QUAND MICHELE MET LES PIEDS DANS LE PLAT…
C'EST L'ETE !

LE PIEGE DE L’IMMIGRATION

Aquarius

 

Un sommet incomplet pour rien.

Bien que le  mini sommet ait été boudé  par la Pologne, la Tchéquie, la  Slovaquie et la Hongrie, la  crise  déclenchée par  l’Aquarius n’a pas trouvé de remède unanime à Bruxelles. La  diplomatie française, à cette  occasion, n’a pas fait  montre d’une grande efficacité entre faux pas de déclarations inopportunes,  petits  pas de deux avec l’Allemagne et  arrogance. Le résultat était  prévisible : l’Italie, en  première ligne, n’a  pas cédé  un pouce de sa  volonté de  mettre le holà à une situation qui n’a que trop durée pour les Italiens. En  effet l’Italie a accueilli au moins 700 000 migrants en quatre ans. Les européens  ont laissé l’Italie se débrouiller seule jusqu’à  présent. Elle s’est donc donné un gouvernement qui veut un mettre un terme à « l’invasion ». Le refus de Mrs. Conte et Salvini d’accepter « l’Aquarius » était une manière de placer le problème dans les mains de leurs   partenaires.

Un révélateur.

Le refus  d’accueillir le bateau de réfugiés, qui a finalement trouvé refuge en Espagne à Valence, traduit le durcissement général des politiques migratoires européennes. Car l’Italie n’est pas seule. On connait les positions fermes des Hongrois, slovaques, tchèques et polonais. À Berlin, Mme Merkel est confrontée à la « fronde » de son ministre de l’Intérieur, Horst Seehofer, chef de la CSU, parti plus à droite que la CDU de la chancelière. Ce dernier a donné deux semaines à Mme Merkel pour changer sa politique migratoire. Or le gouvernement repose sur une coalition fragile et une scission entre CDU et CSU lui serait fatale. Emmanuel Macron a reçu à Paris Giuseppe Conte, président du Conseil italien et a tenté quelque peu d’apaiser les relations franco-italiennes, qui s’étaient tendues après divers incidents, et que l’affaire de « l’Aquarius » a contribué à endommager un peu plus.  On a vu que les  tapes  sur l’épaule et les sourires de façade  ne faisaient pas avancer la solution. Il faut dire que notre pays où les  deux tiers de la  population sont opposés à l’accueil des immigrés, n’a  pas  une grande marge de manœuvre.

Une menace pour toute l’Europe.

L’immigration, clandestine ou non, est en train de déstabiliser les démocraties européennes. Les gouvernements qui souhaitent trouver un compromis entre leur respect des droits de l’homme et le réalisme sont bousculés non seulement par les oppositions de droite mais aussi par celles qui se manifestent jusqu’au sein même des partis qui les composent. Dans ces conditions, la  France n’a rien gagné  à hausser le ton contre l’Italie par la  voix de son  Président, quand elle a refusé l’accès à ses ports de « l’Aquarius », tout en faisant la même chose  ensuite. Il a  bien compris que le succès croissant des mouvements identitaires en Europe accompagnait une évolution des opinions fortement défavorables aux migrants. Et  la tendance à prendre  des mesures nationales, sans concertation avec l’Europe, se développe. L’Espagne de M.  Sanchez, le  socialiste qui a remplacé Mariano Rajoy, a mis un point d’honneur à proposer que « l’Aquarius » soit accueilli chez elle. Mais c’est une posture politicienne : il a  voulu montrer que son pays ripostait à l’intransigeance italienne en ouvrant les bras aux damnés de la Méditerranée. L’histoire nous dira si le peuple espagnol était d’accord.

Et si on arrêtait la politique stupide des quotas ?

Chaque pays européen veut être  maitre de qui  il accueille chez lui,  c’est logique, et refuse  de se voir imposer  par  Bruxelles ou Strasbourg, des  quotas à respecter. Car  les  capacités d’accueil  que chacun est susceptible d’offrir sont variables : elles doivent prendre en compte des  variables  comme  la démographie et la situation financière. On voit bien que rien que sur ces deux critères, il sera difficile de  mettre d’accord  la France  et l’Allemagne.  On devrait  permettre à chaque Etat  de  l’Union de définir le nombre d’immigrants  qu’il  souhaite  recevoir  et lesquels, politique définie par un vote du parlement national. Il faut que l’Europe rassure les pays, comme l’Autriche ou la Hongrie, qui ont érigé des murs ou des barricades à leurs frontières. Mais comme les migrants ne  sont pas dissuadés par les mesures coercitives,  il appartient à L’Union de  mettre en place les dispositifs nécessaires à la régulation  du flux.  Là,  il faut une politique commune. Sur cette base, je gage que tous les  partenaires, y compris les  plus réticents seraient prêts  à  participer. C’est l’Europe  en mutualisant ses  moyens qui pourra arrêter  le  trafic, car il s’agit d’un trafic !  On connaît  le  rôle funeste de la Libye qui ne fait rien pour arrêter les passeurs et transforme les migrants en esclaves avant de les laisser partir quand ils ont enfin les moyens de payer leur voyage. Il ne peut y avoir de résolution de la crise migratoire qui ne soit pas à l’échelle de l’Union européenne. Cependant, les associations et les ONG de tous les pays, qui claironnent leur vocation à tout-va et jouent les boutte-feu, sans se soucier le moins du monde de la colère populaire contre l’immigration, doivent aussi accepter des politiques équilibrées s’efforçant de tarir les flux migratoires tout en traitant les migrants avec humanité.

 

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