COULIS D’ETE.

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LA PLAGE ET LE SABLE

Une plage sans sable, c’est une plage de galets. Ce n’est pas le pied. Ou plutôt, ça fait mal aux pieds, et pas qu’aux pieds. A moins d’avoir un matelas bien épais, on peut compter ses abattis en se relevant d’une petite sieste. Donc, le mieux, c’est la plage de sable fin. Voire …

Le sable de la plage n’est jamais comme il faut. Quand il est sec, il est brûlant, on y marche malaisément, il s’insinue dans les chaussures où il nous picote. Quand il est mouillé, il colle et on ne peut plus s’en défaire. Enfiler les nu-pieds devient alors une torture. Pourtant, il ne dissuade guère les amateurs de plage qui s’agglutinent sous leur parasol, s’étalent sur leurs nattes, serviettes et autres accessoires. En fait, à la plage, quand il fait beau et chaud, il n’y a que dans l’eau qu’on est bien. A condition que des cailloux ou galets vicieux, charriés au gré du flux et du reflux, ne viennent pas meurtrir vos pieds douillets.

Je soupçonne les vacanciers d’être un brin masochistes.

En temps ordinaire, ils jugeraient cette activité insupportable s’il s’agissait de conditions de travail. Rendez-vous compte : une expédition à la plage nécessite d’emporter et transporter un parasol ou une tente pliable, autant de nattes que de personnes, les serviettes de bain, le ballon, les raquettes type Jokary, les anciens ajouteront un siège pliant et je n’oublie pas les planches de surf des enfants, sans parler des goûters et des rafraîchissements qu’il faut trimbaler dans une glacière. On y va à pied, c’est une galère. On y va en voiture, il faut charger le coffre, trouver une place pas trop loin ce qui s’avère être un pari aventureux, surtout si on en cherche une à l’ombre. Ensuite il faudra de toute façon parcourir un bout de chemin « pedibus cum jambis ».

C’est marée haute.

Les gens sont tassés, faute de place. L’océan impose ses règles : il faut tenir compte des marées. On se dit que tout-à-l’heure, il y aura un peu plus de place quand la mer commencera à redescendre. Donc, on s’adapte. Une fois installés, le parasol planté, ployant sous les coups de vent, chacun commence à s’occuper. Le plus simple c’est de s’allonger sur la serviette et de se laisser aller sous le soleil jusqu’à ce point de somnolence où tout s’estompe dans une atmosphère sirupeuse. Le cri des mouettes se fait lointain et le bruit du ressac tout proche couvre les braillements des bambins. On peut aussi reprendre la lecture du polar entamé la veille. Comment se mettre : à plat-ventre, le dos cambré ne tarde pas à protester ; sur le dos, il faut tenir le livre en l’air, à contre-jour ; allongé sur le côté, appuyé sur un coude, ça n’est pas pratique quand il faut tenir les pages à deux mains à cause du vent ; assis en tailleur alors, mais il faut changer souvent de position. Je ne vous parle pas du sudoku et des mots fléchés qui nécessitent en plus de jongler avec un crayon en main. Autant aller au bain.

Quand on est dedans, elle est bonne !

Encore faut-il entrer un corps surchauffé et gorgé de soleil dans une eau à 18-20°. L’océan est rarement plus chaud. Mieux vaut y pénétrer tout doucement. Sauf qu’une vague traîtresse va régler le problème en vous arrosant copieusement. Au moins c’est fait. Alors, c’est vrai, voilà enfin un peu de vrai plaisir. Subitement on se sent mieux dans un corps rafraîchi à se laisser porter par l’eau. Les enfants ont enfourché leur planche et surfent sur les vagues qui se forment près du rivage. Ils vont s’épuiser en allers-retours joyeux. Au moins ils dormiront bien ce soir. Le temps passe, le soleil décline. Il est temps de sortir de l’eau pour sécher un peu avant de penser à tout plier pour le retour.

Attention de ne pas exposer le corps mouillé au sable sec. Déjà, les pieds sont enveloppés d’une gangue dont il faudra se départir tout-à-l’heure. C’est tout un art que de se sécher avec la serviette, en une sorte de danse du scalp, avant de retrouver une position propice au séchage, au soleil et au vent. Mais déjà, on pense à la suite. Le petit apéro bien frais sera la récompense de tant d’efforts pour « se reposer ».

Je ne voudrais pas être grain de sable, l’été sur la plage.

 


L’ETE, LE TEMPS DES TONGS.

Chat string des pieds
 

Sous les tropiques, c’est la chaussure des pauvres, parfois taillée dans un vieux pneu. Dans nos contrées, c’est le beau temps qui les fait réapparaître. Je parle des savates qui s’enfilent entre le gros doigt de pied et l’orteil qui le jouxte, le « string du pied », comme dirait le Chat de Geluck. Les tongs vont avec le soleil comme le chandail bûcheron avec le froid. Et plus on descend vers le sud, plus leur période d’utilisation s’allonge. Les tongs sont inséparables du terrain de camping dont elles sont la composante uniforme de la tenue quotidienne, avec le short. Claude Brasseur l’a bien mis en évidence dans le film « Camping » en les enfilant dès la sortie de sa voiture à son arrivée : c’est la première chose qu’il pose par terre avant même les pieds. Les tongs, c’est les vacances ! Elles en font partie au même titre que le pastis vespéral et la serviette de bain.

Il n’y a pas d’âge pour les porter, c’est l’accessoire qui convient à tous : il suffit de regarder les présentoirs des commerçants. Toutes les tailles s’alignent, même pour les tout petits. Mais j’ai remarqué que chez les jeunes, ce sont surtout les filles qui en sont adeptes. Il y en a à tous les prix, mais attention, il y a tongs et tongs. La savate a aussi son aristocratie : les plus renommées, et aussi les plus coûteuses, portent un petit drapeau brésilien sur la lanière, pays où elles sont fabriquées, ce sont les Hawaïnas ! Elles constituent aussi un équipement toutes fonctions chez certains (ou certaines). On les porte alors toute la journée quelle que soit l’activité, aussi bien pour aller faire les courses au supermarché que pour aller à la plage, pour faire le « parcours santé » dans les bois que pour faire un tour à vélo. Avouons que cet usage n’est pas toujours rationnel. J’en ai même rencontré portés par des jeunes sur un chemin de randonnée plutôt escarpé des Cinq Terres en Italie, il faut le faire ! Il n’y a qu’un endroit où elles sont prohibées, au même titre que les talons aiguilles : au volant d’une voiture.

T’as tes tongs, les vacances peuvent commencer.

Moi, je les enfile pour aller à la plage. C’est ce qu’il y a de plus pratique pour arpenter les quelques mètres de sable mou chauffé à blanc par le soleil. Ils suffisent à protéger la plante des pieds de la brûlure désagréable avant d’atteindre le site où l’on plantera le parasol, sans avoir la sensation urticante de grains qui s’insinuent comme avec les espadrilles. Sur le dur, la semelle est plutôt souple et rend le contact avec le sol presque sensuel. Le pied se sent en liberté, au point, parfois de s’en échapper : il faut une certaine habitude pour marcher avec et la nonchalance est recommandée. Essayez de courir avec, et vous verrez !  Les orteils eux, respirent, tout heureux de prendre l’air, chose à laquelle ils ne sont guère habitués, enfermés qu’ils sont, la plupart du temps dans les chaussettes et les chaussures. Au moins, là, ils ne baignent pas dans leur jus comme c’est souvent le cas chez ceux qui portent des tennis ou des baskets à vif. Et je ne parle pas de l’odeur, disait l’autre…

Par contre, les tongs exigent une hygiène vigilante, surtout de la voûte plantaire. Le pied étant sans aucune protection, la négligence se voit tout de suite, surtout si on n’est pas au bord de la mer. En tongs, montre-moi tes pieds, je te dirai qui tu es ! Pour les adeptes du bain, évidemment, la solution est toute trouvée, encore que … On n’imagine pas ce que le sable peut être sale !

Une anecdote pour terminer.

L’épisode se passe au début des années 60 en Espagne. Nous passions quelques jours dans la famille de ma femme, chez un oncle, dans la région de Taragone. Nous étions partis faire un tour dans la campagne avec sa cousine alors âgée de six-sept ans. Le chemin était pentu et au bout de quelques centaines de mètres, elle s’arrêta et demanda qu’on la porte sur le dos : une de ses tongs était en effet hors d’usage. La languette qui traverse la semelle était sortie de son trou, en raison de l’usure, bien visible. Nous nous relayâmes pour finir le trajet en la portant à califourchon sur un dos ou l’autre. Le retour s’annonçait moins laborieux tout en descente d’un bout à l’autre. Elle retrouva alors sa capacité à marcher : vérification faite, la rusée disposait d’un petit clou qu’elle glissait en travers de la languette ce qui rendait sa savate à nouveau fonctionnelle. La paresseuse avait trouvé un moyen commode de ne pas trop se fatiguer. C’est resté un épisode familial qui lui a été longtemps rappelé ! A l’époque, on n’en portait guère en France, sauf peut-être dans le midi.

 


INFO ZAPPING

Haddock se marre bis

On hallucine !

« Pas d’bol » ! Le chômage atteint 6 613 000, toutes catégories confondues. « Atypique » s’est contentée de dire El Khomry ! 50 000 chômeurs de catégorie A de plus en août, on voudrait nous faire croire que c’est une banalité. C’est certain, le « normal casqué »  préfère baver sur Sarkozy que chercher des solutions au drame du chômage dont il est responsable.

Les emplois-formations : et pourtant, le gouvernement a mis le paquet sur les contrats emploi-formations   à grand renfort d’argent public pour les financer. Il compte atteindre les 500 000 avant la fin 2016. Les chômeurs en formation disparaissent de la catégorie A. Ah oui, il faut aussi ajouter que le dispositif n’est pas reconduit après 2017.

Le patron de la BCE, Mario Draghi a  redit au Parlement européen que les banques centrales arrivent à la limite de leur capacité d'intervention, que l'efficacité de leurs interventions est de plus en plus marginale, et qu’il faut que les gouvernements relancent la croissance et fassent des réformes structurelles. Apparemment personne n'a traduit son discours en français ?

On adore !

Hillary Clinton a été largement donnée vainqueur du premier débat face à Trump. Ouf !

L’Inde a  finalement acheté 36 Rafales, non pas à la France, mais à Dassault. Le dossier trainait depuis 15 ans !

Hollande n’a pas calé à Calais : il va démanteler complètement la jungle d’ici la fin de l’année en planquant les clandestins dans 80 départements. Si c’est comme l’inversion de la courbe…

Un avion en difficulté largue 200 tonnes de kérosène sur la forêt de Fontainebleau : comme engrais on fait mieux. Mais, fallait-il qu’il s’écrase avec ses passagers à l’atterrissage ?

La « toupie » de la mairie de Paris, jamais avare de  provoc’, en a trouvé une nouvelle : créer un espace nudiste dans la capitale. D’abord on espère qu’elle va donner l’exemple ! Le nudisme urbain pour être en communion avec la nature, il fallait  oser ! Voilà qui va faire plaisir aux barbus. D’aucuns espèrent que ce sera au Bois de Boulogne.

On s’en tape !

Les “unes” des tabloïds : « Ils » sont en campagne, et pour mieux se vendre, on nous les propose en couverture avec leur nana : Macron et sa vieille, Hollande et sa starlette…

Brad et Angelina divorcent. Pas de quoi empêcher la Terre de tourner.

Bayrou réunit ses quelques ouailles qui lui restent au fond du Morbihan : c’est l’automne aussi pour le Modem en université d’été.

Chirac est peut-être mourant mais un hebdo nous sort une  liaison cachée : indécent ! Bernie ne dit pas merci.

Le Prix de « l’homme d’état (le pire) de l’année » a été remis à François Hollande. Erreur de casting ?

Pépère va parler tous les jours cette semaine pour occuper le terrain.  Mais personne ne l’écoute plus. Alors à quoi ça sert ?

Macron, l’escroc au sourire, pendant ce temps-là, fait son tour de France, poursuivi par la meute des micros : les médias ont toujours adoré ceux qui crachent dans la soupe.

C’est gonflé !

Marisol annonce avoir rebouché le trou de la sécu : on hésite entre gros mensonge et pari douteux.

Moscovici a choisi la journée mondiale d’Alzheimer pour signer une tribune : « Ne laissons pas filer les déficits » ! Trop drôle !

Equilibrisme soviétiforme : tiens, justement, après nous avoir expliqué que les comptes de la Sécu étaient équilibrés, le gouvernement nous annonce aussi que nous atteignons l'équilibre budgétaire. En 2016, le déficit budgétaire sera aussi élevé qu'en 2015. Et on sait déjà qu'en 2017 il sera toujours au même niveau. Proche des 70 milliards d'euros. C'est de la désinformation digne des grandes heures des annonces des résultats des plans soviétiques.

Des policiers belges ont relâché des réfugiés de l’autre côté de la frontière, c’est-à-dire chez nous. Mais ils ont été vus. Forcément, ils sont Belges !

 


DETENDEZ-VOUS, ON EST DIMANCHE !

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NOS ANCÊTRES …LES GAULOIS !

Ah, je ne peux pas m’empêcher de mettre mon grain de sel sur cette polémique stupide qui n’en vaut vraiment pas la peine. Mais que les gens ont la mémoire courte et bon sang, où est passée notre culture  populaire ? 

Un vieux poncif !

Depuis toujours, pour les Français, leurs ancêtres sont les … Gaulois. C’est d’ailleurs ce qui a fait le  succès d’Astérix. Cette expression est directement sortie du folklore de notre enseignement  primaire avec Clovis et le vase de Soissons,  et … ce sacré Charlemagne ! C’est le récit de  notre Histoire de France en images d’Epinal, souvent repris en humour et en chansons. Qui donc chantait « Notre ancêtres, les Gaulois, habitaient des huttes en bois … » ? Henri Salvador, un noir qui plus est ! Tout est dit.

Alors vraiment ceux qui cherchent des poux à Nicolas Sarkozy n’ont vraiment rien compris, au contraire de tout le monde, je veux dire tous ceux qui n’appartiennent pas à l’élite intellectuelle bobo des médias parisiens et consorts. Que des socialistes se soient jetés dessus comme  la pauvreté tombe sur le monde (ils sont spécialistes), ça n’est pas étonnant : cela nous  a valu de découvrir les  approximations historiques de notre Ministre de l’Education et un cours d’histoire de Le Foll après évocation du sujet en Conseil des Ministres. Avec en filigrane une justification du multiculturalisme, eh oui, incorrigibles ! Jusqu’où va l’aveuglement. Mais que Alain Juppé ait cru bon de s’en mêler, je suis déçu.

Il  n’y a pas pire bêtise que de prendre l’expression au pied de la lettre.

L’art oratoire du tribun c’est de trouver les images qui parlent au peuple. Ah, c’est certain, Nicolas Sarkozy n’a pas fait l’ENA et ne possède pas vraiment le jargon technocratique. Il a la verve populaire. Bien sûr, c’est réducteur, bien sûr on a le droit de ne pas  aimer, mais au moins il sait se faire comprendre. En réutilisant  l’expression : « Nos ancêtres les Gaulois », il n’a fait que dire à sa manière qu’en devenant Français, on épouse l’Histoire de France et que ça ne se réduit pas à une formalité administrative. Rien d’autre ! J’ai interrogé autour de moi, je n’ai rencontré que des gens qui ont bien compris ce sens-là… et qui sont d’accord. Mais madame Vallaud Belkacem ne sait peut-être pas ce qu’est une métaphore.

Alors après, on peut faire un débat sur les mérites de l’assimilation par rapport à l’intégration,  mais c’est une autre histoire.

Cette polémique est risible et justement, « Faut rigoler… avant que le ciel nous tombe sur la tête » !

 


L’ENIGME DU 1er AVRIL

Apero

 

Cette année on n’a pas eu vraiment le cœur à faire des blagues ni à accrocher des poissons dans le dos des copains. On n’a donc pas eu droit aux fausses nouvelles en « une » ni aux invraisemblables canulars qui circulaient habituellement. Et même si on nous avait dit que Hollande s’était rendu nuitamment à scooter à la « Nuit debout », on n’aurait encore eu peu de chance d’être cru.

Un peu de sourire.

Pourtant, la RATP a fait preuve d'humour. En ce vendredi 1er avril, la Régie Autonome des Transports Parisiens a décidé de jouer un tour à ses clients en rebaptisant - de façon éphémère - 13 stations de son réseau. C’est ainsi que la station « Opéra » est devenue « Apéro », « Parmentier » s’est transformée en « Pomme de Terre » et sur la ligne 11, « Pyrénées » a été renommée « Alpes ». Le plus drôle aura été de rebaptiser la station « Quatre-septembre » sur la ligne 3, tout simplement... « Premier avril ».

Mais d’où vient cette tradition du « poisson d’avril » ?

En fait, malgré les recherches des savants du monde entier, personne n’a vraiment trouvé l’origine.  Personne ne sait ce qui a motivé cette coutume à cette date et quel sens exact donner au « poisson ». Parmi les traditions populaires, il semble que ce soit la plus obscure et la plus controversée. On a dit que le « poisson » c’était une déformation de la « passion » du Christ ou qu’il reprenait le symbole des premiers chrétiens, en relation avec le rituel de Pâques qui tombe à peu près au même moment. On a expliqué aussi que la tradition des bobards était liée au changement de calendrier décidé par le pape Grégoire XIII qui faisait commencer l’année le 1er janvier au lieu du 1er avril. Les farces étaient donc destinées à se moquer des retardataires qui n’avaient pas pris en compte le changement.

Une coutume liée au redémarrage du cycle de vie ?

On a cependant retrouvé des témoignages irréfutables qui établissent les farces du 1er avril bien avant. Dans les pays celtes et germaniques, la coutume existait de mystifier le 1er avril les plus naïfs, les enfants notamment, en leur demandant de réaliser des choses infaisables, comme rapporter un seau de vapeur d’eau ou un flacon d’huile de coude…. Certains ont proposé de lier cette tradition au début du printemps et d’y voir une sorte de rite de passage, inversant réalité et fiction, consistant à faire prendre le faux pour le vrai. Soit ! La farce la plus savoureuse fut organisée en 1864 par un journal londonien qui annonçait que se tiendrait le 1er avril une grande exposition d’ânes rares à l’Agricultural Hall d’Irlington : le lendemain on n’y trouvait pas  trace du moindre âne, par contre la foule était au rendez-vous ! Il y avait bien quantité d’ânes exposés !

Du bon usage du 1er avril.

Ne pas croire tout ce qu’on nous raconte. Et avec les médias qu’on a aujourd’hui, les rumeurs qui circulent sur internet, ce vecteur d’informations sans filtres, cesser de gober, sans réflexion ni sens critique, toutes les histoires invraisemblables, est non seulement salutaire mais indispensable. Rester vigilant et lucide face aux fables que charrient les médias, si le 1er avril servait à nous tenir éveillé, ce serait déjà bien. Une manière de nous aider à prendre conscience de notre propre naïveté pour mieux s’exercer à en sortir !

 


C’EST DIMANCHE, ON S’DETEND !

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« VENDRE SON ÂME AU DIABLE »

Voilà une bien vieille expression qui trouve son origine dans la bible. Qu’est-ce qui m’y fait penser aujourd’hui ? Vous connaissez la réponse : c’est l’actualité qui me fournit le prétexte : avec sa gauche en déliquescence et son PS en mort clinique, comment « Pépère » peut-il imaginer gagner en 2017 sinon en « vendant son âme au diable » !

Le sens de cette expression.

Vendre son âme au diable, cela consiste à renier ses valeurs, sa dignité, dans l’espoir d’obtenir un bénéfice quelconque en contrepartie. J’ajoute qu’à la fin, c’est toujours le diable qui gagne.

L’incarnation du mal.

Dans la Bible, le mal est représenté sous diverses formes, incarnation de la tentation ou anges déchus. C’est dans le livre de Job qu’il est personnifié sous le nom de Satan. Dans le texte biblique, ce vocable désigne ordinairement un adversaire. Devenu nom propre, c’est un ange, chargé de faire respecter la justice divine sur Terre, mais qui fait preuve d’hostilité envers les hommes pour les empêcher d’arriver près du Seigneur. Par la ruse, il s’ingénie à les faire douter de l’amour et de la confiance divine.

Si le démon n’inquiète pas l’Eglise jusqu’au XIVème siècle, une bulle du pape Jean XXII dénonce tout commerce avec le diable. Le pacte avec ce dernier devient le modèle d’association entre les humains et Satan, dans une société médiévale qui repose sur le pacte féodal. Parmi ses mauvais tours, celui-ci offre à ses victimes consentantes des pouvoirs ou la réalisation de vœux en échange de leur âme, vouée alors à l’enfer.

Diable et littérature.

Ces pactes font trembler l’Eglise au XVème siècle et provoquent la chasse aux sorciers, sorcières, mages nécromanciens. Ils offrent à la littérature un sujet fécond : le « miracle de Théophile » de Ruteboeuf, roman dans lequel Théophile, miséreux, renie sa foi en échange de richesses, en est le modèle, tout comme le « Faust » de Goethe, ce vieux savant qui vend son âme à Méphistophélès pour pouvoir vivre une deuxième jeunesse de débauche.

Mais pour que ça marche, encore faut-il avoir une âme. Ce dont je doute pour le pseudo Faust dont nous parlons !

 


C’EST DIMANCHE, ON S’DETEND !

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L’expression du jour.

AVALER DES COULEUVRES

 

Elle me paraît très adaptée à l’arrivée de trois verts au gouvernement. Un vert, ça va, trois verts, bonjour les dégâts. Comment en est-on arrivé là ? Pour Placé et Pompili, ce n’est qu’une demi-surprise, tant ils envoyaient de signaux faisant connaître leur « disponibilité ». L’expression du jour peut s’appliquer à leur cas. C’est un des sens qu’on lui attribue : crever d’envie, tout faire pour parvenir à ses fins. En ce qui concerne l’ex-patronne d’EELV, la Coste (en deux mots, pas le crocodile), il s’agit plutôt du sens plus habituel : renoncer à ses convictions pour obtenir un poste en échange d’une promesse inepte.

Revenons à l’histoire de l’expression : avaler des couleuvres.

Bien qu’elle soit une espèce non venimeuse, la couleuvre n’en demeure pas moins un serpent. Comment peut-on en venir à en avaler ?

Une première explication de la locution la fait naître à une époque où les anguilles étaient de grande consommation. En jouant sur la ressemblance de ce poisson avec le serpent, on pouvait servir une couleuvre à un convive de qui on voulait se venger. Le malheureux invité ne se rendant compte de rien avalait donc des couleuvres à son insu. Faire « avaler des couleuvres », c’est donc chercher à tromper quelqu’un soit pour assouvir une rancune, soit pour parvenir à ses fins.

Une autre origine indique que l’expression doit sa naissance à une ancienne signification de « couleuvre » qui désignait une allusion dissimulée, tortueuse, ayant les sinuosités du serpent. Au cours de la période de fixation de la langue française, le terme « couleur » signifiait  avoir une apparence trompeuse. Cette similitude de forme et de sens entre les deux termes, couleur et couleuvre, a pu contribuer à la création de la locution « avaler des couleuvres ».

C’est pourquoi la locution verbale « avaler des couleuvres » possède aujourd’hui une double signification. On l’utilise pour caractériser le comportement d’une personne qui supporte toutes sortes d’affronts sans se plaindre. Elle s’emploie également pour dire que quelqu’un accepte comme des vérités des propos qu’elle ne devrait pas croire.

Un exemple tiré de Balzac :

Il s’agit d’une phrase tirée des Splendeurs et misères des courtisanes : « Lucien eut le courage des parvenus : il vint là cinq jours sur sept de la semaine, avala gracieusement les couleuvres de l’envie, il soutint les regards impertinents… ». L’essentiel pour Lucien de Rubempré était d’atteindre ses objectifs, peu importaient les couleuvres qu’il lui fallait avaler. N’est-ce pas là une bonne définition du parvenu ?

Voilà un adjectif qui s’applique bien à nos trois compères verts. Les deux premiers croient-ils vraiment pouvoir infléchir la politique du gouvernement en étant à des postes subalternes, et ne sont-ils pas plutôt satisfaits d’avoir enfin un poste ministériel pour quelques mois, sachant qu’après 2017, il leur faudrait probablement attendre bien longtemps. La troisième aura été bien crédule d’accepter la place en échange d’un vrai-faux referendum sur NDDL, qui s’avère être une promesse de Gascon. Car de deux choses l’une : ou le chef de l’Etat savait qu’il proposait quelque chose d’infaisable, ou il ne connaissait pas la loi, ce qui serait un peu gros, bien qu’avec lui, tout soit possible. Mais le résultat recherché est là : les Verts sont en miettes et Duflot … à poil !

 


C’EST UNE CHOSE ETRANGE A LA FIN QUE CETTE EPOQUE !

Haddock se marre bis

 

Oui, je sais, c’est facile de parodier Jean d’Ormesson. Mais enfin … on marche sur la tête :

Placer en perdant de l’argent !

Nouveaux records à la baisse des taux d'intérêt. Mais jusqu'où peuvent-ils baisser ? On croyait que zéro était le plancher,  puis on a découvert les taux d'intérêt négatifs. L'Allemagne vient de battre encore des nouveaux records. Elle peut emprunter à 5 ans en recevant 0.32% : des investisseurs paient 0.32% par an pour que l'État allemand daigne leur prendre leur argent. Incroyable non ? Mieux, aujourd'hui un quart des emprunts d'état traités dans le monde ont des taux négatifs et malgré ces taux défavorables, la demande est toujours aussi forte. Il y a trop d'argent dans le circuit, les banques centrales continuent d’inonder le monde de liquidités pour relancer l'économie, mais les investisseurs qui en bénéficient ne les investissent pas dans l'économie réelle. Ils préfèrent les stocker à taux négatifs. C'est une aberration économique et financière totale. Manifestement ce traitement n'est pas le bon. Ça finira mal !

Cohn Bendit votera Juppé !

C’est tellement le « bordel » à gauche et chez les écolos que le moins pire est encore de participer à la primaire de la droite en votant Juppé ! On aura tout vu. Que 1968 est loin !

Une réforme constitutionnelle vidée de son sens.

Finalement on va inscrire dans la constitution un principe qui ne servira à rien puisque la « déchéance de nationalité » devra être prononcée par … un juge.

Hulot à la présidentielle.

Il ne manquait plus que lui dans le paysage. Un peu comme une marionnette que l’on ressort pour faire trois tours… Il faut dire que c’est tellement le cirque chez les Verts. Tiens, Hollande pourrait bien lui proposer un maroquin histoire de neutraliser des velléités concurrentielles encombrantes. On parie ?

La France et le cannabis

Ce n’est pas souvent que la France est au premier rang. Elle l’est souvent pour la production de vin. Son palmarès s’enrichit : elle est le premier pays consommateur de cannabis en Europe. 17 millions de Français l’ont déjà essayé et 1.4 million fument régulièrement. Plus inquiétant, 63% des jeunes de 15 à 24 ans disent qu'ils peuvent s'en procurer facilement. Vous croyez qu’il faut que je m'y mette ?

Gaulois incorrigible.

Gilles Bourdouleix, l’excellent maire de Cholet menace de quitter son parti (le CNI, je crois), dont il n’est plus président. Il ne s’entend pas avec le nouveau. Il envisage de créer son propre parti. Un petit chez soi… Quand on le connait, on sait qu’il est capable de mettre sa menace à exécution. C’est d’ailleurs pour ça qu’on l’aime bien !

Allocations dégressives 

Révolution : la gauche va mettre en place des allocations chômage plus dégressives pour favoriser l’emploi. Incroyable, non ? Allez, pas de panique : Macron va nous faire deux ou trois sorties, Manolito deux coups de menton bien sentis et … il ne se passera rien.

NDDL (Notre Dame des Landes)

Les électeurs ont pourtant tranché et bien ! En votant Retailleau, ils ont validé démocratiquement le projet aux 250 recours (au moins)… Manolito, martial, annonce l’évacuation. Mais Royal derrière est à la manœuvre. Elle a, parait-il pris la main. Le pire est donc à craindre pour le projet. En attendant, les opposants peuvent mettre le feu aux engins de chantier et racketter les citoyens. C’est « l’Etat de droit » version Royal. Car tel est mon bon plaisir !

 


CHRONIQUE DES JOURS QUI PASSENT

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OUVERTURE FACILE !

Un dernier billet d’humour pour marquer la rentrée.

Nous sommes envahis par les emballages. Notre société de consommation, à force de standardisation et de procédures pour faciliter les ventes en grand nombre, invente sans cesse des emballages censés nous garantir l’intégrité physique d’un produit en même temps que son utilisation facile. Et c’est là que le bât blesse.

Vous avez entre les mains un achat sous « blister », et c’est monnaie courante avec la rentrée des classes. Entre parenthèses, essayez donc de trouver un stylo vendu à l’unité … C’est qu’il en faut un certain nombre pour amortir le prix du support transparent qui l’entoure et qui permet sa mise en rayon facile. Tout bêtement. Bon ! Ben maintenant, vous êtes à la maison et vous avez besoin de votre stylo tout neuf : comment ouvrir ce satané « package ». C’est que la bête est solide et ne présente pas de point faible. Heureusement, vous avez une bonne paire de ciseaux bien robustes à portée de mains. Vous allez dire que j’exagère. C’est vrai, il n’y avait pas marqué sur l’emballage que je pourrai l’ouvrir facilement.

Mais dans bien des cas, la mention « ouverture facile » figure à côté d’une petite encoche qui signale l’endroit où vous pouvez « attaquer » l’emballage. Alors tentez votre chance avec un sachet de râpé ! A moins de posséder une force herculéenne dans les doigts, bonjour ! Là encore, une paire de ciseaux salvatrice est la bienvenue. Je me demande bien quel genre de personnes ils utilisent pour leurs essais !

Il y a aussi ces emballages qui sont censés vous faciliter la tâche : c’est le cas des boites de conserves. Autrefois, au moins c’était clair, il fallait un « ouvre-boite ». Soit vous interveniez en « roulant » le couvercle à partir d’une languette, soit vous utilisiez la force tranchante d’un engin conçu pour. De nos jours, le couvercle vous propose un joli petit anneau qui vous fait supposer qu’il suffit de tirer dessus pour ouvrir. Premier cas : vous passez le doigt dedans et vous tirez… et il vous reste dans les doigts. Deuxième cas, le couvercle vient. Vous vous dites : « c’est gagné ». En effet, mais il y a un lot en sus : arrivé en bout de course, le couvercle métallique a fait ressort et la sauce bien huileuse a giclé en fines gouttelettes sur votre sweet tout propre. Je ne parle pas du cas où il s’agit de maquereaux à la tomate …

Et les couvercles de bocaux : voilà les gros méchants ! Inutile de vous escrimer à vouloir ouvrir en force : sans « plop » salvateur, vous n’arriverez à rien. Alors, si vous n’avez pas un couteau solide à portée de main, du genre couteau à ouvrir les huitres, pour insérer sa pointe dans un recoin du couvercle et faire levier, il y a gros à parier que vous mangerez vos nouilles sans la sauce que vous aviez prévue. Encore faut-il éviter de se blesser, car l’instrument peut ripper…

Tout cela va encore quand on est jeune et dans la force de l’âge, mais quand vous prenez de la bouteille et que vous avez les mains confites d’arthrose, chaque ouverture est une épreuve de niveau olympique. A moins d’être organisé. Voilà pourquoi, chez nous, il y a toujours à disposition, dans la cuisine, des ciseaux pour venir à bout des sachets récalcitrants, un engin spécial type baleine à bosse pour ouvrir les boites de conserves, un « tourne-couvercle » qui s’adapte à tous les diamètres et permet de démultiplier la force de rotation, et même une prince multiprise pour dévisser les bouchons des bouteilles de lait ou d’eau minérale, souvent très retors. Ah mais !

 


BILLET D'HUMEUR

Archibald en colère

Je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager ce billet de Yannick CHAUVIN, docteur en droit, qu'une amie m'a fait parvenir...

"L’arrogance est l’arme des incompétents ; les autres cherchent à convaincre.

Arrogante, la péronnelle qui s’occupe de l’Éducation nationale : tenue en laisse par les pédagos cinglés, elle a raison contre tout le monde, y compris 80 % des profs.
 
Arrogante, la Taubira, incapable d’essuyer la moindre critique, toute raidie dans sa victimisation permanente et ses certitudes laxistes dont personne ne veut.
 
Arrogante, l’extatique ministre de la Santé, qui nationalise la médecine, comme au bon vieux temps de l’URSS, contre l’avis de la majorité des médecins généralistes.
 
Arrogant, le Sapin, le seul à voir la France se redresser là où tout le monde regarde, effaré, le gouffre s’ouvrir.
 
Arrogant, le rondouillard de l’Intérieur, qui chasse les Français d’une plage pour l’offrir, toute bassesse bue, au roi du pétrole arabe.
 
Arrogant, ce Premier ministre qui pioche dans nos impôts pour aller à Berlin, avec ses enfants et en avion officiel, voir un match de football.
 
Arrogant, ce minable conseiller qui se fait cirer les chaussures à l’Élysée.
 
Arrogants, ces ministres qui croient en leur impunité absolue malgré leurs comptes en Suisse, leur défaut de paiement auprès du fisc ou leurs mensonges sur leurs diplômes.
 
Arrogante, la Bricq, qui se plaint de la « bouffe dégueulasse » de l’Élysée alors que des millions de Français n’ont pas de quoi s’acheter un steak haché par semaine.
 
Arrogante, la Saal, qui ose présenter une note de taxi équivalant à deux ans et demi de SMIC, alors qu’elle dispose d’une voiture avec chauffeur.
 
Arrogant, Le Foll, qui voit la campagne s’embraser et fait répondre sottement qu’il attend un rapport pour s’intéresser à la question et rencontrer les paysans.
 
Arrogante, l’inculte ministre de la Culture – n’est-ce pas, Patrick Modiano ? -, qui créé des conseils et des comités Théodule dans tous les sens pour masquer le vide de son action.
 
Arrogante, l’Hidalgo qui fête la fin du ramadan à grands coups d’argent public tout en attaquant en justice un caricaturiste qui la représente en lécheuse de babouches.
 
Arrogant, enfin, le maître de tout ceci, l’occupant temporaire de l’Élysée, qui nomme ses copains partout, y compris ceux qui ont ouvertement démérité – n’est-ce pas, Harlem Désir ? -, qui se prend les pieds dans ses contradictions, ses changements de cap, ses volte-face, ses palinodies, qui tente ingénument de nous vendre son incapacité pour de l’audace, qui passe son temps à se tromper de politique – c’est idiot de se mettre la Russie à dos, n’est-ce pas, Messieurs les agriculteurs ? -, qui répudie sa concubine comme ne le ferait pas un petit marquis d’avant la Révolution, qui, casqué, rejoint sa maîtresse dans la chambre de bonne voisine, qui sait, en fin de compte, qu’il n’a pas l’étoffe d’un président mais, incapable de la moindre décision – n’est-ce pas, Ségolène ? -, refuse d’en tirer la conséquence.
 
La Bruyère, traitant des hommes, dans Les Caractères, a ce mot crucifiant : « À quelques-uns l’arrogance tient lieu de grandeur. » Jamais, peut-être, parole n’a été autant justifiée que sous la république de Hollande."
 
 

TU COMPRENDRAS QUAND TU SERAS GRAND !

 

C'est pas de ton âge

Et voilà encore une réponse de parents ou d’adultes qui se défaussent.

C’est que les temps modernes, peut-être plus que ceux plus anciens, foisonnent de questions embarrassantes qui viennent à l’idée de nos chères têtes blondes … ou brunes. La télévision, l’accès à quantités de vidéos via internet et les portables ouvrent sur des horizons pas toujours recommandés pour les yeux et les oreilles des enfants. Enfin, quand je dis « horizons », je suis prudent, voire prude. On n’imagine pas ce qu’un ado de 11-12 ans peut visionner sur son portable.

De notre temps, les questions gênantes venaient de situations observées souvent dans la vie de tous les jours : une dame qui donnait le sein avec les précautions d’usage quant à la décence pouvait amener une question du style : « Qu’est-ce qu’elle fait avec son bébé ? », surtout si l’univers du bambin avait été encombré de biberons. Ou encore des amoureux qui s’embrassaient sur la bouche en public -ce qui était moins courant qu’aujourd’hui comme le chantait Brassens- alors que dans beaucoup de familles les mœurs restaient assez pudiques sur les témoignages amoureux, provoquaient de la part d’un enfant un peu curieux le même type de question : « pourquoi t’embrasses pas maman comme ça ? »… Evidemment, « tu comprendras quand tu seras grand !» c’était la solution facile pour esquiver une réponse qui aurait été par nature très alambiquée, compte tenu des tabous qui régnaient alors sur toutes les questions touchant à l’amour et au sexe. Mais bien d’autres domaines n’échappaient pas à la sagacité de la progéniture : « Pourquoi vous vous disputez tout le temps ? », « Pourquoi il y a des toilettes pour les dames et pour les hommes ? », « Pourquoi il y a des films interdits aux moins de 16 ans ? », et plus compliqué : « Pourquoi il y en a qui disent que Dieu existe et d’autres qu’il n’existe pas ? »… 

Aujourd’hui, on a le droit de penser que l’éducation des enfants n’est pas une sinécure, notamment en raison de l’accélération de leur maturation intellectuelle et de la facilité d’accès à toutes les informations, y compris celles qui ne sont pas forcément adaptées à leur âge. Progrès ? Internet sans filtre, certainement pas. Je continue de penser que l’enfance doit être préservée, et qu’à chaque âge doit correspondre un niveau de préoccupations. C’est bien de vouloir tout expliquer, mais peut-être y a-t-il des réponses qui peuvent attendre. Et manifestement, on a changé de registre et l’on ne doit pas s’étonner que les grands débats de notre société arrivent jusqu’aux oreilles de nos garnements. « C’est quoi un homosexuel ?» est une question à laquelle il est relativement simple de répondre aujourd’hui, plus facilement qu’hier. Les mots « avortements », « vagins » ou « inceste » peuvent encore gêner dans certaines familles, et on peut le comprendre. Au gamin qui rentre de l’école et qui demande  tout de go : «  C’est quoi une fellation ? », je ne vous dis pas la tête de la mère !

Comment expliquer sans traumatiser ?

« Tu comprendras quand tu seras plus grand ! » est une manière de différer la réponse. Tant pis si les enfants pensent que si les parents disent ça, c’est qu’ils ne veulent pas répondre. C’est aussi leur faire comprendre quelque part le sens de la vie : il y a un âge pour tout, plus tard tu pourras le faire ou le comprendre… On prend aussi le risque que d’autres donnent des réponses sans s’encombrer de fioritures. C’est le risque. Le temps de l’enfance est décidément de plus en plus court !

 


CHRONIQUE DES JOURS QUI PASSENT

Cedric demande à ton père

 

« DEMANDE A TON PERE ! »

« Dis, maman, est-ce que je peux aller au cinéma avec … ». La sentence tombe : «  Demande à ton père ! ». L’enfant est là et reste béat, les yeux écarquillés, le visage animé d’une moue perplexe. Evidemment ça n’est pas une réponse. Combien de gamins se sont retrouvés confrontés à cette situation bizarre qui peut intervenir à tous âges de l’enfance et surtout de l’adolescence.  Mais que peut vouloir dire cette défausse ?

Le plus souvent, c’est d’abord pour éviter de répondre à une demande embarrassante. Bien évidemment, ce : « demande à l’autre » (car l’inverse  « demande à ta mère » se pratique aussi), est un « non » déguisé dont on ne veut pas assumer la charge. Histoire de répartition des rôles : la mère « coucoune » et papa est le « gros méchant » qui interdit. Cette distribution des partitions, probablement trop académique, est de plus en plus battue en brèche par les mœurs contemporaines où l’autorité parentale est de plus en plus partagée… enfin, quand elle existe.

C’est aussi une fuite qui diffère le moment de dire « oui », un moyen dilatoire utilisé pour se donner le temps de se concerter avec le conjoint. Un moment mis à profit pour peser le pour et le contre d’une autorisation pour laquelle on peut avoir une hésitation : par exemple la première sortie en « soirée ». Ensuite, inexorablement, viendront les conditions qui traduisent l’anxiété rentrée devant ce-besoin-d’autonomie-qui-arrive-toujours-trop-tôt : avec qui, chez qui, présence des parents, heure de retour… Puis suivront, si c’est finalement « oui », les conseils ou les interdits : faire attention à ne pas fumer des « joints », de ne pas boire d’alcool (ou pas trop), et bien entendu les conditions du retour au bercail. Souvent la première fois l’autorisation est assortie d’un « on ira te chercher à telle heure ».  « La honte ! » protestera l’ado, cependant encore trop content d’avoir obtenu le feu vert.

C’est parfois une véritable incapacité à répondre à la question, quand on ne veut pas dire ce qu’on pense vraiment à son enfant. Une manière un peu vicieuse de déporter le débat vers le conjoint pour voir comment il va se débarrasser du problème. Ce n’est pas glorieux, mais ça peut être efficace surtout si celui-ci n’est pas encore rentré de son boulot. Un moment de répit gagné sur un peu d’hypocrisie. Il ne faut pas trop en abuser, parce que les enfants sont suffisamment futés pour faire le tri et s’adresser malicieusement  au bon interlocuteur suivant les situations : celui qui sera susceptible de dire « oui » plus facilement. 

C’est enfin la manifestation d’une impuissance à résoudre la question posée. La plupart du temps il s’agit d’un cas posé dans un travail scolaire. Il faut donc renvoyer à la personne compétente pour éviter d’apparaître trop nul. Un problème de math avec robinets et fuite ou de coureurs qui partent à la rencontre l’un de l’autre à des vitesses différentes (forcément, ça existe encore) … c’est papa qui s’y collera. Une question de vocabulaire ou de sens d’une phrase au style un peu alambiqué, à moins qu’il ne s’agisse de sciences de la vie, alors c’est plutôt maman qui sera présupposée détenir la clé. Ceci dit, cette répartition des compétences est purement subjective et ne s’appuie que sur une expérimentation très restreinte. Je sais que certains y liront une conception sociétale rétrograde pour ne pas dire franchement « réac ». J’assume !

« Téléphone donc à ton grand père, il doit savoir ça ! ». Je reçus donc un coup de fil d’un de mes petits fils qui voulaient des tuyaux pour un exposé sur le règne de Louis XV et les guerres qu’il a menées en Europe. Ah les exposés ! C’est le supplice des parents. Heureusement, « dnj il y a Wiki ! » (je traduis : de nos jours, il y a Wikipedia et ses imprécisions). J’avais ce qu’il lui fallait. Pas de mérite à cela, j’ai deux bouquins de Pierre Gaxotte sur le dit roi et sa mère savait qu’il frappait à la bonne porte. Je me souviens aussi d’une demande  d’une de mes petites filles pour un cas de grammaire pour lequel je lui ai fait part de mes lumières de grammairien sourcilleux.

Il y a donc une version à laquelle je n’avais pas pensé : « demande à ton grand-père », qui n’existait pas pour ma génération qui n’a guère connu ses grands-parents … Aujourd’hui, elle est peut-être beaucoup plus courante qu’on ne l’imagine avec toutes ces familles  décomposées ! Avec l’avantage d’avoir plusieurs grands-pères.

 


CHRONIQUE DES JOURS QUI PASSENT

Petit spirou qu'est-ce que tu fabriques

 

« MAIS QU’EST-CE QUE TU FABRIQUES ? »

C’est la question qui survient quand la maison est bien trop calme. Des enfants, ça vit : ça se chamaille, ça joue, ça va, ça vient d’une pièce à l’autre, ça crie ou ça chante. On est ainsi renseigné sur leur activité pendant que chacun vaque aux occupations domestiques. Evidemment tout cela est très variable en fonction de la progression en âge. C’est entre trois et six ans que l’on a en général les « usines à conneries ». Et alors là, il faut toujours avoir un œil sur ce qui se passe  comme quand on a du lait sur le feu, et craindre par-dessus tout le silence s’il se prolonge et qu’on n’y a prêté attention tout de suite. En général, c’est le signe d’une occupation intense  qui réclame de la concentration, et rarement sans « effets collatéraux ». Alors le tableau est facile à décrire : une mère ou un père, les mains sur les hanches dans l’embrasure d’une porte, en train de découvrir l’activité qui absorbe le gamin et surtout de constater les dégâts qu’elle occasionne : décoration murale inédite, découpage intempestif d’une revue à laquelle on tient, collage approximatif d’un objet endommagé… « Mais qu’est-ce que tu fabriques ! »

Ce n’est évidemment plus une question. L’enfant a bien senti dans l’intonation, comme un reproche de ce qu’il considérait comme une attitude noble : l’expression de son talent ou tentative de réparation d’un bris commis par inadvertance. Tout cela part d’un bon sentiment d’où l’intense décalage entre l’admonestation et sa bonne volonté : incompréhension qui se lit dans des yeux grands écarquillés par l’étonnement. Et là, de deux choses l’une, ou l’adulte pique une colère noire, ou il éclate de rire. Tout dépend de la gravité des dégâts et surtout de la répétitivité des actions considérées comme « délictueuses ».

Nous avons tous des souvenirs de bêtises faites par nos enfants. Il y en a un qui me revient à la mémoire en écrivant ces quelques lignes. Notre fille aînée devait avoir sept ou huit ans et avait invité une copine à jouer avec elle. Elle n’était pas du genre à collectionner les bêtises et nous lui faisions plutôt confiance. Ce jour-là, les deux filles jouaient dans la chambre à l’étage avec leurs poupées Barbie, alors très à la mode, avec toute la panoplie des vêtements à mettre et à retirer. D’habitude cela suffisait pleinement à les occuper un bon moment. Nous étions au rez-de-chaussée en train de bavarder. Toutefois, nous trouvions que l’animation à l’étage avait pris un tour bizarre. D’abord les voix nous parvenaient de la salle de bain et nous entendions l’eau couler puis cela s’arrêtait, puis recommençait. Prise d’un doute Paulette décida d’aller jeter un coup d’œil sur ce qui se passait. Elle ne fut pas déçue du voyage : les filles avaient  décidé –qui en eut l’idée ?- de teindre les cheveux de leur poupée et n’avaient trouvé rien d’autre pour cela que … l’éosine !

« Mais qu’est-que-vous fabriquez ? » : le spectacle en valait la peine. Le bidet exprimait son émotion avec un rose uniforme que les deux dégourdies essayaient de faire disparaître à force de rinçages successifs. On comprend qu’elles l’aient utilisé pour faire une couleur, la parenté avec le bac du coiffeur est évidente et surtout, le bassin était bien commode par sa hauteur. Mais on les suivait à la trace dans toute la pièce : le formica blanc des meubles arborait les empreintes des délinquantes en de multiples endroits, sans parler des malheureuses poupées dont les cheveux rouge vif refusaient de reprendre une couleur plus convenable. Le lavabo et la baignoire n’avait pas échappé non plus à leur coupable activité. Bref, un désastre. On en rit encore aujourd’hui, même si récurer la salle de bain ne fut pas de tout repos.

Inutile de préciser que dans les petits enfants on a eu, et on a encore, quelques occasions de poser la question.

 


CHRONIQUE DES JOURS QUI PASSENT …

 Petit spirou qu'est-ce que tu fabriques

 

« T’AS QU’A TE RETENIR ! »

Traditionnellement, le mois d’août, c’était le mois des vacances, des grandes vacances. En ce temps-là, on partait pratiquement tout le mois, dans une location à la montagne ou au bord de la mer. Cela se préparait plusieurs jours à l’avance de façon à fourrer dans les bagages tout le nécessaire en prenant soin qu’il prenne le moins de place possible. Le jour du départ, il fallait se lever tôt. On démarrait aux aurores, afin de faire la distance sans trop souffrir le plus longtemps possible de la chaleur, les climatisations ça n’existait pas, et pour arriver suffisamment de bonne heure en soirée afin de prendre le temps de découvrir les lieux de notre villégiature et s’installer.

Comme la route était généralement longue, il était demandé à chacun de prendre ses « précautions » avant le départ, car il fallait limiter les arrêts au maximum et si possible coordonner ravitaillement en carburant avec les « besoins » des uns et des autres. Quand on est cinq, c’est mission impossible. C’est que les « précautions » en question, à des heures inhabituelles, ce n’est pas une sinécure. Bref, il en est qui ne se décrètent pas !

Et voilà ! On n’a pas fait trente kilomètres que déjà une petite voix retentit à l’arrière : « J’ai envie de faire pipi ! ». Un court dialogue s’instaure : «  T’as pas fait avant partir ? tonne le conducteur – si, mais j’ai encore envie, ment l’intéressée … ». Alors la sentence tombe, prévisible, implacable, désespérante pour la gamine : «  T’as qu’à te retenir ! ». Derrière personne ne bronche.  Le silence pèse pendant quelques kilomètres. On suspecte que les deux garçons sont concernés mais préfèrent ne rien dire. En tout cas, pas question de s’arrêter déjà. On est en retard sur l’horaire programmé et déjà la circulation se densifie.

Mais une envie pressante, c’est une envie pressante. En général, elle porte bien son nom. Donc la petite voix reprend, avec un ton plus gémissant : «  papa, j’ai envie de faire pipi ». On a abordé l’autoroute et nous filons à vive allure dans une circulation encore fluide. Pas le moment de lambiner. La limitation à 130 n’était pas encore en vigueur. Alors il faut ruser pour faire patienter … « l’envie pressante ». Le prétexte est tout trouvé : on ne peut pas s’arrêter sur les bandes d’arrêt d’urgence, il faut attendre une aire de service. « T’as qu’à te retenir jusqu’à la prochaine aire de repos ». Sauf que des aires de repos, le chauffeur va vicieusement ne louper deux ou trois.

Un ton suppliant a remplacé le gémissement : « je ne peux plus tenir, je vais faire dans la voiture !». Du coup c’est maman qui s’en mêle : « mais enfin, arrête-toi, c’est ridicule, il y en a pour cinq minutes ! ». Justement, une magnifique aire de service se profile à quelques kilomètres nous indique un grand panneau. Et comme les inconvénients d’un nettoyage de l’arrière dépassent largement le temps d’une pause-pipi qui sera mise à profit pour tout le monde, la voiture emprunte enfin la voie latérale qui conduit aux bâtiments de la station-service. Soulagement à l’arrière… mais il était grand temps ! Plus d’une heure s’est écoulée depuis la première requête. L’essentiel c’est d’avoir fait un bout de chemin.

Quel père impitoyable n’a pas fait subir à sa progéniture le « supplice de l’envie de pisser », sur le trajet qui emporte la famille vers les horizons rêvés du temps consacré au farniente ? Il arrive même que la torture concerne l’intéressé. Mais comment céder pour soi-même ce qu’on n’ a pas consenti aux autres ? Néanmoins, il vaut mieux s’arrêter. Parce que conduire avec une envie pressante, ça n’est pas vraiment agréable ni confortable, quand ce n’est pas dangereux !

 

 


CHRONIQUE DES JOURS QUI PASSENT

 

Doigts dans le nez

 « TU VEUX MON DOIGT ? »

La morphologie humaine est bien faite : ainsi la taille des doigts et des narines est calculée pour que les uns puissent entrer dans les autres. On n’y peut rien, c’est comme ça. En effet, il arrive que ceux-ci soient indispensables pour nettoyer l’intérieur de l’appendice nasal afin de le débarrasser des impuretés qui s’y accrochent jusqu’à rendre la respiration moins aisée. La bienséance exige par contre qu’on évite d’avoir recours à ce procédé. Là encore, l’éducation doit commencer tôt pour enrayer le recours à un geste que la nature semble avoir programmé comme un réflexe. Je n’entrerai pas dans le détail d’une description anatomique scabreuse pour me contenter d’observer les humains qui nous entourent.

Donc il arrive souvent qu’on admoneste un gamin surpris en train de se fourrer les doigts dans le nez : « Tu veux mon doigt ? ». Combien de fois ai-je entendu cette formule rituelle ? Et combien de fois l’ai-je prononcé pour morigéner l’un de mes enfants ou petits-enfants. C’est dire si le reflexe est bien là et difficile à corriger.

D’ailleurs, observez bien les adultes autour de vous. Je me souviens de situations vécues autrefois dans le métro. C’est incroyable ce qu’au milieu de la foule, certains se croient tout seul ! Vous connaissez tous l’histoire du type qui se met à crier : «  ma boulette, ma boulette ! » et tout le monde de la chercher partout en regardant le sol. Et comme on ne la retrouve pas, il ajoute, en se fourrant le doigt dans le nez : « Bon, bah je vais en refaire une autre ! ». Il y a un lieu aussi  très propice à ce même exercice : à l’intérieur des voitures, dans les embouteillages. Regardez autour de vous, c’est bien rare si vous n’en verrez pas un (et non une, car le geste est surtout masculin), en train de se décrocher consciencieusement les « tableaux ». En voiture on est chez soi et on oublie qu’on peut être vu, surtout si on est absorbé à écouter la radio. Je vous passe la suite de ce qu’il peut faire de sa collecte qui finira probablement collée au côté du siège… dans le meilleur des cas.

C’est dit, on ne se met pas les doigts dans le nez, même si c’est une prédisposition naturelle. La civilisation moderne met suffisamment d’outils à notre disposition pour éviter d’y avoir recours : mouchoirs en papiers, spray, solutions acqueuses voire cotons-tiges. Mais … et le plaisir ! m’a rétorqué une fois un ami. Ce point ne se discute pas, j’en conviens. J’en reste désarmé. C’est peut-être de là que vient l’expression : «  Les doigts dans le nez ! » pour exprimer la joie d’avoir réussi et dire que c’était facile.

 


CHRONIQUE DES JOURS QUI PASSENT

 

Comment on demande

« DIS BONJOUR A LA DAME ! »

Quand j’étais petit, c’était chaque fois une épreuve. Comme beaucoup de gamins j’avais horreur de dire bonjour aux personnes que ma mère rencontrait en faisant les courses, voisins pourtant familiers ou connaissances, et tout autant de quitter mes occupations pour répondre au comminatoire : « Viens dire bonjour ! » qui ne manquait pas de suivre l’entrée de quelqu’un à la maison. Mais impossible de se soustraire au devoir imposé par les bonnes manières sous peine de représailles qui suivraient inévitablement une mauvaise volonté. C’est donc avec une mine renfrognée, les sourcils froncés et le regard peu amène que je me présentais devant le visiteur ou la visiteuse. Dans ce dernier cas, il fallait se confronter à un visage badigeonné de poudre de riz et subir la marque infamante de transports non sollicités et qui se traduisait par une tartine de rouge à lèvre sur les joues assortie de bave, que j’essuyais aussitôt du revers de ma manche sous l’œil courroucé de ma mère.

C’est probablement comme cela que je suis devenu un garçon poli. La force de l’habitude, prise sans aucune possibilité de dérogation ! Vient ensuite l’âge de raison où les civilités vont de soi et participent à la convivialité des relations humaines. Dire « bonjour », c’est comme savoir dire « merci » : c’est gratuit et ça participe au « lien social » comme on dit aujourd’hui chez les « bobos ». Aussi, transmission oblige, c’est avec le même soin pointilleux auquel notre enfance fut confronté, que nous veillons à la politesse de nos petits-enfants. Non pas qu’ils soient mal éduqués, parce que leurs parents font le nécessaire. Mais nous vivons dans un monde où les contraintes ne sont pas les mêmes partout. Alors, nous aimons bien que lorsqu’ils arrivent, ils viennent « dire bonjour ». Excepté vers deux ou trois ans où cela a été parfois laborieux, encore que « Mamy Paulette » ait joui d’un privilège particulier qui rendait à certain les autres transparents, nous avons toujours eu droit à des manifestations d’affection à ce moment privilégié de l’arrivée, preuve que la maison ne doit pas être trop repoussante.

Sauf que chez nous aussi, il arrive qu’il y ait des visiteurs, parfois inconnus de nos pensionnaires, auxquels il faut malgré tout venir dire « bonjour ». C’est une règle intangible. Honnêtement, il faut avouer que, si nous n’avons pas de refus d’obstacle, les comportements sont divers en fonction des caractères. De l’extraverti qui ne fait aucune difficulté et qui vient lancer son tonitruant « bonjour monsieur ! » (ou madame), au timide qui s’annonce à reculons et murmure entre ses dents son « bonjour » à peine audible, nous avons connu toute la gamme. L’essentiel est que le devoir soit accompli. Ainsi demain ils seront (peut-être) des citoyens polis. L’apprentissage ne s’arrête pas là. L’exercice continue quand ils nous accompagnent : on dit bonjour en entrant dans un commerce et au revoir quand on en sort… Et j’en connais pour qui cela devient vite un jeu, histoire de se faire bien voir avec l’espoir d’une douceur à la clé, ou tout simplement envie de se montrer. Les egos se manifestent parfois plus tôt qu’on ne le souhaiterait.

Avec les ados, c’est un peu plus compliqué. J’ai eu du mal à me faire au « Salut Papy ! », mais il est prononcé avec tellement de chaleur que j’ai renoncé (après quelques tentatives tout de même) à rétorquer cet impitoyable « on dit bonjour, d’abord ! » qui casse l’ambiance, comme ils disent. Rien n’est parfait en ce bas monde.

 


C’EST PAS PARCE QU’ON N’A RIEN A DIRE…

Haddock se marre bis

… QU’IL FAUT SE TAIRE !

La conférence de presse vue par Archibald :

« bla, bla, bla, République, bla, bla, bla, bla, laïcité, bla, bla, bla, bla, unité, bla, bla, bla, bla, chômage, non pas chômage, bla, bla, bla, bla, égalité, bla, bla, bla, bla, insécurité, non, pas insécurité, bla, bla, bla, bla, bla, croissance , zut, pas croissance non plus, bla, bla, bla, bla, effort, bla, bla, bla, juste, bla, bla, bla, bla, immigration, pas immigration, bla, bla, bla, bla, …. Poil aux pieds, bla, bla, bla, pipeau ! »

 


INCURSION EN TERRES INCONNUES

Haddock se marre bis

Un peu d’humour pour préparer les fêtes.

Je vous propose un voyage en « Educnat » où l’on parle un langage très particulier « l’Educ’langue » et en Boboland où c’est la « novlangue » qui sévit. Dépaysement garanti. Avant de partir, c’est comme pour les pays slaves, il vaut mieux se munir d’un petit précis de traduction.

L’éduc’langue

« L’éduc’langue » se pratique surtout sur un territoire très restreint, à Paris, rue d’ULM à l’Institut Pédagogique national où se concentrent tous nos docteurs es-pédagogie qui nous valent tant de succès pour notre système éducatif. On la pratique aussi dans une annexe, du côté de la rue de Grenelle, mais là elle est concurrencée par « l’énalangue », jargon technique tout aussi obscur.

D’abord, commençons par le commencement. Les « apprenants » sont au centre du système. Entendez, les élèves. Ils ne fréquentent pas comme tout un chacun, un lycée ou un collège, mais une « communauté scolaire ». Dans chaque classe, leur travail est coordonné par « un référentiel unique », le professeur principal, et ses collègues sont des « médiateurs » ou des « intervenants » selon leur qualification ou diplôme probablement. Et si un « apprenant » est en difficulté, on peut lui proposer « une tentative de remédiation », autrement dit chez ma grand’mère, des cours particuliers. Dans ce monde-là, on ne sera pas surpris de découvrir que les « géniteurs d’apprenants », vous l’avez deviné, sont les parents. Sur le terrain de sport, les « apprenants » s’initient au foot avec un « référentiel bondissant », font preuve de « motricité aquatique » dans la piscine… Et les commentaires sur le bulletin trimestriel bientôt dépourvus de cette barbarie de notation, prennent une tournure quasi poétique ; ainsi «Julien, vexé de ne pouvoir exprimer ses potentialités en interne, s’investit dans l’espace extérieur » ; je traduis : « comme tous les cancres, Julien s’ennuie en classe et passe son temps à regarder dehors. » Que la réalité est bien plus douce quand elle est contournée par un langage abscons. En fait, « les apprenants ne peuvent plus se satisfaire d’avoir appris quelque chose au sein de la communauté scolaire ; ils doivent avoir appris à apprendre parce que le savoir est en mouvance ». On comprend pourquoi « l’enseignement  s’est un peu affaissé sur ses fondamentaux ». Ce sont les coups de pieds au fondement, oui, qui manquent ! Heureusement, en ce beau pays d’Educnat, il existe beaucoup de résistants qui persistent à employer un langage rustique hérité du passé et encore compréhensible par tous.

La « novlangue » (jargon savant de gauche)

Et maintenant, petite visite à Boboland, langage pratiqué dans le quartier du Marais et du côté de la rue de Solférino. On y parle la « novlangue ». Cela ressemble au Français, ça utilise les mêmes mots, mais ça n’est pas du Français. Par définition, la « novlangue » incarne une double pensée et en politique, elle est une variante d’une autre langue bien connue la « lignolangue » dite « langue de bois ». La « novlangue » est faite pour transformer les vieilles idées en idées neuves comme ça on n’a pas besoin d’en chercher. Elle est une langue de paix sociale, puisque dans sa formulation, elle doit être rassembleuse, apaisante, et là aussi, contourner la réalité en la camouflant par un rideau de fumée. Boboland est le monde des bisounours où plus rien n’est désagréable : on « flexibilise » pour ne pas dire faciliter les licenciements, ou « ouvre le capital » pour ne pas dire privatiser. En utilisant des formules positives, on rend la vie plus acceptable : un aveugle n’est qu’un « non voyant », et un agent d’entretien "un technicien de gestion de surfaces". Le plus drôle c’est quand la récession devient « croissance négative » ! Et que dire du « redressement productif » cher à Arnaud Montebourg ! Il voulait parler d’industrie, mais elle a continué de s’effondrer, alors tout le monde a compris qu’il s’agissait des impôts.

L’art de parler pour ne rien dire a toujours sévi chez tous ceux qui ont des responsabilités et doivent communiquer sur les situations qu’ils rencontrent, mais la « novlangue » s’ingénie à renouveler le genre  en essayant de faire croire, par la nouveauté des expressions que le monde change dans le bon sens, quand en fait, il recule. C’est l’art, vieux comme le monde de la politique, de faire prendre des vessies pour des lanternes. Ainsi, comme le « vivre-ensemble » cher aux socialistes est  tous les jours bafoués par le vécu quotidien qui exprime le contraire, ils l’ont remplacé par « faire France » ; voilà qui est décisif et qui supprime toute objection : plus de discussion possible, plus d’antagonisme social, ethnique ou religieux puisque tout cela « fait France ». Le rideau de fumée est dans la coloration patriotique de l’expression.

La « novlangue » à ses OS dans les cabinets ministériels, où ils ont en charge d’élaborer les « éléments de langage » qui décriront une situation à laquelle le chef doit faire face et qui seront ensuite répercutés par le tam-tam médiatique. Comme si on était dupe. Elle n’arrive pas toujours à cacher la réalité. C’est ainsi que la fameuse « contribution climat-énergie » n’a trompé personne, car tout le monde a traduit instantanément « taxe carbone » rhabillée pour la circonstance.  Mais les OS ne sont pas payés à ne rien faire. Voici un petit lexique de leurs productions et vous allez trouver quelques perles qui démontrent qu’au moins ils ont de l’imagination s’ils n’ont pas toujours les pieds sur Terre. Dans la rubrique « au lieu de dire, dites plutôt » : école maternelle (trop sexué) devient « première école », bâtir une société harmonieuse devient « faire de l’en-commun », se lancer dans les projets devient « produire des possibles », la France évolue devient « les dynamiques plurielles de la société », couple homosexuel dans l’impossibilité de procréer devient « confronté à l’infertilité sociale » !!, construire la société française devient « le Nous inclusif et solidaire », donner aux élèves la même éducation devient « bâtir du commun » (c’est du Peillon), personnel scolaire chargé de la discipline devient « groupes académiques climat scolaire », détruire l’identité sexuée devient « déconstruire les stéréotypes de genre »… Et cette perle de Dominique Bertinotti : « aujourd’hui la filiation biologique n’est plus la seule filiation possible ; il y a une multiplication des acteurs impliqués dans la conception et l’éducation des enfants » tout ça pour dire les parents et les médecins !

Allez, une dernière pour terminer. Je vous livre cette phrase, comme pur produit des cabinets (on a envie de crier « aux chioottes ! » : « Il faut changer de paradigme, proposer une nouvelle forme d’action publique, pour produire des possibles à l’intersection des valeurs de la République et du respect des gens eux-mêmes et de leurs capacités à coproduire de l’action publique » (Refonder la politique d’intégration. 2013) Vous n’avez rien compris ? C’est normal. Mais qu’on ne s’étonne pas que la politique d’intégration ne fonctionne pas.

Bon, sur ce, Passez de bonnes fêtes de Noël, avec la crèche près du sapin, bien sûr ! C’est à la mode !!!

 

NB. Evidemment,rien n'est inventé, toutes les expressions sont authentiques.

 


DES VERTS QUI MANQUENT D’AIR !

 

Clown


Il ne fait pas bon dire leur fait à ces dames Duflot et Cosse. Elles ne manquent pas de culot ; surtout la première, si j’ose dire. Mais qu’est-ce qui a pris Nicolas Sarkozy d’affirmer que l’ancienne ministre verte « avait fait adopter une loi qui est une catastrophe » et d’avoir été « la plus mauvaise ministre du Logement de l’histoire de la République française ». Ce en quoi il n’a fait qu’exprimer tout haut ce que tous les observateurs attentifs, à commencer par les professionnels du bâtiment et de l’immobilier, pensent depuis qu’elle a œuvré au gouvernement.

Il se trouve que la caqueteuse verte l’a très mal pris. Elle a traité l’ancien président de « grossier personnage » et comme il avait aussi déclaré « dommage qu’elle ne s’exporte pas », elle a cru faire un trait d’esprit en se demandant si « dans le programme de M. Sarkozy il y a le fait d’exporter ses opposants politiques ». Dommage qu’elle ait oublié, pour sa part, les critiques acerbes qu’elle avait adressées à la droite en général et à Nicolas Sarkozy en particulier, sans qu’elle ne songe à aucun moment à se demander si elle n’avait pas été « grossière ».

Il est vrai que lorsque quelqu’un de droite s’en prend un peu crûment à une personnalité de « gôche », la démocratie est aussitôt en danger et quasiment prise en otage. Nul doute qu’il faille voir dans les propos de l’ancien président un pré-programme d’épuration politique digne, au moins, de la Corée du Nord. Heureusement, le ridicule ne tue pas, et la pimbèche verte n’en mourra pas d’avoir ajouté cet attribut à sa réputation d’incompétence. Néanmoins, on aimerait savoir comment elle explique l’empressement, à tout Alur (sic), de l’actuel Premier Ministre à tenter d’enterrer son œuvre si génialement impraticable.

Les temps sont durs pour les Verts, comme pour toute la gauche. Alors, on ne va pas leur demander en plus d’avoir un peu d’humour. Et de mémoire, je ne me souviens pas que Mme Duflot en ait usé d’une once une seule fois.

La Cosse (avec 2n) de service, elle, préfère s’en prendre à Manolito dont elle semble avoir fait sa tête de turc. Vous direz, avec un Catalan, ça ne fait pas une grosse différence. Elle l’a récemment « vertement » critiqué à propos de son revirement sur el Gestation Pour Autrui (GPA). Nouvelle détermination qui a choqué la Secrétaire Générale des Verts, et qui l’a renvoyé illico à une décision de la Cour de Cassation entérinant l’adoption de l’enfant né d’une GPA. Et comme la Cour européenne de Justice a condamné la France pour refus de filiation dans une affaire de GPA, sans que le gouvernement ne fasse appel, elle met le doigt sur la contradiction. Elle dénonce donc chez Manuel Valls, en plus de son reniement, « un manque d’empathie et de délicatesse », dont il devrait  faire preuve pour aborder « ces sujets extrêmement sensibles ».

Ainsi vont les Verts : toujours prêts à donner des leçons de morale tous azimuts. Leurs convictions sont intangibles. Plus la France va mal, moins ceux qui l’ont envoyée dans le mur ne doutent du bien-fondé de leurs idées et de leurs décisions.

En cela, les Verts n’ont pas le privilège. C’est un aveuglement partagé par toute la gauche. Et si vous avez le malheur de dire que vous voulez réformer l’Etat, vous devenez aussitôt un redoutable prédateur qui veut tout détruire. Les panneaux « touche pas à mon fonctionnaire » vont fleurir.

De quoi faire sortir « l’amère de Lille » de sa retraite. On va alors s’apercevoir rapidement que Duflot et Cosse, finalement, c’était un moindre mal !

 


BREVES DE NET

Internet
 

L’actualité au coup par coup

Surréaliste : le Macron des finances y va gaillardement comme si son passage chez Rotchild le rendait suspect : «  être de gauche, c’est être efficace ! ». Heureusement qu’il le dit parce qu’on ne s’en était pas vraiment aperçu, ça saute pas aux yeux !

Sapinade : « Aujourd’hui il y a une forme d’aversion et d’ultrasensibilité des Français à l’impôt sur le revenu ! ».Quelle lucidité, mais il ne s’est pas demandé pourquoi.

Tartuffade du front de gauche : « Le gouvernement Valls plutôt que de se faire acclamer à l’université du Medef et de multiplier les attaques contre les salariés, ferait mieux de donner un emploi aux 5 millions de chômeurs ». C’est du Mélenchon tout craché : il croit encore que c’est le gouvernement qui crée les emplois !

Dans le même genre, cette sortie de la grosse* Cosse (pour rester poli) verte : « revenir sur les 35 heures constituerait un contresens économique historique et une ineptie en matière de lutte contre le chômage ». L’ineptie c’est de continuer à croire que le travail se partage. Toujours rien compris !

*Je sais, c’est pas bien.

La Palissade de Luc Belot, inénarrable député de Maine-et-Loire : « Le problème c’est que les socialistes ne savent plus parler à grand monde ! ». Ben oui, il a dit ça ! On ne va pas le contrarier.

Il fallait le dire. Cette proclamation de Marine la (double) peine : « La loyauté, voilà un principe qui sera au cœur de ma méthode de gouvernement ». Mais de quoi parle-t-elle ? Loyauté envers qui ? Questions inutiles, c’est de la politique fiction.

Rien à déclarer.  Thévenoud, t’as rien vu, t’es virou !

Inversion. Enfin, Hollande a réussi à inverser une courbe. Ce n’est pas celle de la croissance ; ce n’est pas celle du chômage ; c’est celle du déficit de la France qui dépassera 4,4% en 2014 contre 4,1% en 2013. Il a enfin changé de vitesse : il a trouvé la marche arrière !

Stupide. Les pilotes d’Air France sont en grève. Ils veulent empêcher le développement de la filiale low cost. Ils y viendront pourtant… quand ils auront coulé leur boite !

On ne dit pas Etat islamique, Hollande veut qu’on dise Daesh, le nom en bédouin. Pas étonnant. La dèche, c’est aussi quand on a mis un pays sur la paille. Un connaisseur, en vérité !

Extra lucide. Un éclair de lucidité a jailli du cerveau embrumé de Marie-Noelle Lienemann : «  Il ne faut pas sous-estimer Nicolas Sarkozy » a-t-elle déclaré doctement. Ils n’ont pas fini de trembler.

Croissance. Enfin, une bonne nouvelle : l’OCDE prévoit une croissance de 5,7% du PIB en 2014… merdum, c’est en Inde !

Nouveau concept. Valls vient d’inventer la réforme sans toucher à rien ! Très fort ! Réformer, on sait ce que ce n’est pas. Mais on ne sait toujours pas ce que c’est ! Ce discours de politique générale, après le discours au Medef, ce n’est plus Valls, c’est polka : deux pas en avant, trois en arrière …

Confiance… relative sans majorité absolue pour un premier ministre martial dans le ton mais sans courage sur le fond. Un vrai socialiste quoi : tu parles, tu parles… Et les Français dans tout ça ? Des impôts écrasants pour les classes moyennes pour une aumône aux pauvres en guise de « justice ». Et il faudrait qu’on ait confiance !

 


BREVES DE NET

 

 

Pour D. VOYNET, « les « Verts » ont encore besoin de mûrir ! »

-       Mais s’ils mûrissent, ils ne seront plus verts !

Le livre de C. Duflot : un vrai brûlot contre Hollande.

-       On ne pourrait pas s’en servir pour décongeler le bâtiment ?

Dans le même livre, elle affirme : « Hollande est le président de personne ! »

-       Mais quand on est l’élue d’un parti qui ne représente que lui-même, c’est-à-dire pas grand monde, on devrait fermer sa gu…. Et se faire tout petit !

Montebourg et Hamon s’allient pour prôner une politique à l’exact opposé de celle poursuivie par le gouvernement… Mais ils n’y voient pas de contradiction.

-       Alors, il faut qu’ils changent de lunettes ! A moins qu’ils nous prennent pour des cons.

Hollande à 17%, au plus bas, Valls en chute libre !

-       Je parie qu’il a sauté avec le sac à dos que Hollande lui a donné pour un parachute.

« Hollande est pire que Sarkozy !» c’est Mélenchon qui vient de l’affirmer. Si c’est lui qui le dit…

-       Merci, mais nous, y’a longtemps qu’on s’en était aperçu !

Après l’échec du Front de Gauche, le même Mélenchon, jamais avare de grandes formules, veut « fédérer le peuple ». Tout seul ?

-       Pour l’instant il n’a réussi qu’un exploit : envoyer ses électeurs chez Le Pen !

Enfin une bonne nouvelle : la récolte des mirabelles sera exceptionnelle cette année, en Lorraine. Si, si !

-       Mais il parait que ça ne sera pas suffisant pour rééquilibrer notre commerce extérieur.

 


SOURIEZ, C'EST L'ETE !

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LE MARCHE GOURMAND

L’été, même chahuté comme celui que nous connaissons cette année, est la période propice au dénudement. Il suffit de faire les bords de mer pour le constater : les anatomies variées, même les plus improbables, sont livrées à nos yeux qui n’en peuvent mais… La simple observation permet de constater que la proportion des « dodus » l’emporte largement sur les maigrichons. Le Français aime la table, et quand il ne fait pas beau, il compense en bouffant. Déjà que la table tient une place primordiale dans notre « art de vivre », l’été est la saison de toutes les aggravations. Avec les glaces et les chichis, évidemment, les moules frites, bien sûr et les nombreuses occasions de se faire un « p’tit apéro ».

Cependant j’ai trouvé une explication supplémentaire à la progression de l’embonpoint chez nos contemporains de tous âges : c’est le « marché gourmand ». Pas une station n’y échappe. En nocturne, en matinée, ou à l’occasion des foires et brocantes, difficile d’y échapper. Il est devenu une institution qui colle aux vacances comme le maillot à la peau du marathonien à la fin de sa course. D’un village à l’autre, de l’est à l’ouest et du nord au sud, vous rencontrerez forcément le « marché gourmand », ou ses cousins le « marché fermier » et le « marché traditionnel ». Comme son nom l’indique, on y vend essentiellement des « comestibles ». Il y a bien l’intrus qui vend sa bimbeloterie rutilante à quatre sous dans un coin, mais la composition des étals est quasi immuable.

D’abord, on n’y vend que des produits « artisanaux », fabriqués maison ou en « direct » du producteur. C’est le principe de base. Le « régional » marque son territoire, mais côtoie les « valeurs sures » dont l’appellation de terroir est garante de la qualité. Inévitablement, le « bio » y trouve une place de choix. Les produits ne sont pas donnés, c’est le moins qu’on puisse dire, mais heureusement pour le vendeur, l’insouciance du vacancier favorise les échanges.

Vient en premier l’incontournable étal de miel. Il sera de Vendée si vous êtes en … Vendée, du Gâtinais ou des Alpes selon que vous serez en villégiature dans ces régions. En France il y a des abeilles partout, alors forcément du miel avec. Toute la gamme est là, plus la gelée royale et les bocaux de pelotes de pollen. Beaucoup font donc leur provision de tonus pour l’hiver.

Suivent de près les « saucissons d’Auvergne ». C’est incroyable comme ils sont sur tous les marchés. Aux noisettes, au poivre, sec, en saucisse sèche ou en gros diamètre, seul ou en lot de cinq ou dix, toutes les variétés et toutes les formules sont proposées. De quoi varier à l’infini l’apéro du soir au camping dont il est un des éléments préférés.

Et la tome de Savoie : impossible de faire un marché fermier sans la rencontrer. A croire que ce sont des gros bataillons qui sont descendus des Alpes pour envahir toute la basse plaine. On vous en proposera généreusement une lichette histoire de goûter à l’indicible saveur des prairies d’altitude. Et comme elle est super bonne, vous voilà en train de vous en faire couper une tranche. Même fine, c’est encore un gros morceau, mais tant pis, vous le prenez. « Onze euros ! » Ah quand même !

Et puis, comme le miel et le fromage que l’on produit partout, il y a le stand du viticulteur local. Rouge, rosé, blanc : toute la palette est exposée et à un bout de l’étalage, une sorte de petit comptoir invite à la dégustation. Du vin bio, évidemment, annonce fièrement le « magicien des ceps », avec force détails sur ses méthodes « révolutionnaires ». C’est certainement ce qui lui donne ce petit goût oxydé lié à la pratique ancestrale et la quasi absence de sulfites. Ouais, On pense en soi-même qu’il aurait mieux fait d’en avoir des sulfites, le breuvage « naturel ».

Un marché gourmand c’est aussi des fruits et des légumes vendus « en direct », des brioches si vous êtes en Vendée ou des fouaces faites devant vous, ailleurs, des confitures en veux-tu en voilà, des plats cuisinés qui remplissent des bocaux alléchants, le spécialiste des magrets de canards garantis tout frais, et, pour l’animation et les goules sucrées, le stand du roi de la crêpe bretonne et de la galette au sarrasin.

Ne manquez pas ce rendez-vous où la gastronomie le dispute au chauvinisme local ou hexagonal. Il arrive qu’on y fasse de jolies rencontres gustatives. Beaucoup des produits proposés sont des concentrés de passion et d’amour du goût, fruit de la recherche de la perfection et de talents méconnus. Et puis, tant pis pour le régime. Il sera temps d’y penser à la rentrée.

 


SOURIEZ, C'EST L'ETE !

 

Les glaçons

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Midi sur la plage de Scaffa rossa. Les auvents agrafés aux caravanes face à la mer frémissent comme leurs occupants sous les rafales d’un vent frisquet qui fait qu’on a sorti les « doudounes » habituellement réservées aux sorties en montagne. Très inhabituel ce temps, selon les autochtones ! mais il faut faire avec. Depuis le début de l’été, le temps est détraqué, les vagues orageuses se succèdent et le grand soleil estival n’arrive pas à s’établir pour de bon au grand dam des vacanciers qui maugréent sur l’époque, les variations climatiques et ce gouvernement de mouise qui vraiment n’apporte rien de bon …

Bien, mais midi, c’est l’heure de l’apéro. Un rituel sur la plage. Comme tout le monde se connait, la tablée s’allonge au gré des circonstances selon le programme des uns et des autres. Le « jaune » est à l’honneur, avec ou sans menthe, c’est comme on veut, suivi de près par le rosé. Mais le roi de la fête c’est le glaçon !

En Corse, le glaçon fait l’objet d’une attention précautionneuse hors du commun, pas seulement chez les vacanciers. Il s’agit de boire frais, et en manquer ce serait une catastrophe. Pourtant la température du jour n’impose pas vraiment sa présence dans les gobelets, mais l’été, c’est l’été, et en été on boit AVEC glaçons ! Et pas qu’un ! Une poignée en général qu’on verse d’autorité dans le verre avant tout liquide.

Le culte du glaçon est très exigeant. Il suppose une organisation sans faille. Il faut non seulement le produire, mais aussi faire des stocks, le garder en forme jusqu’au moment où il sera servi. Les campements sont donc équipés en conséquence et il n’est pas rare que l’auvent abrite plusieurs frigos qui tournent à plein régime. Des glacières sont appelées en renfort pour le stockage et assurer dans de bonnes conditions la consommation quotidienne. C’est donc toute une industrie savamment organisée de façon à ne pas déborder sur les nombreuses activités : entre baignade, sortie en mer, excursion en montagne avec bivouac, sans parler des nombreuses occupations avec les coups de main à donner aux copains locaux.

Le glaçon suit partout. Les 4x4 sont tous équipés de glacières électriques dont une partie est consacrée à la conservation du précieux cube. Et même au fin fond du maquis, votre hôte vous servira un « 51 » bien frais avec un sourire malicieux : au moins trois glaçons occupent le volume du liquide jaune procurant la fraîcheur nécessaire à la durée de votre dégustation.

Pour l’heure, on est sur la plage, on a installé les « joues » coupe-vent sur l’auvent et nous dégustons tranquillement notre apéro accompagné de délicieuses tranches de charcuterie locale. Frais dehors, frais dedans. Mais c’est exceptionnel. La chaleur ne va pas tarder à arriver ! Les glaçons s’avéreront alors indispensables et n’en auront que plus de prix.