WAUQUIEZ REUSSIRA SI…
LA SURINFORMATION CONDUIT A L’IGNORANCE

« VOUS N’Y PENSEZ PAS, MONSIEUR LE MINISTRE ! »

Archibald en colère

 

Cette phrase combien de Ministres de nos gouvernements divers et variés, qui avaient une idée  novatrice en tête, l’ont entendue de  leurs conseillers ou de leur directeur de cabinet…

Le joug des technocrates.

Depuis bien longtemps, notre pays vit sous le  joug de ces technocrates, généralement issus de l’ENA, et formatés à souhait.  « Confiez l’administration du  Sahara à un énarque  et  il ne mettra pas un an à y importer du sable, argumentaire à l’appui » plaisantait-on déjà sous Giscard. Depuis le mal  ne s’est guère arrangé. L’énarchie sévit partout, dans tous les  Ministères, particulièrement à Bercy, et jusqu’à la  Cours des Comptes où l’on toise ceux qui ne sont pas issus de la grande école,  car ils ne sont pas « de sang pur ». La  France est une démocratie. On peut disserter sur l’équilibre des pouvoirs à l’infini,  mais on n’évoque jamais celui, très occulte mais très réel, des  hauts  fonctionnaires, qui font la loi, et fournissent les  bonnes questions et les réponses qui vont bien aux parlementaires  de la  majorité. Au fil du temps,  la  France  est devenue une « technocrature » de gauche, c’est-à-dire une sorte de « dictature de  la technocratie », qui veut conduire le pays et son économie par  la taxe, l’impôt et le règlement, et plus que jamais sous le gouvernement actuel, avec un Président qui en est le pur produit. Aussi avant d’accuser Bruxelles, balayons devant notre  porte.

La France suradministrée.

On ne s’étonnera donc pas de la difficulté à s’attaquer à la dette publique, dont les fonctionnaires sont les premiers à en vivre. Ils sont près de 6 millions, soit le quart de la population active occupée. Notre pays est donc l’un des plus administrés au monde. Mais le  mal est amplifié par le carcan que cette administration a généré au fil des décennies, en réglementations, procédures, mises sous conditions diverses qui étouffent les initiatives et freinent l’économie. Le bilan en est bien sombre : lourd chômage structurel, inertie de la production de richesses, dette approchant les 100% du PIB. Les effets pervers du système sont tels que la  France est le seul pays d’Europe où toute une partie de la  population active préfère vivre d’allocations plutôt que d’un emploi.

Des technocrates ignorants de l’entreprise.

Inutile alors de s’étonner, comme le fait Monsieur Pisani-Ferry, du peu d’effet sur l’emploi de  la réforme du code du travail,  malgré un rebond significatif de la croissance. Il met la difficulté sur le dos du système de formation, ce qui n’est pas faux, mais il n’a rien compris aux causes profondes : nos jeunes sont de  plus en plus nombreux à ne plus avoir envie de travailler même quand ils sont formés et ce phénomène perdurera tant que le dispositif de prestations auxquelles ils peuvent prétendre sera concurrentiel avec les revenus d’un travail. Et il va avoir beau jeu de dire : « Regardez, on assouplit la loi, et aussitôt PSA, Pimkie, suppriment des  emplois », sans se poser d’autres questions.

La main sur les réformes.

Cela n’empêche pas qu’il faille réformer la formation professionnelle et l’apprentissage. Sauf que le chemin que la réforme est en train de prendre est le pire : confier l’apprentissage aux branches professionnelles, je suis bien placé pour le savoir, débouchera sur la gabegie et le gaspillage, parce qu’elles seront alors juges et parties, et fera l’impasse sur les milliers d’apprentis formés par  les autres réseaux tels ceux des Chambres de Commerce, des Chambres de Métiers et des centres de formation des Familles Rurales.  C’est au contraire aux Régions qu’il faudrait confier la manne de la taxe d’apprentissage,  car elles sont les mieux placées pour juger de l’opportunité de son utilisation, elles ont l’expertise des bassins d’emplois et l’expérience du dialogue avec les acteurs concernés. Pourquoi alors ce choix ? Tout simplement parce que la technocratie n’aime pas que le politique se mêle de prendre des décisions et elle préfère bien mieux avoir les branches professionnelles sous sa tutelle. Je serais curieux de savoir qui a soufflé cette  mauvaise solution à Murielle Pénicaud.

L’économie dirigée.

La France vit donc avec une économie administrée, donc dirigée. Si Monsieur Pisani-Ferry ne croit pas à la « théorie du ruissellement », selon laquelle l’enrichissement des riches profite à l’activité et donc aux pauvres en leur fournissant un emploi, c’est qu’il a une préférence pour l’impôt et la taxe. Ainsi, celui qui a inspiré Hollande, avec les résultats que l’on sait,  puis le programme de Macron, appelle-t-il le gouvernement à se montrer très ferme en matière de taxation des contrats courts.  Comme si l’augmentation d’une taxe pouvait inciter un chef d’entreprise à une embauche sur une plus longue durée : c’est ne rien comprendre au fonctionnement de l’entreprise et au risque financier que constitue le financement d’un emploi quand la séparation avant la fin d’un contrat est un parcours du combattant. Après on s’étonne de la réticence à créer des emplois quand il est préférable de freiner son activité. Ainsi, si l’économie française ne croît pas au même rythme que celle de ses voisins, c’est parce qu’elle ne le peut pas : elle est bridée par toutes les rigidités que l’Etat lui impose et par ses capacités de production devenues insuffisantes. Le résultat, c’est que la croissance contribue à augmenter nos importations creusant du même coup notre déficit extérieur.

La préférence pour la  taxe et l’impôt.

La France est donc ce pays merveilleux où la préférence pour la taxe touche tous les domaines.  Il  suffit de consulter la liste des augmentations qui s’appliquent en ce premier janvier. En voici un inventaire à la Prévert : prix du timbre-poste, tarifs bancaires, tarifs du velib’, hausse du gaz et des carburants, prix des transports, forfait hospitalier, montant des amendes, et évidemment augmentation de la CSG. Ce qui a été calculé par l’Insee comme une hausse de près de 5 milliards prélevés sur les ménages, malgré les baisses de charges sur les salaires. Parallèlement comme l’Etat se mêle de tout, la prestation d’accueil du jeune enfant sera baissée à compter du 1er avril. Le SMIC va frôler les 1500 euros grâce à  une revalorisation de 1,24% dès ce  1er janvier, mais c’est une mauvaise mesure, typiquement de gauche, qui privilégie l’augmentation collective qui ne laisse du coup que très peu de  marge de manœuvre aux chefs d’entreprises pour procéder à des augmentations de salaires individuelles au mérite. Il a l’air malin le Darmanin et son budget de continuité démocrate-socialiste. Ainsi, au nom de la justice fiscale sans doute, ce sont les ménages ruraux et périurbains modestes qui vont subir de plein fouet le relèvement massif de la fiscalité sur  les carburants et le chauffage, une hausse non compensée par le « chèque énergie » que vient de créer le gouvernement. Hulot n’a pas de prix pour Macron,  mais il a un coût pour les Français modestes de la France périphérique. Un budget 2018 qui ressemble  donc  aux précédents, malgré quelques inflexions :  302 milliards de recettes, 386,3 milliards de dépenses … Cherchez l’erreur !

 

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