LES REPUBLICAINS SE RECONSTRUISENT AU CENTRE DROIT !
LE BLOC-NOTES REVIENDRA MERCREDI

MONSIEUR L’INSTITUTEUR…

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Pour son intervention télévisée à Berd’huis, dans l’Orne, Emmanuel Macron, qui a choisi de s’exprimer dans une salle de classe, s’est conduit en pédagogue de la IVème république : péremptoire !  Un procédé  un peu vieillot qui consiste à asséner ce qu’on veut être des vérités, la  pédagogie du « dire » que les élèves devaient prendre pour argent comptant. Sauf qu’avec Macron, derrière les mots, il y a une réalité qui ne colle pas. Et les Français ne sont pas des élèves.

Du pur Macron en 3 D : Disruption, Diversion, Duplicité 

L’originalité de l’émission, le choix de la ruralité, le rapprochement (fictif) avec la population d’un village : il s’agissait évidemment d’investir, visuellement au moins, le territoire dont les « Républicains » ont fait leur cheval de bataille. Voilà pour la  disruption. Cela ne suffira pas évidemment à effacer le mécontentement qui touche trop de catégories pour que, comme par enchantement, celui-ci disparaisse. Il  s’agit surtout de continuer à saper le travail de l’opposition de droite en créant le doute, déjà bien présent, dans ses électeurs. Il ne suffit pas de monter sur une table pour élever le débat, de même, il ne suffit pas de s’installer dans une classe rurale pour prouver qu’on s’intéresse à  la France périphérique. Son discours à la fois simple et fluide, la force des convictions qu’il étale, la cohérence qu’il tente de donner à son programme, alors qu’on a du mal à suivre sa pensée « complexe » et à le comprendre, peuvent faire illusion sur le moment. Il sait que l’autorité, la fermeté plaisent à droite. Au  moins donnons-en l’apparence. Voilà pour la diversion. C’est sur les sacrifices qu’il demande aux uns et aux autres, et en particulier aux retraités, qu’il fonde le retour aux équilibres fondamentaux. Le remerciement qu’il leur adresse est cynique et sonne faux. Mais il y a deux façons de lutter contre l’injustice : en laminant tout ce qui dépasse pour ramener les plus favorisés vers la moyenne ou en offrant à tous, et pas seulement aux moins favorisés, plus de chances d’améliorer leur situation. La première démarche est socialiste, elle fait des dégâts en France. C’est surtout celle-là qu’on voit à l’œuvre. La seconde est sociale-libérale, c’est celle-là qu’il tente de nous vendre en l’habillant du prétexte des réalités inéluctables, d’un bouleversement nécessaire des habitudes fiscales, morales et civiques et de gestes ciblés qui cachent l’essentiel : ce sont toujours les mêmes qui en pâtissent, les classes moyennes. Voilà pour la duplicité.

Les électeurs de droite ciblés

Son dessein en 3D, le président le poursuit dans le détail : s’il vient à la rencontre de la France périphérique, ce n’est pas pour annoncer qu’il cèderait aux protestations des Français, surtout quand elles viennent de l’extrême gauche, ce qui l’arrange bien. Non, il tient bon ! Sur l’évacuation de Notre-Dame-des-Landes, acte d’autorité tardif pour faire oublier le déni de démocratie, sorte de victoire à la Pyrrhus ; sur la réforme de la SNCF qu’il fera malgré ses conséquences sur les voyageurs et sur l’économie du pays, mais probablement sans aller jusqu’au bout en réglant les deux problèmes de la dette et des retraites. Celle-ci, n’importe quel gouvernement y aurait été contraint en raison de  l’ouverture à la concurrence en janvier 2019, ce qui relativise son courage ; sur la hausse de la CSG qui sera, c’est juré-craché, compensée à terme par la suppression de la taxe d’habitation pour tous, mais on sait déjà qu’une tranche (aisée) n’y aura pas droit. Une réforme injuste et inepte de toute façon préparant à une France uniforme ; et pour couronner le tout, et faire montre de détermination majeure, on n’est pas Jupiter pour rien, sur la « frappe » qui doit punir le dictateur syrien : là on attendra de voir s’il ne s’agit pas d’une rodomontade. On n’est pas surpris par la fermeté affichée : c’était le but de l’exercice. Mais peut-on croire  à une lutte implacable contre le terrorisme islamique quand on sait que la loi n’en donne pas les moyens et qu’on se contente de fermer  trois mosquées salafistes sur 140.  Peut-on croire à la concession de revenir en arrière dans deux ans sur le 80 km/h, très impopulaire (vous avez essayé de rouler à cette vitesse en 5ème ?), quand on sait que changer tous les panneaux coûte  300  millions d’euros ?  « Je fais tout avec méthode », certes, y compris la disruption, la diversion et la duplicité.

« Jusqu’au bout »... de quoi ?

A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. Le Président peut afficher sa fermeté, car il a en face de lui des mouvements gauchistes minoritaires ultra-politisés qui n’ont pas  le soutien de la majorité ou des corporatistes dont les privilèges heurtent la majorité des Français. Combattre toutes ces formes de désordre ne lui fait courir aucun risque. Il ne fait aucun doute qu’une majorité existe contre l’occupation des facultés par des étudiants, contre la ZAD, contre la grève perlée de la SNCF. Cette fermeté  met quand même mal à l’aise une partie de ses soutiens de LREM, comme Mathieu Orphelin qui demande une trêve pour les zadistes, car ils sont majoritairement issus de la gauche (ancienne). Cela  n’empêche pas une autre majorité de s’estimer injustement taxée, à qui on parle de croissance sans qu’elle en bénéficie. Il a aussi oublié d’évoquer ce qui dérange, notamment le malaise avec les représentants des collectivités, maires, départements, régions, et quand il décide  que l’intéressement dont bénéficient les salariés des PME-TPE sera défiscalisé, c’est pour faire passer la pilule de l’impôt  prélevé à la source que ces entreprises sont réticentes à collecter.

Dimanche, il s’exprimera de nouveau à la télévision. Si son action était si fondée, il ne serait pas obligé de consacrer autant de temps à se justifier.

Mais voilà, l’enfumage ne marche qu’un temps. Nous allons faire souffler le vent d’une autre vérité pour qu’il se dissipe : celui des réalités que le verbe ne suffit pas à cacher.

Un exemple concret : M. Macron a tenu un discours de grande fermeté sur les occupants illégaux de la ZAD de ND des Landes qui doivent être délogés, et « en même temps » la préfète de Loire-Atlantique annonçait la fin des opérations  et la reprise  des « négociations »… ce qui est une vraie pantalonnade quand on connaît  la réalité ! Au déni de démocratie, l’Etat ajoute le déshonneur ! Discours de fermeté pour plaire à la droite, renoncement pour satisfaire sa gauche.

 

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