WAUQUIEZ : LA PASSE DE TROIS !
LE JOURNAL DE BORD DE VIRGINIE CALMELS

PETITE CHRONIQUE DE TRAHISONS PROGRAMMEES…

Jean-Pierre Raffarin et Alain Juppé

 

Ils n’en finissent pas de prendre leurs distances, en attendant… on ne sait quoi. La  cible  c’est Laurent Wauquiez et ses positions soi-disant droitières et surtout son supposé souverainisme sur l’Europe. Pourtant, émissions télé et articles de presse ont mis les choses au clair. Ce ne sont que des procès d’intention. Des prétextes quoi ! Pour rejoindre Macron le moment venu, et si possible à une date cruciale qui  fasse bien le buzz  pour nuire aux Républicains. C’est comme  ça  que je vois  les choses : chacun ses procès. C’est une attente cousue de fil blanc ! Ils ne me feront pas croire que leur décision n’est  pas prise.

Le cas Juppé.

Sa "réserve" semble suivre un plan de com’ bien huilé. Etape par étape il se rapproche de Macron. Cela a commencé  par une  déclaration aussitôt suivie d’une rétractation sur les « convergences européennes » avec la vision du Président. Puis il a annoncé qu’il n’avait pas renouvelé sa cotisation à son parti en 2017, dont il est pourtant le fondateur. Enfin il a déclaré récemment se mettre en retrait de sa  propre fédération dont il était le président naturel. Seraient en cause un méli-mélo de raisons parmi lesquelles l’influence excessive supposée de Sens commun (risible), les positions droitières de Wauquiez et ses propositions trop souverainistes sur l’Europe. Bref, Alain Juppé  prépare sa mue macronienne. Il est chaperonné en cela par tout son ancien état-major passé chez Edouard Philippe, qu’il avait, parait-il, dissuadé de prendre le poste de PM, et dont il chante les louanges aujourd’hui. Je ne vois pas en quoi la politique social-démocrate qu’il mène peut convaincre le Maire de Bordeaux. Alors, comment expliquer ce virage ? Probablement par un mélange d’aigreur : il n’aurait pas digéré sa défaite à la primaire de la droite et encore moins le refus de Fillon de lui laisser la place quand il s’avérait que la droite allait « droit dans le mur ». A l’aigreur peut s’ajouter le souci de  garder la mairie en 2020 en imaginant que LREM pourrait encore tout balayer. Un pari risqué. L’histoire nous a appris que les élections intermédiaires sont rarement en faveur du pouvoir central. Il reste que ce comportement me déçoit fortement, moi qui ai toujours eu de l’affection, et même de l’admiration, pour lui. Allez, Alain, n’écoute pas les sirènes de Matignon, elles vont te perdre !

Adresse à mon ami Jean-Pierre.

Jean-Pierre Raffarin a mis le parti sous observation jusqu’à la fin 2018. Pour quelqu’un qui a dit se retirer de la vie politique, il reste très présent dans le paysage. On ne se refait pas : couper le cordon lui est impossible. La longue interview qu’il a donnée au journal « Les Echos » m’a néanmoins laissé pantois. Il y montre une fascination pour Macron qui m’étonne et me surprend, lui, d’habitude si réaliste. Je ne veux pas croire qu’il revit un « effet Giscard », dans « l’effet Macron » qu’il décrit, car ce serait un signe de sénilité. Macron est certes jeunes et semble remplir correctement la fonction présidentielle –après Hollande, c’est plutôt facile- mais je ne lui reconnais en rien le génie et la vision prospective de Giscard. Il accorde au Président un désir de réformer qui se résume pour l’instant à ouvrir toutes les portes, sans emprunter aucun couloir, sauf peut-être celui de la finance et des banques. Ces dernières sont bien les seules à profiter pleinement des réformes. C’est tout au plus un « président courants d’air », plus dans le discours que dans l’action.

Cher Jean-Pierre, tu voudrais qu’Emmanuel Macron réussisse, mais c’est un vœu pieux car à l’inverse de ce que tu souhaites, la France continue de perdre du temps sur l’essentiel, les déficits et la dette. Comme le dit Agnès Verdier-Molinié, « la France continue d’aller dans le mur,  mais plus doucement ». Tu ne mesures pas non plus l’effet dévastateur de la hausse de la CSG et en janvier 2019 celui du prélèvement à la source, sur le pouvoir d’achat des classes moyennes. Non, Macron ne mène pas une politique de centre droit. Ce sont les médias qui répercutent cet « élément de langage » dont tu te fais le relais. La politique économique menée par l’actuel exécutif est classiquement keynésienne : une relance financée par l’impôt et l’emprunt.  C’est au mieux, une politique de centre-gauche, social-démocrate, camouflée  par un discours volontairement droitier. Je ne retrouve pas, comme tu dis « le libéralisme économique et la volonté de modernisation de la société » qui animait Giscard, dans cette conduite des affaires qui fait la part toujours plus belle à l’économie administrée et aux lobbies bobos. Et quand tu cites l’action du Premier Ministre au sujet de N.D. des Landes, plus le temps passe et plus on s’aperçoit que c’est une reculade qui bat en brèche la vision d’aménagement du territoire qui animait Dominique Bussereau quand il avait signé la DUP en 2008. Sur l’Europe, je suis effrayé de voir que le procès fait à Wauquiez, qui reprend pourtant une grande part des idées exposées par Giscard dans « Europa », repose sur une vision fédéraliste qui ne change pas et c’est celle qui nous a fait perdre aux précédents scrutins et dont les Français ne veulent plus. Cette vision ne mérite pas la trahison que tu prépares. Pour le reste, c’est toujours beaucoup d’indulgence, même quand tu reconnais que Macron ne fait pas ce qu’il faut. Au lieu d’essayer de convaincre Macron d’infléchir son action, tu ferais mieux d’apporter ton expérience aux Républicains dans leur reconstruction. Alors j’ai envie de te crier : « Jean-Pierre, réveille-toi, Macron va échouer, et on a besoin de tout le monde dans le parti pour reprendre le flambeau le moment venu ! ». Il n’y a plus deux droites. La France a changé. Par contre, comme toujours, l’union fera la force !

Le bloc-notes rattrapé par l’actu.

Je ne pensais pas si bien dire dans ma note du 5 février : « La dette, cette bombe à retardement ». C’est venu plus vite que je ne le pensais. Les Bourses sont en train de connaître une correction logique, mais plusieurs variables indiquent que l'économie est en train de connaître le retournement de situation plus rapide qu'attendu. Les diverses notes de conjoncture montrent que les opérateurs redoutent l'apparition d'un cycle économique caractérisé par la hausse des taux et par la réapparition d'une inflation significative. Concernant l'Europe, le choc risque d'être rude car des liquidités américaines vont nécessairement quitter notre continent (rapatriement de 3 000 milliards de dollars voulu par Trump) d'autant plus nettement que les taux américains seront plus élevés – comparativement - que ceux de la zone euro. Du pain noir pour Macron au moment où son gouvernement souhaitait orienter l’épargne vers les marchés d’action. A bon entendeur !

 

Commentaires

Nano

Les carriéristes et les opportunistes - ensorcelés par Kaa - et surtout appâtés par un maroquin ministériel, se sont déjà ralliés et très vite ...
Il ne reste qu’à ces deux «  has been « ces deux anciens premiers ministres aigris à franchir le Rubicon ...
Eux qui n’ont pas réformé la France, et qui ont une grande responsabilité dans la situation du pays !
Qu’ils clarifient et qu’ils le fassent au plus vite plutôt que de ruminer leurs aigreurs !
Quand on se prétend toujours de la Droite et du centre, il est en effet non seulement scandaleux mais incohérent de se proclamer bienveillant avec le social-démocrate Macron et vigilant avec le libéral Wauquiez !!!
Qu’ils trahissent leur camp une fois pour toutes - et vite désormais - plutôt que de jeter le trouble dans les rangs d’une droite en ordre de bataille en distillant leurs petites phrases assassines et malveillantes ...
Pourquoi ?
Parce que Macron le social-démocrate de L'état providence ne désendettera pas la France d'un moindre point de PIB !!!
Qu’il continuera inéluctablement à augmenter la pression fiscale malgré et avec son jeu fourbe de bonneteau,
et qu’il ne réformera pas l’Etat en baissant significativement le nombre de fonctionnaires !
Au final, pour s’en tenir à la méthode douce, Macron ne réduira pas l’écart qui sépare la France de ses partenaires européens,
C’est le programme Fillon qu'il fallait administrer en potion à la France !

Daniel

Tout est dit!

Nano

Pour illustrer les trahisons programmées et le carriérisme de certains, prenons le cas de Béchu - l’arriviste vénal - qui va en bon affidé chercher sa récompense en mangeant dans la main de Macron :

https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/angers-49000/angers-un-nouveau-siege-pour-le-maire-christophe-bechu-5580353

A noter accessoirement que la fonction, est dotée d'une indemnité annuelle fixée à 42 000 € par an

"Un politicard c'est comme un cochon 🐷 ça grogne mais ça mange ce qu'on lui donne "

Citation de l’empereur Napoléon III

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