QUAND LES « FAKE NEWS » SONT BIEN UTILES…
SEQUENCE JURASSIENNE...

CONJURER LA MENACE POPULISTE

Laurent Wauquiez

 

Le populisme continue de prospérer en Europe.

Il a été à l’origine du Brexit qui tourne pour le Royaume-Uni au cauchemar, avec instabilité politique à la clé ; l’Allemagne a mis plusieurs mois avant de former un nouveau gouvernement à cause d’une poussée de l’AFD ; en Autriche l’extrême-droite est entrée au gouvernement ; et maintenant l’Italie connait une campagne électorale de toutes les surenchères démagogiques avec un mouvement 5 Etoiles à près de 30% malgré la gestion calamiteuse de Rome par Virginia Raggi… Les démocraties restent minées par la déstabilisation des classes moyennes  -qui constituent leur socle sociologique et politique-  sous l’effet conjugué de la baisse de la mobilité sociale, des effets de la révolution numérique, de la déstabilisation des territoires, de la perte des repères culturels, de la peur de l’immigration et de la montée des menaces djihadistes… Chez nous, le naufrage de Le Pen n’a rien résolu. Pourtant le populisme est une impasse partout où il s’installe mais il reste à en convaincre les électeurs, et en France, où Marine Le Pen s’est complètement déconsidérée, la tâche n’est pas mince. Si les électeurs qui ont  voté « populiste » ne voient pas la vacuité du populisme, comme les malades qui n’accusent jamais leurs gourous pour l’inefficacité de leurs remèdes miracles, ils refusent de considérer ceux prescrits à travers les réformes dont les résultats paient.

Les réformes paient, mais …

La zone euro renoue avec la croissance, le chômage commence à diminuer, les pays méditerranéens bénéficient pleinement de leurs efforts, à l’image de l’Espagne où l’activité progresse de 3,1% et de la Grèce qui sort de récession. En vérité, ce sont les peuples et non les élites qui sont les premières victimes des populistes et les gagnants des réformes. Mais cela n’empêche pas qu’il existe un vrai danger que l’échec des populismes en nourrisse de nouveaux, plus radicaux encore, comme le montre la course aux promesses insensées en Italie. La difficulté pour la France, c’est que l’élection de Macron apporte une amélioration trop faible pour séduire cet électorat en déshérence, c’est que notre pays reste à la traîne des réformes qui lutteraient vraiment contre les racines du mal. Le signal envoyé par le renoncement à Notre-Dame des Landes, traduisant le mépris pour les Territoires et pour la démocratie, en est un exemple emblématique. L’option social-démocrate proposée par Macron n’est pas de nature à combler la vacuité populiste ni à en convaincre les électeurs.

En France, s’il existe une alternative, elle est entre les mains de la droite.

Avec l’éclipse du FN et du PS, Laurent Wauquiez est le seul à pouvoir construire un projet crédible de redressement réel, susceptible de faire recoller la France périphérique et les classes moyennes à un projet collectif. La tâche ne sera pas aisée, car les solutions exigent une dose plus forte de libéralisme et en France, le libéralisme fait l’objet d’un rejet puissant. Il faudra donc beaucoup de pédagogie, notamment pour convaincre les jeunes qu’on a vu contester une loi El Khomry sur le travail qui servait objectivement leurs intérêts en donnant de la fluidité sur le marché de l’emploi. Mais c’est toute une frange de la population qu’il faut ramener dans le giron de la logique de croissance, qui croit que le capitalisme « mondialisé » conduit à la dégradation générale des conditions de vie : environnement, épuisement des ressources, désertification des territoires, chômage, inégalités … alors que c’est au contraire les freins mis à tous les niveaux à la constitution du capital et à l’initiative privée qui en sont responsables, particulièrement en France. La vision social-démocrate du Président actuel obéit aux mêmes tropismes que celle de son prédécesseur : déshabiller les classes moyennes pour habiller les plus modestes sans créer de richesses nouvelles et poursuivre le mouvement de métropolisation. Redresser la France, c’est se donner les moyens de créer plus de richesses à partager. Voilà pourquoi il faut privilégier une croissance inclusive en investissant massivement dans l’éducation et l’innovation pour accompagner la révolution digitale, tout en restaurant la sécurité et ne cédant rien sur la défense de l’Etat de droit et des libertés. Bien évidemment, il faut en même temps renforcer la coopération au sein de l’Union européenne et même du G20, sans rien lâcher sur les repères identitaires dont les Français ont besoin pour se rassurer. L’offre politique de Laurent Wauquiez doit donc s’adresser en priorité aux Français des classes moyennes et de la France périphérique qu’il s’agit de remobiliser sur des thèmes simples : plus de liberté c’est plus d’emplois, l’équité fiscale, l’égalité des territoire, la défense de notre culture en tous lieux, une Europe de la raison et des projets lisibles.  

 

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