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LA DETTE ? TOUT LE MONDE S’EN FOUT ! Sauf que…

Dette  mondiale

 

Un ouvrage sérieux du Cercle Turgot montre à quel point l'endettement public gangrène l'économie mondiale sans que ni l'opinion ni les dirigeants des pays ne s'en émeuvent vraiment. La dette mondiale, soit l'ensemble des dettes de tous les pays  de  la planète, dépasse largement le PIB mondial, soit la somme de tous les PIB, selon une étude McKinsey Global Institute (MGI). Et par « largement », il faut comprendre qu'elle est trois fois plus élevée : la montagne atteindrait 237.000 milliards de dollars à la fin 2017, et en un an, elle aurait crû de 11.000 milliards, c'est-à-dire l'équivalent du PIB annuel de la Chine, deuxième économie de la planète. Elle représente selon le FMI et sur la base des chiffres de 2016  (164.000 milliards de dollars), 225% du PIB mondial, un record !  C'est le genre de donnée qui laisse rêveur.  Tout esprit rationnel penserait que le système économique actuel est largement biaisé et va probablement s'écrouler comme un château de cartes.

L’empreinte de 2008.

La crise de 2008 a laissé des traces : à elle seule, elle aurait augmenté le poids de la dette publique de 40 %. Pour les seuls pays développés, cette dernière pesait, fin 2017, en moyenne plus de 105,4 % de leur PIB. Un plus haut depuis la seconde guerre mondiale, rappelle le FMI. Les pays les plus endettés sont le Japon (236,4 % du PIB), l’Italie (131,5 %), la France (97%). Aux États-Unis (107,8 %) la réforme fiscale lancée par Donald Trump, évaluée à 1 000 Milliard de $, devrait encore augmenter le poids de cette dette publique et le niveau d’endettement pourrait atteindre 116,9 % en 2023 ! Malgré des taux de croissance très élevés, les pays émergents ont de plus en plus recours à l’endettement, eux aussi. La dette publique des pays émergents est passée de 37,4 % du total des PIB des pays concernés en 2012 à 49 % en 2017 et devrait atteindre 57,6 % en 2023. La Chine fait fort, elle aussi : deuxième puissance économique mondiale, elle a vu son taux d’endettement passer, en 5 ans, de 34,3 % à 47,8 % de son PIB. Selon les prévisionnistes du FMI  il devrait atteindre 65,5 % à l’horizon 2023. A elle seule, la Chine représente 43% de l'augmentation de la dette mondiale depuis 2007.

Une progression inquiétante.

Cette progression générale de la dette publique inquiète le FMI dans la mesure où elle amoindrit les capacités des gouvernements à déployer des politiques budgétaires de soutien en cas de récession. Des capacités déjà très largement entamées par la crise de 2008, notamment dans les pays occidentaux. L’institution prévient : l’endettement mondial représente désormais un risque pour l'économie. « Le monde est désormais 12% plus endetté que lors du précédent record en 2009 », attribuant cette hausse à la Chine, et  ça va continuer, car les Etats-Unis ne sont pas en reste comme on l’a vu.

Les  apparences sont trompeuses.

« L'économie mondiale va très mal. La croissance se confirme, tout le monde en profite, mais ces bonnes nouvelles cachent une terrible réalité d'arrière-scène : tout cela ne marche que par endettement. Etats, entreprises, ménages se ruent sur les emprunts. Les taux sont à zéro, endettez-vous ! Endettez-vous ! Les chiffres qui viennent d'être publiés cette semaine sont déments. » dénonce Eric Le Boucher dans les Echos. Et  il précise : « Selon l'Institute of International Finance la France est le pays qui a le taux d'endettement des ménages le plus élevé d'Europe »,  ce qui n'est pas rassurant. Si les taux d'intérêt remontent, prévient Christine Lagarde, ce qui est en cours avec la normalisation des politiques monétaires des banques centrales, toute la montagne va trembler. Et si le cycle économique se retourne, comme c’est prévisible, les autorités seront privées de moyens pour faire face. En 2008, elles ont pu laisser filer les déficits et abaisser les taux, mais comme rien n'a été remis à sa place depuis, ces armes sont aujourd'hui sans munitions. Quant aux pays pauvres, beaucoup foncent vers le défaut de paiements. Une nouvelle crise pourrait donc provoquer dix fois plus de dégâts qu'il y a dix ans. D’autant plus que les conditions politiques qui avaient permis au G20 de « relancer ensemble » ne sont plus  d’actualité, et elles pourraient bien laisser place à la désunion. Mais la croissance continue de faire illusion et la fragilité du système ne cesse de croître. La crise financière a eu pour cause immédiate un excès général d'endettement. La manière dont les banques centrales ont dû affronter la crise systémique de 2008 d'une magnitude extrême a eu pour résultat de poursuivre la course à l'endettement.

Un système économique et monétaire déréglé.

La finance internationale est une galaxie noire qui échappe tellement au contrôle qu'on ne se sait même pas la mesurer vraiment. Une seule certitude : l'expansion de ladite galaxie.  Aujourd’hui, tout est financiarisé à commencer par la « raison d'être » des entreprises. Le système mis en place depuis 1970 est intrinsèquement instable : la spéculation va de bulle en bulle et l'économie de crise en crise. Pour éviter leur éclatement, Alan Greenspan a  acheté massivement des actifs. C'était reculer pour mieux sauter. Le ratio dette/PIB s'est élevé partout mais sans traduction dans l'investissement qui, au contraire, se rétracte et manque pour reconstruire des fondements solides pour la croissance. Le dollar domine de façon extravagante cette finance globalisée  avec 87 % des marchés de change, 61 % des réserves, 57 % des prêts bancaires ; ses acteurs qui  gèrent 55 % des actifs font la loi, et il reste le refuge ultime de sécurité, alors que l'économie américaine ne représente plus que 23 % du PIB mondial et 12 % du commerce international. Cherchez l’erreur ! La bonne solution serait de redéfinir le cadre institutionnel d'une coopération monétaire internationale, explique Eric Le Boucher : «  Cela nous ramène au FMI, à qui il faut redonner un rôle majeur et pas seulement de surveillance. On le devine, Donald Trump s'y opposera. »

Les Etats invités à prendre des mesures.

Fort logiquement, il faut serrer les boulons tant que la croissance est là, exhorte Christine Lagarde qui détaille les actions à mener : de la rigueur pour les Etats, les firmes et les banques ; des mesures pour éviter la flambée des prix de l'immobilier qui est générale dans les métropoles ; des amortisseurs pour tenter d'amoindrir les mouvements violents de capitaux qui affecteront les pays les plus vulnérables… Mais rien ne se passe vraiment dans ce sens, la bombe à retardement pourrait bientôt exploser et l'orchestre du Titanic continue de jouer.

Comme dit  l’autre, « on n’est pas  sorti de l’auberge ».  Mais pour l’épargnant moyen, que faire  pour se mettre à l’abri ? En attendant, la France devait mettre la croissance à profit pour s’attaquer à la réduire au lieu de laisser filer.

 


UN AN APRES, LA DROITE …

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On ne va pas se cacher la vérité : la droite n’est pas encore au mieux.

Comment pourrait-il en être autrement après une année 2017 catastrophique : défaite à la présidentielle avec  son candidat  absent du 2ème tour pour la première fois depuis le début de  la Vème République suivie d’une semi-déroute aux élections législatives, puis « balkanisation » de ses composantes, une partie du centre ayant décidé de voler de ses propres ailes. Le parti majoritaire à droite,  « Les Républicains » n’a pas été anéanti mais est sorti de l’épreuve considérablement affaibli. Et l'actualité ne lui permet d'être perçue comme il faudrait par l'opinion publique.

Macron lui tire le tapis sous les pieds.

Le parti "Les Républicains" se  trouve confronté à la politique menée par Macron, ce qui le met en difficulté pour s'exprimer : il est difficile de s’opposer frontalement à des réformes comme celle du code du travail, de  l’ouverture de la  SNCF à la concurrence ou du statut des cheminots. Expliquer à l’opinion publique qu’elles ne vont pas assez loin, c’est faire appel à des subtilités que celle-ci n’entendra pas, surtout que les médias n’aideront pas. De plus la flat tax à 30% sur les revenus du capital et le retour du bon sens à  l’école sont des mesures avec lesquelles on ne peut être que d’accord. Enfin, la conjoncture veut que le pouvoir affronte une opposition virulente de la gauche dure à laquelle il se doit de résister, ce qui contribue à le « droitiser » alors qu’on assiste simplement à un épisode de l’affrontement séculaire entre  les  marxo et les démocrates socialistes. Le Président s’en réjouit. Non seulement il s’est débarrassé du Parti socialiste et rêve de Mélenchon comme seul opposant, mais il s’est doté de ministres issus de la droite,  afin de mettre tout en œuvre pour tenter de dynamiter le noyau dur qui résiste, notamment avec "Les Républicains".  Du coup son discours  fait pour séduire une grande partie de la droite modérée est plus facile à tenir et beaucoup s’y laissent prendre. Pourtant les ficelles sont grosses. 

La droite a des angles d’attaque.

Sa politique offre néanmoins des aspects plus critiquables que l’opposition de droite peut exploiter : la lutte insuffisante contre le terrorisme, l’immigration qui explose, un penchant pour le  communautarisme de plus en plus visible, que l’expression « les deux mâles blancs » illustre assez bien, sont des thèmes qu’il ne faut pas laisser qu’au FN. L’autorité de l’Etat, l’augmentation des impôts et l’imbroglio de l’abandon de la taxe d’habitation, la hausse des dépenses et le sujet de la dette, donnent du grain à moudre d’autant plus que le rapport de la Cour des Comptes en apporte la preuve. Les propositions avancées par Laurent Wauquiez s’avèrent en phase avec une large partie de l’électorat de la droite et du centre, elles finiront bien par produire leur effet. On en a eu une petite idée, une nouvelle fois, avec son intervention plutôt bien reçue à la dernière « Emission politique ».

Le parti est convalescent.

Laurent Wauquiez a  récupéré un parti en lambeaux. Son élection bien que nette et sans bavures n’a pas plu à tout le monde.  Certains en ont profité pour se mettre en retrait. D’autres ont été tentés  par les sirènes du pouvoir en place,  mais,  effrayés par le caractère « jupitérien », hésitent à franchir complètement le Rubicon, sachant pertinemment que leur démarche relève du suicide. Et puis il y a ceux qui ont été élu à la tête de Régions avec l’apport des voix socialistes et qui entendent préserver leurs chances, tels Estrosi et Bertrand, croyant qu’en mettant leur drapeau dans leur poche, ce sera moins compliqué. A l’intérieur du parti, Valérie Pécresse entend jouer sa partition personnelle. Je  conteste sa thèse des "deux droites",  c'est une posture de  plus  !  Je pense néanmoins que la ligne de reconstruction qui a été choisie est la bonne : la situation a permis de faire émerger une nouvelle génération d’élus et de porte-paroles qui ont du tonus. Le parti est en train de se donner les  moyens de la reconquête. Paris ne s’est pas fait en un jour, il faudra de la patience. La nouvelle équipe a le devoir de réinventer un grand dessein pour notre pays, sans s’occuper des états d’âme des centristes, des « pudiques » et encore moins des extrêmes. L’élection l’année prochaine du parlement européen offre une occasion de présenter un projet dont tout le reste dépendra : la sécurité, la défense, la protection sociale, la réalisation de grands projets en phase avec notre siècle et que la France ne peut mener seule. Edouard Balladur donne des pistes réalistes  dans une tribune du Figaro dont on pourrait s’inspirer.  Et « en même temps » il faut songer à proposer les moyens de réduire les déficits et désendetter le pays.

Le clivage gauche-droite perdure.

Justement, une étude IPSOS-Cevipof montre que la fracture gauche-droite est persistante, n’en déplaise aux partisans du « nouveau monde ». Un électeur sur deux n’est pas du tout satisfait de la politique d’Emmanuel Macron et même si celui-ci s’est « droitisé » dans la  perception qu’en ont  les Français (51% le classent à droite), il se heurte toujours au clivage  gauche-droite sur le terrain des valeurs ce qui montre qu’il n’est pas en mesure d’occuper l’espace politique de la droite. C’est une bonne nouvelle pour « Les Républicains » : je  reste en effet convaincu que nous n’avons rien à gagner à échanger le débat gauche-droite contre un débat entre un centre flou, mais césarien, et les extrêmes. Deux visions responsables du monde qui s’affrontent valent mieux  que le risque « à l’italienne ». Et je suis persuadé aussi que le moment où  les  électeurs de  la droite et du centre  vont enfin découvrir la réalité du pouvoir macronien se rapproche : « en même temps » à ses limites, c’est une posture, pas  une politique ! La  droite est appelée à reprendre des couleurs.

La  droite a besoin  de  tous.  Rappelons toutefois à nos amis,  qu’il est important de réadhérer… « Les Républicains » : « What else ? »

 


LE MAIRE, MAITRE « ES POUDRE DE PERLINPINPIN » !

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Ah la  belle affaire !

Pour la première fois depuis dix ans, le déficit budgétaire, ce marqueur incontournable  de la dérive des comptes publics, est descendu en-dessous des 3% par rapport au PIB. Bruno Le  Maire affiche sa  satisfaction : les finances de la France vont bien. Sauf que la  situation est loin d’être bonne. Car si le déficit public s’améliore, tous les autres indicateurs de notre tableau de bord sont mauvais. La dette a continué à s’alourdir et c’était inévitable puisque nous sommes toujours en déficit. Certes l’année 2017 s’est terminée sur une amélioration du déficit d’un petit milliard et des poussières par rapport à 2016,  grâce à la croissance plus forte que prévue, mais pour stabiliser la dette, il aurait fallu qu’elle fût de 25 milliards (dixit la Cour des comptes).

La course folle des dépenses.

Plus grave, En un an, 10 milliards de dépenses supplémentaires : l’Etat a dépensé 10,6 milliards d’euros de plus en 2017 (326,8 milliards) qu’en 2016 (316,2 milliards). Il a aussi dépensé 4,3 milliards d’euros de plus que ce qui était prévu dans la loi de finances. La faute à un budget insincère précise Didier  Migaud. « Les dépenses totales sont en très forte hausse », constate-t-il encore. Les dépenses publiques sont donc en net rebond : elles auront augmenté 2 fois plus vite en 2017 que l’année précédente ! Et ce n’est pas que sous Hollande. Macron a pris le relais. Les dépenses de fonctionnement, pour l’essentiel les salaires de la fonction publique, auront progressé 3 fois plus vite qu’en 2016. Et si le déficit s’est effectivement quelque peu réduit, c’est parce que la croissance a fait rentrer davantage d’impôts, notamment la TVA et l’Impôt sur les sociétés, portant le niveau des prélèvements obligatoires à un niveau incandescent comme on sait : 45,4% de toute la richesse créée par les Français sont prélevés par la puissance publique. Record historique, on se tue à le répéter !

Un piège redoutable.

C’est le piège dans lequel Emmanuel Macron risque de sombrer : sans baisse des dépenses, pas de baisse des impôts. Et il sera impossible alors pour l’économie française de se libérer.  D’autant plus que Mario Draghi le confirme, la   croissance européenne ralentit et le retournement de conjoncture sur les taux se confirme. Autrement dit,  c’est l’échec des réformes assuré. Car la croissance qui a été plus dynamique que prévu l’an dernier agit comme  un trompe l’œil.  Elle a permis d’améliorer la situation des finances publiques,  mais cela  ne tient qu’à des éléments ponctuels.  En réalité la  maîtrise des dépenses n’est qu’une illusion,  il n’y a aucun effort structurel.  De fait,  réduire  la  dette à moyen terme est improbable. Ce n’est pas parce que la France sort de « la procédure de déficit excessif » que nous devons nous affranchir des règles européennes : elle devrait réduire de 0,5 point en moyenne chaque année son déficit structurel (celui qui ne tient pas compte des effets de la conjoncture), or  ce n’est pas  ce que prévoit le  programme pluriannuel  transmis à Bruxelles.

Et le  chômage s’en mêle.

Preuve que notre économie ne va pas si bien que ça, le taux de chômage tel qu’il est calculé selon les normes du Bureau international du travail (BIT), a rebondi de 0,3 point au premier trimestre en France métropolitaine, une hausse qui touche principalement les femmes, pour s’établir à 8,9% de la population active, selon les données provisoires publiées mercredi 23 mai par l’Insee. En incluant les départements d’outre-mer (hors Mayotte), il s’inscrit à 9,2%, en hausse de 0,2 point par rapport à sa marque de fin décembre. Mais l’Insee l’anticipait de moindre ampleur, tablant, dans ses dernières prévisions publiées en mars, sur un taux de chômage national revenant à 9,0% au premier trimestre. Le rebond du premier trimestre intervient alors que l’Insee a annoncé la semaine passée que l’emploi salarié avait progressé de 0,3% au premier trimestre dans le secteur privé en France, avec la création nette de 57 900 postes sur la période. Ces chiffres peuvent paraître contradictoires, ils marquent surtout une certaine stagnation. Et comme la remontée des taux est maintenant entamée, les  marges de manœuvre du gouvernement vont s’étioler. Il  pourrait bien avoir mangé son pain blanc. Mais il n’y a rien d’étonnant à tout cela : j’ai toujours dit que l’économie administrée ne savait pas produire d’autres résultats que ceux-là depuis près de 40 ans maintenant ! Tant qu’on n’en sortira pas  …

Il faudra beaucoup d’imagination à Le Maire et Darmanin pour nous faire croire « aux lendemains qui chantent » !

 


NULS EN ECONOMIE !

économie pour les nuls

 

Je me demandais comment les thèses marxistes sur lesquelles repose le discours de Mélenchon pouvaient séduire autant de Français. Car si le personnage a un carisme certain, ce qu’il raconte a fait, partout où ça a été appliqué, plus que la preuve de l’inefficacité. Il suffit de regarder comment le Vénézuela a été précipité dans l’extrême pauvreté en quelques années. Dans notre pays, tout ce qui n’est pas marxisant est libéral ou ultra-libéral. M. Martinez vilipendait encore aujourd’hui la  politique « libérale » de M.  Macron, faite pour les riches. Des raccourcis simplistes qui peuvent recueillir un écho dans la population. La réponse est simple : les Français sont nuls en économie, ce qui les rend vulnérable aux pires thèses populistes d’extrême-gauche comme d’extrême-droite. Facteur aggravant : nos élites, et en particulier les énarques, sont touchées par le phénomène.

Ce constat ressort dans une étude édifiante publiée dans l’hebdomadaire Le Point.

Qu’on en juge : 63% des Français n’auraient aucune idée de l’ordre de grandeur du PIB de notre pays, 73% ignorent combien coûte au total à son employeur un salarié payé au SMIC, 38% estiment que la situation de notre commerce extérieur est bonne ou très bonne… Et si la culture économique des Français est aussi limitée, cela tient en grande partie à la façon dont cette matière est enseignée dans le secondaire ainsi que dans les grandes écoles qui forment les hauts fonctionnaires, comme l’ENA ; mais aussi à l’inculture générale de ceux qui commentent l’économie, excepté quelques journalistes spécialisés, et qui transmettent des idées erronées ou des interprétations orientées des faits. Car non seulement les rouages et les mécanismes basiques de l’économie sont mal enseignés au profit des sciences sociales, ainsi la notion de compétitivité échappe complètement à nos étudiants, mais  en plus on les fait raisonner à partir de Keynes, Marx ou Durkheim en ignorant presque totalement la pensée libérale. Quand on sait que Nathalie Arthaud, leader de Lutte ouvrière, est prof d’économie, on peut avoir une petite idée du discours qui est tenu sur les entreprises et les patrons : la légende noire de la révolution industrielle qui réduit le patron à un exploiteur ou un esclavagiste a la vie dure. C’est pourquoi s’est développée en France une méfiance fondamentale envers l’économie de marché, réduite à un système d’exploitation de l’homme par l’homme et cette méfiance nourrit le désintérêt pour son fonctionnement. Or, on admet généralement qu’il faut que la moyenne des gens ait un minimum de culture économique pour qu’une économie soit tournée vers l’innovation.

Il est donc urgent de revoir l’enseignement de l’économie.

Une réflexion sur les programmes est justement en cours. Un groupe d’expert dirigé par l’économiste Philippe Aghion, proche d’Emmanuel Macron, a été chargé de faire des propositions. On ne sera pas rassuré pour autant sur la désintoxication à entreprendre des thèses keynésiennes qui sont à l’origine de l’économie administrée par l’Etat, qui paralyse tant la production de richesse dans notre pays. Il faudrait imposer l’étude des fondamentaux : ce qu’est une économie de marché, un prix, un monopole, la concurrence, une courbe d’offre et une courbe de demande… et revoir le contenu des manuels qui devraient d’abord contenir les bases du raisonnement en économie et non noyer les élèves dans les documents et les données qu’ils ne retiennent pas.

Et faire une place à l’étude du libéralisme en économie !

Car, en France, dès qu’on veut alléger les contraintes qui pèsent sur les entreprises, on brandit volontiers le spectre de « l’ultra-libéralisme », sans même savoir ce qu’est le libéralisme de base. Sans compter qu’il existe toutes sortes de libéralismes, le pur et dur n’existant qu’en théorie et n’étant appliqué nulle part, même aux Etats-Unis, et qui nous offrent toutes les nuances plus ou moins sociales au gré du curseur des interventions de l’Etat. Cela mériterait un détour, non ? Car ce qui est certain, c’est que l’économie administrée à laquelle on est arrivé en France musèle considérablement la capacité de production de richesse. Sans compter que le poids de la sphère publique a fini par anéantir toutes les marges de manœuvre. Sans apurement de la dépense publique et désendettement, notre pays ne pourra que continuer à s’enfoncer. Trop de gens pensent, par exemple, que notre dette de 2 200 milliards d’euros est une plaisanterie et qu’il n’y a pas besoin de la rembourser ! J’espère simplement pour eux qu’ils n’ont pas d’assurance-vie. Ce dont ils n’ont pas conscience, par contre, c’est que du même coup, ils mettent notre démocratie « libérale » en danger. Il suffit de regarder où en est arrivée la démocratie italienne. Le même sort pourrait bien nous être réservé.

 


HULOT, UN EGARE AU GOUVERNEMENT

HULOT

 

Macron en a fait un ministre d’Etat. Une qualification qui place le Ministre de l’Ecologie dans les premiers rangs par importance. Mais voilà, on ne se refait pas. Pour moi, un écolo, c’est d’abord un irresponsable, au moins en France. Alors, l’exercice des responsabilités, c’est compliqué… d’où l’Etat qui devient « états d’âme ». Nicolas Hulot partira-t-il au milieu de l’été ? C’est possible, tant il parait qu’il étouffe au gouvernement. Le président n’aura peut-être pas envie de renouveler la calinothérapie dont il a fait preuve jusqu’à maintenant. S’il s’avère qu’Hulot ne lui est plus utile, son sort sera scellé.

Hulot avait prévenu qu’il se donnait « un an » pour juger de son efficacité, en précisant qu’il attendait l’été pour avoir suffisamment de recul afin d’avoir « un moment de vérité » avec le couple exécutif: « On fera le point, on tracera les perspectives et on prendra ensemble des décisions sur l’avenir, sur les prochaines étapes ». Mais d’ores et déjà, il se sent capable de partir. Nous on aimerait bien, parce que son écologie punitive qui tape au portefeuille le citoyen contribuable, on en a plus qu’assez. Je me passerai bien de penser à lui chaque fois que je fais le plein d’essence.

C’est qu’entre l’idéal écolo et la réalité, il y a des couleuvres énormes à avaler : le glyphosate, les centrales nucléaires et maintenant l’huile de palme … Certes, il a quelques nuisances à son actif : la fermeture de Fessenheim, l’abandon de Notre-Dame des Landes, et d’autres mesures plus utiles comme sur les pesticides, mais il préfère mettre l’accent sur ce qu’il n’a pas fait. On le comprend, sa conception de l’écologie la rend impossible à mettre en œuvre s’il faut tenir compte des enjeux défendus par les autres ministres, de l’agriculture ou des transports … La politique n’est que l’art du possible et nécessite des compromis que les ayathollahs verts ont du mal à admettre. Alors il ne reste plus qu’à gémir : il vient chez Jean-Jacques Bourdin la mine insatisfaite, envisage de partir et montre ses doutes. il met l'accent sur ce qu'il n'a pas fait et n’a pas envie de défendre son bilan, tant il se sent ligoté. Pour lui qui rêve d’une transformation sociétale, le chemin parcouru parait dérisoire.

Ministre d’Etat, il est plutôt ministre des états d’âme. Hulot est un tragique. Il confond allègrement fonction ministérielle et production de télévision. La charge de la Transition écologique et solidaire nécessiterait d’être portée collectivement, il en fait une œuvre solitaire enchaînant ses hauts et ses bas comme naguère les séquences émotion et frisson. Se rend-il compte qu’en fait il n’est qu’une prise de guerre du macronisme, devenant une icône otage d’un pouvoir très vertical et probablement aussi vert que peuvent l’être les technocrates de Bercy. Populaire, il devait faire de l’effet, il fait dans l’affect.

Et effectivement, le poids lourd du gouvernement qu’il devrait être traîne plus sa langueur qu’il ne porte son action. Il se montre peu, se déplace rarement et parle encore moins : il a été quasiment aphone sur la SNCF, sur les états généraux de l’alimentation ou sur Air France. Et quand il s’exprime, c’est pour évoquer à demi-mot sa démission… ou au contraire pour l’écarter. On comprend que le Président ait quelques égards pour cette personnalité tourmentée, aimée des Français, qui a accepté de venir dans son gouvernement après avoir refusé plusieurs fois à d’autres.  Mais le chantage permanent finit par être lassant. Combien de temps écoutera-t-il encore les pressions maladroites de son ministre ? Car ce blues surexposé risque de finir par miner la cohésion du gouvernement, par ruiner l’avantage qu’offre cette diva médiatique qui se révèle finalement si peu adaptée aux mœurs politiques. Et lasser une opinion qui n’a rien à faire des humeurs ministérielles. Ceux qui voyaient en Nicolas Hulot un Sisyphe de l’écologie, un héros de la « transformation sociétale », de « l’intelligence collective » découvrent un Narcisse impuissant.

Nicolas Hulot, un égaré au gouvernement. Ministre ou militant, ça n’est pas la même chose, il faut choisir !

 


MILAN ET LA TOURNEE DES LACS

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Deux semaines de coupure de la vie politique, ça fait du bien, surtout quand on est en partie coupé du  tumulte événementiel quotidien. Ainsi, vue d’Italie, la commémoration de la  première année du quinquennat est apparue bien lointaine et pour tout dire anecdotique, et de la même façon, la mollesse de  la réaction du gouvernement face au nouvel  attentat terroriste  nous est apparue encore  plus surréaliste.

Sous un ciel  parfois capricieux, nous avons  donc profité pleinement des  splendeurs que le  Nord de la botte recèle à  profusion. Nous n’avons pas pu tout voir, il a bien fallu faire des choix.  Notre   périple nous a menés de  Milan à Vérone et  Bergame, des rives du Lac de  Garde,  le lumineux, à celles du ténébreux lac de Côme aux orages tonitruants pour finir par  le  majestueux lac Majeur,  et ses  pépites que sont les  îles Borromées.

Nous nous contenterons de quelques  ponts de repères.

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A  Milan,
l’incontournable,  c’est le Duomo : façade inouïe, intérieur fascinant et montée sur les terrasses  malheureusement sous la  pluie,  après avoir fait la  queue longuement sou le soleil pour entrer dans la cathédrale,  de quoi rager. Il  faut dire que les mesures de sécurité sont ici drastiques et le filtrage avec fouille consciencieuse exécuté par l’armée ! Avec  la visite du musée, nous y aurons consacré  pratiquement une journée. Je citerai encore  la  pinacothèque Ambrosiana où nous passerons  bien deux heures et demie à contempler les œuvres multiples qu’elle recèle, dont un Léonard de Vinci parfaitement mis en exergue, et les extraits de son codex. Notre coup de cœur milanais sera  pour  la  modeste église des Bénédictines San Maurizio pour les fresques qui la  recouvrent intégralement et qui sont d’une beauté époustouflante. Enfin, je ne peux  pas ne pas évoquer le  « Spritz » au Campari pris évidemment à la « Camparinade » de la grandiose galerie Victor  Emmanuel II, une manière de goûter à l’ambiance des lieux.

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Nous avons pris  la route ensuite pour le Lac de Garde
qui nous réservera un temps bien  plus clément. Notamment pour la visite de Vérone.  Ah Vérone ! C’est bien sûr Juliette et son  balcon, mais aussi une ville à l’ambiance très particulière, restée dans son jus, à la fois élégante et familière. On est frappé par la beauté des lieux dans ce qu’ils expriment encore aujourd’hui un art de vivre. Il  ne manque que la rumeur d’une foule qui se presserait dans les arènes. Du lac de Garde on retiendra la halte à la  pointe San Vigilio, pour un café pris au ras de l’eau dans un cadre  quelque peu romantique, la traversée en ferry jusqu’à Gardone Riviera pour visiter l’excentrique jardin de la villa  « Vittoriale » de Gabrielle d’Annunzio  dont  l’exploit est  d’avoir implanté un bateau de guerre  intégré dans le dédale des terrasses et d’une végétation foisonnante. On ne peut évoquer le lac de  Garde sans un détour  par Sirmione,  cette presqu’île qui le pénètre comme une sorte de poignard.  Beaucoup de touristes en ce dimanche, mais la petite ville fortifiée vaut le détour. C’est aussi la  région du Bardolino et des excellents vins de Valpoliccella…

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Notre séjour se poursuit sur les bords du Lac de Côme.
Nous avons opté pour un  logement sur  la rive  est de la jambe  droite du lac, à un quart d’heure de Côme et quelques vint cinq minutes de  Bellagio. En face de nous, c’est Laglio où se trouve la villa plutôt discète de Georges (What  else ?) et  celle plus imposante  de Zlatan Ibrahimovitch… enfin,  d’après notre hôtesse. La visite de Côme s’impose, là encore avec l’inévitable duomo  et la basilique Sant’Abondio, chef d’oeuvre de l’architecture lombarde, qui sort  de  l’ordinaire. A Bellagio, nous avons l’impression que les Français se sont donné rendez-vous, tant ils sont nombreux. Ce charmant village aux ruelles  tout en pentes a gardé son charme malgré l’afflux des touristes attirés par sa situation privilégiée au cœur du lac.  Nous passons en face et privilégions la visite des jardins de la villa « Carlotta » : tout simplement magnifiques ! Un seul regret, nous sommes quinze jours trop tard, car la floraison des azalées et des rhododendrons est presque terminée.

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Le final est pour le Lac Majeur.
Et nous avons bien fait. C’est le point d’orgue de notre voyage. L’appartement nous offre une pleine vue sur le lac et les Alpes qui le bordent au fond, avec leur toit enneigé. Stresa, offre le spectacle de ses grands hôtels prestigieux, de sa promenade aux accents méditerranéens, de ses  ruelles animées. Nous consacrons une journée aux îles Borromées, c’est  incontournable et nous ne regretterons pas. Entre les extravagances du palais d’Isola Bella avec ses salles  débordantes de dorures et de sculptures,  ses grottes et ses terrasses, la  pittoresque île des pêcheurs qui a su garder son identité bien que colonisée par  les restaurants à touristes, et le jardin embaumé par  les  citronniers de  « l’isola Madre »,  nous n’aurons pas assez de cinq sens pour parer à   une offre aussi diversifiée.

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Voilà un aperçu de ce qui nous a occupés  pendant ces deux semaines. Je passe sur les spaghettis à toutes les sauces, toujours  parfaitement cuisinés et dont  je raffole, les vins excellents, notamment un  blanc Lugana au bouquet floral exceptionnel et un rosé lumineux de la Ca dei Frari… la gentillesse des italiens. Nous revenons avec  la conviction renforcée que l’Europe, notre Europe, a une identité qui transpire en Italie dans ce florilège culturel que notre pays partage grandement. Et pas loin de 900 photos...

A  bientôt, pour des sujets plus … politiques !

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