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LE BITCOIN : NOUVELLE FOLIE !

Bitcoin

Savez-vous ce qu’est le « Bitcoin » ?

C’est une monnaie virtuelle ce qui veut dire qu’elle n’existe  pas comme monnaie « sonnante et trébuchante ». Souscrite et échangée sur un réseau crypté, on peut  l’acheter maintenant dans des boutiques et on peut s’en servir  pour faire des achats sur quelques plates-formes numériques. Elle n’est émise  par aucune banque centrale et n’existe que par rapport  à une communauté du web ce qui lui confère une valeur hautement volatile. C’est avant tout une monnaie spéculative :  on achète du bitcoin dans l’espoir de faire une grosse plus-value et comme les transactions se font sur  le  « shadow marché », elles échappent à  toute imposition. Le bitcoin vaut désormais  plus de 10.000 dollars. Dix fois plus qu'au début de l'année ! Comment expliquer une telle progression ? Deux experts donnent leur avis.

Jean Tirole.

Dans une tribune au « Financial Times », l'économiste français, prix Nobel en 2014, s'inquiète de la montée en puissance de la cryptomonnaie, et a décidé de prendre la plume et d'exposer ses craintes sur un phénomène qu'il qualifie de « pure bulle » financière. Il s'inquiète de la frénésie qui s'est emparée des particuliers et des acteurs financiers et pose une série de questions sur la soutenabilité et l'intérêt économique du bitcoin et des cryptomonnaies. Pour le chercheur, qui rappelle que le bitcoin a vu sa valeur être multipliée par 30.000 depuis 2011, la monnaie virtuelle est une bulle financière. C'est un « actif sans valeur intrinsèque », rappelle-t-il, soulignant l'absence de réalité économique derrière le  Bitcoin lancé en 2009. Et surtout, il  prévient que rien ne protège les particuliers et les acteurs financiers d'un éventuel effondrement : « Son prix pourrait tomber à zéro si la confiance dans le système venait à disparaître. » Et si Jean Tirole reconnaît toutefois que « certaines bulles », comme celle de l'or notamment, n'ont jamais explosé, c'est pour rappeler qu'il n'en ferait pas le pari, avec ses « économies ». Pour lui, la démesure du phénomène se retrouve notamment dans l'explosion des levées de fonds en cryptomonnaies. Celles-ci ont dépassé les  3 milliards de dollars en 2017.  « Annoncées comme un instrument de désintermédiation financière, les « ICO » négligent les fondamentaux de la finance : l'utilisation d'intermédiaires fiables et bien capitalisés pour suivre les projets ». Mais outre la question de la réalité financière du phénomène Bitcoin, l'économiste, s'interroge aussi sur le rôle « social », selon lui, « insaisissable » de la monnaie 2.0. Pour le Nobel 2014, la création de monnaie devrait bénéficier à « la communauté » à travers un gouvernement, qui dirige un budget. « La création monétaire fournit traditionnellement au gouvernement des ressources supplémentaires. » Au lieu de ce système, on assiste, selon le chercheur, à une privatisation de la monnaie. « Les bitcoins sont concentrés dans des mains privées ». Ce qui pose aussi la question des politiques publiques « pour quiconque voit la monnaie comme un complément nécessaire aux économies de marché ». Une monnaie pour jouer avec le feu en quelque sorte et qui n’alimente en rien l’économie réelle.

Jean-Marc Vittori.

Pour l’économiste et chroniqueur régulier des Echos la flambée de la cryptomonnaie peut s'expliquer par la découverte d'un gisement de richesses incroyablement prometteur, ou par la formation d'une bulle. D’après lui, le premier motif est a priori exclu. Le Bitcoin, cette monnaie électronique décentralisée qui circule sur les réseaux informatiques, existe depuis près d'une décennie. Aucune percée majeure cette année ne saurait justifier une telle poussée des cours : le bitcoin est une formidable bulle, qui va éclater un jour ou l'autre comme toutes les bulles. Jean-Marc Vittori avance cinq raisons pour expliquer cette flambée : La première est l'attrait de la nouveauté qui se développe après plusieurs années de diffusion, dans ce qui ressemble à une première maturité. La deuxième raison est l'appât du gain : sur des marchés financiers où les obligations ne rapportent pratiquement rien et où les actions semblent déjà chères, beaucoup d'investisseurs et d'épargnants ont logiquement envie de placer une petite partie de leur argent sur des placements qui les font rêver, même s’ils sont à haut risque. La troisième raison, qui est apparue cette année, est le succès des « ICO », ces levées de capitaux où des actions d'un nouveau genre, les « jetons numériques », sont vendues en cryptomonnaies comme le Bitcoin. D'où la quatrième raison : une demande très forte sur une offre à base étroite, de moins de 200 milliards de dollars - moins du quart de la valeur d'Apple, ou la masse monétaire d'un petit pays. Il existe aussi une cinquième raison qui est d'une autre nature et ne peut pas se mesurer : c'est le recours intensif au Bitcoin pour faire des opérations de fraude ou de blanchiment.

L’émergence d’un nouvel ordre monétaire ?

Les deux analystes financiers semblent se rejoindre pour constater l'émergence d'un nouvel ordre monétaire, radicalement différent de celui qui s'est instauré depuis des millénaires. La frappe de la monnaie a toujours été une marque de pouvoir. Ces trois derniers siècles, ce pouvoir a été centralisé par les Etats, qui l'ont délégué récemment aux banques centrales. Mais la société numérique qui s'amorce est organisée très différemment. Même si leur rôle est indispensable, les Etats auront du mal à y résister comme on le voit déjà avec la levée de l'impôt, auquel les géants du numérique échappent trop facilement. Des monnaies numériques, en concurrence, avec des usages très différenciés, constituent sans doute un horizon logique de ce nouveau monde. Les banques centrales pourront bien sûr émettre leurs propres monnaies électroniques, mais elles ont perdu de leur crédit ces dernières années, avec les politiques « non conventionnelles », en créant des immenses masses d'argent pour lutter contre les dégâts de la crise financière. La « blockchain », cette gigantesque base de données décentralisées où toutes les transactions sont enregistrées et accessibles au public, est une véritable révolution, nous prévient Marc Fiorentino : «  Aujourd'hui, tous les acteurs sérieux de la finance travaillent sur le sujet. Les monnaies virtuelles en général se sont également inscrites dans le paysage financier. Et elles vont y rester. Elles ne vont plus disparaître. Elles ont leur utilité, certains pays comme le Japon les adoptent, toutes les banques centrales travaillent sur le sujet et on se demande si à terme chaque monnaie réelle n'aura pas sa e-monnaie, sa monnaie virtuelle. On ne peut plus aujourd'hui balayer ces sujets en disant que c'est une escroquerie et que tout va disparaître du jour au lendemain ». Mais aujourd'hui c'est le far-west le plus total. Par essence on est dans un marché sans aucune réglementation, sans aucun encadrement, d'une opacité totale et dont on sait pertinemment qu'une partie de l'utilisation est frauduleuse. Et nul ne sait quelles monnaies survivront demain, le Bitcoin, l'Ethereum ou des autres centaines de monnaies virtuelles existantes. Dès lors, on aura à court terme des accidents, des explosions de bulles. C'est normal, c'est la règle dans toute innovation.

Le succès du Bitcoin traduit peut-être une fuite en avant de la monnaie version XXIe siècle. Ainsi, la capitalisation totale du Bitcoin s'élève à environ 180 milliards de dollars. Une hausse qui ne semble pas prête de s'essouffler quand on lit certaines projections sur le cours de la cryptomonnaie. Un analyste prédit un Bitcoin entre 50 000 à 100 000 dollars dans les six à 18 mois, sans qu’on puisse en être certain. On comprend que les Français qui ont des liquidités se jettent dessus pour fuir leur enfer fiscal. Ce qui est certain c’est qu’il est impossible de se faire une opinion sur sa valeur tant le trading est ultra spéculatif. Au point que certaines plateformes (de trading) ont arrêté de proposer des produits dérivés sur le Bitcoin, un peu effrayées par les volumes et par la volatilité. Il vaut peut-être 50 ou 100 000 dollars…  ou zéro !

Sauf que l’explosion de la bulle, comme celle des assignats en son temps, pourrait refroidir les ardeurs pour un bon moment. Les répercussions économiques ne sont guère à craindre étant donné la déconnection de la monnaie virtuelle avec le réel. Quelques spéculateurs ruinés, bah, ça leur fera les pieds !

 


LA FAUSSE DROITE ET LA VRAIE DROITE

La liberté guidant le  peuple bisLa Liberté guidant le peuple

 

Un groupe de quelques dissidents qui disent encore  appartenir aux Républicains vient de créer un parti : « Agir ».  Curieusement, il n’y aura pas  besoin de cotiser  pour adhérer  et on y acceptera la double appartenance avec LR. C’est dire si les fondateurs sont sûrs d’eux !  Déjà au départ, ils ne sont pas capables  de se mettre d’accord, puisque la direction sera provisoire et collégiale et trois d’entre eux, et non des  moindres, ont préféré partir à LREM. Autrement  dit, ils sont incapables  de se faire confiance et de se répartir les rôles.  On ne peut pas dire que Frank Riester ait vraiment réussi son coup. Il  a beau proclamer qu’un large espace existe à droite entre Macron et LR, j’ai bien peur qu’il n’existe que dans son imagination  et ce n’est pas avec un parti mort-né, qu’il pourrait l’occuper, quand bien même il réussirait à le faire exister, sans élus et sans moyens financiers.

« Agir » c’est une fausse droite.

C’est la droite de l’impuissance,  celle qui s’est toujours couchée. Elle agite aujourd’hui des mots, comme  une litanie, mais court après une politique de gauche social-démocrate. Ce sont des gens qui ne savent plus où ils habitent. Leur argumentaire  tourne en rond : « il faut que Macron réussisse pour éviter demain les extrêmes ». Ils ne voient pas que la politique du gouvernement actuel n’est que le  prolongement de celle du mandat précédent, avec les mêmes technocrates et quelques ajustements pour redonner un peu d’air aux entreprises sans lâcher l’emprise sur elles.  Et elle ne peut qu’échouer, les mêmes causes  provoquant toujours les mêmes effets : déficits, dette, chômage  … Pire, ils refusent de voir le mouvement de fiscalisation généralisée qui va centraliser entre les mains d’un état déjà omnipotent et obèse le financement des collectivités territoriales, l’assurance maladie et l’assurance chômage.  On ne peut accepter ça et se dire de droite !

La vraie droite a enfin changé de logiciel.

Ce que les commentateurs n’ont pas compris, c’est que la droite a enfin changé de logiciel. Ceux-ci restent dans l’extase macronienne et le déjà vieux discours qui sert les intérêts de Macron : tout ce qui est  à droite et qui ne se reconnait  pas dans l’action du président court après Le Pen ou appartient au « vieux monde ». Simpliste et usé.  Ils refusent de voir dans la majorité présidentielle ce ramassis d’incompétents et d’opportunistes qui n’en sont pas à une contradiction près de Bruno Le Maire à Olivier Dussopt qui défendent un jour ce qu’ils dénonçaient hier, avec la même ardeur. Plus intéressés par les postes que par les convictions !  En fait, la  droite a tiré les leçons de sa défaite  et on s’en apercevra  bientôt. Le discours de Wauquiez n’est pas ringard.  On voudrait le réduire à celui d’un FN bis, ce qui est évidemment une caricature commode. Il a, en effet, décidé de s’adresser à ces deux électorats qui, cumulés approchent les 50%, les Français qui ont voté François Fillon et ceux qui ont voté Marine Le Pen. Où est le crime ? On a compris : il devient dangereux s’il réussit à convaincre. Sauf que son discours est neuf : sur  les aspirations du peuple de droite,  sur la sécurité, sur les territoires, sur la culture française,  sur l’Europe,  sur l’économie,  parce qu’il privilégie le concret. Il a choisi la cohérence, et veut s’appuyer sur ce que la droite représente en termes de valeurs, d’idées, d’engagements. Toutes conditions nécessaires à la reconstruction. Le consensus viendra après. Les  ateliers de la refondation ont démontré qu’il existe  bel et bien une dynamique intellectuelle chez les Républicains, savamment occultée par la macronie et les médias. Mieux,  même, ils donnent une feuille de route au futur vainqueur de l’élection. La droite dispose d’un socle de pensée solide.

Le renouveau est en marche.

Ces commentateurs  ne veulent pas  voir non plus cette génération montante,  pourtant bien visible s’ils voulaient ouvrir les  yeux, de jeunes élus LR qui n’ont pas froid aux yeux et dont les convictions sont rafraîchissantes. A côté des jeunes intellectuels, économistes et philosophes, qui alimentent la réflexion, les Républicains disposent de nombreux jeunes élus, issus des dernières élections locales.  Elevés au sirop de la radicalité d’une gauche donneuse de leçons, ils ont le verbe haut et n’ont pas froid aux yeux. Ils l’ont affrontée et souvent vaincue, quand ce n’était pas le Front National. Dans les  assemblées où ils sont élus, nationale ou territoriales, ils se font remarquer par leur verve, leur engagement et la qualité  de leur travail.  C’est Othman Nasrou, remarqué par Valérie Pécresse, qui préside le groupe LR de la Région Ile de France, c’est Maël de Calan, élu de Roscoff qui n’a pas peur de briguer la présidence de LR, c’est Fabien Di Philippo, député de Moselle, Aurélien Pradié, député du Lot, qui sont les « turbulents » de l’Assemblée  pendant les prises de paroles de LREM,  c’est Emilie Bonnivard députée de Savoie, soutien de Laurent Wauquiez et pour qui les « idées doivent guider le mouvement et être portée par une voix forte »,  c’est encore Christine Lavarde, sénatrice des Hauts de Seine, qui s’est permise de coller le rapporteur du budget… J’en passe. Pour ces trentenaires  « la ruralité n’est  pas un gros mot et la France périphérique n’est pas un produit marketing » ! Ce n’est pas le moindre des paradoxes : dans ce paysage bouleversé, la droite se réveille avec des atouts. En plus du renouvellement de ses élus, elle peut compter aussi sur son solide réseau territorial de régions, départements, grandes villes. Les Républicains sont représentatifs de la France des territoires et c’est ce qui va les sauver.  Aucun autre parti n’est dans la même  situation. Cela donne une assise solide pour la reconquête. Entre Macron et l’extrême droite, il y a place pour une  « droite  assumée qui n’a pas peur de son ombre et qui porte fièrement le drapeau de ses valeurs » (dixit Flora  Sabbagh, présidente des Jeunes Républicains des Yvelines, 23 ans).

 


DRÔLE D’EPOQUE !

Haddock cons BIS

La République selon Macron

Drôle de  République, oui ! Voilà comment on arrive en donneur de leçons qui va tout révolutionner  pour faire … pire qu’avant. Nos  institutions en prennent un sérieux coup.  Voilà le parti  majoritaire  à l’ Assemblée nationale  qui élit son dirigeant, déjà désigné d’office, par un vote  à mains levées comme au bon vieux temps de « Tintin chez les soviets » et le guignol ainsi adoubé  va rester au gouvernement et aura en charge  les relations avec le parlement. Ainsi le chef du groupe majoritaire est aussi celui  qui est en charge de dialoguer avec les autres, du jamais vu.  Voilà un curieux remaniement qui installe au gouvernement un député socialiste proche de Hamon,  qui n’a pas voté le  budget,  qui a  traité récemment Macron de « connard », et qui se retrouve à Bercy, au budget,  justement. C’est Darmanin qui doit  être content, il va découvrir encore mieux ce que c’est que d’être de droite « et » de gauche. Episode que j’intitulerais volontiers : « Les délices de Machiavel ». Voilà les « exclus » de LR qui font enfin « leur coming out ». Je ne veux pas parler de leurs préférences sexuelles mais de l’adhésion à « En Marche » de Solère,  Lecornu et Darmanin. Une clarification  qui pose un problème : du coup tous les questeurs de l’Assemblée nationale appartiennent au même parti,  ce qui est contraire  à  toutes les traditions républicaines. Solère devrait avoir l’honnêteté de démissionner, sauf à être un vrai « pourri ». La  France devient une république bananière.

La taxe d’habitation.

Si la réforme n’est pas invalidée par  le Conseil constitutionnel,  et que vous faites partie comme moi des  malheureux qui n’y échapperont pas,  vous allez être punis quatre fois.  D’abord en continuant de la payer, puis, comme l’Etat va  attribuer une dotation compensatoire à votre commune, avec vos impôts, vous paierez pour vos voisins exonérés. Ensuite, il est fort probable  que la commune ajuste  à  la hausse le taux de la taxe d’habitation restante pour faire  la soudure, et enfin, il y a gros à parier que la taxe foncière en prendra aussi un coup. On ne peut pas faire  plus inéquitable. Et quand j’entends comme vendredi, sur un plateau  télé, un partisan macronien expliquer que c’est un impôt injuste  parce que celui qui a 10 000€ et celui qui en a 1 000, paient la  même  taxe,  je me dis qu’ils ont le cerveau rétréci  pour tenir un raisonnement aussi imbécile. En effet, la taxe d’habitation est fonction de l’habitat qu’on occupe et finance l’accès à des services ouverts  à tous. Chacun doit être libre de choisir son mode de vie : un  pauvre préférer faire des sacrifices  pour sa maison, un riche vivre dans une cabane de jardin …  Il y a suffisamment de prestations mises sous condition de ressources.  Vous allez voir que ces gens-là vont nous mettre demain le prix du m3 d’eau en fonction des revenus. Mais inquiétez-vous davantage puisque le Garcimore qui nous gouverne veut créer un nouvel impôt  plus « juste » pour financer les  collectivités. On peut craindre le pire ! En effet, en France, la  justice fiscale ce n’est pas faire participer tout un chacun à raison de ses facultés contributives, comme le prévoie la Constitution, c’est quand seuls les « riches » paient. Sauf que les riches en question sont de moins en moins nombreux et de moins en moins riches.

Dette publique

L’Europe rappelle la  France à son devoir   : elle doit impérativement diminuer sa dette et émet des réserves évidemment justifiées sur le budget 2018. La croissance permettra peut-être de rester à la limite des 3% de déficit prévus par le traité.  Mais le pays est loin du compte sur le front de sa dette qui s’élève aujourd’hui à 96,9% du PIB  alors que le plafond du traité est à 60% ! (Moyenne de la zone euro 87,2%) Ce que Bruxelles voit bien, c’est  que l’effort « structurel » (en clair, le vrai effort) pour la construction du budget est en recul important par rapport aux années précédentes, malgré les divers « habillages » sapinesques. Et au rythme où sont dépensées les rentrées supplémentaires de TVA pour financer divers ajustements qui seront votés en seconde lecture par l’AN, l’objectif risque de ne pas être atteint.  Une faiblesse malvenue au moment où Macron voudrait pousser ses ambitions  de réforme : l’Allemagne et les Pays d’Europe du Nord pourraient bien lui opposer  le manque de volonté budgétaire. Autrement dit « commence par te réformer toi-même » ! Le fait que l’Italie  soit endettée à 131% du PIB n’est  pas une excuse. Néanmoins, c'est une source d’inquiétude supplémentaire pour l’Union européenne. Une bonne nouvelle, (enfin presque), pour terminer : les Etats de la zone euro vont lever un peu moins d’argent sur le marché obligataire  en 2018 : 860 milliards tout de même. La BCE (Banque Centrale européenne) prévoit donc d’alléger ses interventions, ce qui provoquera inévitablement le retour à la hausse des taux d’intérêt.

RAF (Rien à F…)

Stéfanini,  le directeur de campagne de Fillon qui a abandonné la campagne en … rase campagne publie un bouquin sur les dessous de la Bérézina. Trop tard et hors sujet. Et même immoral : il compte se faire du fric sur le dos de la bête abattue. Je ne risque pas d’acheter.

Le « black friday » se termine enfin. Ras-le-bol de  toutes ces pubs qui ont envahi mes écrans depuis quinze jours ! Rien que l’expression me hérisse : anglicisme plus couleur synonyme de mauvais souvenirs boursiers.

Un enseignant est poursuivi pour avoir eu des « relations » avec une mineure de 14 ans. C’est bien sûr, hautement condamnable quand on occupe cette fonction. Mais que voulez-vous, quand l’exemple vient d’en haut … ?

Les  « con-structifs » d’Agir n’ont pas de mots assez durs pour stigmatiser Laurent Wauquiez,  prétendant que  les  idées libérales, sociales, européennes, humanistes et réformistes sont menacées. Frédéric Lefèbvre est l'un des plus vindicatifs : il  a  pourtant oublié qu’il a été, en son temps, un porte-flingue sans nuances de la Sarkozie.  Ce qui manque à ces gens-là, c’est  l’honnêteté. Sont même pas foutus de s’entendre entre eux, en plus ! Je rassure nos amis : ce sont des affirmations gratuites sans fondement. J’ai fait toute ma carrière à l’UDF avant l’UMP et je reste aux Républicains, et ils me donnent encore plus envie de voter Wauquiez.

L’épidémie de gastro se propage : lavez-vous les mains plus souvent !

 


LES LIBERAUX AVEC WAUQUIEZ

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 Je vous fait partager ce courrier de Virginie Calmels,  car elle représente au mieux ce en quoi je crois !
                                                                                                              


Virginie CalmelsLes Universités de la Liberté de samedi dernier ont connu un franc succès
. D'abord par le nombre de participants mais également par la qualité des idées qui ont émergé lors des échanges avec les intervenants.

Ce succès, je vous le dois !
Depuis le lancement de DroiteLib' vous me faites confiance, ce qui me donne chaque jour l’énergie de défendre nos idées libérales. 

En septembre dernier, j’ai accepté la main tendue de Laurent Wauquiez. J'ai pu vous l'expliquer, cette décision est le fruit d’une volonté sincère de rassemblement pour rebâtir la droite. Par ce choix, j’ai souhaité pouvoir porter au plus haut au sein de notre famille politique la voix libérale. 

Lors de ces Universités de la Liberté, Aurélien Véron, président du Parti Libéral Démocrate et Pierre-Gilles Tronconi, président d'Ecologie Bleue, ont soutenu cette démarche.
À l'occasion de cette dynamique de rassemblement, nous avons annoncé la formation d’une fédération des Libéraux que j'aurai l'honneur de présider, et qui regroupera sur une même plateforme, DroiteLib', le Parti Libéral Démocrate et Ecologie Bleue.

Demain, les Républicains devront construire un projet crédible pour la France auquel nous, les Libéraux, souhaitons contribuer.

Nous avons ainsi interrogé Laurent Wauquiez sur la place et le rôle des Libéraux qu'il souhaiterait accorder au sein des Républicains de demain s'il venait à remporter les élections internes. Voici l'une de ses déclarations : « La droite ne se réveillera qu’avec de l’audace, pas en faisant dans la demi-mesure. Je veux que nous nous projetions vers l’avenir et le libéralisme, qui fait partie de notre corpus idéologique. Je souhaite une complémentarité entre modérés, conservateurs et libéraux, nous avons besoin de tous." 

Parce que le libéralisme est l'un des seuls modèles qui n'a pas jamais été appliqué en France, 
Parce que le libéralisme est une des valeurs mise en avant par les ateliers de la refondations des Républicains,

Je sais que les Libéraux auront toute leur place dans la reconstruction de la famille politique de la droite !

                                                                                                          Virginie Calmels

 

 

 

Communiqué droite lib


L’ALLEMAGNE EN PANNE POLITIQUE

Merkel sceptique

 

Le recours à la coalition à ses limites.

Il est le résultat d’un mode de scrutin, n’oublions pas de le rappeler.  Après deux mois de négociations avec les libéraux et les Verts, la chancelière Angela Merkel, au pouvoir depuis 12 ans et dont le parti, la CDU-CSU, a remporté les élections législatives de septembre, sans avoir la majorité, n’a pas réussi à former un gouvernement de coalition. Le renouvellement de la coalition gauche-droite, tant vantée, avec le SPD, n’a pas pu être envisagé une nouvelle fois. Arrivé deuxième aux élections de septembre, le SPD estime que sa longue coopération avec la droite de Mme Merkel l’a affaibli et qu’il a perdu des suffrages et des effectifs. Il espère se refaire une santé dans l’opposition. Il a  bien fallu envisager  une autre solution. L’idée est donc née de faire un attelage à trois : CDU-CSU, libéraux du FDP et Verts, dite « jamaïcaine », nécessaire  pour avoir une majorité. Ce scénario vient de se fracasser.

L’intransigeance du FDP.

LE FDP, parti libéral, a fait tellement monter les enchères que l’accord  était devenu impossible, plongeant l’Allemagne dans une crise politique sans précédent. Le rôle joué par le FDP, qui a été écarté du pouvoir il y a quatre ans au profit d’une grande coalition CDU-SPD, a été très néfaste, comme s’il souhaitait faire payer à la Chancelière son choix précédent. Celui-ci n’était  pourtant que   le résultat de son faible  score. Son président, Christian Lindner  a donc estimé qu’il « vaut mieux ne pas gouverner que gouverner mal ». En fait, par son opposition têtue à une collaboration avec les Verts, il n’a fait que souligner la capacité de nuisance acquise par l’AfD. Ce parti nationaliste a littéralement bloqué le fonctionnement des institutions, ce qui lui confère une force de nuisance exceptionnelle, pour un résultat électoral certes inattendu mais trop médiocre pour qu’il puisse briguer le pouvoir.

La suite  est compliquée.

La chancelière peut décider de procéder à de nouvelles élections, mais les sondages montrent qu’une seconde consultation produirait des résultats identiques, avec une extrême droite (Alternative für Deutschland, AfD) assez forte en nombre pour continuer à torpiller le jeu des alliances. En outre, de telles élections ne pourraient avoir lieu que dans quelques mois, ce qui contraindrait le gouvernement de Mme Merkel à expédier les affaires courantes, au moment où Emmanuel Macron multiplie les efforts pour « refonder » l’Europe. Elle va consulter le président de la République, Frank-Walter Steinmeier, dont le rôle, en cas de crise politique interne, est essentiel. Mais il ne peut exercer son pouvoir de persuasion que sur le SPD, en lui lançant un appel, et avec lequel la chancelière peut former une coalition presque aussi puissante que pendant les quatre années écoulées… Ce qui est en jeu, c’est d’abord l’excellente gestion de l’économie allemande, qui fait la force de l’euro, et c’est aussi l’avenir de l’Europe que la France de Macron ne peut évidemment assurer seule.

Les inconvénients de la proportionnelle.

La crise est donc assez grave, avec un possible départ de la chancelière actuelle et de nouvelles élections, événements qui affaibliront durablement le pays le plus solide, sur les plans institutionnel, industriel et politique, de l’Union européenne.  On a le sentiment que le revanchisme du SPD, l’insuffisance des concessions faites par les Verts, la jubilation de l’AfD, tout concourt à faire de l’Allemagne un pays secondaire. Or les partis allemands de gouvernement se retrouvent tous sur des points essentiels : l’Union européenne, l’euro, le système économique qui a donné d’excellents résultats. Ce n’est pas la faute d’Angela Merkel si, une fois de plus, elle est arrivée en tête. Les autres partis devraient accepter le verdict  des urnes.  En se dressant contre elle, ils portent atteinte à l’esprit même du processus démocratique. Le SPD éprouve peut-être un grand plaisir à se faire prier par la CDU, il se réjouit peut-être du désespoir de ceux qui l’ont encore battu aux élections législatives, mais il devrait se demander si, en jouant ainsi avec le feu, il ne compromet pas à la fois l’Allemagne et l’Europe. Voilà ce qui arrive quand le mode de scrutin accorde à quelques roitelets de parti une importance disproportionnée avec la réalité de leur base électorale.  Inutile de rappeler ici les vertus du scrutin majoritaire à deux tours, qui ne permet pas de crise de ce genre.

 


PUISQU’IL EST HEU-REUX !

Édouard Philippe

 

« Heu-reux ! »... comme le  cantonnier de Fernand Reynaud

C’est la une du magazine Les Echos en parlant d’Edouard Philippe. Il est  bien le premier à occuper Matignon avec un tel sentiment. Difficile de juger pourquoi. D’habitude, on en parle plutôt  comme d’un enfer. Peut-être de  l’inconscience, comme celle qui le conduit à ne pas mesurer les dégâts que sa nomination a provoquée dans notre famille politique et nos électeurs. Au moins a-t-il la lucidité de penser que ce poste, il ne l’aurait  jamais eu, même en cas de victoire de son mentor Alain Juppé. Et pour cause : si on l’aurait bien vu  comme Secrétaire d’Etat aux Affaires maritimes, un poste fait pour le Maire du Havre, tout le monde peut constater qu’il flotte  dans un costume un peu trop grand pour lui. S’il se voit en chef d’orchestre, alors c’est celui de l’harmonie municipale, parce qu’il n’a rien d’un Karajan. Enfin, puisqu’il se dit  « heu-reux », laissons-le à ses  béatitudes. N’est-ce pas « mon poulet » !

Deux options, et alors ?

Plus intéressantes sont les informations que l’article nous livre sur les dessous de sa nomination à Matignon. Tout serait venu d’un bureau politique mouvementé chez Les Républicains où les  participants n’avaient pas pu se mettre d’accord pour un appel unanime pour le second  tour après l’élimination de François Fillon. Deux lignes s’affrontaient : les partisans d’un appel en faveur de Macron, et ceux qui souhaitaient prôner  l’abstention ou  le simple appel à faire barrage à Marine Le Pen. A ce  moment-là, le risque de  l’élection de cette dernière était faible, mais réel. Risque qui s’amenuisa considérablement après le « face-à-face ». Fallait-il pour autant, comme Edouard Philippe l’a fait, se précipiter en compagnie de Thierry Solère, et le soir même, chez  Macron, qui, tel un renard tapis sous les branchages, n’attendait que ça. Un coup de tête sous l’effet de la colère. On connait  la  suite, même les conseils de prudence d’Alain Juppé n’y firent rien. A aucun instant, les deux protagonistes ne se sont posé la  question de savoir ce que souhaitaient les électeurs de la droite. Or, ils étaient très partagés. Autrement dit, les deux options qui s’affrontaient avaient des arguments recevables. A aucun moment il n’y a eu de volonté de quiconque de favoriser l’élection de Marine Le Pen. Ils auraient dû le prendre en compte, mais non. D’ailleurs, c’est une querelle sans intérêt parce que les électeurs n’en ont fait qu’à leur tête. C’est donc un faux débat devenu un prétexte pour valider une démarche d’ambition personnelle. Ce qui fait qu’elle constitue bien une trahison puisqu’elle plantait un coup de couteau dans le dos à leurs propres amis à la veille des Législatives. Elle serait intervenue après eût été différent. Sauf qu’elle perdait tout intérêt pour l’hôte de l’Elysée qui  aurait alors négocié avec une représentation de la droite beaucoup plus fournie.  Et donc la nomination d’un premier ministre différent.

Le piège du vote par défaut.

J’ai voté Macron. Non par adhésion à un programme que je n’approuvais pas, mais pour  être certain que l’extrême droite ne prendrait pas le pouvoir. Ce n’est pas sans avoir beaucoup hésité, persuadé que cette éventualité avait pris  beaucoup de plomb dans l’aile après le débat. Mes amis Républicains autour de moi se sont abstenus ou ont voté blanc. Personne n’en a voulu à personne. Chacun a choisi ce qui lui  paraissait le mieux à faire. Et  certains de nos leaders nationaux qui continuent de faire le reproche à ceux qui ont refusé d’appeler à voter Macron feraient bien d’adopter la même attitude de respect et de bienveillance. Sauf qu’aujourd’hui, quand je vois le petit chef à la manœuvre, je regrette de lui avoir apporté ma voix d’autant plus que je dois subir une politique que je n’approuve pas. Et je ne devrais même pas m’en plaindre ! Le fait qu’il ait nommé un Ministre de l’Education qui fait du bon boulot met un peu de baume sur la plaie, mais n’empêche pas de voir le reste. Les  petites  manœuvres pour diviser la  droite, les  demi-mesures, la saignée fiscale à nouveau… sans qu’on  touche aux fondamentaux de l’excès de dépenses et de gonflement de la dette.  Cela fait beaucoup à supporter. Par conséquent, pour moi les « Constructifs » continuent d’être dans l’erreur et je les juge sévèrement. Quant à tout faire pour que Macron réussisse, ce sera sans moi, persuadé que sa  politique mène à une impasse. Cela n’empêche pas  de  souhaiter le meilleur possible pour la France puisqu’on a un premier ministre heu-reux !

Plus que jamais, nous avons besoin d'une droite solide.

 


ECONOMIE : TOUR D’HORIZON

Planche à billets

 

Subprime : le retour !

Vous avez aimé la crise des « subprime » immobiliers ? Vous allez adorer celle des « subprime » autos. C’est la Réserve fédérale de New York qui tire le signal d’alarme. Elle constate que les ménages américains ne cessent de s’endetter, comme aux plus beaux jours de 2003-2008. Leur dette totale (immobilier, prêts étudiants, cartes de crédit, prêts auto) tutoie désormais les 13.000 milliards de dollars, un record. Plus inquiétant, la proportion de prêts « subprime », accordés aux ménages les moins solvables, grandit à vue d'oeil. Notamment dans les crédits auto, où ils représentent un quart des emprunts. Des crédits accordés en majorité par des fabricants ou des concessionnaires. Autrement dit des acteurs qui ne sont pas soumis aux mêmes réglementations que les banques. Cela ne vous rappelle rien ?

La faillite du Vénézuela se précise.

Taux à 10 ans dépassant les 50 %, Bourse en hausse de 2.500 %, CDS, inflation… La situation financière du Venezuela est sans précédent. Après plusieurs mois de crise, le Venezuela, pays longtemps le plus riche d'Amérique latine, a été  déclaré en défaut partiel sur sa dette. La dette obligataire du Venezuela s'élève à 63 milliards de dollars : 36 milliards ont été émis par l'Etat et 27 milliards par sa compagnie pétrolière PDVSA. La dégradation des finances publiques, les émeutes, la menace d'une faillite ont propulsé l'inflation à des niveaux stratosphériques. Alors que la hausse des prix dépasse à peine la barre de 1 % en Europe, elle sera de 950 % pour 2017. Face à ce phénomène, certains commerçants ont arrêté de compter les billets, et  les ont pesés à la place. En raison d'une telle hausse des prix, et de  l'effondrement du Bolivar, la Bourse de Caracas a fait office de placement refuge : elle a pris 2 481 % en un an !

Le Japon va mieux.

Seize ans que le Japon ne nous avait pas habitué à cela. Le produit intérieur brut (PIB) de la troisième économie mondiale a progressé de 0,3 % au troisième trimestre, signant son septième trimestre d'expansion d'affilée, selon des chiffres préliminaires publiésdernièrement. Jamais depuis le début du millénaire, le Japon n'avait connu une aussi longue période de croissance ininterrompue.

L’Europe n’est pas en reste.

La Commission Européenne a revu très largement à la hausse ses prévisions de croissance pour 2017. Ce sera 2.2% et non les 1.7% initialement prévus pour la zone euro et 2.3% au lieu de 1.9% pour l'Union Européenne. C'est une excellente nouvelle. Du jamais vu depuis dix ans.

Des billets transformés en bitcoins.

Aux Pays-Bas, des distributeurs de billets acceptent de grosses sommes d'argent liquide pour créditer le portefeuille virtuel des clients en bitcoins. Ceux qui en vendent peuvent percevoir des euros sonnants et trébuchants. Mais la prolifération de ces automates inquiète sérieusement les autorités du royaume. Le bitcoin reste un placement à haut risque aux variations extrêmement dangereuses.

L’endettement mondial.

Il  en est des crises comme des glaciations : plus on s’éloigne de la dernière,  plus on se rapproche de la prochaine. La prochaine crise viendra de l’excès de dette, et elle sera mondiale. Il y a un indicateur qui ne s'est guère amélioré depuis la crise de 2008 : celui de l'endettement mondial. Il s'est même largement aggravé. Les Etats ont massivement emprunté pour relancer l'activité, les entreprises ont profité à plein de l'argent gratuit, les ménages ont continué d'acheter à crédit. Résultat : l'endettement n'a cessé de se creuser. La montagne de dette avoisine désormais les 135 000 milliards de dollars - un nombre à 15 chiffres - selon le Fonds monétaire international, qui  tire le signal d'alarme et qui craint ouvertement que le paquebot de la croissance mondiale finisse par se fracasser sur cet iceberg. L'équilibre tient aujourd'hui grâce à l'abondance d'argent dans le système financier. Du pain béni pour les Etats, qui sont nombreux à vivre au-dessus de leurs moyens à peu de frais. Mais le monde est en train de changer. Les grandes banques centrales mettent fin à l'ère des taux zéro et des gigantesques plans de rachats d'obligations. Elles sont bien placées pour savoir que les crises viennent toujours d'un excès de dette.

La surtaxe sur la sellette.

Ce  serait marrant, si on ne parlait pas de milliards et si on ne parlait pas d'argent public, de notre argent. Le Conseil Constitutionnel va être saisi au sujet de la surtaxe d'impôt sur les grandes sociétés. Celle qui vise à financer partiellement le remboursement de la taxe sur les dividendes de 10 milliards d'euros qui avait déjà été invalidée. Si cette nouvelle taxe, instaurée dans la précipitation, est à nouveau invalidée, on aura définitivement basculé dans le ridicule. Et il y aurait encore 12,5 milliards d'€ en contentieux laissés par Hollande que l'Etat pourrait bien perdre. Mais pépère préfère se marrer depuis que c'est le jeunot qui lui a pris la place.

Coup de bol.

Le gouvernement confirme que le déficit de la France sera en dessous des 3% : À 2,9% exactement. Encore un énorme coup de bol de Macron puisque cette baisse du déficit vient des rentrées fiscales liées à la reprise en France qui n'est que la conséquence de la reprise généralisée et principalement de la reprise en Europe. Il faut juste rappeler à ce gouvernement, comme aux précédents, que 3% n'est pas un objectif. L'objectif c'est de ne plus avoir de déficit, être à 0 ! Équilibrer les dépenses avec les recettes. Comme en Allemagne, quoi !

L’Allemagne, justement.

Elle n’a toujours pas de gouvernement, mais la croissance allemande a dépassé largement les prévisions au troisième trimestre 2017 : +0,8%. Ce n'est plus de la croissance, c'est un "boom". 2,3% de croissance par rapport à la même période de 2016. Et une prévision de croissance encore à 2% pour l'année. L'Allemagne va bien, très bien, trop bien même? Certains économistes commencent même à s'inquiéter des risques de surchauffe... 

 


ONFRAY-PELTIER, MÊME COMBAT !

Michel Onfray
Michel Onfray

 

Il y a des jours lumineux qui tombent comme ça, inattendus.

"Nos Provinces, une chance pour la France."

C’est d’abord cette très jolie tribune commise par Guillaume Peltier, député Les Républicains de Loir-et-Cher, le 9 novembre dans le Figaro. Il  y démontre avec brio et dans un style enlevé et élégant que la France des provinces devrait  être la première bénéficiaire des politiques publiques. « Paris n’est pas toute la France, et toute la France ne rêve pas comme Bercy ». Il nous livre une analyse frappée au coin du bon sens du comportement de ceux qui nous gouvernent : «  les enfants gâtés de l’ultralibéralisme tentent d’imposer  leur vision du monde : un modèle individualiste, ultraconsumériste, négateur de notre histoire et de notre exception culturelle, vénérant San Francisco mais ne sachant pas situer Châteauroux ou Montauban… ».  Il oppose à ce modèle imposé d’en haut sa conception d’un Etat fort et protecteur et d’une nation unissant ses identités provinciales. Il démontre en quoi la France populaire et rurale  n’est pas ringarde et il plaide pour un rééquilibrage des  politiques publiques en sa faveur,  arguant que la majorité des Français vivent dans une commune de moins de 10 000 habitants. Il dénonce les sommes  astronomiques déversées pour toujours plus de densité urbaine et de « mobilité embouteillée et d’anonymat social ». Face aux idéologues du vivre ensemble, aux illuminés du vivre-plus-vite, il prône le modèle du « vivre-mieux »,  par « l’enracinement, la relocalisation et l’épanouissement de  la France des villages et des visages ». Et pour lui, il ne s’agit pas d’opposer la France des métropoles et celle des  provinces,  mais  il s’agit de rappeler à juste  titre que pour atteindre l’universel, il faut des ailes et … des racines !  C’est aussi une question d’équilibre et de justice. « Le  vivre-mieux de la société française est la condition de son unité et du renforcement de notre adhésion collective  à  la patrie ».  La conclusion, on ne peut qu’y souscrire, s’adressant à tous les Français de gauche, de droite et d’ailleurs de cette France oubliée : « Soyez fiers et conquérants, car vous êtes l’avenir et la chance de la France.  C’est par  le bas que se forge le haut.  Ce sont les provinces de  France qui nous ferons renouer avec le chemin de la grandeur ». C’est ni plus, ni moins, un appel à une révolution girondine. Girondin par tempérament, je ne peux qu’applaudir des deux mains.

"Dégageons les Robespierrots et lançons la révolution girondine !" 

Le contrepoint est venu quatre jours après, sous la plume de  Michel Onfray, toujours dans Le Figaro.  Michel Onfray  est de ces philosophes qu’on écoute avec respect quand il parle parce qu’il rend intelligents ceux qui l’écoutent. De gauche, il le revendique et l’assume en intellectuel brillant, cultivé, sincère. Il n’est pas connu  pour manier la langue de bois. C’est en cela que son texte tout aussi lumineux prend intérêt :  il plaide pour une décentralisation assumée et réelle. Même quand on ne partage pas ses conclusions, on admire le brio du raisonnement.  C’est encore le cas quand il réagit  à la tribune de Guillaume Peltier, pourtant situé politiquement aux antipodes du philosophe.  Il n’empêche. Il se dit « ravi ».  Et pour cause, sans le savoir, le député du Loir-et-Cher a repris un thème qui lui est cher et qu’il a développé dans un livre intitulé « décoloniser les  provinces ». Il dénonce les « Robespierrots », pour parler comme  Olympe de Gouges,  elle aussi décapitée, « qui sont chez tous ceux qui estiment que Paris doit faire la loi aux provinces… » et il cosigne volontiers l’idée qu’ « il  est temps, au nom de l’équilibre et de la justice, que la France des provinces bénéficie en priorité des politiques publiques ». Selon lui,  seule une révolution girondine pourrait donner de l’air à la France jacobine qui a échoué, de Marine Le Pen à Philippe Poutou en passant par Macron et Mélenchon, Hamon ou Fillon. Un logiciel qu’il faut jeter à la  poubelle. J’adhère.  Après, est-ce qu’il faut reprendre  les vieilles thèses de Proudhon et son « communalisme libertaire », c’est une autre affaire. L’autogestion a ses  limites et Michel Onfray a le droit de pousser sa logique jusqu’au bout, celle du philosophe. Mais si on reste  plus terre-à-terre, on le rejoint à nouveau pour constater que la régionalisation n’a consisté qu’à transférer des pouvoirs secondaires, de « pitoyables hochets » pendant que les régaliens sont conservés par Paris. C’est vrai, les Régions devraient disposer d’une véritable autonomie dont, dit-il, il faudrait désormais « penser la  nature ». Il est persuadé que ce serait un bon moyen de mobiliser les citoyens lassés par le jeu médiatique et  politique qui a pris le  pas sur la démocratie. Il  rêve déjà d’une révolution avec « ses cahiers de doléances régionaux, ses états généraux des provinces aux fins de création d’une Constituante girondine » ! Il conclut sur la perspective ouverte par l’appel du député du Loir-et-Cher.

Voilà un échange qui, par le truchement du journal, prend une saveur exceptionnelle par le talent mis par les deux protagonistes dans leur démonstration. Et, à la fin de ces deux lectures, il m’est  venu une idée, tout naturellement. Puisqu’il s’est "mis en  mouvement", comme il dit, voilà un bon cheval de bataille pour l’actuel  Maire de Bordeaux, patrie des Girondins. Ah, cher Alain Juppé, toi l’ancien jacobin  devenu emblème des Girondins, que ne prends-tu ce combat à bras-le-corps en répondant à l’appel du sarkozyste Guillaume Peltier ? Voilà un débat à ta mesure qui vaut bien mieux que les piètres intentions que certains te prêtent. Et quel symbole de réconciliation pour notre parti !

 


POLITIQUE DE DROITE, DITES-VOUS ?

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La famille rassemblée

 

Allez, je vais enfoncer encore le clou !

Je dédie cet article à Alain Juppé que j’ai servi avec zèle lorsque j’étais Secrétaire départemental de l’UMP, et à Christophe Béchu en qui j’avais toute confiance et sur qui aujourd’hui je m’interroge. Je voudrais qu’ils comprennent tous les deux qu’ils n’ont rien à gagner à quitter notre famille. Par contre, ils ont tant à perdre !

Les  « constructifs » mentent.

C’est le discours répété à l’envi par Solère et Riester et quelques autres : Macron mérite d’être soutenu parce qu’il fait une politique que la droite devrait envier. Il aurait même fait des réformes qui vont plus loin que ce qu’Alain Juppé avait prévu. Mais ils ne disent jamais lesquelles. Et pour cause !  J’avais épluché le programme du Maire de Bordeaux au moment de la primaire de la droite.  Je ne trouve rien qui corresponde à leurs allégations. Ce sont donc des mensonges.  Evidemment ils sont complaisamment repris  par les médias sans plus de vérification au prétexte que pour ces gens  pratiquement tous de gauche, Macron ferait du libéralisme, voire même de l’ultra-libéralisme. Ils ne savent  pas de quoi ils parlent.  Savent-ils seulement en quoi consiste le « libéralisme » qui leur écorche le gosier chaque fois qu’ils l’évoquent ? La  vérité,  c’est que  les « Constructifs » ont besoin d’un prétexte pour dénigrer le parti qui vient de les exclure.  Ils  se réfugient dans la posture. Parce que en dehors de leur souci de faire réussir le  quinquennat de Macron,  que disent-ils ? J’ai sous les yeux les déclarations de Thierry Solère au Figaro : « Quand ce  gouvernement propose au vote des choses que notre famille politique a toujours réclamé, votons-les. Quand ça ne va pas assez loin,  disons-le. Et quand ce n’est pas bien, opposons-nous ! » C’est exactement ce que dit Laurent  Wauquiez et font les Républicains à l’Assemblée… mais il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. La différence tient dans une seule affirmation qui en dit long : « Aujourd’hui,  les Français veulent  être à la carte ». Autrement dit être dans la majorité  ou dans l’opposition relève  « des vieux schémas ». Une naïveté glaçante ! Ils peuvent bien faire leur petit parti : pour se réunir, ils agrandiront leur cabine téléphonique en cabine pour handicapé.  La vérité, c’est qu’ils ne servent à rien. Personne n’a besoin d’eux !

La politique de Macron est sociale-démocrate.

L’ISF envoyée aux orties, en partie seulement, la flat tax de 30% sur les revenus financiers, la réforme  a minima du code du travail et quelques autres mesures de soutien à l’investissement ne doivent pas faire illusion.  Si elles vont dans le bon sens,  elles n’en constituent pas  pour autant une politique de droite. C’est un ajustement indispensable imposé par l’économie de  marché et la mondialisation pour que notre économie survive face à la concurrence. Un peu d’oxygène qui s’avèrera insuffisant dès que le climat porteur actuel  de  la croissance se retournera.  Le tableau de bord de notre économie en atteste. Le recours à la hausse de la CSG pour transférer les charges salariales sur l’impôt et redonner un peu de pouvoir d’achat est typiquement une mesure sociale-démocrate de la gauche keynésienne, qui par ailleurs, continue de dépenser, comme Jospin en son temps,  le surplus des rentrées actuelles de TVA pour compenser les effets négatifs des prélèvements sur sa clientèle électorale. Il en va ainsi de la mesure de compensation de la hausse de la  CSG pour la rendre neutre pour les fonctionnaires. La dette et la dépense publique, justement : elles continuent d’augmenter. Quant à l’IFI (Impôt sur la Fortune Immobilière), si ça n’est pas une signature de gauche, c’est quoi ? Et puis il y a cette  volonté centralisatrice typiquement jacobine de   gauche  là encore : exemption de la taxe d’habitation remplacée  par une dotation d’Etat, étatisation de  l’assurance-chômage, demain de la formation professionnelle … Je terminerai par le manque de volonté dès qu’il s’agit d’ordre et de répression qui est bien un réflexe de gauche. On le constate avec la loi de sécurité qui vient d’être votée et dans la mollesse pour lutter contre le communautarisme. Alors les rodomontades de  ces technocrates sans âmes, tels  Darmanin, ce lèche-bottes qui a couru derrière tous ceux censés lui procurer un poste, ou Le Maire, qui a changé de camp par rancœur, n’y changent pas grand-chose, il y a longtemps qu’ils ont mangé leur chapeau. Cette politique porte en elle l’échec, tant elle reprend  les  concepts usés jusqu’à la corde de la sociale-démocratie qui ont échoué partout en Europe et, faute de se renouveler, fait le lit de l’extrême-droite populiste.

La droite aurait fait différemment.

A mesure que la politique présidentielle s’affirme, je mesure la nécessité d’une opposition claire. L’ISF, la droite l’aurait supprimée purement et simplement. Le code du travail, elle serait allée plus loin, en modifiant les seuils si importants pour la création d’emplois. Elle n’aurait pas eu recours à la hausse de la CSG et aurait transféré les charges qui pèsent sur les entreprises (et non pas sur les seuls salaires), par une hausse de la TVA dont j’ai rappelé les multiples avantages dans une note récente, et beaucoup  plus juste socialement. Elle aurait cherché à faire des économies en commençant une politique systématique de non remplacement des fonctionnaires partant à la retraite dans toutes les fonctions publiques, une modernisation numérique de l’Etat et la chasse aux doublons. Relancer la compétitivité des entreprises, alléger le poids de la dette, conjurer le déficit : une toute autre politique que celle qui est  menée. Des mesures d’équité fiscale auraient accompagné le redémarrage de la croissance, elle aurait rétabli l’universalité des allocations familiales et initié le retour à des aides au développement des emplois familiaux. Elle  aurait aboli cette folie coûteuse pour les entreprises qu’est le prélèvement à la source, alors qu’il suffit de généraliser le prélèvement mensuel. Dans les domaines régaliens, la  droite ferait preuve d’une bien plus grande détermination dans la lutte contre le terrorisme et l’obscurantisme salafiste. L’ordre, la sécurité et la justice d’une manière générale ! Et je n’aborde pas encore  les sujets  sociétaux pour lesquelles des divergences de fond existent et ne sont pas minces. Face à une majorité incompétente et pléthorique qui tire à hue et à dia, certains s’activent  à miner la droite pour d’obscures raisons personnelles dont les intérêts électoraux font partie.

Halte aux procès d'intention !

On ne voit pas ce que tout ce beau monde aurait à gagner dans des divisions qui ne reposent que sur des procès d’intention.  La « droitisation » est une accusation qui se voudrait culpabilisante, directement venue de la gauche et qu’ils  reprennent  à leur compte,  comme si Les Républicains devaient se justifier en permanence de leur attachement aux libertés  fondamentales. Je n’utilise même plus l’expression « valeurs républicaines », ce cache-sexe tellement galvaudé qu’on ne sait  plus très bien ce qu’il veut dire. Quant à la « droite »,  elle n’a  pas non plus à se justifier constamment d’être « républicaine » : ce n’est pas une maladie honteuse car il n’y a pas d’autre droite ! Et d’autant plus que le peuple de droite est majoritaire dans le  pays : les élections régionales l’ont bien montré, ce sont les têtes de listes de droite qui  ont fait les meilleurs scores ! Il importe donc qu’elle se rassemble à nouveau et se  mette en marche pour assurer l’alternance le moment venu. Tant pis pour les déserteurs, il y en a toujours.

 

 


MAIS Où PASSE L’ARGENT ?

Des-liasses-de-billets

 

La France est  la  championne des  prélèvements et  la  championne (mondiale) des  dépenses sociales (746 milliards d’€ en 2015) et pourtant le nombre des pauvres ne cesse d’augmenter. Ne pas y voir  un lien de cause à effet c’est  faire preuve d’aveuglement. Si le système brillait  par son  efficacité, c’est le contraire qui devrait se passer puisqu’on ne cesse  de nous  abreuver de discours sur la  justice  sociale et  l’égalité  réelle. Mais la réalité  est toute autre. Plus on prélève,  plus on fabrique des pauvres.

Le  rapport du Secours catholique.

La dernière radiographie de la pauvreté publiée  par l’association est accablante à tout point de vue. Le nombre de personnes  vivant sous le seuil de pauvreté a augmenté d’un million depuis la crise  de 2008 pour atteindre aujourd’hui 9 millions. Ni l’assommoir fiscal de Hollande, ni le taux toujours plus élevé des prélèvements n’a  permis d’améliorer la situation.  Au contraire,  la  politique des aides et de redistribution par les prestations sociales a multiplié  les trappes à pauvreté au lieu de les réduire. Résultat : un ménage sur quatre accueilli en 2016 par le Secours catholique avait des enfants !  Près d’1,5 million de personnes reçues  cela constitue un bon échantillon  de la composition de la population concernée. :  56% sont des femmes dont 40% de mères isolées, 26,5% sont des personnes de plus de 50 ans en progression de 14% depuis 2010 et la proportion des plus de 60 ans a presque doublé en 15 ans, 19,6% de jeunes (eux sont en baisse de3,5% depuis  2010), 24% des ménages ont des enfants (55% de ceux-ci vivent dans des familles monoparentales), 39%  sont des étrangers, 19% des ménages reçus n’ont aucune ressource (dont 53% d’étrangers sans statut légal), 48% des personnes n’ont ni emploi ni chômage, en progression de 5% depuis 2010. 548 €, c’est le revenu médian. Celui des ménages qui travaillent mais ne touchent pas de transferts atteint 856 €/mois et celui des personnes ne vivant que de transferts est de 795 €/mois, en hausse de 58 € depuis 2010. Un bien faible écart qui n’incite guère à se lever tôt ! Voilà  mesuré en données  concrètes  le quinquennat Hollande : le rêve est un cauchemar pour beaucoup de Français qui y avaient cru !

L’échec de la politique de redistribution massive.

Déresponsabilisation, découragement, dégradation de l’image de soi, et des effets pervers comme ces jeunes –j’en connais- qui se servent du système pour ne travailler que six mois par an. Cette politique assise sur des prélèvements élevés  de toutes sortes (je vous  passe les chiffres), sur un corpus de contribuables en diminution,  conduit  à la mise en  place d’un cercle  vicieux.  Trop de charges entraînent la réticence à embaucher, bloquent les salaires à des niveaux bas.  Les effets de seuil du système d’imposition et  l’effet cumulé des  mises « sous condition de ressources » n’incitent pas à augmenter l’activité et la production de richesse, et conduisent à éviter les impôts.  La fraude par ceux qui peuvent la pratiquer en fait partie. Mais la  question légitime qu’on peut se poser est : « où passe l’argent ? » En réalité, c’est le tonneau des Danaïdes. D’abord, il est  facile de comprendre que  même  en prenant beaucoup à quelques-uns, la collecte répartie entre le  plus grand nombre ne donne pas grand’ chose à chacun. C’est le mirage du slogan : « Les riches n’ont qu’à payer ! » Les pays communistes du 20ème siècle  n’ont réussi qu’à instaurer la  pauvreté généralisée, comme on sait maintenant.  Mais en plus, l’argent est gaspillé par le système : trop  de fonctionnaires, des mécanismes désuets,  des frais de gestion énormes (42 milliards d’€), peu de contrôles quand ils ne sont pas complètement absents, encore moins d’évaluations a posteriori. Le  pire  exemple  est peut-être donné par les milliards de la formation professionnelle en regard des résultats obtenus. Les  partenaires sociaux qui en ont la cogestion, ne sont pas plus « responsables » que l’Etat. Alors quand je vois que Macron s’apprête à confier  l’apprentissage aux branches professionnelles et à étatiser l’assurance chômage, on ne peut que craindre une aggravation du mal. C’est comme la croyance dans la relance de la croissance par la consommation qui profite en premier à … l’Asie.  Comme on voit,  les  mythes  de gauche ont la vie dure. Circonstance  aggravante : la France est obligée d’emprunter pour financer tout ça alors que la dette atteint 99% de notre PIB. Après on s’étonne que les Français soient moroses. La   charge de la   dette représente 620 € par habitant. Et une nette remontée des taux est attendue pour fin 2019 …

Quand en plus ces politiques sont pratiquées par des gens qui se disent de droite, ça me fait bien rire, mais c’est à pleurer.

 


L’ENVERS DU DECOR

Macron de dos

 

La Macronie a six mois. 

On n’attend même plus une année pour fêter les anniversaires. Et impossible de  passer  à côté de l’événement tant les médias nous ont rebattus les oreilles des mérites du Jupiter qui préside  à nos destinées. A les écouter, jamais  tant de réformes n’auraient été menées dans des délais aussi courts.  Ce qui rime avec mémoire courte. Sarkozy avait fait aussi bien et en mieux en 2007. A l’automne de cette année-là,  l’économie française avait repris des couleurs et le chômage tombait en-dessous de 8% … Cela dit, les six derniers mois n’ont pas été complètement inutiles en raison des quelques réformes qui vont dans le bon sens, au premier rang desquelles la timide libéralisation du marché du travail, et la suppression partielle de l’ISF. Mais le reste de la  politique va à contre-sens à commencer par l’utilisation de l’impôt (la CSG) pour redistribuer du pouvoir d’achat, le manque de  volonté de faire maigrir l’Etat, et la  multiplication des taxes qui reprennent d’une main ce que l’autre a donné.

Les gros points noirs subsistent.

En fait la France continue de plonger. Le budget 2018 en est le signe le plus tangible qui ne corrige pas la trajectoire sur les trois points noirs que sont le déficit, la dette et le commerce extérieur.  Ce sont les vrais baromètres de la santé du pays. Ils nous disent tous les trois que le mal empire.  La France continue de s’appauvrir inexorablement. 

Commençons par le commerce extérieur, puisqu’il fait l’actualité : les chiffres qui sont tombés indiquent que le déficit du commerce extérieur a atteint sur le dernier trimestre 14,5 milliards d'euros, ce qui amène celui sur une année à 61,7 milliards d'euros. Un chiffre en forte hausse par rapport aux 48,3 milliards des 12 mois précédents. Une situation inquiétante qui se soldera en décembre par un trou de près de 80 milliards d’euros pour 2017. La dégradation des derniers chiffres est due à la hausse des importations de produits manufacturés provoquée par la croissance de la consommation et la hausse des importations de biens d'équipement liée à la hausse des investissements des entreprises. Ce qui veut dire que quand la France redémarre, qu'elle consomme plus et qu'elle investit plus, elle importe plus. Rien de plus logique. Mais cette situation reflète surtout un problème majeur de compétitivité. Les produits français restent soit trop chers, du fait du manque de compétitivité du coût du travail, soit inadaptés à la demande du fait du positionnement de l'industrie française, soit encore de l’absence de produits à vendre du fait de notre désindustrialisation. À l'heure où l'Allemagne engrange, mois après mois, des milliards d'excédent commercial, notre déficit commercial se creuse. En 2018, les choix politiques qui sont faits vont aggraver ces handicaps : augmentation des  importations avec la relance de la consommation par le pouvoir d’achat dont se targue Mr Darmanin, aggravation du manque de compétitivité par  la diminution de l’enveloppe du CICE qui pèsera sur le coût du travail, pari sur le retour des investisseurs contrarié par la surtaxe sur le chiffre d’affaire des grandes entreprises et autres taxes sur les signes de richesse.

Le déficit de l’Etat, que la tuile de la  taxe de 3% sur les dividendes invalidée –un scandale à 10 milliards qui n’a pas ému grand monde- ne va pas arranger, va continuer de tourner autour des 80 milliards d’euros, obligeant Bercy à des  acrobaties pour rester dans les objectifs annoncés à Bruxelles de 2,7 ou 2,8%.  On sait ce qu’il en est des tours de passe-passe budgétaires dont nos technocrates sont capables. La réalité, c’est que nous continuons à dépenser  plus que nous ne pouvons. Depuis quelques jours et jusqu’à la fin de  l’année, la France va vivre à crédit pour assurer ses fins de mois. Il en sera de même l’année prochaine. Pourtant des opportunités existent. La croissance venue de l'extérieur est porteuse et permet d'adoucir les efforts à consentir.  Jamais autant de fonctionnaires ne vont partir à la  retraite,  jamais l’informatisation n’aura  permis de diminuer aussi facilement les postes de travail et l’on va se contenter de supprimer 4 500 postes au niveau de l’Etat,  dérisoire et ridicule ! L’absence de volonté politique est manifeste. Ne pouvait-on pas compenser  les 10 milliards à rembourser aux entreprises par des économies, sur un budget de 1 200  milliards (dépenses sociales comprises) ?

La dette, en conséquence, va continuer de croître et embellir.  L’Etat a  prévu d’emprunter 85 milliards d’euros l’année prochaine pour financer le trou du budget et les intérêts de la dette. Tant que les taux d’intérêts restent bas, ça n’est pas catastrophique.  Mais nous sommes à la merci du moindre aléa planétaire et ce n’est pas une situation saine,  surtout qu’elle  perdure depuis trop longtemps. La dette participe de  notre appauvrissement  et  pèse par son poids sur toutes nos politiques.

Le redressement est compromis.

Seul  un changement de politique qui mettrait la priorité sur la résorption du déficit et de la dette,  et sur  la restauration durable de la compétitivité des entreprises, pourrait inverser le cours des choses. Ce n’est pas le chemin qui est pris. Car il faut bien comprendre que ces chiffres s’additionnent. Quand on se réjouit que le taux de croissance va frôler les  2% du PIB, on ne crée qu’une quarantaine de   milliards d’euros de richesse supplémentaire. C’est de la fausse richesse,  puisqu’il faut en retrancher 80 milliards d’emprunts pour combler le déficit auxquels s’ajoutent les intérêts (40 à 50 milliards par an) et  60 à 80 autres  milliards, facture de notre déficit commercial. Et je n’ai pas parlé du trou de la sécu. Chaque année,  les  Français perdent globalement 140 milliards d’euros…  grosso modo,  financés aussi par les impôts  payés par  les riches et les classes moyennes, évidemment et par  l’emprunt. Mais pendant ce temps-là, les copains banquiers de Macron s’en mettent plein les poches, diraient en cœur et à juste titre, Marine et Jean-Luc. Apparemment il est plus urgent d’introduire des règles absurdes dans l’écriture de notre belle langue ou de voir dans la moindre gauloiserie une perversité sexuelle (Kersauzon, au secours !) que de mettre le paquet sur la  compétitivité de notre économie, ce qui permettrait de relancer le pouvoir d’achat par la hausse des salaires. On en est loin !

 * PIB 2017 : 2570 milliards d'euros

Dette fin 2017  : 2 200 milliards d'euros

    

 


PETIT ANNIVERSAIRE POUR UN DESASTRE HISTORIQUE.

Révolution russe

 

Le  6 novembre 1917, un coup de force de quelques milliers  de soldats et gardes bolchéviques  dirigés par Lénine et Trotski,  établissait à Saint-Pétersbourg le  premier régime  communiste de l’Histoire. Cet épisode faisait suite à la révolution de février de la  même année, dite « révolution bourgeoise » qui avait mis fin à 300 ans de régime tsariste  de  la dynastie des Romanov. Ainsi naissait  le régime bolchévique qui donna naissance à la  Russie soviétique (URSS). Pourtant le 6 novembre 2017 aurait pu presque passer inaperçu sur la  place  Rouge.

Rétablissons les faits. 

La révolution d’octobre (comme on l’appelle) à cause du décalage du calendrier orthodoxe avec le nôtre, n’est pas  du tout une révolution qui aurait mobilisé les  « masses » comme  ont cherché à nous le faire croire les communistes. Les combats ont fait moins de cinq morts à Pétrograd contre un pouvoir en déliquescence. C’est plutôt une révolte de l’armée alors qu’on est en plein conflit avec l’Allemagne. Le parti bolchévik mené par  Lénine en profite pour s’emparer  des leviers du pouvoir  au détriment des « mencheviks » et des « socialistes-révolutionnaires »  et dissoudre en janvier 1918 l’assemblée constituante élue en novembre, où il est très  minoritaire. Il n’y aura plus d’instance véritablement démocratique pendant 70 ans.

La terreur bolchévique.

Le régime bascule rapidement dans la terreur et instaure un totalitarisme que Lénine a théorisé  et  préparé : une volonté de domination totale qui avec le  monopole du pouvoir politique, s’impose de remodeler toute la société selon  la  doctrine marxiste, jusqu’aux individus  dans les moindres faits  et gestes, via une propagande intensive inconnue jusqu’alors : « Nous allons maintenant procéder à la construction de l’ordre socialiste » a-t-il  annoncé. Il  s’empare de tous les leviers économiques : abolition de la grande propriété foncière, nationalisation des entreprises, répudiation de la dette publique, planche à billets, contrôle ouvrier dans les usines…  Il  phagocyte tous les organes de l’Etat, prend les  banques, les usines et les  terres, installe des  camps de concentration qui préfigurent le goulag… La  Tchéka, police politique, est créée dès décembre 1917, et arrête, torture et  exécute sans aucun contrôle.   

L’archipel du goulag.

Les résultats sont catastrophiques, avec une production industrielle en chute de 80 % et des prix multipliés par 8.000 en quatre ans, Lénine est obligé de desserrer le carcan dès 1921 avec une Nouvelle Politique économique qui redonne un peu d’air aux acteurs privés. Cependant, sous l’effet de la planification, les céréales manquent. A partir de 1928, Staline collectivise l’agriculture, à la fois pour contrôler l’approvisionnement en grains et prélever des excédents pour investir dans l’industrie. Plus de 5 millions d’hommes et de femmes meurent de faim en 1932-1933. Le « Père des peuples » est obligé d’imposer l’ordre qu’on nommera « stalinien », en envoyant des millions de personnes dans les goulags, en donnant le pouvoir économique au parti communiste, en planifiant la production et les prix. La priorité est réservée à l’industrie lourde ! Dès lors, les statistiques officielles font état d’une activité qui s’accélère. La croissance aurait été de 14 % par an de 1928 à 1941, de plus de 10 % dans les années 1950. Le 12 avril 1961, Youri Gagarine accomplit le premier vol dans l’espace de l’histoire. L’URSS semble avancer à pas de géant non seulement dans la sidérurgie, mais aussi dans la haute technologie. En France, Jean-Paul Sartre et Raymond Aron s’affrontent sur la question de savoir si l’URSS va dominer le monde. Pourtant on est loin de la réalité. Les résultats impressionnants  des programmes entre 1930 et 1960 sur le plan quantitatif s’avèrent complètement bidons quand on découvre à la dislocation de l’URSS qu’ils étaient largement le fruit de manipulations statistiques ou fondés sur des évaluations politiques de la valeur, en l’absence de prix de marché.

La Russie a gaspillé un siècle.

Le niveau de revenu moyen par habitant se situait à la veille de la Première Guerre mondiale entre celui de l’Italie et celui de l’Espagne. Aujourd’hui, il est équivalent, en données brutes, à un tiers du PIB par habitant d’un Espagnol. En 1913, sa production industrielle était équivalente à celle de l’Allemagne, elle n’en dépasse pas le tiers actuellement, malgré les programmes d’industries lourdes lancés par le régime soviétique. A peu près aucun produit industriel russe n’est connu, à part la vodka… et la kalachnikov. La Russie, avec 147 millions d’habitants, semble être un des très rares pays au monde, dont la population a décliné depuis cent ans, sous l’effet d’une faible natalité et de l’alcoolisme. Les bolcheviks ont exterminé nombre de membres des élites scientifiques et artistiques et la contribution de la Russie en la matière, hormis en physique, discipline clé pour l’armement, n’est pas du tout au niveau du potentiel du peuple russe ou de son histoire. Il faudrait rajouter le désastre écologique de la mer d’Aral, Tchernobyl…  Il n’y a quasiment que dans le secteur militaire et des technologies associées (spatial) que la Russie a gagné en puissance depuis la révolution d’Octobre. Sous l’effet de la Seconde Guerre mondiale et de la guerre froide, elle dispose du plus grand arsenal nucléaire de la planète à égalité avec celui des Etats-Unis. Et elle figurerait au deuxième rang mondial en nombre de chars, navires et avions.

Poutine, nouveau Tsar ?

75 ans de régime soviétique ont façonné les mentalités : 75 ans de répression qui, entre les exécutions, les déportations et les goulags, a fait de 10 à 20 millions de morts selon les historiens. Les gens sont habitués à obéir, y compris à la violence. Hormis la Corée du Nord, il n’existe plus de régimes totalitaires de même intensité : dans les autres  pays communistes, les gens ont le droit de voyager, une classe moyenne s’est créée,  le parti se contente de garder le contrôle politico-idéologique de la population. A moins que le pouvoir chinois de  Xi ne préfigure un nouveau retour en arrière… ce qui n’est pas exclu. Pour la Russie, après huit ans de parenthèse démocratique chaotique sous Eltsine, Moscou semble revenu à une sorte de tsarisme : une concentration du pouvoir entre les mains d’un seul homme, inconnue depuis la mort de Staline en 1953. Le Parlement, les médias, les oligarques, les gouverneurs, les partis politiques, l’armée et le FSB (exKGB) sont aux ordres de Vladimir Poutine, qui s’appuie sur un lien direct avec le peuple russe, illustré par une popularité authentiquement supérieure à 80 %. Un système très instable toutefois, où se posera la question de la succession du maître du Kremlin, un jour.

Totalitarisme pas mort !

Comme l’affirme Stéphane courtois, l’Historien spécialiste du communisme, « on fête  plus la  révolution d’octobre à Paris qu’à Moscou ». En effet, Poutine n’a pas sorti le grand jeu pour le « centenaire », comme s’il voulait faire oublier cette triste époque. Des médias français glorifient toujours Lénine, et la présence de marxistes dans les Universités, refusant de reconnaitre leurs égarements, comme l’avait fait Yves Montand, est avérée. Et quand Macron veut commémorer Mai 68, qui a dévasté l’université française et l’exigence intellectuelle dans les sciences humaines, on croit rêver ! Il y en a toujours  qui préparent le « grand soir », du côté de chez M. Laurent, Mélenchon et Besancenot….

 

 


L’ŒIL D’ARCHIBALD

Longue vue 2

 

De  tout… un peu.

Inclusif !

Une nouvelle  expression de la  lutte pour les  droits des femmes a pris corps sous la forme de  l’écriture dite « inclusive ».  C’est la dernière  trouvaille des  « Trissotins »,  ces « précieuses  ridicules » du 21ème  comme  les nomme Marc Fumaroli, académicien spécialiste du XVIIème siècle et professeur au Collège de France.  Ainsi on devra écrire  « bonjour les ami.e.s » si je m’adresse à des hommes  et  à des femmes.  C’est gravement méconnaître  la grammaire française qui inclut le  « neutre » sous la forme du masculin. Ainsi, dans l’expression les « Droits de  l’Homme », les deux genres sont-ils  considérés dans le mot  « Homme », qui désigne ici les deux genres. L’Académie  française a bien raison de fustiger  cette initiative  qui vise à dénaturer complètement notre langue et à rendre impraticable la lecture  d’un texte  écrit.  Assez de dogmatisme et d’idéologie  sectaire   ! Pour ma part, j’en resterai au « Chère amie, cher ami, » dans l’en-tête de mes lettres  si je m’adresse à des personnes des deux genres. Bien plus élégant, non ?

Rénovation à l’ancienne.

Le nouveau pouvoir nous avait promis de nouvelles  pratiques avec une nouvelle génération et une nouvelle  manière de faire de la politique. C’est probablement au nom de ces nouvelles  façons de procéder que Jupiter a désigné son affidé Christophe Castaner comme candidat unique à la direction du parti La République en Marche. Il  avait déjà agi de la sorte  pour la présidence du groupe parlementaire. La « démocratie réduite aux laquais », comme nouveauté il fallait y penser. Chirac l’avait inventée  avant lui.  Circulez, y  a rien à voir !

Taxe, taxe, taxe….

Non,  ce n’est pas le bruit d’une ancienne machine à écrire.  C’est la mécanique de  Bercy qui fait ce bruit-là.  La France est ce merveilleux pays qui est capable  de  créer une surtaxe qui rembourse la taxe sur la taxe… Comme la taxe  de 3% sur les dividendes a été invalidée et oblige  l’Etat à rembourser 10 milliards indûment perçus aux entreprises, Bercy n’a rien trouvé de mieux que d’imposer aux plus grosses entreprises  françaises une surtaxe sur le chiffre d’affaire qui va rapporter 5 milliards. La nouvelle contribution exceptionnelle a pour spécificité de présenter des taux exorbitants : 15 % pour les entreprises dont le chiffre d’affaires dépasse 1 milliard d’euros et 30 % pour celles dont le chiffre d’affaires dépasse 3 milliards d’euros en 2017. Cette surtaxe concernera «les 320 plus grandes entreprises françaises». On n’avait pas le droit de vous piquer 10 milliards, on va vous en piquer 5 quand même, non  mais !  Donc une nouvelle loi va être votée en urgence pour prendre aux entreprises de quoi leur reverser une partie de ce que l’Etat leur a ponctionné. Cette nouvelle surtaxe s'ajoutera à une autre contribution déjà existante : la contribution sociale sur l’impôt sur les sociétés au taux de 3,3 %, laquelle porte d’ores et déjà pour les entreprises dont le chiffre d’affaires est supérieur à 7.630.000 euros le taux nominal d’imposition à 34,43 %. La France appliquera donc en 2017 cinq taux nominaux d’impôt sur les sociétés : 15 %, 33,33 %, 34,43 %, 38 % et 45 %. Si avec çà  on rassure  les investisseurs !

Tiers payant.

Cela n’a pas fait grand bruit.  L’assemblée a voté la fin du tiers payant obligatoire.  Il faut dire que cette décision prise par le précédent gouvernement était impraticable par les praticiens.

Hochet rationné. 

« C’est avec les hochets qu’on gouverne les hommes », avait dit Napoléon en créant la Légion d’Honneur.  Jupiter trouve qu’on en distribue trop. Il veut donc en diminuer   le  nombre et davantage d’exigence sur le « mérite ». Du populaire  à bon compte ! Question : est-ce   que ce sera réservé  à sa garde rapprochée ?

Formation aux langues.

La Corée du Nord enlevait des centaines de ressortissants des  pays voisins, japonais, Coréens du sud, …  afin de former ses espions aux langues et cultures étrangères. Pourquoi se gêner ? Avec  les  dictatures, tout est simple.  Il suffit de décider et de se servir. Le pot-aux-roses a été découvert,  mais ce sont les agissements « d’agents incontrôlés » qui ont été sévèrement punis.  Tout s’explique !

Catalogne, capitale Bruxelles.

Cherchez l’erreur.  Courageux le Catalan, mais pas téméraire.  Le nouveau président de  la soi-disant Catalogne indépendante a préféré se réfugier en Belgique pour éviter les geôles hispaniques. Il faut dire qu’avec son referendum pipé il ne fait pas l’unanimité des Catalans, ni même probablement la majorité. Le pouvoir central n’a fait qu’appliquer la constitution et est dans son rôle en fixant de nouvelles élections avant Noël. Espérons que la raison revienne à Barcelone. Mais Puigdemont devra bien rendre des comptes un jour !

 


QUAND LES RETRAITES SONT MAL TRAITES !

Archibald en colère

 

Le gouvernement a décidé d’augmenter de 1,7 point la CSG. C’est une mesure injuste pour les retraités qui n’auront droit à aucune compensation. Ils sont 2,5 millions dans ce cas. La  mesure  est d’autant plus inacceptable  que ce n’est  pas la première  fois que les gouvernements s’en prennent à eux. Peut-être   parce  que le risque de les  voir descendre dans la rue avec leurs déambulateurs et  leurs fauteuils roulants n’est  pas très élevé.  Cela fait 25  ans, en effet, que leur pouvoir d’achat est régulièrement attaqué, aggravé par les sempiternelles "conditions de ressources" qui touchent toujours  les  mêmes  !

Cela a commencé en 1993 par un nouveau mode de calcul

La réforme Balladur a abouti à ce que les pensions des salariés du privé soient calculées sur les 25 meilleures années de cotisation - au lieu des 10 meilleures - avec pour conséquence une baisse de 15 % à 20 % du salaire de référence pris en compte pour le calcul des pensions de retraite ce qui a eu pour effet une baisse de ces dernières. Cerise sur le gâteau, cette réforme a fait évoluer les modalités de calcul de la revalorisation des pensions de base, de sorte que celles-ci sont désormais indexées sur l’inflation et non plus sur l’évolution des salaires. Or depuis plusieurs années, l’inflation est largement inférieure à l’évolution des salaires. Double  punition donc !

2013 :les pensions gelées et nouvelle cotisation sur la dépendance

A partir de 2013, le rythme des attaques  s’accélère. Depuis 2013, les pensions complémentaires versées par les régimes complémentaires (l’Arrco et l’Agirc) sont gelées. Autant dire qu’elles ne sont pas près d’être revalorisées puisque l’accord signé en 2015 par les partenaires sociaux prévoit pour 2016, 2017 et 2018 une revalorisation égale à l’inflation, diminuée d’un point. Malchance : l’inflation était de 0,2 % en 2016 et devrait rester proche de 1 % en 2017 !  À cela s’ajoute une nouvelle cotisation sur les pensions de retraite qui a vocation à financer les frais liés à la dépendance : la contribution de solidarité pour l’autonomie (CAS). Prélevée au taux de 0,3 %, elle s’ajoute à la CSG et à la CRDS. Nouvelle amputation du pouvoir d’achat !

2014 : deux niches fiscales sont supprimées

Deux niches fiscales destinées aux retraités ont été supprimées en 2014. La première est la majoration de retraite de 10 % pour charges de famille qui bénéficient aux retraités ayant élevé au moins trois enfants : auparavant exonérée, celle-ci doit désormais être intégrée dans leur revenu imposable. 10% de revenu en plus ont entrainé pour nombre de contribuables 30% d’impôts en plus, par le jeu des tranches d’imposition. La seconde est « la demi-part veuve » qui profitait à de nombreux retraités. Sa suppression a eu un impact substantiel, non seulement au regard de l’impôt sur le revenu, mais aussi des taxes locales (taxe d’habitation et/ou taxe foncière). La suppression de ces deux niches fiscales a aussi eu pour conséquence d’assujettir certains retraités au taux normal de CSG de 6,6 %, et non plus au taux réduit de 3,8 %. Cela commence à faire beaucoup, non ?

2015 : la fin de la CSG au taux réduit pour 460.000 retraités

Pourtant ce n’est pas fini. Depuis 2015, le taux réduit de CSG est réservé aux retraités dont le revenu fiscal de référence ne dépasse pas un certain seuil : 14.375 euros en 2017. Quelque 460.000 retraités ont ainsi vu la CSG appliquée sur leur retraite passer de 3,8 % à 6,6 %.

2016 : une hausse du reste à charge dans les frais de santé

Et  ça continue. La réforme Touraine de 2016 est venue indirectement augmenter le coût des dépenses liées à la santé. Or les retraités représentent la population la plus exposée à ce type de dépenses. Explications : la réforme de l'ancienne ministre de la Santé a imposé la limitation des remboursements des frais de santé par les complémentaires. L’objectif de cette mesure était de faire baisser les tarifs des médecins de secteurs 2 pratiquant des dépassements d’honoraires, lesquels étaient jusqu’alors couverts par la prise en charge des complémentaires santé. Cependant, la plupart des médecins n’ont pas matérialisé la baisse escomptée de leurs tarifs. Donc, ce sont les assurés, et en particulier les retraités, qui ont vu la part restant à leur charge augmenter.

2017 : la hausse de la CSG

Cette  année, c’est le bouquet. Actuellement, les prélèvements sociaux opérés s’élèvent à 7,4 % pour la retraite de base et à 8,4 % pour la retraite des régimes complémentaires. Avec la hausse de 1,7 point de la CSG, ces prélèvements s’élèveront à 9,1 % pour la retraite de base et à 10,1 % pour la retraite des régimes complémentaires. À ces prélèvements sociaux s’ajouteront bien entendu les prélèvements fiscaux, selon les règles de droit commun : les pensions de retraite continueront ainsi d’être soumises au barème de l’impôt sur le revenu, dont le taux marginal s’élève à 45 %, voire 49 % avec la contribution sur les hauts revenus. Le  manque à gagner de cette augmentation se mesure en centaines d’euros pour de nombreux retraités, devenus les  vaches à lait de  la redistribution.

C’est une forme de  mépris dont ils font l’objet.

On sait que Macron n’aime  pas les vieux, sauf sa  vieille. Mais la  somme de toutes  ces décisions finit par peser lourd.  Le prétexte qu’ils seraient des nantis fait l’impasse sur les années de travail et  les  cotisations versées, qui à l’époque représentaient un effort, pris sur leur niveau de vie, quand ce n’était pas au prix de quelques sacrifices. Mais à force de renier leurs retraites, c’est l’Etat qui sera pris au piège du financement de la dépendance qu’ils  ne pourront plus  assumer faute de revenus suffisants. Sauf à les euthanasier  !



LA CLASSE MOYENNE, ENJEU ELECTORAL.

Gaulois 2ème tour

Voici le dernier volet de ma série : "La France sous conditions de ressources".

 

Le retour de la croissance

Ne nous leurrons pas. Si le retour de la croissance est une bonne chose, il n’est qu’à la marge le résultat des assouplissements des gouvernements actuel et précédents. C’est l’Europe qui nous tire et la croissance mondiale. Mais si cette embellie doit durer un an ou dix-huit mois, il faudrait en profiter pour prendre quelques mesures courageuses d’assainissement  de nos comptes publics. Ce qui n’est pas le cas ! Je dis cela,  parce  que c’est la classe moyenne qui serait la première concernée par les allègements de charges qui en découleraient. Mais ce n’est pas le chemin que le gouvernement actuel compte suivre. Il est frappant de constater combien les choix qui sont faits concentrent l’impôt  sur la classe moyenne et sont peu favorables aux entreprises. Rien n’est prévu pour alléger leur fiscalité et les impôts qui pèsent sur les charges de production.  Le  budget  2018 alourdit même le coût du travail  de plus de 3 milliards d’€ en raison de la réduction du taux du CICE, principalement au détriment des salaires médians. De plus, aucune mesure n’est prévue sur le quinquennat  en faveur de la  compétitivité des entreprises françaises. Pourtant la baisse global du coût du travail y compris sur les salaires industriels médians qui sont les plus exposés à la concurrence internationale est un enjeu essentiel. On nous parle beaucoup de l’économie numérique mais aucune mesure n’est envisagée sur la fiscalité des plateformes collaboratives… Nos  partenaires européens ne se contenteront pas des demi-mesures actuelles, au moment où l’AFD perce en Allemagne et après les votes  autrichien et tchèque. Le péril  populiste est encore devant nous, et si en France il  semble avoir subi  un revers, il peut réémerger si rien ne change.

Une politique économique vraiment efficace.

Les dernières élections ont montré à la fois une désaffection électorale et un éparpillement, traduisant une désespérance et un désenchantement. Un électeur sur deux s’est comporté en « intermittent du vote ». Seulement 15,6 millions d’électeurs, sur 44 millions, ont eu un vote  « systématique » en participant à tous les scrutins : 35,5% du corps électoral ! Il y a bien une crise civique. A l’opposé,  6,1 millions d’inscrits ont boudé les urnes.  Ce qui veut dire  que  pratiquement un électeur sur deux (50,7%) a eu un comportement intermittent. Cette évanescence électorale touche surtout l’électorat des jeunes. Globalement, les  électeurs qui s’abstiennent systématiquement en 2017 sont plus souvent sans diplôme, ont un niveau de vie plus faible et sont plus souvent ouvriers ou inactifs, sans être à la retraite. Voilà des données fort utiles pour bâtir un projet.

Redonner confiance  et espoir en priorité. Il est donc grand temps de mettre en œuvre une véritable politique économique de rénovation. Au risque de se répéter, elle doit  être  basée sur une baisse  durable et  détaillée de la  dépense  publique, et de la fiscalité sur la classe moyenne et les entreprises. Le redressement de notre balance commerciale et la baisse de la fiscalité sont à ce prix. Cet effort, pour qu’il soit compris et partagé par les Français, doit présenter plusieurs autres dimensions : un volet social  qui rassure,  un volet identitaire qui protège et un volet européen qui redonne une espérance.

Il faut rétablir le cercle vertueux autour du travail. Cela veut dire qu’il faut mettre le paquet sur les causes concrètes qui entraînent ces comportements : remédier au chômage, lutter contre l’exclusion, traiter vraiment les inégalités, combler les lacunes de l’éducation.  Les notions  de travail, d’effort, de classe moyenne,  le refus du communautarisme et de l’intégrisme islamique qui petit à petit ronge notre société qui impose d’assumer notre histoire et nos racines, sont partagées par 70% des Français. Elles correspondent aux attentes d’une grande partie des électeurs et  pas seulement de droite. Cela impose de commencer par une  vraie politique de réinvestissement des territoires de la  France périphérique, qu’elle soit des villes ou des campagnes, pour rétablir la règle de droit partout et empêcher la contagion de la  violence : c’est-à-dire restaurer  la sécurité.

Intégration et ascenseur social. Il existe deux moteurs pour mener ces politiques : l’intégration qui s’appuie sur l’égalité des  chances, et l’ascenseur social, qui suppose le retour du cercle vertueux du travail : entreprise, emploi, salaire. Ce sont  les deux piliers d’une vraie justice sociale. Cela nécessite d’investir massivement dans l’éducation et la formation, soutenir l’innovation, développer massivement  l’apprentissage et l’alternance, mettre l’entreprise au coeur du projet. Mais la condition à remplir d’abord, c’est faire regagner la confiance dans le politique et c’est la classe moyenne qui  est aujourd’hui la plus disponible.

L’Union européenne, vecteur de paix et de prospérité.

L’union européenne demeure un instrument essentiel  pour la paix en Europe et peser dans le   monde, et pour notre prospérité. Mais il y a plusieurs conditions à remplir pour la réconcilier avec les peuples qui s’en défient de plus en plus. D’abord, rassurer ceux-ci en mettant fin aux soi-disant négociations avec la dictature turque. Ensuite, terminer la  construction monétaire par la création d’un fonds de stabilisation de l’euro et l’achèvement de l’union bancaire pour renforcer la  zone euro. Affirmer la souveraineté européenne au plan commercial, fiscal et environnemental, indispensable face à la Chine mais aussi aux Etats-Unis et à la Russie. Et compléter le dispositif par la convergence des droits sociaux. Enfin, l’Europe doit assurer notre sécurité, accepter de réguler l’immigration et le droit d’asile, et sa première mission doit être le contrôle des frontières.

Mobiliser la classe moyenne pour en faire le socle de l’alternance.

Le maintien d’une classe moyenne forte et ambitieuse sera la clé des prochaines échéances électorales, d’autant plus si une force politique devait s’en faire le porte-parole.  C’est justement le cheval de bataille de Laurent Wauquiez. C’est bien pourquoi, comme l’analyse fort justement Cécile Cornudet dans les Echos, la « Macronie » voit en lui le principal danger pour 2022 et s’emploie à l’étouffer en le diabolisant avec le traditionnel repoussoir du FN. Curieux comme démarche quand on juge le clivage « gauche-droite » dépassé, mais la contradiction ne vaut pas dans l’univers jupitérien, puisque c’est « en même temps ». Dans ce jeu de dupes,  les « constructifs » sont des auxiliaires précieux. Le plus diabolique d’entre eux est Thierry Solère, avec son discours complètement pipé dont il a fait étalage au dernier « Talk » du Figaro. Il  prône un « jeu (politique) à la carte ». C’est justement ce que souhaite  Macron, parce que ce serait la meilleure façon de détruire complètement l’opposition républicaine qui résiste à sa pression ! L’action de l’opposition doit consister  à utiliser tous les moyens pour empêcher la classe moyenne d’être laminée. La bataille contre l’augmentation de la CSG et contre la suppression de la taxe d’habitation pour 80% des foyers fiscaux sont d’excellents moyens de la mobiliser.

 


LA GRANDE INJUSTICE DES CONDITIONS DE RESSOURCES (2)

Contribuable détroussé

 

LES CLASSES MOYENNES VICTIMES DE MACRON

Un système pervers.

On l’a vu dans ma note précédente, la France vit sous un système débile qui cumule une  progressivité fiscale hystérique et de nombreuses « mises sous conditions de ressources », dont les classes moyennes plus ou moins aisées sont les premières victimes. Loin de chercher à réduire cette situation scandaleusement inéquitable, le gouvernement Macron en accentue au contraire le côté  pervers avec la hausse de la CSG et la création de l’IFI,  sans parler des nombreuses taxes créées ou « améliorées » qui vont viser de manière privilégiée toujours les mêmes, tout en favorisant les « très riches »  puisque  les bénéficiaires de la suppression de l’ISF (1,26 milliards € ?) et de la « flat tax » (830 millions € aux 1% des revenus les plus élevés)  seront les mêmes selon une étude parue dans les Echos.

La classe moyenne.

De  qui parlons-nous ? Précisément des personnes dont le revenu disponible est compris entre 1 743€  et 4 099€ mensuels, soit un rapport de 1 à 2,35 entre les  bornes inférieure et supérieure. Elles représentent 50% de la population totale. Cette majorité, le plus souvent silencieuse (adjectif suspect) est le socle de notre démocratie. Elle est la grande perdante des réformes du quinquennat qui commence,  de manière directe ou relative par rapport aux classes riches et aux classes dites « démunies ».  On ne peut s’empêcher de  mettre en relation la montée des populismes dans les pays occidentaux avec la perte de soutien du socle des classes moyennes par les régimes politiques en place.

Flexisécurité et fiscalité.

Les politiques de flexisécurité se font au détriment des classes intermédiaires. En France s’y ajoute la fiscalité.

Les réformes dites de "flexisécurité", du marché du travail, de la formation et de l’assurance-chômage, ne répondent pas à la polarisation actuelle de l’emploi avec la montée en puissance concomitante d’une part des emplois de basse qualification et de haute qualification et d’autre part la disparition des emplois intermédiaires. C’est cette double polarisation qui a détruit l’ascenseur social pour la classe moyenne. Les deux pays, selon l’OCDE, qui ont connu un fort délitement de ces emplois sont justement le Danemark et la Suède qui sont les deux modèles de flexisécurité qui ont sciemment sacrifié leur classe moyenne. Or, en France, la classe moyenne est bien éduquée, plutôt bien formée et n’a pas besoin des plans de formation promis par le nouveau gouvernement.

La fiscalité est l’arme principale déployée pour détruire la classe moyenne. Le remplacement des cotisations salariales par une hausse de la CSG représente un gain de pouvoir d’achat net de 1,5% jusqu’à 13 076€ de salaire annuel brut, qui décroit pour devenir une perte annuelle nette au-delà de 33 000€. Le haut de la classe moyenne est directement perdant et le reste ne profitera que  moyennement de la mesure. Quant aux retraités on connait déjà leur triste sort avec l’augmentation de la CSG non compensée au-delà de 1 198€ mensuels.  De même,  la classe moyenne souffrira de son appétence pour le patrimoine immobilier (immobilier locatif, PEL et assurance-vie). Ces produits verront un alourdissement de leur fiscalité dès l’an prochain. La classe moyenne sera aussi la perdante de la politique sociale car elle ne bénéficiera pas des modestes ajustements de l’Etat providence. Les fonctionnaires en premier puisqu’ils subiront le poids des efforts budgétaires.

Les autres politiques vont dans le même sens.

La réorientation de la politique du logement et même de la politique familiale si elles préserveront les plus modestes, feront porter le poids de l’ajustement sur les autres, étant entendu que les plus aisés n’ont pas vraiment besoin de l’Etat providence. Il en va ainsi des réflexions menées sur les  allocations familiales et de la dégressivité des assurances chômage qui sont autant de menaces sur la classe moyenne.

Le  délitement de  la classe moyenne est le but visé.

La France qui gagne existe. Il y a des réussites entrepreneuriales, et heureusement, mais cela n’empêche pas que le nombre des pauvres augmente sans cesse, fruit des effets pervers des politiques suivies. Ils étaient 8,9 millions en 2016. Prise en étau entre ces gagnants de la métropolisation que Macron entend défendre et la France des pauvres, la classe moyenne semble inexorablement s’amenuiser, se paupériser, et d’autant plus si elle appartient à la France périphérique. Le délitement de  la classe moyenne entre paupérisation et constitution d’une classe créative des centres métropolitains créerait une géographie électorale très favorable au parti présidentiel, rejetant les classes les plus modestes aux extrêmes. Il est dans l’intérêt du pouvoir actuel de la voir disparaitre, d’où les efforts qu’il déploie contre elle. C’est bien le raisonnement que suit l’actuel président qui ne voudrait avoir comme opposants que Marine Le Pen et Mélenchon. Pour brouiller les pistes, il faut faire perdurer l’insensé  « ni droite, ni gauche »  à coups d’éléments de langage rabâchés, mais c’est un jeu très dangereux qui donne aux extrêmes le statut de forces d’alternance. Dans ce jeu trouble, Gilles Boyer continue d’être le « triste sire » de Juppé, que son amitié pour le transfuge philippien aveugle.

L’arme de l’épargne.

Les modifications de la fiscalité sur les revenus du capital auront beaucoup de mal à corriger la désaffection des épargnants pour les entreprises. Notre pays est devenu maladivement méfiant sur  tout ce qui touche à la bourse et aux actions, et le mot « libéral » fait toujours peur. Le placement en bourse apparait toujours comme risqué et le nombre des  « petits porteurs » a fortement diminué depuis les aléas du début des années 2000. Il y a peu de chance que  Macron parvienne à décider les  Français de déplacer les 4 815 milliards d’€ d’épargne financière  vers  les entreprises, sinon à la marge. De nombreux freins perdurent notamment pour le financement des PME faute de vrai marché boursier, et en ce qui concerne la réorientation des assurances-vie, c’est la réglementation du secteur qui limite considérablement les prises de risque. Et puis il y a le surendettement de l’Etat qui rend le gouvernement dépendant … de ces mêmes assurances-vie pour assurer son propre financement. Un serpent qui se mord la queue ! Les « premiers de cordée »  largement arrosés par la  mise en place du prélèvement forfaitaire ne seront donc guère suivis. Sans l’épargne populaire de la classe moyenne, qui détient la masse des capitaux, le pari de la réorientation du capital est loin d’être gagné. Comme je disais, il relève du fantasme.

La classe moyenne tient là sa revanche, si elle veut !

A  suivre : l’intérêt d’une stratégie « classes moyennes », à la fois identitaire, sociale et européenne.