LE JOURNAL DE BORD DE VIRGINIE CALMELS
ON A LES GREVES, MAIS OU EST LA REFORME ?

CHEMINOTS : LE BRAS DE FER, 100 JOURS DURAILS POUR LE GOUVERNEMENT !

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Nous y voilà !  Retour  à 1995,  ça doit rappeler des souvenirs au sympathisant macroniste,  ci-devant Maire de Bordeaux. C’est le chaos, depuis ce matin, dans les transports. Les cheminots crient victoire et tentent de nous donner une idée de ce que peut produire une grève unitaire de longue durée à la SNCF.

Les syndicats ont de l’imagination.

Faire grève à moindre frais pour les grévistes, avec grand effets par  la désorganisation ! Pourtant, le mouvement qui à l’origine devait être « perlé », ne  sera même peut-être pas  « en pointillé » puisque Sud-Rail, qui tient une grande partie des aiguillages de la région Ile-de-France, a appelé à une grève illimitée. La population, prise en otage comme d’habitude, va devoir prendre son mal en patience, patience qu’elle aura épuisé bien avant le terme des trois mois de conflit prévus par les cheminots. Eux-mêmes vont consentir des sacrifices dont ils ressentiront les effets salariaux à la fin du mois, mais a minima. Le concept qu’ils ont inventé de grève-marathon est novateur, mais il se traduit inévitablement par un acte d’hostilité envers les clients avant de produire le résultat recherché, c’est-à-dire l’affaiblissement du gouvernement et sa reddition en rase campagne. Nous en sommes tous à comparer la situation actuelle à celle de 1995, qui s’est traduite par une sorte de triomphe syndical. La  comparaison ne vaut guère, pourtant. Vingt-trois années se sont écoulées et le contexte social n’est plus le même. Il n’est déjà pas simple de se rendre en train au travail, il devient inexcusable d’en faire une torture, d’autant plus qu’on finit par se demander ce que la réforme va changer dans la vie  des cheminots, tant la ministre des transports a lâché de lest. Une preuve qu’elle n’est pas bornée (ouaf !)

Impossible d’abandonner la réforme.

Les sondages d’opinion qui montrent une division en deux parties à peu près égales entre les Français  favorables à la grève et ceux qui ne le sont pas, n’offrent pas  un grand intérêt. Il faut  savoir que n’importe quel gouvernement aurait été confronté  à la nécessité de cette réforme d’un statut devenu impossible du fait même de l’instauration de la  concurrence dès 2019. On est au bout du délai. Nous n’en sommes qu’au début d’une guéguerre de cent jours et personne ne peut dire ce qui se passera en cours de route. L’opinion reprochera sans doute au gouvernement de s’être aventuré un  peu hâtivement et maladroitement dans une réforme que les syndicats présentent comme brutale, ce qui n’est pas vrai,  d’avoir pris le risque de plonger le monde du travail dans une crise qui peut devenir insupportable, et l’économie dans le marasme, ce qui est prévisible. C’est là qu’il faut être ferme. Le gouvernement en est-il capable ? On finira bien par comprendre qui est vraiment responsable du chaos, du gouvernement ou des cheminots. Il faut  donc exiger la fin du mouvement sans demander pour autant l’abandon de la réforme.

Le gouvernement y laissera des plumes.

Car  cette réforme semble trop improvisée et pécher  par son impréparation,  ce que l’opposition aura raison de dénoncer. Le président et le Premier ministre ont été surpris par l’invention de la « grève en pointillé ». De  son  côté, le président de la SNCF, Guillaume Pépy, a annoncé qu’il n’y aurait pratiquement pas de trains aujourd’hui et demain, sans préjuger de la suite, preuve qu’il n’est pas  maître du jeu. Eux tous ne se sont pas assez méfiés d’un Martinez qui joue son va-tout, le dos  au mur. Il a des  élections à la fin de l’année et il ne peut laisser passer les syndicats réformistes devant la CGT. Il appartenait au gouvernement de prévoir que, cette fois, ses décisions ne passeraient pas comme une lettre à la poste et celui-ci est donc responsable aussi des multiples inconvénients infligés aux Français qui vont au  boulot. Si la situation se prolongeait, il est possible que la colère populaire gagne d’autres secteurs d’activité et se transforme en franche explication avec le pouvoir. Les  camionneurs,  par exemple, pourraient se réveiller si l’Etat ressort le vieux serpent mer d’une taxe sur leur dos pour financer le ferroviaire. C’est là que l’opposition aura son mot  à dire !

 

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