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CONJURER LA MENACE POPULISTE

Laurent Wauquiez

 

Le populisme continue de prospérer en Europe.

Il a été à l’origine du Brexit qui tourne pour le Royaume-Uni au cauchemar, avec instabilité politique à la clé ; l’Allemagne a mis plusieurs mois avant de former un nouveau gouvernement à cause d’une poussée de l’AFD ; en Autriche l’extrême-droite est entrée au gouvernement ; et maintenant l’Italie connait une campagne électorale de toutes les surenchères démagogiques avec un mouvement 5 Etoiles à près de 30% malgré la gestion calamiteuse de Rome par Virginia Raggi… Les démocraties restent minées par la déstabilisation des classes moyennes  -qui constituent leur socle sociologique et politique-  sous l’effet conjugué de la baisse de la mobilité sociale, des effets de la révolution numérique, de la déstabilisation des territoires, de la perte des repères culturels, de la peur de l’immigration et de la montée des menaces djihadistes… Chez nous, le naufrage de Le Pen n’a rien résolu. Pourtant le populisme est une impasse partout où il s’installe mais il reste à en convaincre les électeurs, et en France, où Marine Le Pen s’est complètement déconsidérée, la tâche n’est pas mince. Si les électeurs qui ont  voté « populiste » ne voient pas la vacuité du populisme, comme les malades qui n’accusent jamais leurs gourous pour l’inefficacité de leurs remèdes miracles, ils refusent de considérer ceux prescrits à travers les réformes dont les résultats paient.

Les réformes paient, mais …

La zone euro renoue avec la croissance, le chômage commence à diminuer, les pays méditerranéens bénéficient pleinement de leurs efforts, à l’image de l’Espagne où l’activité progresse de 3,1% et de la Grèce qui sort de récession. En vérité, ce sont les peuples et non les élites qui sont les premières victimes des populistes et les gagnants des réformes. Mais cela n’empêche pas qu’il existe un vrai danger que l’échec des populismes en nourrisse de nouveaux, plus radicaux encore, comme le montre la course aux promesses insensées en Italie. La difficulté pour la France, c’est que l’élection de Macron apporte une amélioration trop faible pour séduire cet électorat en déshérence, c’est que notre pays reste à la traîne des réformes qui lutteraient vraiment contre les racines du mal. Le signal envoyé par le renoncement à Notre-Dame des Landes, traduisant le mépris pour les Territoires et pour la démocratie, en est un exemple emblématique. L’option social-démocrate proposée par Macron n’est pas de nature à combler la vacuité populiste ni à en convaincre les électeurs.

En France, s’il existe une alternative, elle est entre les mains de la droite.

Avec l’éclipse du FN et du PS, Laurent Wauquiez est le seul à pouvoir construire un projet crédible de redressement réel, susceptible de faire recoller la France périphérique et les classes moyennes à un projet collectif. La tâche ne sera pas aisée, car les solutions exigent une dose plus forte de libéralisme et en France, le libéralisme fait l’objet d’un rejet puissant. Il faudra donc beaucoup de pédagogie, notamment pour convaincre les jeunes qu’on a vu contester une loi El Khomry sur le travail qui servait objectivement leurs intérêts en donnant de la fluidité sur le marché de l’emploi. Mais c’est toute une frange de la population qu’il faut ramener dans le giron de la logique de croissance, qui croit que le capitalisme « mondialisé » conduit à la dégradation générale des conditions de vie : environnement, épuisement des ressources, désertification des territoires, chômage, inégalités … alors que c’est au contraire les freins mis à tous les niveaux à la constitution du capital et à l’initiative privée qui en sont responsables, particulièrement en France. La vision social-démocrate du Président actuel obéit aux mêmes tropismes que celle de son prédécesseur : déshabiller les classes moyennes pour habiller les plus modestes sans créer de richesses nouvelles et poursuivre le mouvement de métropolisation. Redresser la France, c’est se donner les moyens de créer plus de richesses à partager. Voilà pourquoi il faut privilégier une croissance inclusive en investissant massivement dans l’éducation et l’innovation pour accompagner la révolution digitale, tout en restaurant la sécurité et ne cédant rien sur la défense de l’Etat de droit et des libertés. Bien évidemment, il faut en même temps renforcer la coopération au sein de l’Union européenne et même du G20, sans rien lâcher sur les repères identitaires dont les Français ont besoin pour se rassurer. L’offre politique de Laurent Wauquiez doit donc s’adresser en priorité aux Français des classes moyennes et de la France périphérique qu’il s’agit de remobiliser sur des thèmes simples : plus de liberté c’est plus d’emplois, l’équité fiscale, l’égalité des territoire, la défense de notre culture en tous lieux, une Europe de la raison et des projets lisibles.  

 


QUAND LES « FAKE NEWS » SONT BIEN UTILES…

Nicolas Beytout

Ce texte est de Nicolas Beytout de l’Opinion :

« En présentant ses vœux à la presse, il y a quinze jours, Emmanuel Macron a promis une loi contre les « fake news », cette nouvelle forme de désinformation pratiquée par certains à une échelle industrielle. Cela peut prendre la forme de véritables campagnes déstabilisantes, parfois même orchestrées par des puissances étrangères. Cela peut n’être aussi que de petits arrangements avec la réalité, une manière biaisée de réécrire les faits pour crédibiliser un argumentaire et soutenir un raisonnement évidemment faux. Un sport très prisé dans les milieux politiques, comme le prouve la séquence que l’on vient de vivre à l’occasion de l’abandon de Notre-Dame-des-Landes.

Le projet d’aéroport, a-t-on ainsi entendu dire, avait été conçu « pour faire atterrir le Concorde ». Fake news : il a été voulu pour augmenter le trafic passager et, nuance, il se trouve que sa piste plus longue aurait permis au Concorde de se poser... Le gouvernement, affirme-t-on encore, « a fait preuve d’esprit de décision, refusant de repousser à plus tard son choix ». Fake news : il n’avait plus aucune possibilité de report puisque l’autorisation de lancer les travaux ne courait juridiquement que jusqu’au 9 février prochain. « Un courage que n’ont pas eu les précédents gouvernement, de gauche comme de droite », argumentent ceux qui feignent d’ignorer que l’invraisemblable kyrielle de recours en justice ne s’est achevée qu’en 2012-2013 ; le moindre coup de pioche donné avant ce terme aurait été illégal.

Certes, la politique n’a jamais été avare de mauvaise foi. Mais quel florilège, tout de même, que de fake news ! Et jusqu’à la plus audacieuse d’entre elles : « J’ai décidé, et j’assume », soutient le Premier ministre et claironne la majorité. Emmanuel Macron serait donc resté cette fois sur le bord de la piste ? Fake news. »

Les  commentaires sont inutiles, non ?

 


LA SCIENCE CONFRONTEE A L’OBSCURANTISME

Vaccin-enfant

 

Le  phénomène atteint tous les pays occidentaux,  mais notre pays est  particulièrement concerné. Il suffit d’observer le recul du nombre des étudiants inscrits dans les disciplines scientifiques qui sont passés de plus de 130 000 dans les années 1996-97 moins de 10 000 au début des années  2000 et le déclin s’est  poursuivi depuis. Une chute préoccupante d’autant plus qu’inversement on voit progresser les comportements  de méfiance à l’égard  de la science, une forme d’obscurantisme qui se propage  d’autant plus facilement qu’internet offre  des tribunes  aux arguments  simplistes des  propagandistes.  Si la méfiance éthique est raisonnable  quand il s’agit par exemple de bioéthique, domaine où tout ce qui est techniquement possible n’a pas vocation à être autorisé, elle n’est  pas de mise quand il s’agit de sujet de santé publique mettant en jeu la  sécurité sanitaire collective.

La  vaccination.

Alors, je vais faire  encore hurler, mais je veux  participer au combat contre  l’obscurantisme quand il s’agit de la vaccination obligatoire. Au moment où nous constatons une recrudescence des maladies infantiles contagieuses et où notre  pays est exposé à une immigration  de population dont  l’état  sanitaire pourrait s’avérer dangereux en propagation d’épidémies diverses, ce qu’on peut lire, entendre ici ou là sur la  vaccination obligatoire me laisse pantois. Quand j’apprends que 55%  des français pensent que le ministère de  la Santé est de mèche avec l’industrie pharmaceutique pour cacher la nocivité des vaccins, je dis qu’on nage en plein délire. Quand on se  met  à craindre la science plus que la nature,  la médecine officielle  plus que les  errements des médecines alternatives, l’intégrisme n’est pas loin.  Quand il s’agit de leur santé personnelle, les patients ont le droit de faire ce qu’ils veulent, y compris de  croire au pouvoir des poudres de perlinpinpin. Mais quand il s’agit de la vaccination, le libre arbitre individuel n’a  plus lieu d’être. Car disons-le haut  et fort, la vaccination n’est pas affaire de choix individuel,  c’est une décision qui nous engage tous :  ceux qui ne se vaccinent pas mettent  la santé des autres en danger et s’ils  tombent malades  par leur faute, ils ont évidemment recours à la Sécurité sociale, qui est aussi financée  par les autres ! La logique de solidarité collective en matière de vaccination s’impose donc, voilà pourquoi il faut à  juste titre la rendre obligatoire pour un certain nombre de  maladies. Toutes les études scientifiques depuis un siècle montrent que la vaccination est vitale pour la collectivité et sauve des millions de vies. Il  ne sera pas  dit que le pays de Descartes soit  devenu le pays de la  haine de la science.

Les onze vaccins obligatoires.

En matière de sciences, toutes les opinions ne se valent pas. Tout est bon pour  alimenter le fantasme de collusion  avec les laboratoires mais on ne peut pas faire l’impasse sur l’épidémie de rougeole qui a frappé la France en 2011 : entre 2008 et 2016, plus de 24 000 cas déclarés,  près de 1500 ont  présenté une pneumopathie   grave, 34 cas ont connu des complications neurologiques et 10 sont décédés. A  côté, les rares inconvénients issus des vaccinations sont bénins. Il est bon que la vaccination soit obligatoire. Les résistances n’ont pas lieu d’être, sauf à se réfugier dans l’obscurantisme et les croyances,  comme présenter la vaccination comme un acte « contre-nature ». Il ne s’agit  pas de condamner le recours à l’homéopathie, mais celle-ci ne doit pas exclure la  médecine allopathique. Et quand il s’agit de lutter contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite, la coqueluche, les méningites, l’Hépatite B, la pneumonie, la  rougeole,  les oreillons ou la rubéole qui font l’objet des 11 vaccins obligatoires, la  question de  la  liberté individuelle ne peut se  poser face à la sécurité  collective.

Ces croyances qu’il faut combattre.

L’hygiène a permis la disparition des maladies infectieuses : c’est faux ! C’est l’introduction du vaccin qui a permis la diminution des personnes infectées. L’exemple observé au Japon le prouve : un suspension du programme de vaccination contre la coqueluche a été suivi d’une explosion de la maladie qui retombe  dès que le programme reprend. Le pays n’a pas connu, dans le même temps, de crise de l’hygiène qui aurait pu apporter l’explication,  ce qui,  en aucune façon n’aurait influencé la bactérie responsable de la  coqueluche.

Multiplier les vaccins nuit au système immunitaire des enfants : Encore faux ! Leur système immunitaire peut affronter plusieurs vaccins à la fois, et même ceux-ci le stimulent en lui permettant de fabriquer des défenses. Une étude a même estimé que le système immunitaire des jeunes enfants peut répondre à 10 000 vaccins à  la fois.  Avec 11 vaccins, il reste de la marge.

L’immunité innée est suffisante pour faire face aux maladies : toujours faux ! A la naissance, un nourrisson est protégé contre certaines  maladies grâce aux anticorps transmis par la mère, mais l’immunité disparait après quatre mois tout au plus. Seule la vaccination apporte une protection complète et durable.

Les  vaccins causent l’autisme : une hypothèse émise par une étude portant sur 12 cas  qui n’a jamais  pu être vérifiée par de  nouvelles  études. Par la suite, il a été révélé qu’une manipulation frauduleuse des données avait été réalisée par le responsable de l’étude en question.

Les  vaccins peuvent causer  la  mort subite du bébé : certains ont mis en corrélation la mort avec la  vaccination, sur des cas isolés. Toutes les études épidémiologiques s’accordent à dire qu’il n’existe  pas  de lien de causalité. Il n’en reste pas moins, que ce phénomène de  mort subite reste encore mal compris.

L’extension de l’obligation répond à des intérêts économiques : l’impact reste faible, dans la mesure où  70%  des  enfants ont déjà reçus les 8 vaccins supplémentaires concernés par l’extension de l’obligation.

Ce sont les adjuvants à base d’aluminium qui suscitent le  plus les craintes. Or, ils sont utilisés depuis 1926 sur l’ensemble de la  planète sans qu’aucun signal d’alerte n’ait  été émis par aucun pays. 12 millions de doses contenant ce type d’adjuvant sont administrées chaque année en France et un seul nouveau cas de myofasciite serait  survenu depuis 2012 ! Aucun lien de causalité n’a pu être établi avec les  adjuvants aluminiques.

La lutte contre l’obscurantisme n’est pas chose aisée, à une époque où la logique de  la violence et de l’irrationnel prolifère.  A défaut de faire appel à la raison, j’espère que la  logique des arguments et  des faits avérés l’emportera sur les affirmations  assénées par des gens qui fondent souvent leur démarche scientifique sur des convictions douteuses.  Allez-y, traitez-moi de tous les noms d’oiseaux qui vous plairont ! 

 


APRES LES TARTUFFE, LA MASCARADE !

Ena

 

Un secret de polichinelle.

Approximations et contre-vérités en boucle depuis ce matin sur les médias pour préparer le terrain à « LA » décision sur Notre-Dame des Landes. « De toute façon, quelle qu’elle soit, elle sera courageuse ! » Que nenni. Une seule pouvait être courageuse : celle de poursuivre le  projet de construction d’un  nouvel  aéroport. Le Président de la République avait là une occasion de  montrer qu’il  était capable  de faire respecter l’Etat de droit.  Il ne l’a pas saisie. Comment transformer une capitulation en décision courageuse ? Comme  pour le  reste, plutôt que d’affronter une réalité déplaisante, il a préféré faire de la com’ et de l’enfumage comme à son habitude, et  mettre en avant son Premier Ministre, mais ça ne trompe personne. Dès la décision de faire une nouvelle étude et la constitution de l’équipe des experts pour la mener, on savait que les dés étaient pipés. Par les propos des uns et des autres, le Ministre de l’Intérieur ou le préfet de Région, les indiscrétions d’un José  Bové  ou d’un proche de Nicolas Hulot, malgré la montée au créneau de la  quasi-totalité des élus concernés pour plaider en faveur du projet, rien n’y a fait. Le chantage politique des écolos et la peur d’engager le combat avec les zadistes  l’ont emporté. Décidément,  ce gouvernement n’a pas beaucoup de courage. Quant à l’exposé d’Edouard Philippe il est effrayant de mensonge et de cynisme. Il faudra s’en souvenir.

La démocratie piétinée.

Cette décision est grave, et même dramatique pour la démocratie dans notre pays. Comment peut-on  bafouer ainsi la décision de collectivités unanimes pour savoir ce qui est bon pour leur développement, un projet validé à  plusieurs reprises par le vote aux élections, puis par un référendum, validé  par  près de 200 décisions de  justice.  Le gouvernement n’a aucune excuse. Il va précipiter dans  l’abstention de nombreux électeurs dégoûtés qui, de surcroît, ont eu pour nombre d’entre eux à supporter les exactions des zadistes. Que faut-il donc de plus pour qu’un projet soit réalisé ? Macron apparaîtra pour beaucoup comme un fossoyeur de  la démocratie. On retiendra surtout qu’il « n’en a pas » !

Une mauvaise nouvelle pour l’Ouest.

L’ouest entier avait besoin de  cette plate-forme moderne pour son développement.  Le gouvernement abandonne la presqu’île de l’Europe qui risque de rester  encore longtemps à  l’écart, ce qui sera  très préjudiciable  à son développement. Il oppose à la vision décentralisée d’ouverture  sur  le monde dans le contexte de la globalisation,  celle d’une centralisation jacobine sur quelques « hubs » pour la dimension internationale, réservant aux aéroports départementaux la seule possibilité de relier les métropoles  européennes entre elles. Nous sommes face à un Etat qui méprise les territoires, qui tourne le dos à la France périphérique. De la part du Maire du Havre, c’est plutôt surprenant. C’est aussi une mauvaise nouvelle  pour  les riverains de l’actuel  aéroport qui vont devoir s’habituer à l’aggravation des nuisances d’un trafic en pleine croissance. C’est enfin une mauvaise nouvelle pour les contribuables  qui vont devoir payer les indemnités à Vinci : plusieurs dizaines de  millions d’euros.

Rien n’est réglé.

Rien ne dit que les collectivités vont en rester là. Comme pour les opposants,  les procédures de recours existent pour contester cette décision. D’autre part, on sait que les possibilités d’aménagement sont réduites, notamment en raison de l’enclavement de l’aéroport entre l’agglomération et le lac de Grandlieu. Il sera probablement impossible d’allonger la piste suffisamment pour les gros porteurs. Il faudra aussi compter avec la  défense des riverains actuels qui ne vont pas se gêner  pour empêcher toutes les extensions possibles. Cela veut dire des années de procédures à nouveau. Franchement, il faut beaucoup de bonne volonté pour voir dans la décision d’Emmanuel Macron et  d’Edouard  Philippe du courage et une vision d’avenir. Reste à évacuer la « zad ». Mais là encore, ce sera une Tartufferie : on va nous faire croire au départ des ultras,  mais il y a gros à parier que les anarchos-gauchos qui occupent illégalement le territoire vont rester.

Macron avait la  possibilité d’endosser véritablement son costume de Président particulièrement auprès des électeurs de droite. De  plus, il a donc menti pendant sa campagne électorale puisqu’il renie sa parole. Tant pis pour lui !

 


UN AVION EST TOMBE SUR NANTES ! (Fiction)

Airbus-crash

 

« 4 mars 2020, 16H50 : un avion en phase d’atterrissage à Nantes-Atlantique s’est écrasé sur le quartier pavillonnaire du Bourneau à Rezé, faisant 150 morts parmi les passagers et des dizaines de blessés. Plusieurs maisons ont été ravagées. Les secours n’ont pas fini de dénombrer les victimes parmi les  habitants.… Le bilan s’annonce dramatique. Le  Président de la  République a réuni  immédiatement un conseil de crise.  C’est que l’événement tombe particulièrement mal à un mois du premier tour de scrutin de l’élection présidentielle. En effet, de nombreuses personnalités mettent en cause sa décision de janvier 2018 de renoncer à construire le nouvel aéroport de Notre-Dame des Landes. Une décision aujourd’hui lourde de conséquences qui engage directement sa responsabilité dans la catastrophe qui vient de se produire. Ses chances de réélection sont désormais très compromises quoi qu’il décide.

Si l’aéroport avait été déplacé à Notre-Dame des Landes, on n’en serait pas là. 

Pourtant toutes les conditions étaient réunies qui justifiaient de le décider : quasi-unanimité des élus locaux, 169 décisions de justice favorables, referendum voulu par l’Etat positif avec 55% de oui, … le gouvernement de l’époque avait toutes les cartes en main.  Il avait préféré reculer devant quelques dizaines de zadistes extrémistes, il  avait choisi de céder à des « hors-la-loi » plutôt que de respecter ce que la  démocratie avait décidé et tranché, en appliquant l’ordre républicain. Il avait opté pour la solution du réaménagement de la  plate-forme existante, pourtant enclavée entre l’agglomération nantaise et le Lac de Grandlieu. Depuis la situation était restée figée,  les nombreux recours des riverains de l’aéroport existant ayant bloqué par toutes les arcanes juridiques et recours, tous les projets d’agrandissement, d’ailleurs eux-mêmes très contraints par la localisation. Cela n’avait pas  pour autant empêché le trafic d’augmenter et d’atteindre 7 millions de passagers fin 2019. Nantes-Atlantique était devenu un aéroport sursaturé, fonctionnant à la limite des sécurités réglementaires, avec un trafic insupportable pour près de 80 000 habitants de l’agglomération nantaise.

Déjà à l’époque, on savait que le maintien de l’activité à Bouguenais exigeait la réfection complète de la piste (communiqué de l'aviation civile du 6/11/2013). Dont l’état n’était pas conforme à la réglementation et aux recommandations de l’OACI (Organisation de l'aviation civile internationale). La planéité de la piste n’était pas satisfaisante, son profil en long montrait plusieurs creux et bosses, avec des écarts de près de trois mètres. On avait  passé  sous silence que la direction de la sécurité de l’aviation civile Ouest avait accepté une dérogation provisoire dans l’attente du transfert de l’activité aéronautique vers l’aéroport du grand ouest à Notre-Dame des Landes. On avait pu, de justesse, respecter l’évolution des règlementations de sécurité européennes qui imposaient des espaces de sécurité de 240 mètres en amont et en aval de la piste. Mais l’allongement de la piste, vers le sud, rendu indispensable par la croissance du trafic n’avait pu être réalisé et la structure de l’ensemble des chaussées aéronautiques était restée insuffisante pour assurer un niveau de portance adapté. Seuls les travaux de rénovation de l’ensemble des voies de circulation et des aires de stationnement des avions avaient pu être menés à bien. Mais pour le long terme, dans une perspective de 9 millions de passagers, la situation était bloquée : l’aéroport  devrait, en effet, être capable d’accueillir tous les types d’avions, et pour cela un allongement de la piste à 3 600 mètres était nécessaire…. »

C’est évidemment une fiction. Ce scénario catastrophe, il n’est pas de bon ton de l’évoquer, il est  pourtant dans beaucoup de têtes. Il suffit d’aller sur internet et de regarder un plan de l’agglomération nantaise avec l’aéroport au sud-ouest, pour comprendre que la fiction pourrait devenir réalité. Chacun doit savoir que cela pourrait arriver. Je suis un utilisateur de Nantes-Atlantiques. Plusieurs fois l’approche s’est faite par le nord : l’avion survole le centre-ville de Nantes à à peine 300m d’altitude, on passe à la verticale de la tour Bretagne avec  la sensation de pouvoir presque la toucher, avant de plonger brusquement au-dessus des quartiers de Rezé et Bouguenais pour se poser sur la piste. Et que dire de la pollution aérienne et sonore pour les populations qui sont en-dessous ! L’atterrissage en arrivant par le sud n’est guère mieux : l’avion survole le lac de Grandlieu à quelques dizaines de mètres. Là encore, c’est dangereux, et la pollution de cette réserve naturelle semblent n’émouvoir personne, en dehors des quelques défenseurs de la nature qui se sont époumonés et qu’on a refusé d’entendre. Le transfert à Notre-Dame des Landes ne devrait même pas poser question. On le présente comme un vieux projet, dépassé par notre temps. C’est un grossier  mensonge. J’ai été douze ans Conseiller Régional à l’époque d’Olivier Guichard, de 1986 à 1998. Ce dossier, je le connais bien. La vérité c’est que le Conseil Général de Loire-Atlantique a voulu prendre son temps pour constituer la réserve foncière qui était nécessaire pour un équipement qui s’annonçait un jour indispensable. De fait, il y a eu très peu d’expropriation. La décision de construire l’aéroport a été prise au début des années 2000 par le gouvernement Jospin. Même l’écologiste Dominique Voynet lui trouvait des vertus, à l’époque. Si la réalisation a pris tant de retard, c’est en raison des nombreux recours qui ont été intenté et de l’occupation de  la zone par les « professionnels » de la contestation violente. Enfin, il est temps de prendre en considération les arguments économiques : c’est tout le Grand Ouest qui est concerné par cet  équipement.

Je ne souhaite pas qu’une telle tragédie arrive. Mais de grâce, qu’on arrête de donner la parole à tous ces ouvriers de la 25ème heure qui ne connaissent pas grand-chose du dossier, mais dont le but est de faire croire à l’opinion publique que renoncer, ce serait finalement la bonne solution. Si le transfert ne se fait pas, Jupiter ne sera jamais Napoléon, car avant d’y parvenir, il faut savoir d’abord, être Bonaparte !

 


PLUS JE PEDALE MOINS VITE, MOINS J’AVANCE PLUS VITE ! MAIS JE PAIE…

Limitation de vitesse

 

60 % des Français y sont hostiles !  La limitation de la vitesse à 80 km/h sur les routes départementales est accueillie par la grogne générale. Les  autos  sont-elles plus dangereuses ? Non, ce  serait plutôt le contraire. Alors ce sont les routes ? Oui, peut-être : dans certains départements sous la pression des restrictions budgétaires, des choix socialistes et écolos, les routes n’ont pas été entretenues comme il aurait fallu. La  baisse de  la vitesse autorisée est-elle pour autant justifiée ? Un Francilien aura du mal à l’admettre, lui qui patiente dans les bouchons. Le rural qui emprunte sa départementale déserte tout autant. Encore une fois l’ajustement se fait sur le dos de l’automobiliste, comme  si  notre temps de régression du savoir, de l’économie devait s’accompagner inéluctablement d’un retour progressif à la lenteur. Ce sont les écologistes qui se réjouissent, qui voient poindre le temps de la calèche et de la lampe à huile. Trèves de  plaisanterie, le vrai sujet est ailleurs : il réside dans le sort de l’automobiliste.

Le  cynisme de l’Etat.

Depuis toujours, les pouvoirs publics sont confrontés à une contradiction flagrante face à l’industrie automobile : ils l’encouragent, parce que son expansion est signe d’emplois et de prospérité mais ils en font aussi la source première des recettes fiscales, en traitant le conducteur systématiquement comme un criminel potentiel. Un cynisme doublement gagnant ! Ainsi, l’usage de la voiture est ravalé au rang d’un vice comme l’alcoolisme ou le tabagisme. Il est considéré comme une addiction et à ce titre il est nocif du double point de vue de la sécurité et de l’environnement. Le civisme consisterait à adopter les transports en commun, le vélo ou la marche, toutes options qui ne sont pas universelles pour les trajets longs ou pour les personnes âgées et pour lesquelles la puissance publique devrait d’abord se demander si elle fait bien tout ce qu’il faut. La voiture électrique, elle-même est déjà douteuse dès lors qu’elle consomme une électricité qu’il faut bien produire par ailleurs. L’auto est pourtant d’abord un outil de déplacement pour aller au boulot avant d’être considérée comme ce merveilleux instrument de liberté qu’elle a été.

Nouvelle politique et vieilles méthodes.

Le gouvernement actuel n’échappe pas à la règle. Emmanuel Macron et Edouard Philippe n’inventent pas l’eau chaude. Comme par le passé, ils ont très bien vu qu’ils ne peuvent pas se passer d’une production industrielle aussi importante ni des recettes fiscales qu’elle produit, 65 milliards d’euros par an, ce qui ne les empêchent pas de continuer à faire de l’automobiliste la « vache à lait » de l’État. Ils ne sont pas gênés de recourir aux bonnes vieilles méthodes qui ont déjà rapporté tant d’argent : le tarif du gazole a été augmenté pour rattraper le prix de l’essence (mais on se demande pourquoi la baisse de cette dernière n’a pas été envisagée), pour des raisons officiellement liées à l’environnement, sauf que le prix de l’essence a augmenté lui aussi. Les péages des autoroutes sont également à la hausse. La voiture, plus que jamais, est devenue un luxe alors qu’elle fait partie de la vie quotidienne dans tous les ménages. Cet acharnement à en tirer des taxes a donc créé un déséquilibre de fait, une sorte d’injustice, entre les ruraux qui ne peuvent pas se passer de leur voiture et les urbains qui ont un accès direct aux transports en commun.  Encore que ces derniers sont souvent contraints à utiliser leur voiture personnelle faute d’avoir accès à des conditions de transport supportables. On ne vous demande pas de comprendre, mais de payer !

Le royaume d’Ubu .

Certes, l’abaissement de la vitesse à 80 km/h ne constitue pas une mesure scandaleuse en soit, même si rien n’en prouve l’avantage au niveau de la sécurité et des vies « économisées ». À faible allure, l’auto est toujours plus sûre, sans qu’on en soit vraiment certain, sauf à zéro km/h. En fait, le vrai sujet concerne cette « politique automobile » qui associe l’hypocrisie publique à la sauvagerie fiscale. Nos gouvernements ont compris que, jusqu’à présent, les administrés n’acceptent pas de se priver de leur voiture. À partir de là, tous les prétextes sont bons pour les assommer d’impôts et de contraventions : il ne faut pas polluer, donc payez ; il ne faut pas aller vite, donc payez de nouveau. Un jour arrivera où ces gouvernants auront fini par décourager une bonne partie de la population : ils seront alors désolés des pertes d’emplois dans l’industrie et de la baisse des rentrées fiscales. Le salut résiderait dans un plan qui cesserait de faire du conducteur le bouc émissaire de toutes les frustrations de l’État, dans une fiscalité raisonnable, et surtout dans l’unification des décisions : il est, par exemple, pour le moins  curieux que la mairie de Paris applique une politique qui met la priorité sur la lutte contre la pollution, mais reste totalement indifférente aux conséquences économiques de ses interdits. D’un côté, l’État vous encourage à acheter une voiture, pour les emplois et pour les taxes ; de l’autre, les autorités municipales vous reprochent de l’avoir achetée et de vous en servir.

Ubu  ne nous quitte jamais !

 


LA SURINFORMATION CONDUIT A L’IGNORANCE

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Une farce qui en dit long.

Laurent Gerra déplore l’appauvrissement de notre belle langue et constate que « les gens lisent moins et s'attardent moins sur les choses ». « Il y a une pauvreté du vocabulaire qui est terrible. Dans le TGV, j'entends discuter les gens et je ne comprends plus ce qu'ils disent. Ils parlent à moitié anglais, en raccourci. La langue s'appauvrit alors qu'au contraire, elle doit s'aiguiser. Je constate qu'une forme de poésie dans le langage disparaît »… Plusieurs causes  à ce phénomène, probablement,  mais en premier vient  le smartphone,  ce qui  l’a  conduit un jour à faire une petite farce à tous les passagers d'une rame de TGV : « Un jour, on m'a procuré un brouilleur, et paf ! j'ai fait disjoncter les téléphones portables de toute une rame de TGV ! C'était très agréable ! »… raconte-t-il au Figaro Magazine. Mais il n’y a pas que l’appauvrissement de la langue français. C’est bien pire.

L’ignorance gagne du terrain en France.

Selon l’historien Dimitri Casali, la société bascule dans l'ignorance. Ce n’est pas le progrès scientifique qui ralentirait, au contraire, chaque jour la science nous apporte de nouvelles découvertes. Pourtant, il est facile de constater qu'à mesure que le progrès scientifique s'accumule vers un savoir de plus en plus exact, on peut mesurer à travers le monde une lente montée de l'ignorance. Par exemple, en France, aujourd’hui, nous comptons 6 % d'illettrés, c'est-à-dire environ 3 millions de personnes. Si on additionne les personnes analphabètes qui ont des difficultés à lire et à écrire le français, on arrive à près de 10 % de la population. C’est  un comble  dans un pays où l’instruction est gratuite et, en principe, obligatoire. Et loin de s’enrayer, le phénomène s’aggrave : jamais l'ignorance n'a gagné autant de terrain. Ce constat est à mettre en corrélation avec le piètre classement de notre école, au classement international PISA dans lequel nous sommes désormais au 27ème rang. Il y a vingt ans, notre pays était 10ème : en 17 ans, nous avons perdu 17 places. Si on se réfère aux années 80, nous étions dans les cinq premiers, et nous avions l'un des meilleurs systèmes scolaires au monde. On observe les mêmes constats en chute de compétence ne lecture et dans les disciplines scientifiques. Il faut prendre conscience du phénomène qui devient vraiment effrayant.

Le monde entier est touché.

Dans une étude, une récente projection de l'ONU montre que l'an prochain, le monde arabe comptera 25 % d'analphabètes. Le monde arabe a publié plus de livres entre le 8ème et le 12ème siècle qu'aujourd'hui, alors qu’actuellement, il publie moins de 1 % du marché mondial du livre. Et que penser de ces prédicateurs saoudiens qui apprennent à leurs étudiants que la terre est plate ? Et de cette chercheuse à l'Université de Sfax en Tunisie, l'un des pays arabes les plus avancés, qui voulait dernièrement démontrer aussi que la terre était plate et qu'elle ne tournait pas autour du soleil ! Le même mal touche aussi la grande puissance que sont les USA où 46 % des Américains pensent que la Terre a moins de 10 000 ans. Voilà ce que produisent les « créationnistes » qui commencent à prendre pied en France, en Angleterre, un peu partout en Europe… Il est difficile de ne pas constater que nous sommes en pleine régression intellectuelle dans le monde.

L’ignorance est le terreau de l’obscurantisme.

Le vide spirituel et culturel qui saisit nos sociétés est à mettre en relation avec la progression de l’islamisme, du djihadisme, du complotisme et du fanatisme. On assiste, en effet, parallèlement à cette montée de l'ignorance, à une montée de l'obscurantisme. Et notre époque, du même coup, plonge dans le relativisme culturel. Tout se vaut. On perd de vue la hiérarchie des valeurs qui favorise le communautarisme. Ce phénomène est particulièrement violent en France dont la culture est de longue tradition « universaliste ». Que valent les « droits de l’Homme » entre les mains de gens incultes ?

Un avatar de la révolution numérique.

L’historien voit un lien évident avec la révolution numérique. Cela a démarré dans les années 2000. C’est la surinformation qui a conduit à l'ignorance. Ainsi, les 15-29 ans ne lisent plus de livres, en revanche, ils lisent davantage sur les réseaux sociaux, les blogs... Et d'après une étude de l'Université de Yale, la lecture sur internet n'est pas la même : les informations se superposent les unes aux autres alors que la lecture d'un livre permet de pénétrer les pensées de l'auteur et de structurer les informations. Cela organise le cerveau. D'autres études sont à rapprocher de cette observation : les Français auraient perdu 4 points de QI entre 1989 et 2009, phénomène mesuré aussi en Angleterre ou aux États-Unis. Wikipédia, qui est le plus bel exemple des effets pervers d'internet, a donné la culture aux imbéciles. Si dans le domaine scientifique, les notices sont rédigées par des experts, dans le domaine de la littérature et en histoire, c'est un agrégat d'informations nivelées par le plus grand nombre. Il n'y a plus de hiérarchisation du savoir. Ainsi la page de Kim Kardashian sera bientôt plus longue que celle de Montaigne et le grand poète grec Homère a déjà moins d'articles que Homer Simpson…

La seule réponse : l’école !

Il faut replacer la culture générale et l'histoire au centre de nos préoccupations. Et d'abord à l'école. Or, depuis une trentaine d'années, la culture générale a été abandonnée. Les pédagogistes de la rue de Grenelle portent une lourde responsabilité, eux qui ont remplacé la transmission du savoir et des connaissances par de simples compétences techniques, et encore. L'idée est de fabriquer un homme nouveau, sans racines ni héritages. On se souvient que Mérieu et Bourdieu préconisaient d'apprendre à lire dans les notices d'appareil électroménager, pour éviter que les élèves s’ennuient, et non plus grâce aux textes de Hugo ou de Molière... Au  lieu de corriger  le mal de la surinformation apportée par l’omniprésent smartphone qui véhicule le vrai et le faux, le superfétatoire au détriment du sérieux, on l’a aggravé en supprimant les repères de la vraie culture et de l’esprit critique. Il faut revenir à la culture classique française, car c’est son rejet qui fait du mal aux esprits faibles. Et cesser de croire aux vertus de l’égalitarisme qui conduit à être tous être égaux dans la médiocrité.

 


« VOUS N’Y PENSEZ PAS, MONSIEUR LE MINISTRE ! »

Archibald en colère

 

Cette phrase combien de Ministres de nos gouvernements divers et variés, qui avaient une idée  novatrice en tête, l’ont entendue de  leurs conseillers ou de leur directeur de cabinet…

Le joug des technocrates.

Depuis bien longtemps, notre pays vit sous le  joug de ces technocrates, généralement issus de l’ENA, et formatés à souhait.  « Confiez l’administration du  Sahara à un énarque  et  il ne mettra pas un an à y importer du sable, argumentaire à l’appui » plaisantait-on déjà sous Giscard. Depuis le mal  ne s’est guère arrangé. L’énarchie sévit partout, dans tous les  Ministères, particulièrement à Bercy, et jusqu’à la  Cours des Comptes où l’on toise ceux qui ne sont pas issus de la grande école,  car ils ne sont pas « de sang pur ». La  France est une démocratie. On peut disserter sur l’équilibre des pouvoirs à l’infini,  mais on n’évoque jamais celui, très occulte mais très réel, des  hauts  fonctionnaires, qui font la loi, et fournissent les  bonnes questions et les réponses qui vont bien aux parlementaires  de la  majorité. Au fil du temps,  la  France  est devenue une « technocrature » de gauche, c’est-à-dire une sorte de « dictature de  la technocratie », qui veut conduire le pays et son économie par  la taxe, l’impôt et le règlement, et plus que jamais sous le gouvernement actuel, avec un Président qui en est le pur produit. Aussi avant d’accuser Bruxelles, balayons devant notre  porte.

La France suradministrée.

On ne s’étonnera donc pas de la difficulté à s’attaquer à la dette publique, dont les fonctionnaires sont les premiers à en vivre. Ils sont près de 6 millions, soit le quart de la population active occupée. Notre pays est donc l’un des plus administrés au monde. Mais le  mal est amplifié par le carcan que cette administration a généré au fil des décennies, en réglementations, procédures, mises sous conditions diverses qui étouffent les initiatives et freinent l’économie. Le bilan en est bien sombre : lourd chômage structurel, inertie de la production de richesses, dette approchant les 100% du PIB. Les effets pervers du système sont tels que la  France est le seul pays d’Europe où toute une partie de la  population active préfère vivre d’allocations plutôt que d’un emploi.

Des technocrates ignorants de l’entreprise.

Inutile alors de s’étonner, comme le fait Monsieur Pisani-Ferry, du peu d’effet sur l’emploi de  la réforme du code du travail,  malgré un rebond significatif de la croissance. Il met la difficulté sur le dos du système de formation, ce qui n’est pas faux, mais il n’a rien compris aux causes profondes : nos jeunes sont de  plus en plus nombreux à ne plus avoir envie de travailler même quand ils sont formés et ce phénomène perdurera tant que le dispositif de prestations auxquelles ils peuvent prétendre sera concurrentiel avec les revenus d’un travail. Et il va avoir beau jeu de dire : « Regardez, on assouplit la loi, et aussitôt PSA, Pimkie, suppriment des  emplois », sans se poser d’autres questions.

La main sur les réformes.

Cela n’empêche pas qu’il faille réformer la formation professionnelle et l’apprentissage. Sauf que le chemin que la réforme est en train de prendre est le pire : confier l’apprentissage aux branches professionnelles, je suis bien placé pour le savoir, débouchera sur la gabegie et le gaspillage, parce qu’elles seront alors juges et parties, et fera l’impasse sur les milliers d’apprentis formés par  les autres réseaux tels ceux des Chambres de Commerce, des Chambres de Métiers et des centres de formation des Familles Rurales.  C’est au contraire aux Régions qu’il faudrait confier la manne de la taxe d’apprentissage,  car elles sont les mieux placées pour juger de l’opportunité de son utilisation, elles ont l’expertise des bassins d’emplois et l’expérience du dialogue avec les acteurs concernés. Pourquoi alors ce choix ? Tout simplement parce que la technocratie n’aime pas que le politique se mêle de prendre des décisions et elle préfère bien mieux avoir les branches professionnelles sous sa tutelle. Je serais curieux de savoir qui a soufflé cette  mauvaise solution à Murielle Pénicaud.

L’économie dirigée.

La France vit donc avec une économie administrée, donc dirigée. Si Monsieur Pisani-Ferry ne croit pas à la « théorie du ruissellement », selon laquelle l’enrichissement des riches profite à l’activité et donc aux pauvres en leur fournissant un emploi, c’est qu’il a une préférence pour l’impôt et la taxe. Ainsi, celui qui a inspiré Hollande, avec les résultats que l’on sait,  puis le programme de Macron, appelle-t-il le gouvernement à se montrer très ferme en matière de taxation des contrats courts.  Comme si l’augmentation d’une taxe pouvait inciter un chef d’entreprise à une embauche sur une plus longue durée : c’est ne rien comprendre au fonctionnement de l’entreprise et au risque financier que constitue le financement d’un emploi quand la séparation avant la fin d’un contrat est un parcours du combattant. Après on s’étonne de la réticence à créer des emplois quand il est préférable de freiner son activité. Ainsi, si l’économie française ne croît pas au même rythme que celle de ses voisins, c’est parce qu’elle ne le peut pas : elle est bridée par toutes les rigidités que l’Etat lui impose et par ses capacités de production devenues insuffisantes. Le résultat, c’est que la croissance contribue à augmenter nos importations creusant du même coup notre déficit extérieur.

La préférence pour la  taxe et l’impôt.

La France est donc ce pays merveilleux où la préférence pour la taxe touche tous les domaines.  Il  suffit de consulter la liste des augmentations qui s’appliquent en ce premier janvier. En voici un inventaire à la Prévert : prix du timbre-poste, tarifs bancaires, tarifs du velib’, hausse du gaz et des carburants, prix des transports, forfait hospitalier, montant des amendes, et évidemment augmentation de la CSG. Ce qui a été calculé par l’Insee comme une hausse de près de 5 milliards prélevés sur les ménages, malgré les baisses de charges sur les salaires. Parallèlement comme l’Etat se mêle de tout, la prestation d’accueil du jeune enfant sera baissée à compter du 1er avril. Le SMIC va frôler les 1500 euros grâce à  une revalorisation de 1,24% dès ce  1er janvier, mais c’est une mauvaise mesure, typiquement de gauche, qui privilégie l’augmentation collective qui ne laisse du coup que très peu de  marge de manœuvre aux chefs d’entreprises pour procéder à des augmentations de salaires individuelles au mérite. Il a l’air malin le Darmanin et son budget de continuité démocrate-socialiste. Ainsi, au nom de la justice fiscale sans doute, ce sont les ménages ruraux et périurbains modestes qui vont subir de plein fouet le relèvement massif de la fiscalité sur  les carburants et le chauffage, une hausse non compensée par le « chèque énergie » que vient de créer le gouvernement. Hulot n’a pas de prix pour Macron,  mais il a un coût pour les Français modestes de la France périphérique. Un budget 2018 qui ressemble  donc  aux précédents, malgré quelques inflexions :  302 milliards de recettes, 386,3 milliards de dépenses … Cherchez l’erreur !

 


WAUQUIEZ REUSSIRA SI…

Laurent Wauquiez     Logo Les républicains

 

Macron a compris que son seul  adversaire crédible est désormais Laurent Wauquiez. C’est pourquoi il s’attache à empiéter par le verbe sur tous les sujets dont le nouveau patron des Républicains pourrait s’emparer pour ne lui laisser aucun espace. Mais un discours de droite ne suffit pas à cacher une politique technocratique de gauche. J’aurais l’occasion d’y revenir. Aussi  Wauquiez a-t-il d’autres sujets sur lesquels il peut espérer faire prospérer une droite rajeunie, car il est le seul à pouvoir, avec Les Républicains, proposer une alternative plausible le moment venu. A lui d’imposer son tempo et ses thèmes en déléguant à son équipe le soin de contester l’exécutif actuel.

Et d’abord incarner un renouveau politique.

On croit la droite éparpillée et éclatée, mais c’est une vision anecdotique entretenue par les médias à la solde du pouvoir. Laurent Wauquiez n’aura pas de mal à réunifier son camp d’autant plus que les quelques défections auxquelles on a assisté étaient aussi médiatiques qu’insignifiantes. Le rajeunissement de l’équipe dirigeante des Républicains et le talent des personnes choisies est un premier signe positif. Il était nécessaire, mais il n’est pas suffisant.

Laurent Wauquiez doit imposer un nouveau style de gouvernance qui renonce au culte si contemporain de la personnalité. Premier devoir : renoncer au mythe du chef tout puissant qui ne semble motivé que pour assurer son propre destin.  C’est probablement ce que les  Français méprisent le plus aujourd’hui. A l’heure actuelle, la vérité sur l’état de la  France et le rejet de  la démagogie s’imposent comme les fondements de toute rénovation politique, ce qui oblige à privilégier l’intérêt général sur les préoccupations individuelles, matérielles ou d’égo. C’est à mon sens la première clé pour retrouver la  confiance populaire.

Nous attendons donc de lui qu’il propose une aventure collective en faisant des « Républicains » le  parti de tous les Français, où l’on privilégie le débat sur tous les sujets, en profitant de la richesse apportée par les multiples sensibilités qui le traversent : gaulliste, libérale, humaniste, territoriale… C’est aussi un bon moyen pour éviter que l’expression des différences se fasse à l’extérieur en jouant contre son camp. Encore faut-il que cette aventure collective parle aux Français.  Réconcilier la vie politique avec le monde des réalités n’est pas une mince affaire. Il lui faudra donc éviter l’écueil de la politique spectacle et aborder les tourments de la vie réelle qui touchent la « France d’en bas » tels que la désindustrialisation, le chômage, la dette, les  prélèvements records, les déficits, la violence, l’exclusion,  les zones de non droit, l’échec scolaire, les territoires  en déshérence... S’adresser aussi à cette France de l’insécurité professionnelle dont les emplois sont menacés par les innovations foudroyantes de la révolution numérique, cette troisième révolution industrielle dont si peu de politiques ont pris la mesure. Son franc parler devrait être un atout pour lui. Ce sera une façon concrète de parler du rôle de l’Etat, en le  présentant comme le lieu où la nation tout entière, et pas seulement les élites, communie dans un sentiment d’appartenance.

Une nouvelle donne c’est aussi faire voir de nouvelles perspectives.

Combattre les lieux communs de la politique sur lesquels le chef de l’Etat campe aujourd’hui à coups de discours creux ne sera pas bien difficile. Mais faire sortir la France du carcan administratif qui l’étouffe, imposé par l’actuelle technocrature (dictature technocratique) est le vrai défi. Là est la difficulté car il faudra panser en même temps les plaies qui gâchent la vie des Français mais dans lesquelles ils se complaisent trop souvent : le  culte de la médiocrité qui imprègne les esprits dès l’école, l’indiscipline qui commence à  l’école et se prolonge dans l’incivilité et la criminalité routière, l’ignorance qui ouvre la  porte à tous les obscurantismes, les incivilités urbaines, le mépris de la personne dont le matraquage fiscal et les procédures bureaucratiques sont les fers de lance. Tout cet ensemble constitue une quasi-culture de l’irresponsabilité collective qui débouche sur  le pessimisme qui ronge notre pays. Ces handicaps n’ont rien à voir  avec la fracture entre les élites et le peuple.  Encore que l’on pourrait être  très sévère avec les « petits pois » qui sortent chaque année en rangs serrés de l’ENA et vont peupler ensuite les cabinets  ministériels. Cette homogénéité des décideurs, dépourvus de culture scientifique serait  à l’origine de beaucoup de nos insuffisances et des déboires que notre pays connait.

Une nouvelle donne politique commence par la promotion d’un Etat exigeant et impartial, fondé sur un régime qui abandonne le mythe du chef tout puissant et répartit les pouvoirs en les respectant. La « République exemplaire » que prônait Nicolas  Sarkozy  n’est pas démodée ! Cette nouvelle donne se poursuit par la défense de la  culture française dont Macron a été jusqu’à nier l’existence. Ce qui suppose que l’on réfléchisse sérieusement à la  place de l’Islam dans la République,  en ne niant pas sa prédisposition théocratique. Elle ne fait pas l’impasse non plus sur l’Europe, qui sera bientôt  à l’ordre du jour avec l’élection au parlement européen. L’Europe est  vitale  pour nous, mais il faudra se frayer un chemin entre  le fédéralisme à tout crin prôné par les centristes et par Macron et sa négation qui est le cheval de bataille des souverainistes. Une belle occasion pour les Républicains d’offrir une ligne équilibrée proche de la sensibilité majoritaire des français.

Voilà un chemin dont chaque pavé est une épine.  Il est possible de  mettre fin à la fracture démocratique et de rassembler à nouveau les  Français dans une grande aventure collective. Il suffit de sortir du culte de la personnalité, de soigner les plaies qui affaiblissent le pays et de parler directement au peuple en abandonnant les postures au profit d’un langage de vérité.

Y a qu’à… comme on dit !

 


QUE NOUS RESERVE 2018 ?

Année 2018

 

Nous voici à l’aube d’une nouvelle année.

Après 2017, qui aura vu la  fin d’un mandat  présidentiel calamiteux mais aussi la  catastrophe  électorale pour la droite et plus encore pour la gauche traditionnelle, la nouvelle année semble démarrer dans un climat plus porteur au moins sur le plan économique, grâce à une bonne croissance mondiale et européenne, dont la  France a fini par profiter. Cela n’empêche pas les défis à relever d’être nombreux, aussi bien internationaux que nationaux.

Le contexte économique international reste instable.

Le volet économique avec une reprise synchronisée de la  croissance, sans inflation et dopée par  une politique monétaire accommodante, a débouché sur une année exceptionnelle pour les  marchés financiers, générant embellie et euphorie. Mais c’est peut-être l’arbre qui cache la forêt. L’économie américaine se porte bien, mais le pays a  perdu son leadership  au profit de la Chine de Xi Jinping. Avec la réforme  fiscale qui devrait générer 140 à 150 milliards de dollars de baisses d’impôts par an pour les entreprises  les  plus riches, Trump  achète de  la croissance et des profits à  crédit au prix d’un gonflement supplémentaire de la dette, des bulles et des inégalités.

Avec 2018 s’ouvre  un nouveau cycle économique qui sera inévitablement marqué par le plafonnement des gains de productivité, la résurgence de l’inflation et la remontée, cette fois-ci  imparable, des taux d’intérêt avec la sortie progressive des stratégies d’assouplissement monétaire. Le risque de secousse financière s’accroît avec des effets potentiellement dévastateurs en raison d’un stock de dettes qui culmine à plus de 200 000 milliards de dollars, sans possibilité de réassurance du fait de l’épuisement des politiques budgétaires et monétaires.

Le contexte géostratégique ne vaut guère mieux.

Le  monde de 2017 laisse un paysage cahotique. La présidence Trump est désormais suspendue à un cartel de généraux qui s’efforcent de  limiter les dégâts d’un bateau ivre au gré des tweets et des procédures judiciaires. Le leadership américain est ruiné.

La Chine en a profité pour asseoir sa domination sur l’Asie-Pacifique,  et assume sa volonté de conquérir le leadership mondial, accentuant la  menace que font peser les démocratures (dictatures « démocratiques ») sur les  démocraties.

En Europe, le Royaume-Uni se réveille avec la découverte de la facture exorbitante du Brexit qui se traduit par une chute de la croissance, de la Livre, des revenus laminés par l’inflation, et par la  marginalisation du rôle de la City ; sans parler des  tensions avec l’Ecosse et l’Irlande. La percée des populistes en Allemagne, leur victoire en Autriche et en République tchèque, et les poussées nationalistes de Catalogne et de Corse, à quoi on peut ajouter l’évolution antidémocratique de la Pologne, mettent en grand danger la pérennité de l’Union.

La défaite militaire de l’Etat islamique n’annihile pas pour autant la menace djihadiste qui bascule vers l’Afrique et l’Asie tout en se redéployant sous la forme d’un réseau invisible dans les pays développés, faisant vivre ces derniers sous la crainte  permanente d’attentats meurtriers.

Enfin, le risque nucléaire est réactivé par le régime nord-coréen et les tweets hystériques du Président américains. Le tableau sera complet si on ajoute la dernière touche apporté par les périls issus du cyber monde qui a connu  plusieurs attaques majeures. Le développement des bulles financières sur les monnaies cryptées du type Bitcoin  doivent aussi nous interroger sur le devenir d’une planète dont les nations seraient privées du contrôle de leur monnaie avec  la perte de souveraineté qui en découlerait.

La France a ses propres défis à relever.

Macron a eu beaucoup de chance : il a  pu profiter d’un contexte inédit pour se  faire élire, et surfe sur une croissance dont il n’est en rien responsable, pas plus que son prédécesseur. Mais pourra-t-il durablement gouverner avec sa  posture de Janus : un discours qui s’adresse à la droite et une politique typiquement de gauche comme en témoigne le  budget 2018 ? Il a repoussé  les efforts sur les déficits et la dette à la fin de son quinquennat, sans savoir si la conjoncture restera aussi porteuse. Un pari risqué, d’autant plus qu’entre-temps la droite et la  gauche ne manqueront pas de se reconstruire, ce qu’il faut espérer pour l’équilibre de notre démocratie et de nos institutions. On va voir avec Notre-Dame des Landes « s’il en a », comme on dit.

Ses grands discours soviétiformes sur l’Europe et sur la lutte contre le réchauffement climatique se heurtent au mur des réalités et restent en apesanteur. Au moment où les Etats-Unis et le Royaume-Uni vacillent, la France devrait impérativement engager son redressement dans les  plus brefs délais, si elle veut réellement, comme son  président le proclame, promouvoir la communauté de valeur et de destin du monde libre, tout en assumant son  leadership intellectuel en matière de défense de la liberté.