GROS PLANS

Longue vue 2

 

Cette semaine, je braque ma lorgnette sur quelques évènements plus ou moins surprenants.

Ben et Nuts.

AGIR, le micro parti politique qui prétend remplacer l’UDF, est né. Il  se  veut « une jeune start-up politique collaborative », prête à sauver l’Europe à elle toute seule. Sur les fonds baptismaux  deux parrains de poids, enfin surtout pour un (pour le poids) : Ben Raffarin et Nuts Juppé, les  messieurs « plus » : « plus européen que LR, plus attaché aux classes moyennes que la majorité, plus démocrate que les extrêmes ». Il n’exclut pas  les partenaires pour y parvenir car il faut des moyens d’agir (ouaf !).  Attention, Riester n’est pas Giscard ! Au fait, les  constructifs ont servi  à quoi depuis dix-huit mois, sinon à affaiblir la droite et le centre ?

Hulotade.

La procédure Hulot fait des émules. C’est Bruno Julliard qui claque  la porte de la mairie de Paris  avec un sévère réquisitoire contre la « hidalga », en désaccord sur la méthode et sur le fond.  Quoi qu’elle en dise, la maire de Paris traverse une sale passe  et sa popularité n’est pas au zénith parmi les habitants de la capitale qui n’en peuvent plus de ses foucades de bobo dictatoriale. A tel  point que le nombre des prétendants à sa succession grossit chaque jour.

Des plans sur la comète.

Qu’est-ce qu’on fait quand on n’a  pas les moyens financiers de réformer ?  Le technocrate répond : « faisons un plan ». Depuis la semaine dernière donc, les plans fleurissent, car il faut bien que Macron ait l’air d’agir : plan contre  la pauvreté, plan vélo, plan santé… viennent s’ajouter à la longue liste des plans décidés depuis quinze mois. D’ailleurs il suffit d’interroger les gens concernés, ils répondent tous : « c’est  bien,  mais  où sont les moyens ? »

Macron défenseur des retraités !

Celle-là,  elle est forte ! « Arrêtez d’emmerder les  retraités » aurait clamé  le  Président à l’adresse de « castagnette »  qui se répandait partout en affirmant qu’il fallait « aborder la réforme des droits de succession sans tabous ! » Jolie coup  monté en fait. Un peu trop téléphoné quand même. L’homme à tout faire de la  macronie a  été envoyé sur le terrain  avec ce  message qui arrive dans la rentrée comme un cheveu sur la soupe, uniquement pour permettre à son boss  d’avoir l’air de s’offusquer, en espérant  reprendre la main avec les retraités qui lui tournent majoritairement le dos.  Il s'est rendu compte que taper sur les retraités n'était pas bon pour sa cote de popularité. Et  pour améliorer la potion, le gouvernement, comme par hasard, va introduire dans son projet de budget 2019 un dispositif pour exonérer 100 000 retraités modestes qui allaient subir la hausse de la CSG de 1,7 point. Encore un revirement complet pour l'ex-président des riches actifs. A moins que d’afficher ainsi sa détestation des seniors ce n'était pas très honnête vis-à-vis de qui vous savez... (Oui, bon, c’est de mauvais goût, mais j’assume).

L’Intérieur n’a pas assez le goût du bouchon.

Collomb va prendre la tangente, lui aussi.  Le N°2 du gouvernement se languit de ses bouchons lyonnais et rêve de reprendre sa mairie.  Il faut dire que son bilan n’est  pas reluisant en matière de sécurité et de délinquance. Et puis, le « vieux » s’est permis de dire  au « jeuneot » qu’il manquait « d’humilité ». Qu’il est désagréâââble ! Narcisse a un sens limité de la critique. De là à ce qu’on ait fait comprendre au découvreur de la macronie qu’il ferait mieux de reprendre le chemin de la capitale des Gaules, il n’y a pas loin. Pourra-t-il tenir jusqu’aux européennes ?

Benalla.

Il a été auditionné par le Sénat. Il s’est aplati comme une limande, après avoir fait  le bravache. Mais on n’est pas plus avancé. Il n’était pas garde du corps du Président, "mais il était proche de lui physiquement" (comprenez ce que vous voulez) ! Il co-or-don-nait à tout va ! Que voulez-vous, cette comédie qui cache certainement quelque chose (de quoi ont-ils peur pour s’acharner à discréditer la commission d’enquête du Sénat ?) me fait vraiment sourire.

Biloute.

On en apprend de belles sur Trump. « C'est peut-être la relation sexuelle la moins impressionnante que j'aie jamais eue » affirme Stormy Daniels, l’actrice porno  avec laquelle il  aurait eu une liaison et qu’il  aurait payée 130 000 $ pour qu’elle se taise. Dans son livre  à paraître  prochainement, « Full  disclosure », elle livre même des détails assez précis sur l’anatomie de l’intéressé. De quoi le surnommer « biloute » ? En fait ça expliquerait son caractère :  grande gueule, mais petite  b…. (rôôô).

 


LA FRANCE EST UNE MACHINE A PAUVRETE

Pauvrete Kakdessin de KAK (L'Opinion)

 

Vouloir réduire la  pauvreté avec un plan qui remodèle les aides pour les rendre plus efficaces, qui met en place une structure de plus  pour s’occuper de l’insertion et qui prévoit de dépenser un  peu plus d’argent qu’on n’a pas (8 milliards d’euros sur quatre ans)  c’est comme mettre un cautère sur une jambe de bois. Tout simplement parce qu’on continue d’alimenter la machine à entretenir la  pauvreté à l’œuvre depuis plus de trente ans dans notre pays et singulièrement aggravée par les politiques de gauche. D’ailleurs le slogan est explicite : « donner  plus à ceux qui ont moins ! ».  En prenant à qui ? En appauvrissant ceux qui ne sont pas encore pauvres, forcément !  

Le  mythe de  la pauvreté 

La France est la championne du monde  des dépenses sociales. C’est le fruit d’une préférence pour l’égalité. Pourtant on nous fait croire que l’injustice et  les inégalités n’y ont jamais été aussi fortes.   Rien n’est plus faux. La France est l’un des pays développés les moins inégaux : elle compte 13,6% de pauvres.  En Europe, seuls les pays nordiques,  les Pays-Bas et la République tchèque en comptent moins. Il est vrai que les inégalités de revenus sont fortes,  mais leur répartition très inégalitaire est compensée par  une redistribution basée sur des cotisations sociales et des impôts massifs. L’inégalité croissante entre les revenus s’explique par la faiblesse du taux d’emploi : les Français ne sont pas assez nombreux à travailler. Seulement 65% des 15-64 ans ont un emploi, 77% en Suède ! Ces politiques «  d’égalisation » par la fiscalité ont des effets pervers. Ainsi, quand la redistribution devient trop forte, elle est un obstacle à la croissance. On le mesure avec le coefficient de « Gini » (rapport de comparaison des revenus bruts avec les revenus nets). On estime à 13 le coefficient au-delà duquel une redistribution commence à avoir des effets négatifs sur la  croissance. La France serait autour de 20.  Une dynamique « perverse » qui explique que plus on relance l’économie pour distribuer et créer de l’emploi,  plus on étouffe les entreprises et moins on résorbe le chômage. Démonstration inutile, c’est ce qu’on vient de vivre début 2018.

La machine à prélever

Inutile, non plus, de revenir sur la hausse de la CSG non compensée pour les retraités et faiblement contrebalancée pour les  actifs par la diminution des charges salariales et la suppression de la taxe d’habitation par tranches. Mais cet exemple est emblématique. L’Etat prélève et redistribue en dépensant plus au passage. Tout  le système d’imposition tend à se concentrer sur les mêmes, les classes dites moyennes, qu’il appauvrit évidemment parce qu’elles doivent payer toujours plus, sans que les plus démunis, chômeurs ou précaires, n’en profitent vraiment,  malgré tous les dégrèvements et avantages « sous conditions de ressources » dont ils bénéficient par ailleurs. Ce système débouche sur une situation explosive à terme : il n’y aura que des très riches et des pauvres. Du pain béni pour le populisme. Il présente un inconvénient majeur : il freine pour ne pas dire obère, la production de richesse, par les charges qu’il impose : 56% du PIB.

Le choix de l’appauvrissement

Le financement des retraites nous donne un autre exemple de la préférence pour la pauvreté : les cotisations de retraite complémentaire prélevées sur le plus grand nombre d'actifs, celles de l'Agirc et de l'Arrco,  vont être relevées, pour harmoniser les normes des deux régimes et pour les renflouer. La hausse des cotisations reste une tentation, même si les syndicats rétifs semblent avoir compris qu'il n'est pas souhaitable de relever indéfiniment les charges sur le travail. Mais c’est ce qui va se passer le 1er  janvier prochain. Ensuite, les retraites vont être moins augmentées que la hausse des prix, qui a fâcheusement accéléré ces derniers mois. La baisse des pensions reste là encore une autre solution de facilité, comme on le voit avec les arbitrages gouvernementaux d’un gouvernement à la recherche de marges de manœuvre inexistantes. Autrement dit, on reste dans l'ancien monde. Face à des problèmes de financement, on relève les cotisations et on laisse s'éroder le pouvoir d'achat des prestations sans toucher au troisième paramètre de l'équilibre du système, l'âge de la retraite. Or il est à la fois possible et souhaitable de relever cet âge. Et  au moins la solution serait durable. Le  manque de lucidité et de courage est évident.

Il existe encore un autre moteur de la pauvreté,  c’est notre modèle de croissance qui privilégie la « consommation ». Or celle-ci est génératrice du lourd déficit de notre balance commerciale. Je le répète, si nous produisons 2 points de croissance en la stimulant, soit 44  milliards d’€ de plus pour le PIB, nous creusons en même temps le déficit du commerce extérieur qui s’est soldé l’an passé par un trou de 65 milliards d’€ (et nous avons déjà 33,5 milliards d’€ de déficit à la fin du premier semestre de cette année). Le calcul est simple : voilà un cycle pervers qui nous appauvrit collectivement.

Le  choix de la dépense publique

Depuis son arrivée au pouvoir, l’exécutif a-t-il cherché à réduire la dépense publique ? Evidemment non, puisque les dépenses de  l’Etat ont encore augmenté. Et au lieu de s’attaquer aux réformes structurelles indispensables, comme  la réduction drastique du nombre des fonctionnaires, il préfère encore, pour le budget 2019  pratiquer la vieille technique du « rabot » qui consiste à plafonner artificiellement les dépenses des ministères, uniquement guidé qu’il est par l’objectif de tenir le déficit en-dessous des 3%. On n’en finirait pas de lister tous les choix  gouvernementaux qui cèdent à  la dépense. Les propositions des experts de CAP 22 qui préconisaient une baisse de 30 milliards d’€ des dépenses publiques d’ici la fin du quinquennat ont été mises à la corbeille. Et on engage de nouvelles dépenses ruineuses comme l’inutile service universel ou  l’extension du champ de l’assurance-chômage. L’euphorie de l’an passé aura été de courte durée.  La dégradation de l’environnement international explique en grande partie le ralentissement : hausse des taux d’intérêt et du prix du pétrole, guerre commerciale, technologique et même monétaire. Mais les erreurs de politique économique de Macron pèsent lourd tout de même. Le  choc fiscal de 4,5 milliards d’€ de prélèvements supplémentaires sur les ménages et l’explosion de la fiscalité sur les carburants et sur l’immobilier ont jeté un coup de froid sur la consommation. Et maintenant, il faut rajouter le choc du prélèvement à la source qui ne manquera pas de se  produire, ne serait-ce que par le vaste transfert des charges de l’Etat sur les entreprises.

Produire de la richesse d’abord

Il faut remplacer le cercle vicieux de la pauvreté par le cercle vertueux de la prospérité. Il faut privilégier les entreprises et en premier lieu l’investissement et l’innovation. Cela suppose une baisse significative de leurs charges qu’on peut obtenir par un transfert de deux ou trois points de TVA, et de leurs contraintes administratives. Le retour de la compétitivité leur permettra de regagner des parts de marché, notamment en Europe  où c’est le plus facile, de générer des emplois et  enfin d’augmenter les salaires. Produire la richesse d’abord avant de la distribuer. Rien n’interdit d’accompagner une telle politique de mesures favorisant l’emploi en diminuant les indemnités du chômage progressivement.

 

 


GROS PLANS

Longue vue de pirate

 

J’ai pris ma lorgnette  pour vous sélectionner quelques sujets qui m’ont fait sourire.

La droite et Wauquiez

Selon  certains sondages, Wauquiez ne serait  pas  perçu comme étant vraiment de droite.  Il arrive bien après Sarkozy,  ce qui n’a rien d’étonnant  mais  aussi Juppé, peut-être  en souvenir de 95, et plus troublant Edouard-Philippe-le-traître qui mène pourtant une bonne politique hollandaise. Si Wauquiez n’est pas de droite,  moi je suis évêque. Parfois un peu trop même,  à mon goût. Mais vaut mieux trop que pas assez. Les  Français veulent des nouvelles têtes,  mais quand elles sont là, ils  les snobent. Pas nouveau !

Mélenchon  le fier-à-bras

Serait-il un tigre de papier ?  Il en clame des discours dégoulinant de la démagogie  populiste la  plus  simpliste dans lesquels la politique de Macron est vouée aux Gémonies. D’après lui,  il ne peut pas y avoir pire. Pourtant, le  Maduro français n’en aurait pas pour longtemps à mettre notre pays dans la même  situation que le Vénézuela. Et voilà que fortuitement sur le coup des 0h30,  il croise sur le vieux port son ennemi intime en la personne de Macron, incognito, entouré de 20 journalistes.  Et  lui de s’aplatir devant Jupiter  comme le  plus méprisable des courtisans… Les usages républicains ont parfois le dos large !

Le Bordeaux-Juppé 2018

Ou l’art d’avoir le cul entre deux chaises. Personnellement, de Bordeaux, je préfère les vendanges dans le vignoble à celles du maire, que je trouve manquer singulièrement de corps. Tant que je verrai Gilles Boyer, le triste sire, dans le panel,  je me dirai qu’Alain n’a pas tiré les conclusions de ses  échecs. Quand on voit sa ville, on a  le droit de penser qu’il mérite mieux que ça. Il ne voit pas qu’ « Agir » est un chemin inutile qui affaiblit son camp.  La nostalgie l’aveugle. Et on comprend le chemin qu’il a à  parcourir quand on sait qu’il a eu dans son équipe la macronienne hystérique Aurore Berger. Sa sagesse serait pourtant bien utile aux « Républicains ». Et il devrait rappeler de temps en temps le contenu de son programme, ça éviterait à Philippe de faire  croire aux  gogos qu’il puise dedans.

Ferrand sans coup férir

Avec la majorité  alignée comme jamais, le  sieur Ferrand se retrouve au perchoir. J’allais dire au « parloir ».  Quel  mauvais  esprit ai-je donc ! Il ne manquerait plus qu’il soit mis en examen,  ça au moins ce serait drôle. Ce serait un vrai nouveau monde, parce qu’un président de l’Assemblée nationale convoqué par des juges, c’est encore du jamais vu. Au fond, les oppositions, à commencer par celle  de droite, devraient s’en féliciter : Macron ne pouvait faire pire choix !  

 

 


BRUNO LE MAIRE CROIT AU PERE NOËL

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Notre économie va mal.

La croissance de 2,2% de l’année dernière était due à l’embellie de la  conjoncture internationale,  mais était restée inférieure à la moyenne de nos partenaires de  la zone euro. Pour 2018,  avec  les 0,4% du premier semestre,  il sera  miraculeux d’atteindre  le 1,7%  prévu.  Le taux de chômage stagne à 9,2%.  Enfin le poids de nos échanges dans le  commerce  mondial et dans celui de la  zone euro ne cesse de décliner, signe d’un déclassement inquiétant. L’aspect  le plus grave  de cette dérive tient dans nos comptes  extérieurs, lourdement déficitaires : 62,3 milliards d’euros l’an passé et va  continuer à se creuser avec déjà plus de 33,  5 milliards d’euros pour le 1er semestre,  du fait du renchérissement du coût de  l’énergie. Globalement, notre pays consomme plus qu’il ne produit et cette situation correspond à un transfert de croissance vers le reste du monde. Autrement dit, quand nous relançons artificiellement la  consommation à coups de prélèvements d’impôts  et de déficits  publics pour stimuler notre croissance, c’est celle des pays qui alimentent notre marché qui en profite. Et l’horizon continue de s’assombrir avec le doublement du prix du baril de pétrole (80$) générant une inflation de l’ordre de 2%, ce qui fragilise encore un peu plus les marges de nos entreprises et donc leur capacité d’investissement, d’innovation et d’exportation. Enfin, il faut s’attendre, cette fois pour de bon, à une remontée des taux d’intérêt à long terme du fait du découplage entre les US et la zone euro,  ce  qui mettra à mal la solvabilité de notre dette qui vient de franchir les 100% du PIB (grâce à la SNCF). Voilà une équation budgétaire bien compliquée pour le  gouvernement en cette fin d’année.

Trop de temps a  été perdu.

Hollande peut faire le fanfaron,  les  cinq années de son mandat compteront terriblement par leur immobilisme et la  fuite en avant des déficits et de la dette. Depuis son élection, Macron n’a fait guère mieux. Le CICE qui a légèrement amélioré les marges et les réformes successives du marché du travail pour introduire un peu de flexibilité, si elles étaient nécessaires, n’en ont pas moins été très insuffisantes. En tout cas loin de pouvoir attaquer le chômage structurel de notre économie qui pèse 7 à 8% et qui limite la croissance potentielle autour de 1,7%. Le  gouvernement a bien compris qu’il fallait s’attaquer au problème de la formation,  mais les choix qu’il a faits, avec  la  loi qui vient d’être votée pour l’apprentissage et la formation professionnelle, ne sont pas  les  meilleurs. Au  lieu de s’appuyer sur les Régions dont c’est la compétence et qui pouvaient en plus abonder les efforts de l’Etat en faisant levier, celui-ci les a écartées. Et tant qu’on ne se posera pas la question de la pertinence de nos dépenses  publiques (56,4% du PIB) en prenant le chemin des économies, tant que la  France ne choisira pas d’abandonner la modèle social ruineux qui la dévitalise pour le  modèle de compétitivité, elle ne pourra pas régénérer son tissu industriel  qui ne pèse plus que 11% du PIB, un des plus faibles de l’Union européenne, moitié moins que l’Allemagne.

Le mirage de la loi PACTE.

Le Ministre de l’Economie compte beaucoup sur la loi PACTE, dont il a obtenu qu’elle soit discutée en urgence, pour doper nos entreprises et la croissance.  D’abord il ne faudrait pas  en attendre des effets immédiats, car  il faut tenir compte du parcours  législatif et du délai de publication des décrets d’application puis le temps d’appropriation par les chefs d’entreprises. Mais son contenu, comme toutes les lois macroniennes, est ambigu. Certes, le projet contient quelques avancées,  comme le « gel des seuils » : une entreprise devra avoir dépassé les 10, 50 ou 250 salariés pendant cinq ans consécutifs avant de se voir appliquer les taxes et obligations liées à ces passages de seuils. Et le seuil des 20 salariés est supprimé. De quoi faciliter l’embauche dans nombre de TPE et PME.  Bon point aussi pour la simplification des démarches pour créer une entreprise. Mais, « en même temps »,  la loi complexifie le rôle de l’entreprise en lui accolant un objectif social et environnemental, et de nouvelles contraintes sociales pour en rendre la gestion plus « démocratique »… De nouvelles usines à gaz en perspective. Le fait de vouloir une « entreprise inclusive » dont l’intérêt et l’apport positif soit bien compris par nos concitoyens ne remplacera  jamais la première nécessité qui est de reconstituer leurs marges laminées par leur insuffisante compétitivité et surtout par la pression insupportable des charges de la fiscalité qu’elles supportent. Un débat qui renvoie à  la pertinence de nos dépenses publiques. Et comme cela ne suffit pas, le gouvernement leur colle sur le dos,  dès le 1er janvier prochain,  la mission « régalienne » de la collecte de l’impôt sur le revenu avec le « prélèvement à  la source ». Une charge dont elles se passeraient très bien.

Je cherche vainement dans tout cela le chemin salutaire de l’effort et de la vertu, le seul qui pourrait enrayer la glissade de plus en plus accélérée de notre déclin. Les mêmes causes  provoquant les mêmes effets, le rafistolage du budget 2019 à coups de rabots  par-ci, de désindexation des pensions par-là, il serait étonnant que la France se redresse. Entre les beaux discours et la réalité… On peut toujours croire au Père Noël !

 


LA VICTOIRE DES TECHNOCRATES DE BERCY

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L’école avait ses « pédagogistes », Bercy a ses « inspecteurs des Finances », des technocrates fiscalistes les meilleurs du monde.  On n’en doutera pas  à voir leur capacité d’invention de taxes en tous genres et à constater tout ce qu’on paie. Enfin,  ceux qui paient. En effet,  en ce qui concerne l’impôt sur le revenu, seuls 43%  des  Français  y sont assujettis. Mais leur  capacité essentielle tient probablement dans leur  faculté à obscurcir  le  discernement de nos politiques. Ainsi, les commentateurs avisés  n’hésitent pas à affirmer que la  décision prise  par  le  Président de la  République est d’abord une victoire de Bercy. Il est  pourtant évident que c’est une mauvaise décision et qu’il en paiera à coup sûr le prix, le  moment venu. Pour l’heure, il importait à Macron d’affirmer son autorité ébréchée par un été qui l’a sérieusement mise à mal. Sévèrement ! Il n’y a plus que 23% des Français qui lui soient favorables.

Pour la fiscaliste Virginie Pradel, présidente de l'Institut Vauban, le prélèvement à la source n'est concevable que si le système fiscal est simple - or celui de la France  se caractérise par une extrême complexité. Mais rien ne fait peur  à nos experts de Bercy. Ce sont parait-il des « dentelliers » de  la fiscalité et ils sont capables de s’adapter aux situations les  plus compliquées. Ainsi,  pour un célibataire qui dispose seulement d'un salaire, sans recourir aux niches fiscales, le prélèvement à la source va lui simplifier la vie,  mais pour un couple dont les montants sont très différents, la situation sera beaucoup plus complexe. Si madame perçoit un salaire nettement inférieur à celui de son mari, et qu'elle ne veut pas que son employeur ait connaissance du montant des revenus du foyer fiscal, elle pourra opter pour un taux non individualisé, c'est-à-dire ne prenant en compte que son salaire, à l'exclusion des revenus de son mari. Une telle option l'obligera à verser chaque mois un complément d'impôt sur le site internet de la DGFiP. Et cela tourne au casse-tête, notamment lorsque les modalités de recouvrement de l'impôt sont distinctes, selon le type de revenu : ainsi, l'impôt sur les honoraires ou les revenus locatifs continuera d'être versé directement par le contribuable, selon de nouvelles modalités, et non prélevé. Une usine à gaz !

On oppose aux détracteurs du prélèvement à la source que la quasi-totalité des pays européens ont opté pour ce mode de récupération de  l’impôt. Mais en France, l'impôt est calculé au niveau de la famille, contrairement aux autres pays où l'impôt est individualisé et il existe généralement beaucoup moins de crédits et réductions d'impôt chez nos voisins européens. Avec un impôt aussi complexe que le nôtre, un tel prélèvement relève de la gageure.  Il  ne faudra pas s’étonner s’il y a des dysfonctionnements, malgré les assurances de M. Darmanin. Mais c’est lui qui en paiera la facture et pas les technocrates planqués dans leur bureau. Il ne faudra  pas qu’il vienne se plaindre.

Et,  de plus,  ce  n’est pas  aux entreprises de prélever l'impôt pour l'Etat. Ce n'est pas leur rôle. D'autant qu'elles ont déjà à prélever plusieurs milliards de cotisations sociales et même d'impôts, comme la TVA et la CSG. La réforme risque de changer le climat des  relations patron-salariés. Et  elles n’ont pas besoin de cette surcharge de travail  alors qu’elles luttent  pour préserver un  peu de compétitivité. Les Républicains par la  voix d’Eric Woerth et de Christian Jacob ont proposé  un système de mensualisation modernisé bien plus simple à mettre en œuvre et sans passer par les entreprises. Mais voilà,  c'est « le vieux monde », on ne peut donc pas le prendre  en considération.

D’ailleurs le  gouvernement craint par-dessus tout le double effet psychologique et récessif de  la  mise en place du prélèvement fin janvier. D’autant plus que la  croissance annoncée pour 2019 est plutôt  morose. Aussi multiplie-t-il  dans l’urgence les gestes notamment en faveur des contribuables qui pratiquent la « défiscalisation » pour qu’ils n’aient pas à avancer la totalité de leur dégrèvement d’impôt. C’est là qu’on s’aperçoit qu’avec nos technocrates, ce qui n’était pas  possible hier, le devient aujourd’hui. Mais entre 200 et 300 euros de moins sur la fiche de paie, cela se ressent, et la consommation pourrait en pâtir. La communication de Bercy se veut résolument optimiste,  mais elle fait volontairement l'impasse sur certains aspects négatifs pour le contribuable. L'opinion n’a pas conscience que pour obtenir le remboursement d'un surplus d'impôt prélevé, elle devra attendre plusieurs mois. Qu’il y ait des « bugs »,  c’est inévitable, mais ils ne concerneront plus les avis d'imposition, mais directement les prélèvements sur salaires... Ce qui change tout.

Le  débat sur le  prélèvement à la source ne doit  pas occulter les dernières mauvaises nouvelles en provenance de l’INSEE : Le déficit et la dette publics de la France ont été révisés en raison du reclassement de SNCF Réseau comme administration publique et de la prise en compte du coût de la recapitalisation l’an dernier du groupe nucléaire Orano par l’Etat. Le déficit public à fin 2017 s’inscrit dorénavant à 2,7 % du produit intérieur brut, après 3,5 % fin 2016, soit 0,1 point de plus qu’annoncé précédemment pour ces deux années. La dette publique monte de son côté à 98,5 % du PIB fin 2017 après 98,2 % fin 2016, contre respectivement 96,8 % et 96,6 % auparavant.Ces révisions tombent à un mauvais moment pour le gouvernement, déjà contraint de revoir ses prévisions pour 2018 pour tenir compte du ralentissement de la croissance.

C’est pourquoi aussi Bruno Le Maire pousse les  feux sur la  nouvelle loi « Pacte » dont il  attend qu’elle soutienne la croissance. Nous analyserons son contenu,  mais encore faut-il qu’elle fasse le  parcours  législatif et ensuite que les décrets d’application sortent… Au mieux pour  l’été 2019.   En attendant, la France continuera d’aller dans le mur.

 


APRES L’ETE MEURTRIER, LA RENTREE ASSASSINE !

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Pour le  gouvernement, l’équation se complique un peu plus chaque jour.

L’affaire Macron-Benalla n’est pas terminée mais on en parle moins  et ce sont  les  exploits de   Madame Nyssen qui prennent le relais. Et patatras, le  Canard publie une note de Bercy du mois de juillet qui fait état de  bugs à répétition pour le prélèvement à la source. « Les  emmerdes, ça vole en escadrille » disait Chirac. C’est apparemment toujours d’actualité. En effet,  les  mauvaises nouvelles continuent de s’accumuler  en cette rentrée 2018 : démission de Nicolas Hulot, croissance qui a fait du surplace au 2ème trimestre avec 0,2%  ce qui confirme le coup de frein, inflation qui s’invite à 2,3%, et pour ajouter au climat, les traits d’humour malencontreux de Macron sur les  « gaulois réfractaires ».  Et maintenant c’est la Ministre des Sports, Laura Flessel,  en délicatesse avec  le fisc (décidément) qu’il faut remplacer au pied levé… Sans parler de la mauvaise humeur des  retraités  qui vont subir une fois de plus les rigueurs de la prévention philippienne à leur égard : ils vont  encore trinquer, leurs pensions seront désindexées de l’inflation.

Le feuilleton du prélèvement à la source.

Les rebondissements rocambolesques s’achèvent ce 4 septembre. Edouard Philippe est venu en personne à la télé pour confirmer qu'il s'entêtait. Le doute s’était installé après une série d’informations contradictoires  jusque dans la tête du Président. Le prélèvement à la source en France verra le jour en janvier 2019 comme prévu. Pourtant y renoncer aurait permis d’éviter des complications inutiles.  Au-delà des erreurs lors de tests, il faut craindre de multiples effets pervers. Ce n’est pas parce que 60% des Français y sont favorables, ce sont probablement ceux qui ne paient pas l’impôt, que la mesure n’aura pas de répercussions. A commencer, sur la consommation pendant au moins les trois  ou quatre premiers mois de  2019. Qui peut croire que la diminution brutale du salaire, amputé de  l’impôt ne pèsera pas sur la consommation des ménages. D’autant plus que tous ceux qui pratiquent le dégrèvement devront avancer leur crédit d’impôt dont ils  ne bénéficieront qu’à l’automne : une facture  plutôt douloureuse dans ce cas-là. Un choc récessif qui  pourrait être de 0,5% sur la croissance de l’année : on voit la catastrophe si on retranche ce demi-point des 1,5 prévus !   Et qu’en sera-t-il des  capacités d’emprunts  avec une fiche de salaire net diminuée des impôts… Et puis on oublie de dire  l’essentiel : le prélèvement à la source supprime le « consentement à  l’impôt » dont Bercy s’affranchit. Or c’est l’un de fondements du pacte démocratique. L’exécutif vient de prendre un énorme risque. Probablement parce qu’il ne voulait pas  mettre en jeu sa crédibilité sur sa volonté de réformer.

Le pouvoir d’achat escamoté.

La  crainte c’est que le gain de pouvoir d’achat qui concerne les  bénéficiaires de la suppression de 30% de la taxe d’habitation et de la suppression des charges salariales, passe inaperçu avec  le prélèvement à la source. A cela s’ajoutera la hausse des cotisations liées à la fusion de l’AGIRC et de l’ARCCO, caisses de retraites des salariés du privé, qui prendra effet le 1er janvier en même temps qu’un nouveau train de hausses de certaines taxes dont celle sur les carburants. Un effet à redouter d’autant plus que le petit gain de pouvoir d’achat est aussi grignoté par l’inflation.  Dans ce contexte, la solution de la généralisation de la  mensualisation du paiement de  l’impôt sur le revenu apparaissait comme une solution toute simple, déjà pratiquée par la  grande majorité des contribuables, et infiniment plus souple. Bercy a imposé son délire technocratique.

Et le chômage qui fait de la résistance.

Le tohu-bohu autour des ennuis de l’exécutif a fait passer à la trappe les  chiffres publiés dernièrement. Le nombre de demandeurs d’emploi a dramatiquement bondi en juillet : + 19 300 en catégorie A, rayant d’un trait la timide décrue amorcée en début d’année et + 26 000 pour les catégories A, B et C. La France compte désormais 5,645 millions de demandeurs d’emplois dans ces trois principales catégories, un bien triste record. En choisissant de ne plus commenter les statistiques mensuelles de Pôle Emploi, le gouvernement Philippe souhaitait privilégier une communication trimestrielle permettant une meilleure analyse de fond. Sauf que le risque est de sortir complètement le chômage du débat public, ce qui est en train de se concrétiser. Et c’est dramatique parce que les gens perçoivent bien sur le terrain que l’emploi reste le problème numéro un. Dans ces conditions, ne plus en parler c’est donner l’impression d’ignorer leur principale difficulté avec toutes les conséquences populistes que l’on connaît. Et, autre corollaire, cela nuit évidemment  au débat sur la politique économique. Car il n’est pas certain que les choix du gouvernement pour boucler le budget 2019, en décalant par exemple de six mois la baisse des cotisations au niveau du SMIC, facilitent la reprise des  embauches alors que la  croissance stagne et que les  investissements fléchissent. Encore qu’il n’y ait pas beaucoup à attendre,  au-delà des effets d’aubaine, d’une mesure vieille comme « l’ancien monde » qui consiste à aider les chômeurs en réduisant le coût du travail des moins qualifiés pour leur permettre de retrouver un emploi. Le débat sur les choix budgétaires devrait plus porter sur l’alternative entre compétitivité des entreprises et baisse des dépenses publiques. Mais « les entreprises doivent participer à l’effort » affirme Matignon.  Très bien. Mais ça n’est pas comme ça qu’elles deviendront exportatrices !

Macron est au plus bas. On attend la prochaine tuile !

 


RENTREE REUSSIE POUR LES REPUBLICAINS DES PAYS DE LA LOIRE

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La Baule 2018 6   La Baule 2018 4 La Baule 2018

  

Le Rendez-vous annuel de la Baule a  été très réussi : plus de 600 personnes ont suivi les tables rondes du matin et de l’après-midi dans une ambiance enthousiaste.

Après les discours de bienvenue de Yves Métaireau, maire de La  Baule, et de Christophe Priou, sénateur, le secrétaire Départemental de Loire-Atlantique a lancé les travaux de la journée, en présence de ses homologues des autres départements et de  Franck Louvrier secrétaire de  la  circonscription, de Christian Jacob, président du groupe Les  Républicains à l’Assemblée nationale, des députés, sénateurs, de la Présidente du Conseil Régional, et de nombreux élus locaux, maires, conseillers départementaux et régionaux. Stéphane Piednoir retenu par une inauguration de foire dans le Maine-et-Loire a rejoint le campus en début  d’après-midi.

La table ronde du matin « Macron un an après » avec Nadine Morano comme « grand témoin », avec  le renfort d’Agnès Le Brun, maire de Morlaix et d’Angélique Delahaye, députée européenne a rencontré un franc succès et suscité de nombreuses questions et interventions de l’auditoire  avec des interventions riches et précises sur la croissance et sur  les territoires. Au bilan, il ressort, preuves à l’appui, que Macron n’est ni de droite, ni libéral et qu’il conduit la France dans le mur.

L’après-midi, les travaux ont repris avec  la table ronde  sur « l’Europe », animée par trois députés au Parlement de Strasbourg : Geoffroy Didier, Alain Cadec et Marc Joulaud. Là encore, un moment passionnant grâce à l’expérience des élus présents et à la connaissance pointue de leurs dossiers, avec des éclairages utiles sur le  fonctionnement du parlement européen. Un échange très fourni avec la salle a montré l’intérêt pour le futur scrutin de 2019.

Il revenait ensuite à Christian Jacob, Brice Hortefeux et  Bruno Retailleau de conclure les travaux : des discours unitaires, dont l’humour n’était pas absent, et des réflexions approfondies pour l’avenir avec les jeunes de plus en plus nombreux à participer à notre reconquête de la place que nous n’aurions jamais dû perdre dans la direction de notre pays. 

Avec le beau temps, de nombreux participants et élus se sont retrouvés pour un « After » organisé par les Jeunes Républicains dans un  bar  de plage,  histoire  de  clore la journée  par une note joyeuse et festive.

Une certitude :  l’avenir appartient aux Républicains !

 


CHOUETTE, HULOT QUITTE LE NAVIRE !

N.HULOT
 

 

Le  navire serait-il en train de sombrer ?

La décision a été annoncée au débotté dans une « matinale » à la radio. Hulot a décidé de quitter  le  gouvernement sans tambours ni trompettes, surtout avec la suprême inélégance de ne prévenir ni le Premier Ministre ni le Président de la République. Du jamais vu. On le savait colérique,  mais quelle marque de mépris ! Quel orgueil ! Avec  cette excuse minable d’avoir eu la crainte d’être « retourné » une fois de plus s’il les en avait informés. Une confidence qui confirme  son caractère immature. Quant au prétexte, il est risible  et d’ailleurs démenti vigoureusement par celui qu’il  incrimine, le conseiller des chasseurs, et dont les arguments  sont  tous vérifiables. Il voulait donc faire  mal. Il aura réussi visiblement même si la  réaction de Macron  s’est voulue mesurée en la jouant « grand prince ». Hulot voulait faire un « coup d’éclat »  médiatique, c’est pourquoi il a attendu que le souffle de l’affaire Benalla retombe. Il fait carton plein : on n’a  parlé que de ça hier et ça va durer quelques jours. Ainsi va le  « nouveau monde » !

On ne lui dira pas  merci.

Les  Français sont parait-il  majoritaires (55%) à  penser que son départ est une mauvaise chose pour la France.  Ils ne sont pas rancuniers. Je n’en suis pas. Je paie chaque fois que  je fais le  plein de mon réservoir d’essence,  « plein  pot »  sa conception de  la transition énergétique. Hulot pratique l’écologie punitive comme naguère sa consoeur Royal. Son plan éolien est une ineptie coûteuse comme le dénonce Jean-Marc Jancovici. Je lui reproche aussi sa participation à l’abandon du projet  d’aéroport de Notre-Dame des Landes,  en dépit de  la  volonté majoritaire exprimée  par  les habitants, ce qui dénote de sa part le souci d’imposer ses idées au mépris  de  la  démocratie : cela s’appelle la tyrannie de l’idéologie. Ce qui me permet de dénoncer au passage une certaine inconséquence, puisque le nombre des vols ne diminuant pas, le trafic se détourne sur Paris où il va ajouter ses nuisances à toutes les pollutions dont souffre la région Ile-de-France. Comme si la centralisation était la meilleure des choses. Et c’est donc au nom de cette tyrannie idéologique qu’il  préfère aujourd’hui démissionner. La  planète s’en remettra.

Le cynisme se paie toujours.

Le  Président de la République ne s’est jamais caché que son ministre « de la Transition écologique » était d’abord une prise de guerre pour étouffer électoralement les écologistes, au même titre que les débauchages pratiqués à droite et à gauche. Il faut croire que le cynisme élyséen était devenu insupportable au point de provoquer ce départ, non pas inattendu car il  couvait depuis quelques  temps, tout au moins inopiné. Le départ fracassant de Nicolas Hulot du gouvernement marque la faillite de cette pratique cynique. Il  faut y voir aussi le manque de marge de manœuvre laissé aux ministres pour mener leur action, Hulot comme les autres, par un  Macron jupitérien de qui tout doit procéder. De quoi décevoir la très haute opinion que Nicolas Hulot a de lui-même,  confortée  par son aura populaire. Il n’a pas supporté l’inconfort des contraintes gouvernementales,  les arbitrages perdus vécus comme des humiliations, et la vision du « en  même temps » peu compatible avec des certitudes considérées comme indiscutables. Les raisons de fond que l’ex-ministre de la Transition écologique a invoquées le démontrent : Emmanuel Macron n’a pas recruté Nicolas Hulot pour servir des convictions écologiques profondes. D’ailleurs, aux dires mêmes de l’ex-ministre, le bilan écologique de  son passage au gouvernement est particulièrement faible. Ce qui est, heureusement, vrai.  En effet, rien ne sert d’être plus écologiste que le  reste de la planète dans notre petit hexagone, sinon à s’auto-flageller. 

Une autre transition écologique est possible.

Aussi, nous ne nous reconnaissons pas dans bon nombre des propositions de cette écologie décliniste et  souvent irresponsable au regard des impératifs économiques. Nous sommes, pourtant, convaincus que la priorité écologique ne peut plus être absente d’un projet crédible pour l’avenir de la France. Comme  l’écrit Bernard Accoyer, « Depuis plusieurs décennies, la droite a toujours été au rendez-vous de l’écologie et de la protection de l’environnement. Tous les présidents de la République appartenant à notre famille politique et, récemment encore, … Nicolas Sarkozy, qui a voulu le Grenelle de l’environnement, ont inscrit la dimension écologique au cœur de leur action. Aujourd’hui, alors que notre planète, que notre environnement au quotidien sont confrontés à des mutations, voire à des menaces, considérables, il nous revient de renouveler notre réflexion, de refonder les bases d’une véritable écologie de droite. » A la vision dogmatique et punitive, qui conduirait à la ruine nos agriculteurs, nos industriels et qui interdit les grands projets d’infrastructures, nous préférons une écologie de projets respectueuse du développement économique et social, qui concourt à la préservation de nos paysages et de  nos terroirs. C’est  une écologie qui s’appuie  sur l’innovation technologique,  porteuse d’emplois, qui oblige  aux changements des habitudes et  des modes de vie en faisant confiance au génie humain et à la capacité des sciences à trouver des solutions. Cette écologie positive peut relever tous les défis. Nous pouvons faire de la France un pôle mondial d’influence diplomatique, scientifique et industriel en matière de l’écologie et du développement durable.  C’est le chemin auquel les Républicains réfléchissent et qu’ils proposeront.  

 


LE « POUVOIR D’ACHAT », CURIEUSE OBSESSION

Pouvoir d'achat 3

 

Le sacro-saint « pouvoir d’achat ».

Darmanin prétend baisser les impôts pour donner du « pouvoir d’achat » aux Français, Wauquiez  veut « qu’on rende l’argent aux Français »  avec  le même but. Si on regarde à gauche et du côté  des extrêmes, on trouvera des discours ayant la même préoccupation avec des modalités  différentes…
Bref,  le « pouvoir d’achat » c’est l’alpha et  l’oméga de la politique française. S’il  y a des revendications pour l’augmenter, je n’ai trouvé personne pour expliquer vraiment d’où il vient,  et c’est pourtant essentiel.  Le « pouvoir d’achat » des ménages n’est que la résultante de la richesse produite qui permet aux entreprises et à l’Etat de verser des salaires. Excusez-moi d’enfoncer le clou !

On peut comprendre la nécessité de l’augmenter en période d’inflation pour compenser la hausse des prix ou pour partager de la meilleure façon une prospérité effective. Pourtant la France n’est pas dans une période d’excédent de richesse, ce serait plutôt  l’inverse,  quant à  l’inflation, elle vient tout juste de redémarrer à 2,3% après une longue période de stabilité des prix. Alors cette idée fixe d’augmenter le « pouvoir d’achat »  doit bien avoir une justification. Et cette justification, on la connait, elle est une aberration économique : il faut augmenter le « pouvoir d’achat » pour relancer la croissance par  la consommation.

Le jeu malsain de l’Etat-providence.

Comme les entreprises ne sont pas en situation de pouvoir augmenter les salaires, à quelques exceptions près, c’est la puissance publique par  le  jeu de la fiscalité qui va se charger d’en distribuer.  On va donc ponctionner  les  uns pour redonner aux autres,  avec  une justification imparable –la justice sociale-, de façon à relancer la production par la consommation. Créer une demande pour augmenter l’offre… Au passage, précisons que comme  le niveau de ponction fiscale a atteint un niveau quasi-confiscatoire, nos technocrates augmentent la marge de manœuvre en recourant à l’emprunt,  qui gonfle la dette.  Tout irait pour le mieux si c’était les entreprises hexagonales qui profitaient de la  manne providentielle. Mais nous sommes en économie ouverte  et il y a belle lurette que les chemises, chaussures, articles ménagers et autres smartphones ne sont plus fabriqués chez nous. Ce sont donc les  entreprises chinoises, indiennes ou coréennes qui vont être mises à contribution et donc des produits importés que nos concitoyens vont acheter.  Pour 100€ de « pouvoir d’achat » supplémentaire, 70€ vont aux importations. De ce  fait, notre balance du commerce extérieur est lourdement déficitaire.

Nos politiques marchent sur la tête.

La  quête du « pouvoir d’achat » est profondément démagogique. Le poids des prélèvements obligatoires, des charges et de la fiscalité la plus lourde d’Europe font déjà que notre croissance potentielle endogène est poussive, entre 1% et 2% du PIB. En la stimulant artificiellement, comme nous faisons depuis plus de trente ans (rappelez-vous la « cagnotte » de Jospin, sous Chirac), et en exceptant celle de 2010, vraiment utile, justifiée par la crise de 2008, nous creusons un peu plus à chaque relance, déficits, dette et chômage… Pour une raison toute simple : le petit plus de recettes du PIB produit par 1,5% de croissance, soit environ 35 milliards d’euros, avec son cortège négatif d’augmentations d’impôts et de déficits publics, est largement repris par les 65 milliards de déficit commercial, même si les produits importés génèrent de la TVA. En réalité, à chaque fois,  la France s’appauvrit un peu plus. Et comme notre contexte socio-économique est déprimé, la croissance induite s’essouffle tout de suite si elle n’est pas confortée par l’environnement extérieur. Ce qui vient de se produire : 2,2% en 2017, 1,7% (peut-être) en 2018, 1,5% prévu en 2019.

Il y aurait mieux à faire.

Il faudrait arrêter de prendre  le problème à l’envers et commencer par se  préoccuper de restaurer notre capacité  à créer de  la richesse  en redonnant à toutes nos entreprises, pas seulement les grandes, les marges de manœuvre nécessaires. La tâche est énorme, tant le retard accumulé est important. Il faut que nos entreprises  se  modernisent, rattrapent leur retard en robots  et en informatique, se spécialisent davantage, ce  qui nécessitent des investissements sur plusieurs années.  Il faut susciter les vocations exportatrices : nous n’avons que 124 000 entreprises tournées  vers l’export quand les Allemands en ont 300 000. Il faut permettre aux start-up  de devenir PME,  et aux PME de devenir ETI. Cela suppose des politiques fiscales adaptées avec un allègement drastique des charges, il faut   moderniser les rouages de support à l’action internationale,  comme le fait la Région des Pays de la Loire. Nos gouvernants devront avoir  la  force  d’âme de résister à l’appétit des investisseurs internationaux pour notre dette, ce qui maintient des taux encore très  bas et entretient la facilité de l’emprunt. Il faudrait certainement travailler  plus et revenir enfin sur les 35 heures qui coûtent 20 milliards par an à l’Etat. Et viser le plein emploi qui sera la récompense  des  efforts déployés. Personne ne parle du plein emploi ! Pourtant l’atteindre éviterait  bien des réformes compliquées dès lors que les cotisations seraient au rendez-vous ! Ensuite, le temps viendrait d’augmenter le  « pouvoir d’achat »… comme la résultante logique, une fois notre balance commerciale rétablie. Après, et seulement après !

Quand j’entends que nos technocrates au pouvoir se préoccupent de faire un plan contre la pauvreté, je crains le  pire. Quelle meilleure lutte contre la pauvreté que de procurer des emplois à ceux qui n’en ont pas et de la stabilité à tous les précaires. C’est le meilleur plan qu’on puisse mettre en place.

 


LA FRANCE VA MAL !

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C’est la rentrée pour l’exécutif. Pas encore pour les Français dont beaucoup traînent encore leur flemme sur les plages ou ailleurs. Tout le monde nous dit que ça va mal pour Macron et que son équation de rentrée est compliquée. On veut bien le croire : Jupiter en a pris un sérieux coup derrière la crinière avec l’affaire Benalla et son premier recul sur la réforme de la constitution. Mais c’est la France qui va mal. Beaucoup à cause de sa politique, mais pas seulement.

Une équation politique compliquée.

Il paraît qu’il ne faut pas qu’il arrête les réformes. Il a besoin de maintenir son tropisme « libéral » pour continuer de capter un centre-droit qui commence à lui échapper. Mais qu’a-t-il de libéral ? Il faut que l’intelligentsia parisienne, Yves Tréhard y compris, arrête de le présenter comme tel. S’il s’agit des réformes votées depuis un an et demi, il y a de quoi rester sur sa faim en matière de libéralisme. Aucune n’a vraiment transformé en profondeur le secteur qu’elle visait, qu’il s’agisse du droit du travail, de la formation professionnelle, de la sécurité et de l’immigration. La suppression partielle de l’ISF et la « flat tax » de 30% sur les revenus mobiliers ont de quoi faire hurler la gauche et l’ultra gauche, mais c’est un libéralisme de banquier. Les effets alimentent la valse mondiale des milliards  qui tournent au-dessus de nos têtes sans vraiment toucher l’économie réelle. On a surtout vu un renforcement de la fiscalité tous azimuts et de l’emprise technocratique sur l’Etat et les collectivités par le biais de la suppression de la taxe d’habitation et des dotations.  On est loin du rêve libéral qui libérerait nos entreprises. Alors ne nous étonnons pas que les résultats ne soient pas au rendez-vous : croissance molle, chômage persistant, commerce extérieur à la rue, et encore et toujours déficits publics et dette… D’autant plus que l’Allemagne émettant de moins en moins de titres pour cause d’excédents budgétaires, les investisseurs internationaux privilégient la dette française, permettant de maintenir des taux bas. Donc, rien d’étonnant, les fondamentaux de la politique de Macron sont les mêmes que ceux de Hollande.

Le « en même » temps et l’omnipotence de la technocratie.

Le fonctionnement de la démocratie est altéré par l’arrivée du macronisme. Il a tué le débat démocratique en même temps que la technocratie, relayée par les ministres qui en sont issus, a pris le pouvoir s’accommodant fort bien de la disparition provisoire des « clivages ». La France est devenue une « technocrature ». A tel point qu’un tiers des ministres ne sont même pas connus des Français. On peut parler de dictature de la technocratie qui fait imposer sans concertation des décision stupides comme la limitation de vitesse à 80km/h généralisée,  méprise les fonctions décentralisées entre les mains des collectivités territoriales, et impose –le mot n’est pas trop fort- le prélèvement à la source pour parachever son pouvoir. En effet, au premier janvier prochain, la France va entrer dans une ère nouvelle : celle du paiement de l’impôt qui supprime le consentement du contribuable. L’impôt sera prélevé sans qu’il ait son mot à dire. Avec la suppression envisagée de l’argent liquide, c’est un état fiscaliste  Big Brother  auquel rien n’échappera. C’est comme ça que les technocrates de Macron tuent la démocratie. Résultat : les Français à qui on a vendu un renouveau vertueux du personnel politique et la promesse d’une transformation profonde  des pratiques, ne croient plus à rien. En effet, depuis dix-huit mois on n’a fait que tourner en rond.

La droite républicaine dispersée façon puzzle.

Ils en avaient tous après Laurent Wauquiez. Certains étaient attirés par les sirènes d’un pouvoir d’autant plus charmeuses que l'exécutif cherchait à se débarrasser d’une opposition des Républicains comme d’un caillou dans la chaussure. La plupart reviennent sur Terre, désenchantés. Mais leurs critiques acerbes contre l’exécutif et le pouvoir présidentiel ne serviront à rien tant qu’elles seront individuelles, et surtout alimentées par un égo ou des ambitions pour 2022, bien trop précoces. Xavier Bertrand, Dominique Bussereau font des observations justes. Alain Juppé, toujours aussi prudent qu’un sioux sur le sentier de la guerre, campe sur son Aventin avant de se décider à franchir le Rubicon qui lui collerait définitivement une étiquette de traître dans une grande partie de l’électorat de la droite et du centre. Dans le contexte actuel, le maire de Bordeaux peut faire mieux, surtout s’il songe à se représenter en 2020. Valérie Pécresse, un pied dedans, un pied dehors, continue de jouer le petit jeu malsain de sa carte personnelle. Se rend-elle compte à quel point elle sape le parti auquel elle prétend adhérer ?  Rassemblés, Les Républicains seraient la seule force crédible de l’opposition, dispersés, nous sommes inutiles ! J'aimerais être persuadé qu'ils ne sont pas tous, eux aussi, accros au dogme du "pouvoir d'achat" comme la proposition inepte d'augmenter le smic de 20% peut le laisser penser.

Un tableau de bord calamiteux.

Les chiffres du chômage qui stagne et de notre commerce extérieur qui sombre en sont la partie la plus visible. Inutile de s’étendre. Si on en est arrivé là, sans qu’aucune amélioration digne de ce nom ne se dessine, alors qu’au contraire des vents contraires s’annoncent, c’est parce que depuis deux ans, on a tourné en rond. Tant qu’on fera du pouvoir d’achat l’alpha et l’oméga de nos politiques, la France continuera d’être un pays de « shaddoks ». On pompe de l’impôt et on emprunte pour redistribuer aux « pauvres » qui s’empressent de consommer des produits que nous importons… Cela s’appelle une « relance » et cela fait trente ans que ça dure. Et la France continue de se désindustrialiser.

Deux chiffres pour comprendre : notre PIB s’est élevé à 2 300 milliards d’euros en 2017. Avec la relance nous générons 1, 8 à 2% de croissance, soit environ 45 milliards d’euros supplémentaires de PIB. Mais dans le même temps nous avons emprunté 70 à 80 milliards d’euros pour financer l’Etat, les prestations sociales, le remboursement des emprunts arrivés à maturité plus les intérêts, et notre déficit du commerce extérieur  a plongé à 70 milliards d’euros. Conclusion : la France a continué de s’appauvrir !  Notre pays présente donc de plus en plus les stigmates du sous-développement : infrastructures mal entretenues, services de moins en moins bien assurés, dette qui croit… On fait du pouvoir d’achat un objectif alors qu’il ne devrait être que la résultante de la production de richesse constatée.

Un seul chemin permettrait de remonter la pente : créer à nouveau de la richesse. En commençant par le bon bout : c’est le chemin qui conduirait notre économie à regagner des parts de marché, à rendre notre commerce extérieur excédentaire.  Ce serait redonner à nos entreprises les marges de compétitivité dont elles ont besoin et les capacités d’investissements pour accompagner initiatives et créativité. Pour financer la baisse des charges massives qu’il faudrait instaurer, il existe un levier efficace et universel : la TVA dont le taux  pourrait passer à 23 ou 24%. Avec que des avantages.  Il faudrait aussi « décorseter » notre système de production de sa gangue de réglementations technocratiques. Ce chemin c’est celui de la liberté. Alors, on pourrait parler vraiment de politique « libérale ». Il ne sert à rien de courir après le pouvoir d'achat, si c'est pour le financer avec des impôts et de la dette, sans réduire  les dépenses.

« En même temps » expliquer aux Français qui sont nuls en économie, que les pays qui pratiquent le libéralisme  produisent plus de richesses que les autres. Il est  frappant de voir que l'excédent commercial de l'Allemagne est accompagné d'un excédent budgétaire record :  CQFD !

 

 


DE LA CONSTANCE, MAIS PAS DANS LA MAUVAISE DIRECTION !

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Allez, une dernière  pour  la  route, avant les vacances politiques.

« Pour réformer la France il faut de la constance ».

Dans une interview au Figaro, Bruno Le Maire notre  grand apothicaire a déclaré que pour réformer  la France, il fallait de la constance dans l’effort.  Si on peut être d’accord avec  la sentence, encore faudrait-il que les  efforts en question aillent dans la bonne direction. Notre pays a besoin de remèdes autrement  plus efficaces que  les évolutions à petites touches qui ont eu lieu depuis un an sur le droit du travail. Les  mesures les  plus significatives ont concerné la financiarisation de l’économie avec l’ISF et la « flat tax ». La formation  professionnelle et l’apprentissage font l’objet de choix catastrophiques dont je serais étonné qu’elles produisent les résultats attendus. Les  décisions fiscales sont incohérentes  et illisibles,  qu’il s’agisse de la taxe d’habitation ou de l’augmentation de la CSG sans contrepartie pour les retraités.  Le  prélèvement  à la source est une décision technocratique qui privera les Français du consentement  à l’impôt et commencera par un choc récessif et qui fera  peser  des charges supplémentaires sur les employeurs… Mais le  plus grave  c’est l’erreur de fond qui sous-tend la  politique économique de la  France. Nos gouvernants continuent de privilégier  le vieux schéma de la croissance  par la  consommation, financée par l’impôt et l’emprunt et se refusent à voir qu’il continue de nous appauvrir, tout simplement  parce  qu’il  produit moins de richesse que ce qu’il  coûte  en dette et en importations.  Les  constats  actuels : fléchissement de la croissance, augmentation de la dette, stagnation du chômage à  un niveau élevé, n’ont donc rien d’étonnant. Ils  étaient prévisibles et je les avais annoncés. C’est une politique qui conduit à l’échec. : La situation économique est décevante et n'est pas à la hauteur des promesses faites par Emmanuel Macron sur l'efficacité de sa politique.  

Et même sur le pouvoir d’achat,  le gouvernement a été mauvais.

La médiocrité de l'évolution de la consommation des ménages est la conséquence directe de celle du pouvoir d'achat. Il ne fait guère de doute que la hausse de la CSG des retraités et celle des taxes sur les carburants ont pesé. Le gouvernement paie cash sa stratégie illisible sur le calendrier de mesures fiscales qui sont contradictoires. L'opération de bascule des cotisations sociales ne concernait pas tout le monde au début de l'année et il faudra attendre le dernier trimestre -avec la taxe d'habitation- pour que les perdants du premier commencent à récupérer leur mise. Et encore un grand nombre de retraités seront perdants y compris sur trois ans !

Le retour à une croissance molle est un avertissement.  

Le chef de l'Etat doit sortir de l'ambiguïté sur les sujets   cruciaux. Le financement de ses mesures fiscales, notamment  la suppression imbécile de la taxe d’habitation, en est un. La façon dont il compte respecter ses engagements de baisse des déficits publics en est un autre, et pour l’instant, rien n’a  vraiment été fait,  puisque les dépenses ont encore augmenté. Sans faire d'économies dans les dépenses, rien ne sera  possible  et ce sera plus douloureux avec des rentrées  moindres. Le budget 2019 devra être celui de la clarification.

Le tableau de bord de la  France est explicite.

La dette continue d’augmenter à 96,8 du PIB,  parce que les dépenses ne sont pas contenues, c’est le  pays le plus taxé d’Europe, et nous sommes 23ème sur 28 pour le taux de chômage. L’impôt devrait être l’exception pour corriger les inégalités, il est aujourd’hui la norme de Bercy pour financer  les dépenses nouvelles. Le retard de compétitivité de nos entreprises s’exprime  clairement : pour 100€ dans la  poche du salarié, l’employeur doit débourser en plus, en taxes et en impôts 131€ en France, 109€ en Allemagne, 77€ en Espagne, 54€ au Royaume-Uni (qui a créé 2,5 millions d’emplois).

Une autre politique est nécessaire.

L’assainissement de nos finances et l’amélioration de  la compétitivité de nos entreprises sont les seuls moyens  de rétablir la situation de notre économie et le retour à la prospérité  pour les Français. Ce n’est pas par la consommation des  ménages qu’il faut commencer,  mais par l’augmentation de nos exportations pour parvenir à un excédent de notre balance commerciale. L’urgence c’est donc un grand plan d’économies pour baisser les charges et les impôts. La résorption du chômage structurel et l’amélioration du pouvoir d’achats suivront logiquement.  Ce n’est pas le gouvernement actuel qui peut porter cette politique.   

Ensuite, il faudra de la constance dans la bonne direction.

 


BENALLA, OH, LA, LA …

TEMPETE-DANS-UN-VERRE-D-EAU

 

Voilà une histoire tellement ubuesque qu’on a bien du mal à y croire.

Je vais  vous la conter  telle  que  Monsieur Toutlemonde a   pu  la comprendre. D’abord  le feuilleton commence  par  un coup de théâtre : le 19 juillet, le  journal Le Monde, ça n’est pas rien, publie un article qui relate les  exploits  d’un Superman, venu à l’aide de la police  lors  des  manifestations du 1er mai.  Mais on a réussi à mettre  un nom  sur le superman : Alexandre Benalla, garde du corps (parait-il que non) et « ami » du président de  la République. Et tourne alors  en boucle sur les réseaux sociaux une vidéo où il  apparaît casqué et muni d’un brassard de la police, en train de  molester un homme puis une femme…. On est quand même deux mois  et demi après les faits. Aussitôt la classe politique s’enflamme, mais ça  c’est  une autre histoire.

Revenons à nos moutons.

Voilà donc un membre du cabinet de l’Elysée qui se trouve avec les forces de l’ordre,  place de la Contrescarpe.  Déjà on peut se demander ce qu’il fait là.  On nous dit qu’il a été invité pour observer.  Soit. Première anomalie : à un moment donné il se précipite sur des personnes  qui jettent des projectiles sur les CRS. Je  résume : il contribue à interpeller deux personnes au comportement violent, c’est indiscutable. Il  les moleste au passage sans qu’on en voie l’utilité. Deuxième anomalie : les deux personnes ne sont pas déférées, comme cela aurait dû se faire  normalement. C’est que,  troisième anomalie, il aurait fallu faire mention de  l’intervention « inappropriée » de M.  Benalla qui n’avait pas le  pouvoir d’intervenir et expliquer, quatrième anomalie, pourquoi il portait un brassard de  la  police, un casque de CRS et était muni d’une radio. Pour éviter que l’affaire s’ébruite, est donc la réponse à  cette deuxième anomalie. D’ailleurs, le Procureur de la République, M.  Mollins  demande aujourd’hui officiellement des explications sur cette absence de défèrement de ces deux personnes aux forces de polices concernées.

Je continue.

Forcément, les  policiers mécontents ont fait remonter  l’incident à l’employeur du superman. Comme ça n’est pas bien,  il sera  puni.   Va-t-on le dénoncer et le présenter  à  la   justice ? Que nenni,  un membre du cabinet,  ça ferait désordre : il sera  mis à pied deux semaines sans salaire (qui apprend-on, n’a pas été retenu), sanction jugée proportionnée. C'est déjà scandaleux au regard du simple flic qui est mis en examen pour un coup de   matraque. Et la vie a repris, tranquille comme Baptiste.  On a pu voir à nouveau dans le sillage de Jupiter le sieur Benalla au Panthéon pour la  cérémonie Veil, au 14 juillet, dans le  car des bleus… Pendant deux mois et demi, le grand public a été tenu à l’écart de l’incident,  mais aussi la  justice. Tout a été fait  pour enterrer cette histoire, ce qui est scandaleux de la part de gens qui prêchent la « République exemplaire ». "Enorme" crierait Fabrice. A l’Elysée, on peut croire l’affaire oubliée et  la vie a repris comme si de rien pour l’intéressé : attribution d’un logement de fonction, voiture de fonction  équipée « police », …  Un puni qui se  porte bien,  quoi ! Les vacances approchent, et il semblerait qu’on lui ait confié la sécurité  du Président au fort de Brégançon. Est-ce la goutte qui a fait déborder le vase ?  Toujours est-il que quelqu’un de bien intentionné a pris soin de faire  parvenir la vidéo compromettante dûment commentée pour son interprétation au journal Le Monde.

Et voilà  le scandale qui éclate.

L’Assemblée nationale s’enflamme, la majorité En Marche est à l’arrêt, comme tétanisée (il faudra attendre que Macron appuie sur le bouton « reset » pour qu’elle redémarre), Le Président pourtant très bavard se mure dans le  silence… La suite vous la connaissez, et elle n’est pas triste, avec les auditions par les parlementaires, l’ouverture généralisée des  parapluies par  les (hauts) fonctionnaires, les contradictions, les trous de mémoire … On n’a pas  fini d’en entendre parler.

Que va dire l’ordinateur de Benalla ? Sur quoi va déboucher la procédure judiciaire ?  L’affaire de l’été est  bien une affaire d’Etat quoi qu’en disent les partisans de M. Macron : un Président qui soustrait un justiciable à l'action de la  justice, c'est inqualifiable. Et  j’imagine Alexis Kohler lui téléphonant : « On est  mal patron, on est mal ! ».

Moi, j’ai envie de chanter :  « Oh lé, lé, Oh la, la, Quand il faut y aller, Benalla est là  … »

Et du coup, on en a même oublié qu’on était champions du monde ! Incroyable !

 


EDOUARD TETREAU, T’ES TROP !

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Hystérie collective ?

Dans une tribune publiée ce 24 juillet par le Figaro l’essayiste proche de Macron crie à « l’hystérie collective » contre le président au sujet de l’affaire Benalla. Sa plaidoirie prête à rire à défaut de pouvoir être prise au sérieux. On voit bien la ligne suivie, celle fournie par le « château », il s’agirait de « l’histoire minable d’une dérive personnelle ». Pour le reste circulez, il n’y a rien à voir, excepté « quelques erreurs commises et reconnues par l’Elysée ». Et encore, avec quelques excuses : « une équipe éprouvée par deux années ininterrompues de campagne et de présidence ». Il suffira « d’un renouvellement des hommes et des méthodes de gouvernement à la rentrée » et roule ma poule. Sur les deux maux que l’auteur a identifiés –les hommes et les méthodes-, je reviendrai plus loin.

Le procès des médias : tiens ?

Edouard Tréteau dénonce les « piliers du système politique et médiatique » qui font le lit du populisme par leur comportement. Et il nous livre une analyse extraordinaire. Je vous en livre les principales lignes : «  … un mélange toxique de propagande, d’approximations, de non-vérifications des faits mêlés aux opinions, d’incapacité à prendre du recul sur l’évènement. Le journalisme d’investigation se fait journalisme de délation, avec la nécessaire complicité de policiers bafouant le secret de l’enquête ou de l’instruction pour faire avancer leurs agendas parallèles. Le journalisme de combat est devenu journalisme d’invective : exit Henri Frenay et Albert Camus, place à Jean-Jacques Bourdin… » Cela ne vous rappelle rien ? Ne découvre-t-il pas tardivement le traitement qui a été infligé à François Fillon auquel M. Macron doit sans nul doute son élection. Cette indignation est donc à la fois suspecte et tardive.

Le procès des partis traditionnels : tellement facile !

Quant aux « grandes gueules de l’opposition », elles n’ont rien de comparables avec celles du XXème siècle. Il n’y voit qu’une radicalisation des comportements et des expressions : « on exécute d’abord, on écoute et on réfléchit ensuite ». Forcément quand on ne voit dans l’affaire Benalla, qu’on devrait d’ailleurs plutôt appeler « Benjupiter », qu’un épiphénomène, alors qu’il y a accumulation de dysfonctionnements qui consacrent la confusion des pouvoirs et des genres entre ce qui appartient au gouvernement et ce qui procède de la présidence ; forcément quand on se fait le chantre du pouvoir avec la thèse et les éléments de langages fournis par le cabinet de la rue Saint-Honoré, forcément, ce sont les autres qui font le lit du populisme. Il ne veut pas voir que c’est la pratique du pouvoir et le comportement de la majorité qui provoquent cette exacerbation, imprégnée d’arrogance et de mépris. Les oppositions sont dans leur rôle : elles ont le devoir d’exiger toute la lumière sur ce qui est bien plus qu’un incident dont on peut penser que tout a été fait pour qu’il soit enterré. Sans elles, il n'y aurait pas de commission d'enquête !

Le renouvellement des pratiques démocratiques : chiche !

Néanmoins, la tribune n’est pas exempte de réflexions lucides. Quand il présente LREM comme « un parti d’automates et de dévots qui doit s’enrichir de vrais débats internes… et de débats externes avec les autres partis de gouvernement », ne fait-il pas le procès de l’incompétence et d’une certaine arrogance conférée par la « masse », qui a accentué la « verticalité » du pouvoir macronien. Le silence et la tétanisation qui les saisit depuis que le « château » se mure dans le silence en dit long. Il regrette fort justement que le système « majoritaire projette (malencontreusement –dit-il) ce qui ressemble à une arrogance de caste au lieu de diffuser une confiance collective ». Mais changer les équipes et la méthode suffira-t-il ?  Oui, cette affaire constitue une belle occasion de sursaut et de renouvellement de toutes nos pratiques démocratiques. A l’Elysée, d’abord : arrêt des tentatives de renforcement du pouvoir personnel et d’affaiblissement du parlement, et de régression démocratique, contenus dans la réforme de la Constitution ; au Parlement en prenant en compte les propositions souvent constructives des députés n’appartement pas au parti majoritaire, et celles des sénateurs, au lieu de les rejeter en bloc. Il a le même refrain pour les instructions judiciaires, les pratiques journalistiques et policières : on peut rêver.  La vérité, c’est que le sujet « Benalla » est bien une affaire d’Etat, ce que montrent assez bien les découvertes successives auxquelles elle donne lieu. Ce n’est pas une dérive personnelle mais celle d’un système qui procède d’un seul homme.

Et c’est à juste titre qu’on s’en prend à Emmanuel Macron.

Car, le Premier ministre et les députés LREM ont continué à nier l’importance de l’affaire pour empêcher qu’elle remonte au Président de la République, lors de la séance des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale. Il a été répété en boucle le même mensonge : une sanction a été appliquée à sa juste mesure. Mais répéter un mensonge n’en fait pas une vérité. Le ton moralisateur un brin méprisant empreint d’une certaine désinvolture qu’Edouard Philippe a utilisé à maintes reprises ne préjuge pas de l’évolution souhaitée par Edouard Tétreau, pas plus que les déclarations suant l’arrogance et le mépris du Président devant ses troupes, en marge de l’Assemblée, bombant le torse et se revendiquant comme « le seul responsable », (« s’ils cherchent un responsable, qu’ils viennent le chercher ») une forme de provocation à l’égard de l’opposition qui a obtenu la mise en place des commissions d’enquêtes parlementaires. Un Président qui choisit la provocation après s’être muré dans le silence et avoir tout fait pour que l’affaire ne soit pas sue ! Enfin, Un mot sur les auditions de Gérard Colomb : le Ministre d’Etat, Ministre de l’Intérieur se comporte en expert lyonnais qu’il est de Guignol, tant ses « ignorances » sont grotesques.

 


LE FEU CHEZ JUPITER

Macron Benalla

 

Le conseiller a été finalement « foudroyé ».

Les agissements « curieux » d’Alexandre Benalla ont pris, en vingt-quatre heures de révélations et de condamnations, un tour vertigineux. Premier temps : les faits, ils  sont confirmés par des vidéos, et suivis de l’insuffisante réaction du staff élyséen. Deuxième temps : le silence présidentiel. Pourtant, il est impossible de relativiser la gravité des faits. Un homme, tout conseiller pour la sécurité à l’Élysée qu’il fût, a usurpé la fonction de policier et a tabassé un manifestant le 1er mai. Il a été filmé. Quand le cabinet du président, qui l’avait autorisé à se rendre à la manifestation en tant qu' « observateur », a su ce qu’avait été son comportement, il s’est contenté de lui infliger une mise à pied soi-disant non rémunérée de quinze jours.  C’est une sanction bien légère au regard de la  gravité des faits, alors qu’on nous assure qu’il s’agit d’une punition exemplaire. On apprend au passage que ce genre d’autorisation est une pratique courante. Il y aurait donc des barbouzes parmi les policiers qui assurent le  maintien de  l’ordre quand il y a des  manifestations. Emmanuel Macron est mouillé,  forcément Contraint et forcé, il  a bien fallu qu’il licencie M. Benalla. Il aura fallu attendre deux mois et demi pour que l’affaire soit rendue publique : c’est sans doute parce que Alexandre Benalla a été vu dans d’autres circonstances, notamment lors du retour en France de nos footballeurs, que la vidéo a été diffusée et a permis au « Monde » de raconter l’histoire. Une histoire que l’Elysée a pu croire enterrée puisque  le  conseiller du président s’est vu attribuer un logement de  fonction début juillet.

La loi n’a pas été  appliquée.

Il était pourtant simple, pour les conseillers de M. Macron, de saisir la justice dès le 2 mai et de se dispenser définitivement des services de M. Benalla.  S’ils ne l’ont pas fait, c’est forcément sur instructions venant d’en haut, et sans doute parce qu’ils ont pensé que, si l’affaire ne s’ébruitait pas, ils pourraient l’enterrer. Sauf qu’il existe un article 40 du code de procédure pénale qui stipule que, si un fonctionnaire a connaissance d’un délit ou d’un crime, il doit le signaler à la justice. Tenu au courant, le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, n’a pas cru bon, lui non plus, d’informer le procureur de la République. Qui plus est, le Président lui-même informé, n’a pas fait la démarche non plus, ni donné la consigne de la faire ! L’erreur du pouvoir est là, et elle gravissime, surtout si on se souvient que M. Macron a fait campagne sur le thème de la République exemplaire ! Evidemment, dès qu’elle a été connue l’affaire a créé  le tohu-bohu à l’Assemblée nationale  qui, à la vitesse grand V, a décidé de créer une commission d’enquête, tandis qu’une instruction judiciaire était ouverte, parallèlement à une enquête de l’IGPN, demandée  par le Ministre de l’Intérieur. Branle-bas de combat tardif mais nécessaire. On finira donc par connaître la vérité dans ses moindres détails et il est indispensable que l’exécutif prenne la pleine mesure de cette affaire dont le moins qu’on puisse dire est qu’elle ébranle la République. Et  plus on en apprend et plus l’exécutif s’enfonce.

Un président atteint.

A l’Assemblée, les explications fournies par le Premier ministre et par la ministre de la Justice n’ont été ni claires ni utiles, à l’établissement de la vérité. Édouard Philippe et Nicole Belloubet n’ont, en réalité, probablement rien à voir avec cette histoire et ils ont été certainement court-circuités par les manigances de l’Élysée. Mais pas Gérard Collomb, informé, selon France-Inter, depuis le 2 mai. Dans ce contexte, Emmanuel Macron doit absolument prendre la parole. Il n’a pas voulu répondre au débotté pendant une visite en province, il a esquivé une question sur l’altération de la République qui pouvait en résulter. Il a seulement répondu qu’elle restait « inaltérable. » Et il feint d’ignorer les injonctions multiples en provenance des oppositions. Non seulement  la République est touchée au cœur, mais sa présidence, elle, est altérée,  ça  c’est certain. C’est ce qu’on appelle « une  affaire d’Etat », sans doute la plus grave depuis son arrivée à l’Élysée. On attend ses explications, or il se mure dans le  silence, tout en laissant la  justice, qu’il a  oublié de saisir, faire enfin  son travail. En tout état de cause, sa crédibilité est désormais atteinte et entachée d’insincérité par la volonté de cacher des faits délictueux. Jusqu’à maintenant, la  communication de l’Elysée sur cette affaire accumule les mensonges, sans qu’on sache pourquoi M.  Benalla a bénéficié d’un tel régime de faveurs. Comme manifestement il y a le feu à la maison, la foudre jupitérienne s’est abattue sur le malfrat. Même si d’autres têtes tombent, personne ne sera dupe : la foudre pourrait bien s’abattre aussi sur le directeur de cabinet et même sur le Ministre de l’intérieur. Cela ne suffira pas à éteindre l’incendie : il faudra  que le Président explique l’inexplicable ! Et l’arrogance ne suffira pas.

Un cadeau aux oppositions.

Les oppositions n’en demandaient pas tant. Leur rôle  est cependant de mettre le doigt où ça fait mal,  et d’alerter l’opinion publique. Cette histoire est  tellement rocambolesque que les militants et élus de la République en marche en ont le tournis. Les rares qui acceptent de s’exprimer veulent minimiser le rôle  de leur « dieu ». Ils  voudraient bien que le chef de l’État fasse toute la lumière sur l’affaire, mais comme c’est périlleux pour lui  et que  les « éléments de langage » venant habituellement du « château »  sont aux abonnés absents, la plupart préfèrent se terrer, ne sachant quoi dire. Quel  crédit  pourra-t-on désormais accordé  à un Président qui oublie  d’appliquer la  loi dont il  est  le garant ?  Les forces de l’ordre elles-mêmes sont furieuses de ce qu’un individu dangereux ait usurpé les fonctions qui sont les leurs et entaché leur réputation.  Macron  comptait sur l’effet Coupe du monde du football pour rassembler les Français  et  aborder ainsi plus aisément un programme chargé  de réformes  difficiles. C’est raté.  Il  veut réformer la Constitution : mieux vaudra y regarder à deux  fois !  Un referendum s’impose !

 


LA DROITE VA DANS LE MUR !

Virginie Calmels   Laurent-wauquiez- la droite de retour   Valérie Pécresse


Un été qui promet d’être meurtrier.

Consternation : quel que soit le côté où je me tourne, je ne trouve que militant désemparé, sympathisant déboussolé, perdu, écoeuré. Le spectacle qu’offre la droite en est évidemment la cause. Si Les Républicains continuent leur guéguerre des chefs, oubliant l’essentiel, je ne donne pas cher du résultat des élections au Parlement européen, même avec un programme réaliste : notre électorat fera ce qu’il fait quand il ne veut pas arbitrer, il restera à la maison. Valérie Pécresse et Laurent Wauquiez en seront les principaux responsables, ce qui n’exonère aucun des autres. Valérie Pécresse parce qu’elle mène une guérilla interne « d’Iznogoud » dont tout le monde voit bien que ses postures sont artificielles et dictées par une ambition personnelle. Laurent Wauquiez parce qu’il manque à sa mission de rassembleur du parti et de la droite, à cause de son caractère emporté et de son intransigeance. Le limogeage de Virginie Calmels qui se prolonge en affrontement brutal, les manigances de la Maire de Paris dans les élections internes ont toutes les chances de perdurer avec la constitution de la liste européenne. Tout cela est désolant, catastrophique.

La ligne politique est en cause.

Les Républicains ne sont pas audibles parce qu’ils ont l’air de se répéter avec une antienne qui est toujours la même : l’immigration et  le communautarisme islamiste. Ces sujets, s’ils ne sont pas à négliger, ne doivent pas occulter les autres tout aussi essentiels, sinon plus. Et notamment, ceux touchant au projet économique. Or l’on voit se développer avec des propositions telles que celle lancée par Guillaume Peltier d’augmentation du SMIC de 20%, reprise par Valérie Pécresse, dans un concours démago-populiste inacceptable, un discours jacobino-étatiste qui n’est pas de nature à sortir la France de l’ornière. On sait que le patron du parti n’est pas favorable  à repousser l’âge de départ à la retraite à 65 ans, mesure indispensable à l’équilibrage du financement et tient par ailleurs un discours plutôt protectionniste évoquant les ravages de la libre concurrence…  On attend un projet axé sur la baisse de la dépense publique et la promotion de la libre entreprise, la baisse massive des impôts et des charges, mais déjà les Jacobins du parti dénoncent le caractère trop « dur » (trop libéral) du programme de Fillon ce qui n’annonce rien de bon. En présentant Macron comme « ultra-libéral », en reprenant ce thème de l’ultragauche, on lui facilite la tâche pour tromper les électeurs de droite, alors que nous avons un président centralisateur comme jamais, étatiste comme jamais, faisant de la France une "technocrature". Au contraire, c’est sur le terrain du libéralisme qu’il faut le combattre, car c’est avec la liberté que nous aiderons les classes moyennes à retrouver espoir.

Pourtant, un boulevard s’ouvre devant la droite.

La meilleure critique de l’action du pouvoir que j’ai lu nous vient de Patrick Mignola, député Modem de Savoie. Vous allez dire « un comble ». Presque. Que dit-il ? Qu’Edouard Philippe fait les poches des collectivités locales et des « CCI », lance des ballons d’essai sur les aides sociales et les pensions de reversion… et que ce n’est pas en cherchant sans cesse des recettes nouvelles au lieu de baisser les dépenses qu’on s’en sortira. Avec 57% de dépense publique, nous persistons dans la voie du « toujours plus »  alors que nous sommes à un niveau de l’impôt « confiscatoire » !  Il va même plus loin : nous inventons une nouvelle forme de « démocratie illibérale » qui rogne sur les libertés économiques (et j’ajouterai bientôt sur les libertés publiques avec la loi sur les « fake news »). Il précise que ce qui est en jeu, ce n’est pas seulement la trajectoire budgétaire à laquelle se raccroche Bercy pour justifier toutes les ponctions, mais surtout les classes moyennes, la rémunération de leur travail, la reconnaissance de leurs efforts, la capacité à préparer l’avenir de leurs enfants. Démonstration à l’appui, tout ce que nous savons déjà. Comme j’aurais aimé entendre cette argumentation venant de chez Les Républicains ! Au-delà, cela montre que sur ce terrain, le fait qu’un député Modem s’alarme démontre sans qu’il y ait besoin d’être grand clerc, qu’un boulevard existe à droite, qu’il suffit d’emprunter pour peu qu’on élargisse un peu la vision politique, profitant des excès de communication d’un Président hyper narcissique. Oui, la France moyenne n’en peut plus et j’enrage qu’on passe à côté de ce constat. Si la ligne du parti doit se résumer à la droite Buisson-Houellebecq, alors attendons-nous à un funeste devenir.  Alors, ce sera sans moi.

 


LE FAUX LIBERALISME D’EMMANUEL MACRON

Des-liasses-de-billets

 

Le Président peut  pérorer tant qu’il veut et continuer à faire croire qu’il fait du « en même temps », si la  politique qu’il mène est vue comme « ultra-libérale » par le gars  Jean-Luc, elle n’en est pas  moins  une politique de  gauche classique sociale-démocrate, faisant quelques concessions au « capitalisme » faute de pouvoir s’en passer, mais profondément dirigiste et étatiste. Tant que je ne le verrai pas « détricoter »  toutes les lois et tous les règlements qui corsètent étroitement l’économie, mettant la liberté d’entreprendre et l’initiative privée  sous  contrôle  de «  l’Etat-stratège » et autres fadaises, je combattrai ce que j’appelle une escroquerie intellectuelle. Il est, comme ses  prédécesseurs  et pour les mêmes raisons, condamné  à l’échec.  Celui-ci commence à se voir malgré les efforts des médias pour le masquer. Et de voir tous ces gens de droite qui  se laissent avoir, parmi  les plus instruits, cela me laisse pantois.  Mais  j’ai une explication : ils ne savent pas ce qu’est le vrai  libéralisme.

Et  d’abord, le  constat.

Et  si on commençait par faire un simple  constat : le socialisme est en échec, même dans sa version   modérée sociale-démocrate. Partout la sociale-démocratie est en panne de logiciel et n’arrive pas à renouveler sa  pensée.  La France où  elle est minoritaire à gauche, n’échappe pas  à la  règle et la  première année de  pouvoir de  Macron en est une belle  illustration. Malgré quelques  timides réformes et  une  relance  keynésienne  avec  un énième prélèvement d’impôts   pour relancer  la  machine ( 24 milliards  d’euros avec  la hausse de la CSG), l’embellie de  croissance qui venait  de  l’extérieur  retombe sans  que  nous  ayons pu commencer  à redresser nos comptes, à rembourser  la  dette, à relancer durablement l’activité de nos entreprises. 24 milliards prélevés  en pure   perte  partis alimenter, comme les  précédents, le tonneau des Danaïdes, n’améliorant ni  le sort des  pauvres toujours plus nombreux, ni le chômage structurel et laissant en actualité  permanente le thème de « la pauvreté » qu’il  faudrait  éradiquer.  Tant qu’on fera la même politique,  il n’y a  aucun espoir d’y parvenir,  puisqu’on se paie le luxe, si je puis  dire,  de  creuser  encore un  peu plus  la  dette ! Si le  social-étatisme ça marchait, ça se saurait  depuis  le  temps qu’on l’applique !

En France,  l’offre  libérale n’a jamais  été présentée.

Exceptés François Fillon, chose exceptionnelle, qui a  présenté un volet  économique franchement libéral dans son  projet présidentiel, et  dans une moindre  mesure Alain  Juppé, les projets de gouvernement depuis des  lustres tournaient autour d’une même démarche étatiste. Au point que l’échec de la droite comme de la gauche  à force de  se complaire dans l’étatisme, la  réglementation,  la centralisation, a rendu tout changement de  majorité illusoire et  toute alternance vide de sens. On s’étonne  ensuite que les Français se tournent vers  les  extrêmes ou se  réfugient dans l’abstention. C’est l’échec de l’économie dirigée qui fait que les Français vouent une défiance  massive à la classe politique. C’est bien qu’ils attendent autre chose ! Mais encore aujourd’hui, une grande partie de  la droite et du  centre ne croit toujours pas  à l’alternative libérale, il suffit  d’entendre François Bayrou ou même Valérie Pécresse avec  sa  hausse du SMIC. Et demandez  à  Laurent Wauquiez s’il faut  privatiser  Air France,  il  vous répondra que non.

Il ne suffit  pourtant  pas de montrer l’échec économique et humain du socialisme. Les  déboires et les injustices que notre peuple subit n’ont  rien à voir avec le vrai capitalisme. La  crise de l’emploi et de son corollaire, la pauvreté, est  le  sous-produit  d’un capitalisme frelaté, amputé justement  de sa  dimension libérale. La  grande nouveauté de   notre temps,  c’est  de construire méthodiquement une alternative libérale. Elle n’a jamais été vraiment  présentée aux Français,  par aucun parti,  et la plupart de nos concitoyens ignorent que de nombreux  pays ont  pu éviter  la crise ou  en sortir sans dégâts  majeurs en acceptant les réformes libérales : le Canada, l’Australie, la  Suède, l’Allemagne.

Réconcilier le capitalisme avec le libéralisme.

Nous vivons les derniers soubresauts du capitalisme frelaté, où  le succès économique n’est plus la récompense des services rendus au bien commun, passés au filtre des  marchés  libres et ouverts, mais le résultat du « carnet d’adresses » et des pots-de-vin, de  la  collusion entre monde des  affaires et  hommes  d’Etat,  de  la corruption sous des  formes  subtiles et  souvent légales par l’octroi de  privilèges, de  monopoles, de  souscription à des  marchés publics, de subventions  ou tout bonnement de discriminations fiscales… avatars visibles et connus du dirigisme. On présentera ces tares en les mettant sur  le  dos du capitalisme, en s’appuyant sur les apparences  marchandes  des contrats, des sociétés, des directeurs, des crédits, des profits, fruits des montages  savants des oligarques, tous sortis de  l’ENA. Nous vivons mal l’adaptation à  l’économie mondialisée car elle a ouvert des brèches en mettant les Etats en compétition, alors que certains  ont misé  sur la  vraie liberté économique pour se développer et croître. Elle  met en lumière tous nos  modèles inefficaces : corporatisme, fonctions publiques, droits acquis.

La  France a des atouts. Elle  s’en sortira si elle mise sur le capitalisme réconcilié avec sa dimension libérale. Car la liberté économique n’est qu’un aspect du capitalisme, mais il est essentiel. Et c’est la dimension humaniste qui nous donne la clé : la liberté des actes est ordonnée à la dignité des  personnes. C’est cette dernière qui inspire et légitime le système d’économie de liberté. Autrement dit,  le système capitaliste ainsi défini est celui qui permet de restaurer la  créativité de l’être humain, sa propriété, sa responsabilité, et de développer le sens du service de  la  communauté, car nul ne peut y réussir sans satisfaire le besoin des autres, de choisir la confiance et la foi en la  parole donnée plutôt  que la méfiance et la  contrainte. Cette corde « libérale »  doit être adjointe aux autres qui constituent le socle de la droite.

Faire référence « aux valeurs »  n’est pas suffisant d’autant plus qu’elles reposent sur des notions floues aux interprétations diverses. La  liberté économique,  le capitalisme libéral,  reconnaissent les  fonctions régaliennes de l’Etat, ne sont pas  contradictoire avec  l’esprit civique  et peuvent être  les vrais moteurs de  l’économie de marché sans renier le sentiment national, bien au contraire. L’échec sans appel de Nicolas Sarkozy  à la primaire a mis fin à la culture bonapartiste de la droite et Laurent Wauquiez ferait bien d’en prendre conscience,  s’il veut que ça « imprime ».  Néanmoins, les accommodements entre libéralisme économique, politique et conservatisme social ne sont pas des vues de l’esprit, la  « synthèse » élaborée par François Fillon en témoigne. Un projet qui n’aliénait aucune composante de la droite. Voilà un héritage qu’on ferait bien de faire fructifier et qui était un chemin possible vers une société de liberté.

N.B. Il faut enseigner « l’économie libérale » en économie dès le lycée, ce qui n’est pas vraiment fait aujourd’hui.

 


LES JOLIES COLONIES DE VACANCES….

Service universel

 

Merci Manu, Merci Manu, aurait  chanté  Pierre Perret !

Voilà ce qu’est devenue la promesse de rétablir le « service  militaire ».  Il  vaut  mieux en rire, car  ce serait plutôt à pleurer tellement la montagne accouche d’une souris. C’est le sort réservé  aux promesses inconséquentes.  Celle du « service » en était une  dès le départ : tout lemonde en connaissait le coût  et savait  qu’on n’avait pas les moyens. Alors dans ces conditions, ne valait –il  pas mieux renoncer que de nous sortir cet ersatz insignifiant ? Car tel qu’il a été présenté par Jean-Michel Blanquer, le « service universel », désignation aussi pompeuse que creuse, apparaît comme le parfait exemple d’une ambition oblitérée par la réalité. La mise en oeuvre particulièrement complexe qu’il  nous promet ne mérite certainement pas l’intensité de l’effort qu’elle exigera.

Pour le « melting  pot » c’est raté.

Depuis longtemps on sait que le service (militaire ou civil) représente un excellent instrument pour mêler les couches sociales et qu’il peut aider à forger des âmes plus solides chez les jeunes. Le problème vient de ce que le candidat Macron a fait cette promesse sans trop avoir étudié le dossier. D’abord, on constate qu’il n’est pas très sûr lui-même de ce qu’il veut faire d’un service « national », alors que le service civique existe déjà, sachant aussi qu’il est clair que l’armée n’en prendra pas la responsabilité : une période aussi courte ne permettrait pas de transformer les jeunes gens en bons soldats et  elle n’a plus les moyens d’assurer un encadrement. Avant de lancer  l’idée, il  aurait fallu évaluer les coûts de l’entreprise. Pour un seul mois de service, la facture serait de 1,7 milliard, avec seulement 15 jours de « brassage social » et 15 jours d’engagement personnel. Et  encore, on ne sait même pas où seront hébergés les « conscrits ». Il n’y a   plus  de   casernes, elles ont été démantelées. On a bien pensé aux internats mais  ils n’offrent que 147 000 places alors qu’une classe d’âge comprend 750 000 individus,  filles et  garçons. Tout ça pour qu’un jeune n’appelle pas le président « Manu » ? De  fait, le dossier a été confié au ministre de l’Éducation, , ce qui veut dire que le gouvernement se contente de prolonger d’un mois les cours de civisme. C’est un peu court, c’est cher et, si les prévisions exposées par M. Blanquer, par ailleurs ministre efficace et respecté, vont jusqu’en 2026, on a tout lieu de penser que le projet risque de s’effilocher avec le temps. Franchement, il n’y avait aucune urgence à lancer un système aussi compliqué et onéreux.  D’ailleurs le fait qu’il  cible des jeunes de 16 ans n’est pas sans soulever de multiples questions. Il est fort  possible que des résistances de familles cherchent à s’opposer à la participation de leurs enfants aux séquences qui seront proposées.  Je pense notamment  aux filles  de certaines familles musulmanes « conservatrices ». j’attends donc avec curiosité  de voir comment  la  mise en place va  être gérée.

Le retour de la croissance molle.

Voilà un  projet dont on  pourrait bien se passer. Des dépenses qu’on qualifiera  d’inutiles alors que l’affaiblissement de la croissance dont nous avions à peine commencé à goûter les délices fait qu’elle tend déjà à disparaître, ce qui entraînera pour la France des difficultés budgétaires accrues. En  plus,  le temps géopolitique devient extrêmement mauvais. Il va y avoir fort à faire avec les dangers qui pèsent sur l’Europe et les risques de récession induits par les coups de Donald Trump. La crise  migratoire n’est qu’un épiphénomène, le plus grave est ailleurs. Le  mécontentement  populaire monte. Le  gouvernement ferait bien de réduire la voilure des réformes si elles doivent se limiter  à du symbolique comme celle du service militaire. Pas de sous, pas de réformes !

 


QUAND MICHELE MET LES PIEDS DANS LE PLAT…

Calmels Wauquiez

 

 … Tout le monde en prend pour son grade !

La récente  crise chez Les Républicains avec  l’éviction de Virginie Calmels aura eu au moins le mérite de réveiller sinon une dinosaure, du moins une dragonne.  Michèle Alliot Marie dit tout haut ce que nombreux pensent tout bas.

Comment notre famille a-t-elle pu à ce point se fractionner ?

Elle  souligne d’abord  l’immense  responsabilité d’Alain Juppé et de  ses partisans dont une grande partie a changé de camp. Au lieu de se retrancher sur son Aventin pour ruminer sa défaite, et de préférer laisser ses aigreurs prendre le dessus, son devoir était de faire face. Il a donc laissé ses troupes partir à vau l’eau au lieu de jouer son rôle de « pater familias » au sein de sa famille dont il a été l’accoucheur en 2002.  Bien que le résultat de la primaire ait été sans appel, il  n’en devait pas moins  l’affronter en continuant de  peser au sein du parti du poids moral que personne ne lui aurait contesté. D’autant plus que la présidentielle a connu le résultat que l’on sait. On aurait peut-être évité toutes les défections et factions actuelles.

Le rôle de la loi sur le nom cumul des mandats.

Elle a été un accélérateur de  particules.  Les  élus n’ayant plus de repli, leur mandat devient « vital ». Pour quelques présidents de régions, le prétexte était trop facile  pour prendre ses distances avec Les Républicains,  une étiquette utile  au moment de leur élection mais devenue un handicap pour un renouvellement de  mandat dès  lors qu’on a été élu avec un appoint important de voix socialistes face au FN : ils ont donc fait  le choix peu courageux du « sansétiquettisme ».  Ils croient ainsi améliorer leurs chances, mais  ils pourraient bien déchanter  le  moment venu. Il faut toujours se  méfier de l’électorat quand on essaie de  lui faire  prendre des vessies pour des lanternes. C’est la partie qu’ont choisi de jouer  Xavier Bertrand et Christian Estrosi. Plus quelques maires de grandes villes comme celui d’Angers.

La ligne Wauquiez.

On avait pensé que l’alliance au moment de l’élection à la présidence des Républicains avec la libérale et juppéiste Virginie Calmels ferait démarrer le  parti sous le signe d’un rassemblement plus large que celui offert par  le socle fillonniste de la primaire. Elle avait le  mérite de corriger  l’image un brin droitière d’un Laurent Wauquiez qui n’en a jamais fait mystère. Un tandem, donc. Le résultat a été sans bavure : 74% et 100 000 votants pour le fauteuil de président. Personne ne pourra jamais dire  combien a pesé la présence de la n°2 dans le scrutin,  probablement un cheval contre une alouette. Mais l’image était là ! Encore fallait-il assumer cette  présence. On voit bien huit  mois après, que le pari était impossible à tenir pour Laurent Wauquiez pétri de ses certitudes qui lui ont fait gagner largement sa région, et soutenu par un entourage à sa main et plus royaliste que le roi. Il se trouve que Virginie Calmels a du caractère et des convictions. Et elle n’a pas tardé à le faire savoir. Inutile de revenir sur les circonstances : dans un divorce chacun dit avoir raison. Les deux tiers des adhérents,  par définition « bonapartistes », approuvent le chef. Il reste qu’un tiers désapprouve et ça n’est pas rien pour un parti qui court après ses adhérents. On fera un simple constat : dans cette affaire, le parti donne l’image de se rétrécir encore un peu. Tout le monde y perd, Laurent Wauquiez comme Virginie Calmels.

Se donner le temps ?

Revenons à  Michèle Alliot Marie.  Elle affirme qu’il faut arrêter le dénigrement et la critique systématique. Certes, elle a raison de dire que le président actuel est « dans le collimateur de certaines ambitions personnelles » et qu’il faut « respecter les choix démocratiques »… surtout quand on n’a  pas eu le courage de se présenter contre lui. Que Laurent Wauquiez ait besoin de temps pour reconstruire une famille en lambeaux, on peut en convenir et personnellement j’étais prêt à l’y aider.  Et comme notre amie députée européenne, je vais « juger ce qu’il va faire concrètement dans les prochains mois ». J’attends, comme elle le dit si bien, « qu’il fédère les envies ». Le  limogeage   brutal de Virginie Calmels n’en est pas un bon signe : sans entrer dans le débat infini des responsabilités, la question du management est posée aussi. Le Président sera-t-il capable de se remettre en cause ? Qu’il y ait des débats, c’est normal, encore faut-il qu’ils ne servent pas à saper l’unité du mouvement au point de mettre le parti en péril de mort. Comme je n’ai pas le culte du « chef-a-toujours-raison », je suis tenté de renvoyé les protagonistes dos-à-dos. Mais Valérie Pécresse et  Jean-François Copé feraient bien d’écouter eux aussi l’avertissement de Michèle Alliot Marie. A faire les sourds, là encore, tout le monde y perdra. D’autant plus que l’épisode que nous venons de vivre tombe comme  pain  béni pour des médias anti-Wauquiez qui n’en demandaient pas tant !

En attendant, je continue de regretter le départ de Virginie Calmels que je vis comme une amputation de  l’aile libérale d’un parti rongé par la tentation « illibérale » de certaines droites européennes.

 


FLAGRANT DELIT !

Macron interview

 

Tournant à la com (prononcez comme vous voulez)

Le  coup était comme  d’habitude bien préparé : petite vidéo de  la séance de travail   publiée juste avant le  discours à la Mutualité française.  Langage trivial  comme de juste pour  le buzz et asséner quelques constats qui relèvent du  poncif : « un pognon dingue dépensé sans résultat ! ». Notre génie a trouvé la solution : il faut dépenser mieux, il faut de l’efficacité … Donc une heure et  demie  d’un discours  long,  très long, trop long  pour détailler l’univers kafkaïen auquel  on va  s’attaquer.  Il s’agit  de réinventer l’Etat providence.  Là, il faut craindre  le  pire car  ce  sont  ses technocrates hors sol  qui nous ont pondu une réforme de l’apprentissage qui tape à côté  du clou, serviteurs de l’Etat déjà obèse  qui vont s’y coller.  Un beau projet  qui va encore  plaire à une partie de  la  droite. Mais qui va se  traduire comme depuis le début  par une politique bien de gauche, elle.

Un modèle  social à bout de souffle.

Tout le monde  est  d’accord.  Il a atteint  un sommet insurpassable : toujours plus d’argent pour toujours plus de  pauvres et de chômeurs. La  France dépense  chaque année plus de 700 milliards d’euros (je me répète) pour la santé, l’emploi, la pauvreté, la vieillesse, la famille.  Pour un système de soins qui  à la peine, une insertion des  exclus quasi inexistante, des régimes de retraite dont on nous dit constamment qu’ils se  nécrosent.  Le chômage ne diminue pas, et  le  nombre des pauvres augmentent. On se dit : il va arrêter la machine infernale qui pèse de tout son  poids sur l’économie  du pays. Pour l’instant on constate surtout une fuite en avant des dépenses sociales, des réformes coûteuses dont on cherche le financement auquel on n’avait pas pensé avant, ce qui entretient un niveau de prélèvements obligatoires exorbitant. Mais vous n’avez  rien compris. Il ne s’agit  pas   de  mettre fin au gâchis, il ne s’agit pas de rétablir les finances, il s’agit de retrouver l’efficacité du système. Concernant les aides sociales, le chef de l’Etat a bien affirmé qu’en plus de l’aide monétaire dont le niveau sera maintenu, il fallait renforcer l’accompagnement des plus fragiles. Autrement dit, pas question de mettre fin à l’économie dirigée et corsetée, il faut même en craindre le renforcement si l’on en croit les recommandations des trois économistes qui conseillent le président.

Pour en finir avec l’assistanat.

Il faudrait prendre le problème par le bon bout.  Le meilleur moyen de réinsérer  les  chômeurs c’est de  créer de  l’emploi que seules  des entreprises  en bonne santé et concurrentielles peuvent fournir. Cela implique de  réduire les dépenses publiques en priorité, et de baisser  les  charges qui  pèsent non seulement sur le travail  mais sur le  chiffre d’affaires, et de baisser massivement les impôts sur  les classes moyennes, de baisser drastiquement le nombre des fonctionnaires. Faire  en sorte que les salaires  permettent de vivre  décemment et sans prestations sociales de complément. Autrement dit recréer de la vraie richesse ! Mais ça, c’est pas le programme de Macron !

Donc, rien de changé.

Macron pris en flagrant délit de discours de droite (les apparences), pour une politique de gauche (en réalité). Plus des déclarations que de vraies mesures. Il a beaucoup parlé de prévention, de responsabilisation, d'incitation : ça ne coûte pas cher. Des dépenses en plus qui sont déjà dans les tuyaux, ça oui. Mais Macron libéral ? Mon oeil !

 


LE TONNEAU DES DANAÏDES.

Tonneau des danaïdes

Ah, les inégalités !

Je  lisais l’autre jour Manuel Valls qui s’exclamait : « il faut réduire les  inégalités ! ».  Mais qu’ont-ils donc fait pendant cinq ans que les socialistes étaient au pouvoir avec cet objectif constant au point de rendre la  fiscalité confiscatoire pour redistribuer aux « pauvres » ? Ils n’ont cessé d’élargir les mises sous condition de ressources au détriment des  mêmes et  au profit des mêmes et d’affranchir une frange toujours plus large de nos  compatriotes  de  l’impôt sur le revenu si bien que  1% paie 25% de l’Impôt sur le revenu et les 10% les plus aisés paient 50% de l'addition IR + CSG + TH, une proportion qui pourrait s’accroître encore en 2018 si 80% des assujettis à la TH sortent de l’assiette de l’impôt. Et  voilà qu’on vient encore nous dire que les inégalités se creusent !  Statistiques de l’Insee à l’appui ! Quand comprendront-ils que leur raisonnement est une machine à fabriquer de la pauvreté parce qu’ils prennent le problème par le mauvais bout. Il  suffit de regarder  les  économies de notre vaste monde : celles qui s’appuient sur  le libéralisme et la liberté d’entreprendre produisent plus de richesse que celles qui promeuvent le  dirigisme étatique et les pauvres  y sont moins pauvres. La France est un cas quasi extrême, excepté les rares économies totalitaires communistes qui perdurent, de pays dit « libéral » alors qu’il est complètement « socialisé ». Au point qu’on n’a même plus besoin des socialistes !

La redistribution : une machine à généraliser la pauvreté.

L’idéologie économique française valorise depuis Colbert et Louis XIV l’Etat entrepreneur et stratège, que les  Jacobins ont ensuite repris  à leur compte,  irriguant tous les  courants politiques. On y a rajouté le modèle social d’Etat-providence en 1945, avec  le programme du Conseil National de la Résistance entériné par De Gaulle. De fait, en France,  l’Etat est toujours prêt à se substituer au marché  et le bien-être ne peut provenir que de son action. A crédit s’il le faut, quand  l’économie dont on a faussé les règles ne produit pas  la  richesse attendue.  C’est un cycle  infernal qui s’est progressivement mis en place et singulièrement aggravé depuis Mitterrand. La retraite  à 60 ans non financée  ou les 35 heures généralisées font partie du florilège des décisions anti-économiques pourvoyeuses de déficits, d’assistance et de pauvreté. Comme la redistribution ne peut se faire  par  l’emploi et les  salaires d’entreprises croulant sous les charges,  c’est l’Etat qui y pourvoie en se procurant  la ressource nécessaire par l’impôt et aussi, malheureusement, par l’emprunt.  De  la croissance à crédit qui génère du déficit commercial qui en annihile le bénéfice. Moyennant quoi on augmente  le  chômage et le poids de l’assistance. Cercle vicieux ! Expliquez-moi comment avec 729 milliards d’euros de transferts sociaux sur 1257 milliards, on a 3 millions de chômeurs et  6 millions de  précaires… Les dépenses publiques  atteignent 56,4%  du PIB quand les recettes culminent avec un taux de prélèvements obligatoires record de 45,4% !  L’écart  entre dépenses et recettes en dit long ! Si le  système marchait, ça  se saurait !

La dette et les déficits : toujours plus d’impôts.

Macron, que l’on présente comme le  sauveur de l’Europe a poussé ce cri du cœur à l’adresse de notre voisin : «  En Allemagne, il ne peut y avoir un fétichisme  perpétuel pour les  excédents budgétaires et commerciaux, car ils  se font aux dépens des autres ! » C’est sûr, ce n’est pas  à notre  pays que ça arrivera ! Qu’est-ce qui empêchait les Français de  se mettre en situation de concurrence avec nos partenaires européens en utilisant l’euro qui facilitait les échanges, comme  l’on fait les  Allemands. Mais la  France a fait le choix de se mettre sous la protection de la  monnaie commune pour pratiquer une politique  budgétaire  laxiste. On en paie aujourd’hui la facture. On comprend  alors  que  proposer un « budget spécifique » européen éveille la  crainte chez nos voisins d’y voir une tradition dirigiste  accro à la dépense publique.

Ce cri du cœur d’Emmanuel  Macron est révélateur de  son état d’esprit. Adepte  de l’Etat providence qu’il ne remet pas en cause, sa politique prolonge  celle de son prédécesseur avec quelques  adaptations taxées de « libérales » imposées plus par la réalité  que par  des convictions. Il n’envisage pas de baisser la dépense publique qui obligerait à remettre en cause le  périmètre de l’Etat. Il est donc condamné à  continuer dans la voie de l’augmentation de la pression fiscale et de l’emprunt.  C’est d’ailleurs ce que lui rappellent ses trois économistes de  service : les trois hommes préconisent des mesures précises comme la « taxation plus lourde des grosses successions ». Dans le même ordre d'idée, MM. Aghion, Martin et Pisani-Ferry conseillent au président de différer la suppression de la taxe d'habitation des 20 % les plus aisés. Ils recommandent par ailleurs de revoir « les aides aux entreprises » et « l'extinction des aides à la pierre ». Bonjour les dégâts si on asphyxie un peu plus les entreprises et le bâtiment.  Comme il faut préserver ceux, toujours  plus nombreux, qui sont dans la précarité, la base de ceux qui sont sollicités se rétrécit et ils paient toujours plus. Ainsi les retraités considérés aujourd’hui comme riches. Le ras-le-bol fiscal va en plus être exacerbé  par le prélèvement à la source qui, supprimant le  consentement à l’impôt, cache  l’individualisation, la fin de la prise en compte de la famille, et prépare à terme la fusion avec la  CSG. Les classes moyennes ne sont pas au bout de leurs peines.

On va donc continuer à remplir le tonneau des danaïdes.

C’est le système qui génère les inégalités. Il oublie principalement l’essentiel : il faut produire  la  richesse  avant de la  partager, et ce sont les  entreprises, pas l’Etat, qui en sont capables. Tant qu’on ne les  mettra pas en situation de  participer à la compétition internationale avec les  mêmes  chances que leurs concurrentes,  la  France continuera de s’appauvrir. On va donc continuer à augmenter les prélèvements, faire semblant de réaliser des économies, tirer des  plans tous azimuts… Il  y aura évidemment de  moins en moins de riches et toujours plus de pauvres,  car imaginer que ce que l’on prend aux uns permet aux autres de s’élever est  une fiction, d’autant plus qu’en réalisant l’opération on diminue la richesse produite. Depuis le temps qu’on a  mis ce dispositif en marche, il  ne devrait plus y avoir d’inégalités dans notre pays. Or on n’a jamais eu autant de précarité et de pauvreté. Parce que c’est comme remplir un puits sans fond : la redistribution une fois partagée, ce sont des miettes que reçoivent les destinataires. Cela  débouche sur l’assistance généralisée et pourquoi pas, en phase ultime, le  revenu universel pour suppléer au manque d’emplois que l’économie se révèle incapable de créer. Alors, faute de capitalistes locaux, on peut  toujours faire venir des investisseurs étrangers pour créer quelques emplois,  mais il faut savoir qu’ils rapatrient chez eux leurs bénéfices. Il   suffit de regarder notre balance des  paiements. 

Notre pays si talentueux mérite une autre politique !

 


MACRON : L’IMPASSE ?

Macron planté

 

L’illusion serait-elle en train de se dissiper ? En tout cas, on a l’impression que rien ne fonctionne comme le Président jupitérien le  voudrait. Les  piliers qui servent de fondement à sa  politique semblent se fissurer. Car  c’est bien à l’écroulement de sa stratégie auquel on assiste :  les réformes devaient être portées par une croissance forte au plan intérieur et par la refondation de l’Europe sous son autorité au plan extérieur.

La croissance à la peine.

Les dernières statistiques le montrent clairement : la reprise est en train d’avorter. Le rythme annuel de  la croissance est redescendu autour de 1,7% avec une perspective encore  plus limitée pour 2019 : 1,5%. En cause, tous les  moteurs de l’activité : le ralentissement touche tous les secteurs, sous  l’effet des hausses d’impôts (4,5 milliards d’euros pour les ménages), les investissements stagnent,  la  balance commerciale se dégrade avec la montée de l’euro et la rémanence du déficit de compétitivité de nos entreprises. La construction souffre du déluge de taxes et d’impôts sur l’immobilier… C’était  prévisible et je l’avais dit il y a quelques semaines.  Je n’ai aucun mérite, la politique keynésienne conduit toujours aux mêmes résultats : prélèvements, distribution et rechute avec son cortège  habituel : déficits publics, dette, chômage. Cette reprise éphémère souligne tout simplement la vulnérabilité de la France qui a plus que jamais une économie  dominée.  Car les  causes du ralentissement comme celles de la reprise sont  pour l’essentiel extérieures à notre pays. Nous subissons le retournement fin 2017 du cycle d’expansion qui a démarré fin 2009  aux Etats-Unis et évidemment  l’envolée du prix du pétrole de 40% en un an. Et malheureusement pour nous les trois inspirateurs de cette politique, Aghion, Martin et Pisani-Ferry, viennent de  proposer au Président d’en remettre une couche :  continuer à alimenter le tonneau des Danaïdes : ce sera l’objet de mon prochain article !

L’Europe sourde.

Le « prix Charlemagne »  fait certes de belles dissertations sur l’Europe avec des envolées lyriques qu’Homère n’aurait pas désavouées. Mais le Président prêche dans le désert. Pour l’instant ses propositions sont restées lettre morte. Angela Merkel s’est même payé le luxe de lui faire une réponse  détaillée dans un grand quotidien allemand et c’est plutôt « nein » que « ya vol » ! En gros,  si on compte sur l’Allemagne pour cautionner la politique de croissance à la française fondée sur une dette publique exponentielle et des déficits  jamais combattus, en « mutualisant les dettes », c’est pas demain  la veille. D’ailleurs, la France,  par son attitude, n’aide pas à conjurer les périls qui menacent l’Union. La hausse des taux d’intérêts, la volatilité sur les marchés, l’instabilité de l’euro, vont rendre encore plus compliquée la tâche du gouvernement français qui court après les recettes comme un mort-de-faim après un quignon de pain. Notre pays participe aux trois chocs mal gérés qui menacent l’union d’éclatement et la fin de la monnaie unique : la crise italienne, la crise migratoire et la crise financière ; sans parler des autres défis : l’imprévisibilité de Trump, la  guerre commerciale, la  fracture numérique… Or, sans moteur le franco-allemand, l’Europe n’avancera  pas.

Le ruissellement ne ruisselle pas.

Macron avait justifié la suppression de l’ISF par son faible rapport et le  fait que notre  pays était le seul  à  l’avoir institué et  maintenu. Un « impôt imbécile ». Là-dessus nous sommes d’accord. Il  avait aussi ajouté un argument supplémentaire : la « théorie du ruissellement » selon laquelle quand on laisse l’argent aux riches, par capillarité  économique, il  profite aux pauvres. Sauf qu’en France, ça ne marche pas. La raison est toute simple : si on reprend l’image de l’eau qui s’écoule du sommet  vers la vallée, on s’aperçoit que dans notre pays,  les pentes sont hérissées de barrages de détournement mis  en place par l’Etat et bien peu d’eau arrive en bas. En effet, la France  est la championne mondiale  des prélèvements obligatoires et cela se traduit pas la taxation du capital partout  où il pourrait se constituer ou s’accumuler. Le ruissellement est tari avant d’avoir commencé et est remplacé par la mise « sous conditions de ressources » de tranches  toujours plus nombreuses de la  population.  Après on dénonce le « Président des riches » ce qui est une illusion d’optique.  Enfin, au passage, il a quand même fait plaisir à ses copains banquiers.

Les contradictions du « en même temps ».

J’ai toujours pensé que l’expression cachait une imposture. La reprise que l’on doit au contexte international plus qu’à Hollande a fonctionné comme un paravent donnant corps à l’utopie du « en même temps ». La réalité n’a pas de  mal à mettre  par terre la  fiction et ce qui est inconciliable le reste : moins d’impôts (ce qu’on dit) et plus de dépenses publiques (ce qu’on fait) ; plus de compétitivité sans baisser les charges qui  pèsent sur les entreprises ; on veut faire des économies mais on garde le même nombre de fonctionnaires ; on augmente le pouvoir d’achat en taxant davantage les carburants (entre autres) et bientôt les restaurants… Même pour l’Europe, le « en même temps » ne tient pas la route.

Emmanuel Macron est de plus en plus perçu comme un président menant une politique de droite, et c’est confirmé par différentes études d’opinion. C’est facile à comprendre : l’actualité des dossiers traités, comme la réforme de  la SNCF, trouvera plus de sympathisants à droite qu’à gauche. Mais c’est encore une imposture. Il maintiendra le cap tant qu’il n’aura pas réussi à anéantir ou diviser durablement la droite. Ce qui est d’ailleurs confirmé : le chef de l'Etat voit sa cote reculer chez les sympathisants de toutes les familles politiques à gauche y compris son propre parti, La République En marche. La chute de Nicolas Hulot, très identifié à gauche dans l'opinion des Français, contribue à déséquilibrer à droite la perception du gouvernement. Le pourcentage de ceux qui déclarent « ne pas faire confiance du tout » à Emmanuel Macron progresse de 3 points pour atteindre 27 %, ce qui marque un durcissement de ceux qui veulent s’opposer à sa politique en corrélation avec les mouvements sociaux du printemps. La politique menée par l'exécutif n'est pas perçue comme équilibrée par les Français. Les ministres, qui peinent toujours à émerger malgré des réformes enchaînées les unes après les autres, ont beau défendre l'équilibre général des mesures prises, leur discours ne passe pas dans l'opinion. Justement à cause de la  confusion entretenue par le « en même temps » ;  la « transformation » vers le monde nouveau se heurte aux dures réalités. L’illusion ne tardera pas à se dissiper : discours de droite, politique de gauche, disais-je. Car les faits sont là : ni les simagrées amoureuses à l’égard de Trump, ni les « francs » dialogues avec Poutine, ni la tentative de convaincre Merkel n’ont eu la moindre réussite, le moindre résultat. Quant aux succès économiques, ils demeurent à la traîne de ceux de l’Europe et du monde. Ce n’est pas Jupiter qui nous gouverne, mais Narcisse, ce qui n’empêche pas qu’il faille craindre ses projets, car avec sa  majorité de godillots, sa capacité de nuire à notre pays reste  puissante. Son insistance obsessionnelle à vouloir une loi sur les « fake news » en apporte la preuve décisive et ses projets constitutionnels, une autre.

 

 


EUROPE : MERKEL FIXE LE TEMPO

Angela

 

L’axe franco-allemand en panne.

Avec l'élection de Macron et la réélection d'Angela Merkel, tout le monde s'attendait à une relance de l'axe Paris-Berlin et à une accélération du projet de réforme de l'Europe, avec un renforcement de la gouvernance, notamment financière.  Surtout après les discours enflammés  du président français. A moins d’un mois d’un sommet sur la réforme européenne et alors qu’en Italie un gouvernement très critique envers l’Allemagne est au pouvoir, la chancelière a enfin détaillé sa position dans une interview au « Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung ». Depuis sa réélection compliquée Angela Merkel a, en effet, été particulièrement absente. Son silence a été d’autant plus étonnant que les évènements qui se sont produits en Europe et dans le monde n’étaient pas anodins, en particulier l'affrontement avec les États-Unis sur les droits de douane. La  chancelière s’est enfin décidée à parler. Mais cette interview semble être surtout une réponse aux attentes d'Emmanuel Macron sur le renforcement de l'Europe.

Merkel fait … du Merkel.

Elle fait donc des propositions. Une manière de reprendre la main, car  la chancelière n’a  pas  l’habitude de se laisser mener par le bout du nez.  Aux yeux du locataire de l’Elysée, ses propositions vont paraître plus que timides. Angela Merkel accepte le principe de deux mécanismes limités d’entraide entre pays de la zone euro : un budget d’investissement et un système nouveau de prêts pour les Etats confrontés à des difficultés importantes. S’il  peut se réjouir qu’elle soit favorable à un Fonds Monétaire Européen et à un budget d’investissement comme il le proposait, les  limites qu’elle met en diminuent singulièrement la  portée.  Ainsi, la chancelière a détaillé la proposition allemande d’un Fonds monétaire européen (FME). Celui-ci reprendrait d’une part les prérogatives du Mécanisme européen de stabilité (MES), en accordant aux pays en crise des prêts de très long terme : « A côté de cela, je peux m’imaginer la possibilité d’une ligne de crédit à plus court terme, cinq ans par exemple, pour résister à des difficultés d’origine extérieure », a-t-elle ajouté. Mais, en contrepartie, les pays devraient accepter que ce FME ait un droit de regard et d’intervention dans leurs politiques nationales. En bref,  le fonds monétaire qu’elle souhaite n'interviendra que pour des prêts à moyen et long terme et aura le  cas échéant un droit d'intervention sur les politiques financières du pays. Et encore ces prêts ne seront accordés que si la zone euro est en danger et ils impliqueront une restructuration des dettes du pays. Bigre !

Quant au budget d'investissement, elle précise tout de suite que son montant sera très limité : « limité à deux chiffres en milliards d’euros », précise la chancelière, soit quelques dizaines de milliards d’euros, et qu'il devra être mis en place graduellement. Et ce  budget sera utilisé seulement pour pallier des besoins structurels. On est loin, très loin, des investissements d'avenir souhaités par Macron.

Macron en panne.

C'est sûr qu'Emmanuel Macron a dû être déçu en lisant cette interview. Il voyait dans ses propositions (les siennes), à juste titre, un facteur important de soutien de l'euro notamment. Macron avait évoqué l’an dernier un budget équivalant à « plusieurs points du PIB de la zone euro », soit plusieurs centaines de milliards d’euros. Le  rêve français de plus d'Europe, d’une Europe plus unie, qui se serait dotée d'un Ministre des Finances européen n'est plus d'actualité. « La solidarité entre partenaires de la zone euro ne doit jamais conduire à une union de l’endettement », où la dette serait mutualisée, a prévenu la chancelière. C’est un rappel à l’ordre et à l’orthodoxie à l'heure où la situation politique en Italie et en Espagne est fragile. Une fois de plus, la responsabilité de l'intervention dans la zone euro appartiendra uniquement à la Banque centrale européenne. Ce n'est pas une surprise. C’est aussi une sorte de leçon envoyée à la  France qui continue de s’endetter …  A  bon entendeur ! Décidément, le Président français  n’a rien compris à la logique allemande. La surenchère dont on nous abreuve désormais  sur les  économies envisagées est  peut-être destinée à amadouer la rigoureuse Allemagne, mais la ficelle est un peu grosse.  D’autant plus que « en même temps », les dépenses continuent (SNCF et tutti quanti) ! La croissance cale, les échecs extérieurs s'accumulent, La Rem ressemble de plus en plus à une auberge espagnole ... La magie du verbe ne dure qu'un temps.  Voilà des temps difficiles qui s'annoncent pour Jupiter, qui ne maîtrisent même  plus ses orages qui déferlent sur le pays.

 

 


LA POLITIQUE SELON CALMELS !

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Voilà un livre lumineux, ébouriffant de franchise, et percutant par les convictions.

Pour le  vieux routier que je suis, c’est une cure de jouvence : je me suis cru revenu presque 40 ans en arrière. Virginie Calmels affirme  des  choix dans lesquels  je me  reconnais  totalement.  Ses convictions libérales font  souffler un vent de fraîcheur sur toute cette classe politique confite dans le  modèle  social  français soi-disant indépassable et formatée à l’économie administrée de l’Etat-providence par  leur passage à l’ENA.

C’est d’abord un regard lucide sur son parcours.

Si à plusieurs reprises elle se demande « ce qu’elle est venue faire dans cette galère », c’est bien parce qu’elle doit s’adapter aux mœurs d’un monde politique bien différent de celui de l’entreprise dont elle vient. Elle découvre la vie politique à travers l’activité intense d’une campagne municipale  à Bordeaux où  Alain Juppé a réussi à l’amener pour en faire sa première  adjointe. Elle se retrouve rapidement, à la demande de ce dernier,  propulsée à la tête de la liste régionale pour un combat « perdu d’avance »  qu’elle a failli remporter. L’annonce par  son mentor qu’elle  pourrait  lui succéder à la mairie suscitera  bien des jalousies au Palais Rohan et ses succès dans ce qu’elle  entreprend font rapidement d’elle une « femme  à abattre ». Sa participation à la campagne de la « primaire » puis à la « campagne présidentielle »  lui permet  d’identifier toutes sortes de comportements et de chausses-trappes qui lui feront porter un jugement sévère sur ces « psychopathes et pervers polymorphes » qui peuplent le milieu politique. Ce qui ne l’empêche pas de continuer. Adhérente chez « Les Républicains », elle en est aujourd’hui la vice-présidente et porte haut ses convictions libérales et proeuropéennes.

 C’est ensuite une plongée dans la campagne d’Alain Juppé.

Je vais faire court : elle  n’hésite pas à dénoncer ceux qui sont responsables de la défaite d’Alain Juppé, et qui feront tout pour l’empêcher d’influer sur la ligne  d’action, alors qu’elle a  établi avec le Maire  de Bordeaux une relation de confiance : non transmission de ses messages au candidat, impossibilité de lui faire part de ses conseils pour les débats –un comble pour elle qui vient de l’audio-visuel-, sans parler des remarques méprisantes. Elle accuse Gilles Boyer de s’être arc-bouté sur les sondages pour ne pas  prendre de risques : « Je me rends compte que  l’isolationnisme entretenu par la garde rapprochée a pris des proportions alarmantes ». Elle voit dans ce fonctionnement restreint l’instrument de la défaite. Ainsi elle avait tenté de prévenir que le thème « d’identité heureuse » n’était pas compris et elle n’est pas plus entendue quand elle alerte sur la cabale « Ali Juppé ».  Et évidemment, la défaite qu’elle sentait venir a été au rendez-vous. Les Juppéistes sortiront divisés de l’épreuve : ceux qui rejoignent Macron et ceux qui restent fidèles à LR.

C’est enfin le récit d’une défaite annoncée.

Après l’échec d’Alain Juppé, Virginie Calmels intègre comme représentante du maire de Bordeaux l’équipe de François Fillon au QG.  Elle est aux premières loge pendant les cinq jours du début du mois de mars pendant lesquels on cherche un plan B  à François Fillon. Elle détaille ses interventions et ses initiatives pour que les intéressés agissent…  en vain. Chacun attendant l’autre, on connaît la suite. Un récit passionnant et détaillé nous permet de comprendre le psychodrame qui s’est joué alors. François Fillon ira jusqu’au bout avec le résultat que l’on sait. Elle  aura été loyale jusqu’au terme.

On découvre  une femme de pouvoir faite  pour la  politique.

C’est de gens comme elle dont on a besoin aujourd’hui pour renouveler les pratiques politiques.  Ce que les Français attendent le plus de ceux qui s’engagent c’est de la franchise et de la loyauté,  ces qualités dont  Virginie Calmels est pétrie.  Elle  aurait pu mettre fin à l’aventure après la défaite,   mais elle  a choisi de continuer et de poursuivre sa route au sein du parti.  Elle sait qu’elle ne succédera pas à Alain Juppé à qui elle reste attachée. Elle  n’a pas peur des  mots : elle explique par exemple en quoi Edouard Philippe (et accessoirement Gilles Boyer) est un traître, à la différence de Bruno Le Maire. Elle est fière d’être de droite. Son envie est simple : « remettre du bon sens dans l’action ». On la verrait bien à la tête de  la liste pour les européennes. 

Un livre qu’il  faut lire absolument.  Moi, je  l’ai dévoré,  ce  qui m’arrive rarement.

« J’assume » Virginie Calmels – Editions de l’Observatoire.

 


LA DETTE ? TOUT LE MONDE S’EN FOUT ! Sauf que…

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Un ouvrage sérieux du Cercle Turgot montre à quel point l'endettement public gangrène l'économie mondiale sans que ni l'opinion ni les dirigeants des pays ne s'en émeuvent vraiment. La dette mondiale, soit l'ensemble des dettes de tous les pays  de  la planète, dépasse largement le PIB mondial, soit la somme de tous les PIB, selon une étude McKinsey Global Institute (MGI). Et par « largement », il faut comprendre qu'elle est trois fois plus élevée : la montagne atteindrait 237.000 milliards de dollars à la fin 2017, et en un an, elle aurait crû de 11.000 milliards, c'est-à-dire l'équivalent du PIB annuel de la Chine, deuxième économie de la planète. Elle représente selon le FMI et sur la base des chiffres de 2016  (164.000 milliards de dollars), 225% du PIB mondial, un record !  C'est le genre de donnée qui laisse rêveur.  Tout esprit rationnel penserait que le système économique actuel est largement biaisé et va probablement s'écrouler comme un château de cartes.

L’empreinte de 2008.

La crise de 2008 a laissé des traces : à elle seule, elle aurait augmenté le poids de la dette publique de 40 %. Pour les seuls pays développés, cette dernière pesait, fin 2017, en moyenne plus de 105,4 % de leur PIB. Un plus haut depuis la seconde guerre mondiale, rappelle le FMI. Les pays les plus endettés sont le Japon (236,4 % du PIB), l’Italie (131,5 %), la France (97%). Aux États-Unis (107,8 %) la réforme fiscale lancée par Donald Trump, évaluée à 1 000 Milliard de $, devrait encore augmenter le poids de cette dette publique et le niveau d’endettement pourrait atteindre 116,9 % en 2023 ! Malgré des taux de croissance très élevés, les pays émergents ont de plus en plus recours à l’endettement, eux aussi. La dette publique des pays émergents est passée de 37,4 % du total des PIB des pays concernés en 2012 à 49 % en 2017 et devrait atteindre 57,6 % en 2023. La Chine fait fort, elle aussi : deuxième puissance économique mondiale, elle a vu son taux d’endettement passer, en 5 ans, de 34,3 % à 47,8 % de son PIB. Selon les prévisionnistes du FMI  il devrait atteindre 65,5 % à l’horizon 2023. A elle seule, la Chine représente 43% de l'augmentation de la dette mondiale depuis 2007.

Une progression inquiétante.

Cette progression générale de la dette publique inquiète le FMI dans la mesure où elle amoindrit les capacités des gouvernements à déployer des politiques budgétaires de soutien en cas de récession. Des capacités déjà très largement entamées par la crise de 2008, notamment dans les pays occidentaux. L’institution prévient : l’endettement mondial représente désormais un risque pour l'économie. « Le monde est désormais 12% plus endetté que lors du précédent record en 2009 », attribuant cette hausse à la Chine, et  ça va continuer, car les Etats-Unis ne sont pas en reste comme on l’a vu.

Les  apparences sont trompeuses.

« L'économie mondiale va très mal. La croissance se confirme, tout le monde en profite, mais ces bonnes nouvelles cachent une terrible réalité d'arrière-scène : tout cela ne marche que par endettement. Etats, entreprises, ménages se ruent sur les emprunts. Les taux sont à zéro, endettez-vous ! Endettez-vous ! Les chiffres qui viennent d'être publiés cette semaine sont déments. » dénonce Eric Le Boucher dans les Echos. Et  il précise : « Selon l'Institute of International Finance la France est le pays qui a le taux d'endettement des ménages le plus élevé d'Europe »,  ce qui n'est pas rassurant. Si les taux d'intérêt remontent, prévient Christine Lagarde, ce qui est en cours avec la normalisation des politiques monétaires des banques centrales, toute la montagne va trembler. Et si le cycle économique se retourne, comme c’est prévisible, les autorités seront privées de moyens pour faire face. En 2008, elles ont pu laisser filer les déficits et abaisser les taux, mais comme rien n'a été remis à sa place depuis, ces armes sont aujourd'hui sans munitions. Quant aux pays pauvres, beaucoup foncent vers le défaut de paiements. Une nouvelle crise pourrait donc provoquer dix fois plus de dégâts qu'il y a dix ans. D’autant plus que les conditions politiques qui avaient permis au G20 de « relancer ensemble » ne sont plus  d’actualité, et elles pourraient bien laisser place à la désunion. Mais la croissance continue de faire illusion et la fragilité du système ne cesse de croître. La crise financière a eu pour cause immédiate un excès général d'endettement. La manière dont les banques centrales ont dû affronter la crise systémique de 2008 d'une magnitude extrême a eu pour résultat de poursuivre la course à l'endettement.

Un système économique et monétaire déréglé.

La finance internationale est une galaxie noire qui échappe tellement au contrôle qu'on ne se sait même pas la mesurer vraiment. Une seule certitude : l'expansion de ladite galaxie.  Aujourd’hui, tout est financiarisé à commencer par la « raison d'être » des entreprises. Le système mis en place depuis 1970 est intrinsèquement instable : la spéculation va de bulle en bulle et l'économie de crise en crise. Pour éviter leur éclatement, Alan Greenspan a  acheté massivement des actifs. C'était reculer pour mieux sauter. Le ratio dette/PIB s'est élevé partout mais sans traduction dans l'investissement qui, au contraire, se rétracte et manque pour reconstruire des fondements solides pour la croissance. Le dollar domine de façon extravagante cette finance globalisée  avec 87 % des marchés de change, 61 % des réserves, 57 % des prêts bancaires ; ses acteurs qui  gèrent 55 % des actifs font la loi, et il reste le refuge ultime de sécurité, alors que l'économie américaine ne représente plus que 23 % du PIB mondial et 12 % du commerce international. Cherchez l’erreur ! La bonne solution serait de redéfinir le cadre institutionnel d'une coopération monétaire internationale, explique Eric Le Boucher : «  Cela nous ramène au FMI, à qui il faut redonner un rôle majeur et pas seulement de surveillance. On le devine, Donald Trump s'y opposera. »

Les Etats invités à prendre des mesures.

Fort logiquement, il faut serrer les boulons tant que la croissance est là, exhorte Christine Lagarde qui détaille les actions à mener : de la rigueur pour les Etats, les firmes et les banques ; des mesures pour éviter la flambée des prix de l'immobilier qui est générale dans les métropoles ; des amortisseurs pour tenter d'amoindrir les mouvements violents de capitaux qui affecteront les pays les plus vulnérables… Mais rien ne se passe vraiment dans ce sens, la bombe à retardement pourrait bientôt exploser et l'orchestre du Titanic continue de jouer.

Comme dit  l’autre, « on n’est pas  sorti de l’auberge ».  Mais pour l’épargnant moyen, que faire  pour se mettre à l’abri ? En attendant, la France devait mettre la croissance à profit pour s’attaquer à la réduire au lieu de laisser filer.

 


UN AN APRES, LA DROITE …

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On ne va pas se cacher la vérité : la droite n’est pas encore au mieux.

Comment pourrait-il en être autrement après une année 2017 catastrophique : défaite à la présidentielle avec  son candidat  absent du 2ème tour pour la première fois depuis le début de  la Vème République suivie d’une semi-déroute aux élections législatives, puis « balkanisation » de ses composantes, une partie du centre ayant décidé de voler de ses propres ailes. Le parti majoritaire à droite,  « Les Républicains » n’a pas été anéanti mais est sorti de l’épreuve considérablement affaibli. Et l'actualité ne lui permet d'être perçue comme il faudrait par l'opinion publique.

Macron lui tire le tapis sous les pieds.

Le parti "Les Républicains" se  trouve confronté à la politique menée par Macron, ce qui le met en difficulté pour s'exprimer : il est difficile de s’opposer frontalement à des réformes comme celle du code du travail, de  l’ouverture de la  SNCF à la concurrence ou du statut des cheminots. Expliquer à l’opinion publique qu’elles ne vont pas assez loin, c’est faire appel à des subtilités que celle-ci n’entendra pas, surtout que les médias n’aideront pas. De plus la flat tax à 30% sur les revenus du capital et le retour du bon sens à  l’école sont des mesures avec lesquelles on ne peut être que d’accord. Enfin, la conjoncture veut que le pouvoir affronte une opposition virulente de la gauche dure à laquelle il se doit de résister, ce qui contribue à le « droitiser » alors qu’on assiste simplement à un épisode de l’affrontement séculaire entre  les  marxo et les démocrates socialistes. Le Président s’en réjouit. Non seulement il s’est débarrassé du Parti socialiste et rêve de Mélenchon comme seul opposant, mais il s’est doté de ministres issus de la droite,  afin de mettre tout en œuvre pour tenter de dynamiter le noyau dur qui résiste, notamment avec "Les Républicains".  Du coup son discours  fait pour séduire une grande partie de la droite modérée est plus facile à tenir et beaucoup s’y laissent prendre. Pourtant les ficelles sont grosses. 

La droite a des angles d’attaque.

Sa politique offre néanmoins des aspects plus critiquables que l’opposition de droite peut exploiter : la lutte insuffisante contre le terrorisme, l’immigration qui explose, un penchant pour le  communautarisme de plus en plus visible, que l’expression « les deux mâles blancs » illustre assez bien, sont des thèmes qu’il ne faut pas laisser qu’au FN. L’autorité de l’Etat, l’augmentation des impôts et l’imbroglio de l’abandon de la taxe d’habitation, la hausse des dépenses et le sujet de la dette, donnent du grain à moudre d’autant plus que le rapport de la Cour des Comptes en apporte la preuve. Les propositions avancées par Laurent Wauquiez s’avèrent en phase avec une large partie de l’électorat de la droite et du centre, elles finiront bien par produire leur effet. On en a eu une petite idée, une nouvelle fois, avec son intervention plutôt bien reçue à la dernière « Emission politique ».

Le parti est convalescent.

Laurent Wauquiez a  récupéré un parti en lambeaux. Son élection bien que nette et sans bavures n’a pas plu à tout le monde.  Certains en ont profité pour se mettre en retrait. D’autres ont été tentés  par les sirènes du pouvoir en place,  mais,  effrayés par le caractère « jupitérien », hésitent à franchir complètement le Rubicon, sachant pertinemment que leur démarche relève du suicide. Et puis il y a ceux qui ont été élu à la tête de Régions avec l’apport des voix socialistes et qui entendent préserver leurs chances, tels Estrosi et Bertrand, croyant qu’en mettant leur drapeau dans leur poche, ce sera moins compliqué. A l’intérieur du parti, Valérie Pécresse entend jouer sa partition personnelle. Je  conteste sa thèse des "deux droites",  c'est une posture de  plus  !  Je pense néanmoins que la ligne de reconstruction qui a été choisie est la bonne : la situation a permis de faire émerger une nouvelle génération d’élus et de porte-paroles qui ont du tonus. Le parti est en train de se donner les  moyens de la reconquête. Paris ne s’est pas fait en un jour, il faudra de la patience. La nouvelle équipe a le devoir de réinventer un grand dessein pour notre pays, sans s’occuper des états d’âme des centristes, des « pudiques » et encore moins des extrêmes. L’élection l’année prochaine du parlement européen offre une occasion de présenter un projet dont tout le reste dépendra : la sécurité, la défense, la protection sociale, la réalisation de grands projets en phase avec notre siècle et que la France ne peut mener seule. Edouard Balladur donne des pistes réalistes  dans une tribune du Figaro dont on pourrait s’inspirer.  Et « en même temps » il faut songer à proposer les moyens de réduire les déficits et désendetter le pays.

Le clivage gauche-droite perdure.

Justement, une étude IPSOS-Cevipof montre que la fracture gauche-droite est persistante, n’en déplaise aux partisans du « nouveau monde ». Un électeur sur deux n’est pas du tout satisfait de la politique d’Emmanuel Macron et même si celui-ci s’est « droitisé » dans la  perception qu’en ont  les Français (51% le classent à droite), il se heurte toujours au clivage  gauche-droite sur le terrain des valeurs ce qui montre qu’il n’est pas en mesure d’occuper l’espace politique de la droite. C’est une bonne nouvelle pour « Les Républicains » : je  reste en effet convaincu que nous n’avons rien à gagner à échanger le débat gauche-droite contre un débat entre un centre flou, mais césarien, et les extrêmes. Deux visions responsables du monde qui s’affrontent valent mieux  que le risque « à l’italienne ». Et je suis persuadé aussi que le moment où  les  électeurs de  la droite et du centre  vont enfin découvrir la réalité du pouvoir macronien se rapproche : « en même temps » à ses limites, c’est une posture, pas  une politique ! La  droite est appelée à reprendre des couleurs.

La  droite a besoin  de  tous.  Rappelons toutefois à nos amis,  qu’il est important de réadhérer… « Les Républicains » : « What else ? »

 


NULS EN ECONOMIE !

économie pour les nuls

 

Je me demandais comment les thèses marxistes sur lesquelles repose le discours de Mélenchon pouvaient séduire autant de Français. Car si le personnage a un carisme certain, ce qu’il raconte a fait, partout où ça a été appliqué, plus que la preuve de l’inefficacité. Il suffit de regarder comment le Vénézuela a été précipité dans l’extrême pauvreté en quelques années. Dans notre pays, tout ce qui n’est pas marxisant est libéral ou ultra-libéral. M. Martinez vilipendait encore aujourd’hui la  politique « libérale » de M.  Macron, faite pour les riches. Des raccourcis simplistes qui peuvent recueillir un écho dans la population. La réponse est simple : les Français sont nuls en économie, ce qui les rend vulnérable aux pires thèses populistes d’extrême-gauche comme d’extrême-droite. Facteur aggravant : nos élites, et en particulier les énarques, sont touchées par le phénomène.

Ce constat ressort dans une étude édifiante publiée dans l’hebdomadaire Le Point.

Qu’on en juge : 63% des Français n’auraient aucune idée de l’ordre de grandeur du PIB de notre pays, 73% ignorent combien coûte au total à son employeur un salarié payé au SMIC, 38% estiment que la situation de notre commerce extérieur est bonne ou très bonne… Et si la culture économique des Français est aussi limitée, cela tient en grande partie à la façon dont cette matière est enseignée dans le secondaire ainsi que dans les grandes écoles qui forment les hauts fonctionnaires, comme l’ENA ; mais aussi à l’inculture générale de ceux qui commentent l’économie, excepté quelques journalistes spécialisés, et qui transmettent des idées erronées ou des interprétations orientées des faits. Car non seulement les rouages et les mécanismes basiques de l’économie sont mal enseignés au profit des sciences sociales, ainsi la notion de compétitivité échappe complètement à nos étudiants, mais  en plus on les fait raisonner à partir de Keynes, Marx ou Durkheim en ignorant presque totalement la pensée libérale. Quand on sait que Nathalie Arthaud, leader de Lutte ouvrière, est prof d’économie, on peut avoir une petite idée du discours qui est tenu sur les entreprises et les patrons : la légende noire de la révolution industrielle qui réduit le patron à un exploiteur ou un esclavagiste a la vie dure. C’est pourquoi s’est développée en France une méfiance fondamentale envers l’économie de marché, réduite à un système d’exploitation de l’homme par l’homme et cette méfiance nourrit le désintérêt pour son fonctionnement. Or, on admet généralement qu’il faut que la moyenne des gens ait un minimum de culture économique pour qu’une économie soit tournée vers l’innovation.

Il est donc urgent de revoir l’enseignement de l’économie.

Une réflexion sur les programmes est justement en cours. Un groupe d’expert dirigé par l’économiste Philippe Aghion, proche d’Emmanuel Macron, a été chargé de faire des propositions. On ne sera pas rassuré pour autant sur la désintoxication à entreprendre des thèses keynésiennes qui sont à l’origine de l’économie administrée par l’Etat, qui paralyse tant la production de richesse dans notre pays. Il faudrait imposer l’étude des fondamentaux : ce qu’est une économie de marché, un prix, un monopole, la concurrence, une courbe d’offre et une courbe de demande… et revoir le contenu des manuels qui devraient d’abord contenir les bases du raisonnement en économie et non noyer les élèves dans les documents et les données qu’ils ne retiennent pas.

Et faire une place à l’étude du libéralisme en économie !

Car, en France, dès qu’on veut alléger les contraintes qui pèsent sur les entreprises, on brandit volontiers le spectre de « l’ultra-libéralisme », sans même savoir ce qu’est le libéralisme de base. Sans compter qu’il existe toutes sortes de libéralismes, le pur et dur n’existant qu’en théorie et n’étant appliqué nulle part, même aux Etats-Unis, et qui nous offrent toutes les nuances plus ou moins sociales au gré du curseur des interventions de l’Etat. Cela mériterait un détour, non ? Car ce qui est certain, c’est que l’économie administrée à laquelle on est arrivé en France musèle considérablement la capacité de production de richesse. Sans compter que le poids de la sphère publique a fini par anéantir toutes les marges de manœuvre. Sans apurement de la dépense publique et désendettement, notre pays ne pourra que continuer à s’enfoncer. Trop de gens pensent, par exemple, que notre dette de 2 200 milliards d’euros est une plaisanterie et qu’il n’y a pas besoin de la rembourser ! J’espère simplement pour eux qu’ils n’ont pas d’assurance-vie. Ce dont ils n’ont pas conscience, par contre, c’est que du même coup, ils mettent notre démocratie « libérale » en danger. Il suffit de regarder où en est arrivée la démocratie italienne. Le même sort pourrait bien nous être réservé.

 


HULOT, UN EGARE AU GOUVERNEMENT

HULOT

 

Macron en a fait un ministre d’Etat. Une qualification qui place le Ministre de l’Ecologie dans les premiers rangs par importance. Mais voilà, on ne se refait pas. Pour moi, un écolo, c’est d’abord un irresponsable, au moins en France. Alors, l’exercice des responsabilités, c’est compliqué… d’où l’Etat qui devient « états d’âme ». Nicolas Hulot partira-t-il au milieu de l’été ? C’est possible, tant il parait qu’il étouffe au gouvernement. Le président n’aura peut-être pas envie de renouveler la calinothérapie dont il a fait preuve jusqu’à maintenant. S’il s’avère qu’Hulot ne lui est plus utile, son sort sera scellé.

Hulot avait prévenu qu’il se donnait « un an » pour juger de son efficacité, en précisant qu’il attendait l’été pour avoir suffisamment de recul afin d’avoir « un moment de vérité » avec le couple exécutif: « On fera le point, on tracera les perspectives et on prendra ensemble des décisions sur l’avenir, sur les prochaines étapes ». Mais d’ores et déjà, il se sent capable de partir. Nous on aimerait bien, parce que son écologie punitive qui tape au portefeuille le citoyen contribuable, on en a plus qu’assez. Je me passerai bien de penser à lui chaque fois que je fais le plein d’essence.

C’est qu’entre l’idéal écolo et la réalité, il y a des couleuvres énormes à avaler : le glyphosate, les centrales nucléaires et maintenant l’huile de palme … Certes, il a quelques nuisances à son actif : la fermeture de Fessenheim, l’abandon de Notre-Dame des Landes, et d’autres mesures plus utiles comme sur les pesticides, mais il préfère mettre l’accent sur ce qu’il n’a pas fait. On le comprend, sa conception de l’écologie la rend impossible à mettre en œuvre s’il faut tenir compte des enjeux défendus par les autres ministres, de l’agriculture ou des transports … La politique n’est que l’art du possible et nécessite des compromis que les ayathollahs verts ont du mal à admettre. Alors il ne reste plus qu’à gémir : il vient chez Jean-Jacques Bourdin la mine insatisfaite, envisage de partir et montre ses doutes. il met l'accent sur ce qu'il n'a pas fait et n’a pas envie de défendre son bilan, tant il se sent ligoté. Pour lui qui rêve d’une transformation sociétale, le chemin parcouru parait dérisoire.

Ministre d’Etat, il est plutôt ministre des états d’âme. Hulot est un tragique. Il confond allègrement fonction ministérielle et production de télévision. La charge de la Transition écologique et solidaire nécessiterait d’être portée collectivement, il en fait une œuvre solitaire enchaînant ses hauts et ses bas comme naguère les séquences émotion et frisson. Se rend-il compte qu’en fait il n’est qu’une prise de guerre du macronisme, devenant une icône otage d’un pouvoir très vertical et probablement aussi vert que peuvent l’être les technocrates de Bercy. Populaire, il devait faire de l’effet, il fait dans l’affect.

Et effectivement, le poids lourd du gouvernement qu’il devrait être traîne plus sa langueur qu’il ne porte son action. Il se montre peu, se déplace rarement et parle encore moins : il a été quasiment aphone sur la SNCF, sur les états généraux de l’alimentation ou sur Air France. Et quand il s’exprime, c’est pour évoquer à demi-mot sa démission… ou au contraire pour l’écarter. On comprend que le Président ait quelques égards pour cette personnalité tourmentée, aimée des Français, qui a accepté de venir dans son gouvernement après avoir refusé plusieurs fois à d’autres.  Mais le chantage permanent finit par être lassant. Combien de temps écoutera-t-il encore les pressions maladroites de son ministre ? Car ce blues surexposé risque de finir par miner la cohésion du gouvernement, par ruiner l’avantage qu’offre cette diva médiatique qui se révèle finalement si peu adaptée aux mœurs politiques. Et lasser une opinion qui n’a rien à faire des humeurs ministérielles. Ceux qui voyaient en Nicolas Hulot un Sisyphe de l’écologie, un héros de la « transformation sociétale », de « l’intelligence collective » découvrent un Narcisse impuissant.

Nicolas Hulot, un égaré au gouvernement. Ministre ou militant, ça n’est pas la même chose, il faut choisir !

 


LE BOUGISME NE MENE NULLE PART

Macron 2018

OU   …  MACRON,  UN AN APRES

Voilà  un an qu’il est élu.  Un point des « transformations » et de la  marche de  la France vers le « nouveau monde » s’impose. Après le  mandat de François Hollande, le contraste  est saisissant. A la présidence « normale », terne et gauche (dans tous les sens du terme) d’un sous-préfet de Corrèze, succède la jeunesse, le dynamisme,  le tourbillon brillant d’une gouvernance qui se veut Jupitérienne et qui en fascine plus d’un. Mais force  est de constater que derrière les belles images, le roman à  l’eau de rose digne de Gala qu’on veut nous conter, le bilan est pour l’instant assez maigre, à l’inverse de son ego surdémesuré si on se réfère à  l’interview qu’il a donnée à la prestigieuse NRF.

Macron,  c’est  « monsieur demi-mesure »

Certes, beaucoup de réformes sont engagées et mettent les secteurs concernés en ébullition. Ce sont toujours les mêmes  qui sont à la manœuvre, soit par intérêt catégoriel ou existentiel, tel le blocage des cheminots de Sud Rail et de la CGT, soit par idéologie comme dans les universités avec les éternels bons à rien anti-sélection. Pourtant, si ce qui est contesté va dans le bon sens, force  est de constater que les réformes  proposées ou décidées ressortent plutôt de la « réformette ». Un seul bon point : les décisions prises par  le Ministre de l’Education : au moins là, c’est clair et net. Car en guise de « transformation », on aurait plutôt  des adaptations qui laissent de nombreux sujets en route : ainsi de la SNCF, où excepté  l’ouverture à la concurrence, les  cheminots ne perdent rien des avantages de leur statut. On  observe aussi que, par exemple, la réforme du code du travail n’a rien réglé parce que trop partielle. De même celle de l’assurance-chômage très limitée. Il y a aussi un problème de méthode : les avocats sont dans la rue vent debout contre la réforme de  la justice, les hôpitaux sont en pleine agitation, les maires au bord de la révolte contre  les baisses de dotations …  Les réformes de l’apprentissage et de la formation professionnelle constituent une erreur majeure : en laissant de côté les Régions qui ont en charge ces secteurs, l’Etat se prive d’un levier stratégique qui aurait pu démultiplier l’effort à un moment crucial où  l’on voit le chômage structurel  résister. De  là à vouloir museler les oppositions en affaiblissant le parlement, il n’y a qu’un pas que la réforme constitutionnelle aiderait à franchir : la tentation bonapartiste de la « démocrature » (contraction de démocratie et dictature) perce dans la verticalité du pouvoir. La question qu’il faut se poser : est-ce que tout ce tohu-bohu est bien utile ? Quitte à avoir de l’opposition aux réformes, autant aller au fond !

Macron c’est « monsieur taxe-à-tout-va »

Inutile de revenir sur l’injustice énorme qui est faite aux retraités avec la hausse de la CSG. On assiste  à une multiplication des ressources par la hausse des taxes existantes (tabac, carburants) et à la création de taxes nouvelles, Bercy n’étant jamais à cours d’imagination en la matière. En fait l’absence de plan concret de réduction des dépenses publiques condamne le gouvernement à un jeu de bonneteau fiscal exaspérant.  Les 100 milliards de réduction de  la dette annoncés par  Macron, coup de com’ qui reprend le chiffre de Juppé, n’est en fait que le produit d’un ratio dette/PIB rendu plus favorable par la  croissance : ils ne sont pas le fruit d’une baisse effective et réelle du poids de la dette. Les recettes augmentent, les dépenses ne baissent pas, elles auraient même tendance à augmenter aussi.... Et les déficits avec !

Macron c’est de grands discours pour cacher de petites réalités

Il n’y a pas loin du Capitole à la roche tarpéïenne. On peut se faire  applaudir au Congrès américain et revenir les mains vides. De même, pour relancer l’Europe les belles  envolées ne suffisent pas. Elles sont prises pour de l’arrogance  française.  Il faudra en passer par les volontés allemandes qui sont réticentes sur  les relances envisagées par l’Elysée à grand renfort de trompettes. C’est d’un avocat  dont on a besoin.  C’est un Sarkozy qu’il fallait pour relancer la  machine, ou à la limite un Juppé,  qui s’était révélé un brillant Ministre des Affaires étrangères. Mais les Français sont trop cons, ils ne les méritent pas ! Pour autant, le temps presse. Comme le souligne Hubert Védrine, l’Europe doit prendre en compte les attentes en matière d’identité et de sécurité, ce que Macron méprise profondément. C’est vrai, l’hôte de l’Elysée a une belle plume, il fait des discours brillants qui épatent la galerie. Pourtant, on ne peut  les prendre pour argent comptant. Dans beaucoup de domaines, le macronisme du « en même temps » est illisible, qu’il s’agisse de la politique migratoire, de  la lutte contre le communautarisme, du respect de l’autorité de l’Etat dont la « Bérézina » de Notre-Dame des Landes est l’exemple emblématique, de l’importance de  la ruralité que le Président néglige… Le Président sait où il va, il est bien le seul. Ses supporters en sont à répéter  en boucle les « éléments de langage » que le  « château » consent à leur donner en pâture. Dans tout ce fatras de  bouillonnement, l’analyse rationnelle peine à se  frayer un chemin, tandis que les médias nous vendent des images  glamour et à l’eau de rose d’un président jupitérien. Certes, il reste un  point positif : le regard sur la France a changé, mais jusqu’à quand ?

Le bougisme ne mène nulle part, pour l’instant !