HISTOIRE
COULIS D’ETE
LA FRANCE VA MAL !

COULIS D’ETE

 

Self service

 

A LA CAFET’

La cafétéria c’est le bon compromis entre le restaurant traditionnel et le fast-food type Mac Do’. Au restaurant, il faut pouvoir prendre son temps, et le fast-food propose des menus stéréotypés qui vont un temps. A la sortie de l’autoroute, une grande enseigne de supermarché s’est installée et offre les services d’une cafétéria où nous mangeons de temps en temps : c’est bon, c’est économique et c’est suffisamment rapide. Le self est organisé en deux parties : la première propose en plusieurs étals et îlots tout ce qui est froid : salades de fruits, salades en tout genre, assiettes froides avec jambon cru ou saumon, pizzas, fromages, pâtisseries, et les boissons. Ensuite on franchit la barrière des caisses où l’on peut commander éventuellement un des plats chauds proposés, viandes grillées, poissons, plats cuisinés, à aller chercher une fois installé à une table. Les légumes sont accessibles à volonté. Nous voilà donc à faire la queue au self-service de cette grande enseigne. Il faut dire que nous avons choisi la bonne heure : midi et demie, l’heure du coup de feu. C’est l’occasion de vérifier trois travers bien de chez nous dont nos compatriotes ont la spécialité.

La peur de manquer.

Le petit hall des plats froids est assez encombré entre ceux qui cherchent à se servir une entrée ou/et un dessert, du pain, une boisson, et ceux qui font la queue aux deux caisses ouvertes. Il pourrait y en avoir trois, mais deux seulement sont opérationnelles. A cette heure d’affluence, c’est assez incompréhensible, mais c’est toujours comme ça. Le mois d’août sans doute … Nous tentons donc de cheminer, plateaux en mains, dans cet agglomérat compact. Etant donné le monde en quête d’objets de sustentation, les vitrines réfrigérées ont tendance à se dégarnir. C’est là que la « peur de manquer » entre en action. Certains n’hésitent pas à bousculer pour atteindre leur objectif : la dernière assiette au saumon, où sur l’îlot des desserts, la dernière tartelette aux myrtilles. Ces goujats sont sans retenue. Ils vous passent devant sans vergogne sans même un « pardon ». S’il n’y en avait qu’un encore. Nous avons donc droit à une « vestale » plantureuse qui profite d’un espace étroit et éphémère entre la personne qui me précède et moi, pour plonger littéralement sur l’assiette dont j’allais me saisir.  Ce manque de délicatesse est bien inutile parce que dans les minutes qui suivent l’étal est réapprovisionné par un service qui a l’œil. Cela ne nous empêche pas de parvenir à nos fins : j’ai opté pour une assiette de jambon cru, un wrap et un bol de fruits rafraîchis en salade. De quoi faire un repas complet agrémenté d’une carafe de 25 cl de rosé remplie à la tireuse. En raison de la foule, inutile d’envisager un plat chaud, il y a gros à parier qu’une queue monumentale s’étirera devant le grill. Il s’agit de ne pas perdre trop de temps. Personne ne nous attend, mais rien n’y fait : on ne change pas les habitudes acquises avec quarante années de vie professionnelle.

La resquille.

Il faut maintenant faire la queue pour payer. Et évidemment, nous devons composer avec ceux qui sont plus pressés que les autres et qui « grugent ». J’en vois deux qui étaient derrière nous et qui se retrouvent maintenant devant. Ils ont profité des mouvements de ceux qui sont en train de se servir et nécessairement coupent la file pour se faufiler et gagner trois ou quatre places. A quelques mètres de la caisse, il faut néanmoins choisir entre la caisse de gauche et celle de droite. Mauvaise pioche : ils ont opté pour la droite et c’est justement dans cette queue-là que devant eux sévit cet autre archétype social : l’emmerdeur qui n’a rien compris, n’a pas ce qu’il faut, cherche éperdument sa carte de paiement, demande des détails, que sais-je encore ! En l’occurrence c’est une « emmerdeuse » qui a oublié de prendre ses couverts et tente de payer avec des tickets restaurants que l’établissement n’accepte pas, c’est écrit en grosses lettres. Nos resquilleurs patientent derrière, impuissants et visiblement énervés. C’est ainsi que, ayant choisi l’autre alternative, nous nous retrouvons bien avant eux dans la salle pour nous installer à deux pas de l’îlot des légumes d’accompagnement. Il y a une justice quand même !

Les yeux plus grands que le ventre.

Ce qui est apprécié dans ce genre de restaurant, c’est la partie « buffet à volonté ». C’est le cas de celui des légumes que chacun peut librement choisir pour accompagner son plat. Les plats sont disposés en cercle sur une plate-forme installée autour d’un pilier : il y a là, côte à côte : les inévitables frites, les pommes sautées, des beignets de fleurs de courgettes, des pâtes, des haricots verts, des mogettes,  des choux fleurs… Alors que nous sommes occupés à déguster notre repas, je ne peux m’empêcher d’observer le va et vient continuel des gens qui viennent se servir. Et je constate alors que pour beaucoup « à volonté » signifie à satiété, voire plus… C’est incroyable ce qu’on peut entasser de frites sur une assiette déjà bien garnie. C’est vrai, elles sont bonnes et toutes fraîches, mais tout de même ! Elles semblent faire l’unanimité. Je remarque aussi que les portions sont proportionnelles au gabarit de celui qui se sert et visiblement personne n’a entamé un régime pour diminuer sa surcharge pondérale. Un peu comme la dette de la France. On y pensera demain. On pourrait y voir aussi comme une volonté de se refaire sur le dos du prestataire, une compensation du prix, pourtant très raisonnable,  qu’il a fallu payer pour le reste. J’en étais là de mes réflexions quand une petite fille plutôt menue est venue s’asseoir à la table voisine avec une énorme assiette de moules…  Nous avions fini notre repas. Je ne saurais jamais si elle l’a terminée !

 

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