000 m2 sortira de terre à  la Pitié-Salpêtrière à Paris. Cet "Institut du Cerveau et de la Moelle épinière" réunira 600 chercheurs et techniciens pour travailler sur les maladies de Parkinson, d'Alzheimer, l'épilepsie... Une manière de faire face à l'urgence. Il y a en effet déjà 850 000 malades d'Alzheimer et 25 000 nouveaux cas chaque année et leur prise en charge coûte déjà 10 milliards d'Euro par an. A Lyon, le campus Charles-Mérieux va s'agrandir de 16 000 m2 de labo supplémentaires et plus de 1 000 chercheurs s'y retrouveront. La fondation "Imagine" (Assistance publique de Paris, Inserm, Université Paris V, AFM) va mettre notre pays au 1er rang de la recherche sur les maladies génétiques. Elle ouvrira fin 2010 avec un budget de 30 millions d'Euros venant du public et du privé. 500 médecins et biologistes, dont quelques pontes de réputation mondiale, travailleront dans un centre de recherche de 10 000 m2 à l'Hôpital Necker.Ouverture 2010.

Sur le plan de l'administration, on peut espérer économiser 3,5 milliards d'Euros par an avec le dossier médical enfin sur les rails. Il permettra de stocker sur des services informatiques accessibles en ligne, agréés par la Sécu, toutes données médicales d'un patient. Avec lui plus d'erreurs de prescriptions responsables de 128 000 hospitalisations par an..... Sans parler de la réduction des examens inutiles !

Et puis il y aura le "Canceropôle" géant de Toulouse, installé sur l'ancien site d'AZF,opérationnel en 2012, et unique en Europe, "l'institut de la vision" aux "Quinze-Vingts" à Paris, 2ème plus gros centre de recherche européen en ophtalmologie....

Et il y a tous les autres projets qui se mettent  en oeuvre pour accompagner (les cancéreux par exemple), prévenir (l'obésité par exemple), empêcher (l'anorexie par exemple).... De nombreuses mesures sont à l'étude pour attirer les médecins à la campagne. Tout ça, ce n'est pas du rêve, c'est de la réalité déjà entamée par l'action du précédent gouvernement et par notre Roselyne BACHELOT. Elle est sur tous les fronts et sa compétence n'est disputée par personne.

L'objectif : soigner mieux, pour moins cher. Et c'est possible. Et c'est ce qui va arriver.

Alors, "elle est pas belle la vie ?"