HULOT, UN EGARE AU GOUVERNEMENT
UN REGARD SUR LE PLAN BORLOO

NULS EN ECONOMIE !

économie pour les nuls

 

Je me demandais comment les thèses marxistes sur lesquelles repose le discours de Mélenchon pouvaient séduire autant de Français. Car si le personnage a un carisme certain, ce qu’il raconte a fait, partout où ça a été appliqué, plus que la preuve de l’inefficacité. Il suffit de regarder comment le Vénézuela a été précipité dans l’extrême pauvreté en quelques années. Dans notre pays, tout ce qui n’est pas marxisant est libéral ou ultra-libéral. M. Martinez vilipendait encore aujourd’hui la  politique « libérale » de M.  Macron, faite pour les riches. Des raccourcis simplistes qui peuvent recueillir un écho dans la population. La réponse est simple : les Français sont nuls en économie, ce qui les rend vulnérable aux pires thèses populistes d’extrême-gauche comme d’extrême-droite. Facteur aggravant : nos élites, et en particulier les énarques, sont touchées par le phénomène.

Ce constat ressort dans une étude édifiante publiée dans l’hebdomadaire Le Point.

Qu’on en juge : 63% des Français n’auraient aucune idée de l’ordre de grandeur du PIB de notre pays, 73% ignorent combien coûte au total à son employeur un salarié payé au SMIC, 38% estiment que la situation de notre commerce extérieur est bonne ou très bonne… Et si la culture économique des Français est aussi limitée, cela tient en grande partie à la façon dont cette matière est enseignée dans le secondaire ainsi que dans les grandes écoles qui forment les hauts fonctionnaires, comme l’ENA ; mais aussi à l’inculture générale de ceux qui commentent l’économie, excepté quelques journalistes spécialisés, et qui transmettent des idées erronées ou des interprétations orientées des faits. Car non seulement les rouages et les mécanismes basiques de l’économie sont mal enseignés au profit des sciences sociales, ainsi la notion de compétitivité échappe complètement à nos étudiants, mais  en plus on les fait raisonner à partir de Keynes, Marx ou Durkheim en ignorant presque totalement la pensée libérale. Quand on sait que Nathalie Arthaud, leader de Lutte ouvrière, est prof d’économie, on peut avoir une petite idée du discours qui est tenu sur les entreprises et les patrons : la légende noire de la révolution industrielle qui réduit le patron à un exploiteur ou un esclavagiste a la vie dure. C’est pourquoi s’est développée en France une méfiance fondamentale envers l’économie de marché, réduite à un système d’exploitation de l’homme par l’homme et cette méfiance nourrit le désintérêt pour son fonctionnement. Or, on admet généralement qu’il faut que la moyenne des gens ait un minimum de culture économique pour qu’une économie soit tournée vers l’innovation.

Il est donc urgent de revoir l’enseignement de l’économie.

Une réflexion sur les programmes est justement en cours. Un groupe d’expert dirigé par l’économiste Philippe Aghion, proche d’Emmanuel Macron, a été chargé de faire des propositions. On ne sera pas rassuré pour autant sur la désintoxication à entreprendre des thèses keynésiennes qui sont à l’origine de l’économie administrée par l’Etat, qui paralyse tant la production de richesse dans notre pays. Il faudrait imposer l’étude des fondamentaux : ce qu’est une économie de marché, un prix, un monopole, la concurrence, une courbe d’offre et une courbe de demande… et revoir le contenu des manuels qui devraient d’abord contenir les bases du raisonnement en économie et non noyer les élèves dans les documents et les données qu’ils ne retiennent pas.

Et faire une place à l’étude du libéralisme en économie !

Car, en France, dès qu’on veut alléger les contraintes qui pèsent sur les entreprises, on brandit volontiers le spectre de « l’ultra-libéralisme », sans même savoir ce qu’est le libéralisme de base. Sans compter qu’il existe toutes sortes de libéralismes, le pur et dur n’existant qu’en théorie et n’étant appliqué nulle part, même aux Etats-Unis, et qui nous offrent toutes les nuances plus ou moins sociales au gré du curseur des interventions de l’Etat. Cela mériterait un détour, non ? Car ce qui est certain, c’est que l’économie administrée à laquelle on est arrivé en France musèle considérablement la capacité de production de richesse. Sans compter que le poids de la sphère publique a fini par anéantir toutes les marges de manœuvre. Sans apurement de la dépense publique et désendettement, notre pays ne pourra que continuer à s’enfoncer. Trop de gens pensent, par exemple, que notre dette de 2 200 milliards d’euros est une plaisanterie et qu’il n’y a pas besoin de la rembourser ! J’espère simplement pour eux qu’ils n’ont pas d’assurance-vie. Ce dont ils n’ont pas conscience, par contre, c’est que du même coup, ils mettent notre démocratie « libérale » en danger. Il suffit de regarder où en est arrivée la démocratie italienne. Le même sort pourrait bien nous être réservé.

 

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