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LA GRANDE INJUSTICE DES CONDITIONS DE RESSOURCES.

Contribuable détroussé

 

« Président des riches ! »

Voilà un slogan facile qui mériterait une exégèse mais qui est surtout loin de la réalité de notre système fiscal et ne rend compte en rien de la situation financière dans laquelle se  trouve notre pays. La loi de finances qui a été votée par  l’Assemblée nationale présente  deux vraies faiblesses : d’abord, encore une fois les dépenses publiques vont augmenter l’an prochain, avec des économies toujours  aussi floues et la certitude que le déficit dépassera  les 80 milliards d’euros ; ensuite  les réformes de Bercy ne touchent pas à la progressivité du barême de l’impôt sur le revenu qui peut s’élever jusqu’à 45%, auxquels peuvent s’ajouter 4 points de contribution exceptionnelle sur les revenus immobiliers, mais en plus, chez nous, nous avons la  particularité d’ajouter d’autres  progressivités aussi nombreuses que désordonnées qui amplifient celle de l’impôt sur le revenu. Et c’est là que le bât blesse !

Les réformes structurelles ne sont pas engagées.

C’est un budget de continuité. Le vrai courage manque toujours : celui de réformer en profondeur pour diminuer le poids de l’Etat et de ses 6 millions de fonctionnaires. La technique des coups de rabot pour faire croire à des économies ne peut plus faire illusion. Pourtant le gouvernement a une large majorité pour s’y attaquer et s’il ne le fait pas c’est qu’il ne veut pas. C’est donc un choix politique. Pas seulement celui de la facilité, le mal est plus profond. Il tient dans la petite musique que les cercles économistes plus ou moins gauchisants et adeptes de la politique keynésienne de l’Etat providence omnipotent, jouent en permanence dans les cercles du pouvoir. Pour ces gens-là,  la dépense publique est saine, il ne sert à rien de la réduire. Les résultats montrent que rien n’est plus faux : 6 millions de chômeurs, 100%  d’endettement, 60 à 80 milliards de déficit du commerce  extérieur, plus de 80 milliards de déficit pour l’Etat.

Une logique mortifère. Comme l’Etat n’a plus d’argent, pour redistribuer il  doit augmenter les impôts et pour protéger les plus démunis, les exempter, ce qui fait que ceux qui paient sont de moins en moins nombreux et doivent payer toujours plus. Les conséquences sont multiples : pour échapper à  une pression fiscale confiscatoire  il n’y a pas trente-six moyens, c’est fuir, frauder ou gagner moins d’argent en limitant son activité.

Comme la suppression de l’ISF, la « flat tax »  est un cache sexe. Ce sont des réformes utiles mais pas déterminantes, parce que trop contrebattues par des décisions délirantes dont la plus emblématique est la surtaxe de 3% sur les grandes entreprises pour tenter de compenser les 10 milliards perdus dans la galère de la taxe sur les dividendes. La vision fantasmée du pouvoir, celle de classes moyennes qui ré-alloueraient leur épargne aux start-up, est une pure vue de l’esprit du fait des rendements quasi nuls du capital-risque en France. Une telle situation porte un nom : la  décadence !

Les Français sous conditions de ressources.

C’est un cancer bien établi. Les  progressivités mises en place par nombre de décideurs publics accroissent lourdement celle de l’impôt sur le revenu. Ainsi, même la  CSG sur les pensions de retraite comporte une exonération et un taux réduit, en fonction des ressources du ménage. Les contribuables de 75 ans et plus sont exonérés de taxe foncière, sous conditions de même nature évidemment. Il en va de même de l’octroi des bourses scolaires et étudiantes dont les bénéficiaires échappent en sus aux droits d’inscription. Pour les mêmes raisons, un étudiant qui s’inscrit à Sciences-Po Paris peut voir le montant annuel qui lui est réclamé varier de 540€ à 10 150€ !...

Allons plus loin. La plupart des prestations sociales sont sujettes à conditions de ressources, variables d’un régime à l’autre. Il en est ainsi du RSA, de la prime d’activité, de l’allocation d’invalidité, des allocations logement. Vous en voulez  encore : chaque auteur d’un règlement refait le quotient familial à sa guise !  Le summum a été  atteint en 2015 quand on a supprimé la moitié ou les trois quarts des allocations familiales des familles aisées, suivant leurs revenus. Dans la même logique, la taxe d’habitation vient d’être supprimée pour 80%  des contribuables, toujours en fonction de leurs revenus. Quant aux détenteurs de valeurs mobilières, leur régime n’est pas aussi favorable que l’administration veut le croire : les plus-values sur lesquelles ils sont imposés, sans réévaluation du prix d’achat, sont en grande partie fictives, autrement dit ce sont des profits imaginaires taxés à 30% ! Un système pervers qui frappe toujours les mêmes et aboutit à un égalitarisme forcené dans la plus totale inéquité.

C’est simple : avec les nouvelles réformes, la progressivité du système fiscal et social excède les 100% pour les familles proches des seuils, ce que monsieur Le Maire se garde bien de nous dire ! Cela aura comme conséquences prévisibles pour les  professionnels libéraux une incitation à réduire l’activité  si ce n’est à frauder car un tout petit supplément de revenu peut devenir une terrible machine à  perdre avec une lourde ardoise fiscale et une perte de prestations sociales à la clé. Mais les fonctionnaires et les cadres sont aussi concernés. 

D’un côté, on encourage l’assistanat, de l’autre, on démotive la création de richesse.

A suivre, demain, les classes moyennes sont les grandes perdantes de ce système inéquitable. Retenons bien que toute dégressivité des prestations en fonction des revenus équivaut à un supplément de progressivité fiscale déguisé. 

 


VOYAGE MEMORIAL

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P1170726Je m’étais promis un jour de  me rendre sur la tombe d’un oncle tombé lors  de la guerre de 1914-1918, dont j’avais retrouvé l’emplacement  grâce au travail minutieux des services du ministère des Armées. Cet  oncle  a été tué le 2 juin 1917 et j’avais prévu d’aller sur place commémorer le centenaire de sa disparition. Mais la nécropole d’Aubérive, près de Reims, où il a été enterré faisait l’objet d’importants travaux de restauration qui en interdisait l’accès. Comme je souhaitais m’y rendre avant la fin 2017, c’est donc lundi dernier que ce vœu a pu se réaliser.

Gabriel, Eugène, Alfred Houlle, né en 1894, était le frère ainé de mon père. Jeune instituteur, mort à 23 ans, il n’eut guère  le  temps d’enseigner. Tout ce que je sais de lui, c’est que mon père lui vouait une grande admiration. Etre instituteur, au début du 20ème siècle, ça n’était pas rien ! 



P1170836« Mortellement blessé le  27 mai 1917, par une grenade à ailettes alors  qu’il  assurait la protection de travailleurs à proximité de l’ennemi à Moronvilliers, au nord-est de Reims. Il appartenait à la 124ème division d’infanterie, avec le  grade de sous-lieutenant.  Il a été cité à l’ordre de sa division : sous-officier d’un très grand courage vigoureux et  plein d’entrain. Volontaire pour toutes les  missions difficiles. Le 1er juin 1916 s’est offert spontanément pour porter un renseignement au colonel commandant le régiment sous un effroyable bombardement, circulant de jour sur un terrain découvert battu par les mitrailleuses ennemies. A accompli sa  mission dans le  minimum de temps. »

Par arrêté du 30 mai 1920, il a été décoré de la « Légion d’honneur » à titre posthume.

Je lui dédie ces quelques vers de « l’hymne » de Victor Hugo :


« Ceux qui pieusement sont morts pour la patrie
Ont droit qu'à leur cercueil la foule vienne et prie.
Entre les plus beaux noms leur nom est le plus beau.
Toute gloire près d'eux passe et tombe éphémère ;
Et, comme ferait une mère,
La voix d'un peuple entier les berce en leur tombeau !

Gloire à notre France éternelle !
Gloire à ceux qui sont morts pour elle !
Aux martyrs ! aux vaillants ! aux forts !
À ceux qu'enflamme leur exemple,
Qui veulent place dans le temple,
Et qui mourront comme ils sont morts ! …»

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Il avait laissé un texte écrit de sa main que mon père conservait précieusement. Ce texte, symboliquement,  je l’ai déclamé devant la croix qui porte son nom. Il rend bien compte de l’état d’esprit qui animait les Français. Je l’avais déjà publié sur le bloc-notes  en novembre 2008. Il est un peu long, mais je vous le propose ci-dessous à nouveau.

En sa mémoire.

« Sous les ordres du sanguinaire empereur

Les troupes allemandes s’apprêtent aux combats

L’entrain manque car les boches ont peur

Des coeurs ennemis qui eux sont de vrais soldats

Guillaume parle à sa troupe amollie

Voulant en cela aussi singer Napoléon

Soldats ! leur crie-t-il, partons, notre ennemie

Nous attaque, que chacun se batte comme un lion

Sus à la France, Sus à l’Angleterre

Sus à la Russie, que rien ne vous arrête

Qui donc sera le maître sur la terre

Si la grande Allemagne ne peut lever la tête

La campagne sera belle et Paris

Verra dans ses murs avant le mois prochain

L’empereur Guillaume avec tous ses amis

Célébrer la victoire Boulevard Saint-Germain

Allez ! soldats, la Belgique impatiente

Vous attend pour la libérer de ces maudits

De ces damnés, de ces vaches. Elle tente

Mais en vain de repousser ses ennemis

Liège vous tend les bras. Namur vous recevra

En fête et à Bruxelles je m’installerai

Car ce pays ami désormais s’appellera

Province prussienne ; pour elle je choisirai

Un gouverneur parmi les grands de ma cour

Puis nous irons tout droit jusqu’à Paris

Et la France paiera tous les frais. A ce jour

Nous prendrons du repos dans la joie et le ris

La fière Albion, la patrie perdue

Londres sera accusée après quelques jours

Elle comptait sur la France : la France s’est abattue

Elle appelle Nicolas à son secours

Mais avant qu’il ne soit prêt à marcher contre nous

Avant que le premier cosaque ait franchi

La frontière ne craignant rien derrière nous

Nous quitterons Bruxelles, Londres et puis Paris

Pour voler à Petersbourg et puis à Moscou

Maître absolu de l’Europe entière

J’aurais enfin atteint le rêve de nos aïeux

L’Allemagne par-dessus toute la terre

Frémira aux récits de vos exploits glorieux.

Ainsi parla Guillaume dans sa démence

Soumettre l’Europe ! Quel but ? ne sait-il pas

Qu’il en coûte à un empereur de France

D’avoir fait parcourir l’Europe à ses soldats.

Entendant les fières paroles de leur kaiser

Les lourds soldats allemands, cavaliers ou fantassins

Crurent que déjà ils tenaient la victoire

Ils se voyaient en Champagne, buvant le vin.

Liège tint bon, Namur résista. Ah ! tremblez

Ulhans, lanciers, fantassins, hussards de la mort

Tremblez, vous êtes trompés ! Le peuple français

Debout vous attend conscient, calme et fort.

Là-bas les Anglais viennent à la rescousse

Tandis que déjà les russes arrivent à Berlin

Tremblez ! Vous allez sentir la secousse

Des peuples dressés pour la défense de leur bien.

Les lâches ont peur de la mort et de la mitraille

Comment arrêter les balles meurtrières

Oh ! ils prennent tout : vieillards, hommes, marmailles,

Et ils les offrent aux fusils de leurs frères.

Est-ce là une guerre, dis-moi, Guillaume

Est-ce ainsi que tu te venges de ces gens

Qui refusent de t’obéir ? Es-tu homme

Ou bourreau ? Tu n’es pas empereur mais tyran.

Honte à toi qui a déchaîné cette guerre

Honte à toi pour qui le sang humain n’est rien

Honte à toi qui sème partout la misère

Honte, honte à toi Guillaume le vaurien…

            Gabriel HOULLE

Instituteur de la République

            P1170734 Sous-lieutenant au 101ème régiment d’infanterie, 10ème compagnie

            Mort pour la France le 27 mai 1917 à Moronvilliers (Marne)

            Chevalier de la Légion d’Honneur

 

 


TRISTE SPECTACLE

Clown

 

Il faut souvent de l’abnégation pour aimer la politique.

Et il faut reconnaître que la période  est gratinée. Nous assistons en effet à  un bien triste spectacle qui pourrait s’intituler : « Comment faire  prendre aux Français des vessies pour des lanternes ? ».

Nous  avons assisté à un débat  surréaliste sur la suppression (partielle) de l’ISF dont il restera  un résidu, l’IFI, qui ne rapportera pratiquement rien à l’Etat (850 millions d’€), mais qui s'attaque à la propriété immobilière et oriente de force les économies des Français vers la finance au détriment de l'acquisition d'un logement à transmettre à leurs enfants et petits-enfants. L'Impôt sur la fortune immobilière va punir les petits entrepreneurs qui acquièrent un patrimoine par leur travail et tous les Français dont le logement a pris de la valeur avec la hausse de l'immobilier.

Je suis triste !

Oui, je suis triste de voir deux ministres issus des Républicains faire voter  la hausse de la CSG dont les  retraités seront les principales victimes et la suppression de  la taxe d’habitation pour 80% des foyers qui va priver les  communes de  leurs marges de manœuvre sur une ressource essentielle, reportant inévitablement  l’effort sur les autres taxes et les  20% d’assujettis restants. Et si ça n’était que ça ! En plus d'augmenter la CSG pour toutes les retraites supérieures à 1200 euros, Le budget  s’attaque aussi aux familles avec la suppression de la prestation d'accueil du jeune enfant pour des dizaines de milliers de Français. Le gouvernement refuse de baisser les droits de succession pour les classes moyennes  et se montre incapable de réduire sérieusement la dépense publique. Et on voudrait me faire croire que la droite aurait fait la même chose ?

C'est du sabotage !

Pire, ceux qui ont choisi d’aller soutenir Macron revendiquent toujours leur appartenance au parti qu’ils ont fait battre aux élections législatives. Et il faudrait les garder ? Quelle dose de  masochisme anime donc certains de nos amis… Il  ne s’agit pas d’exclure  des sensibilités, mais des personnes qui ont fait un choix qui ne regarde qu’elles.  Après, c’est le jeu politique : à quoi sert tout le débat  actuel sinon à vouloir affaiblir un peu plus Les Républicains, pour rendre service à monsieur Macron ! C’est là qu’on touche à la manœuvre sordide. Il s’agit d’étouffer la candidature de Laurent Wauquiez en instruisant tous les procès possibles et en reprenant les formules cultes  de  la gauche :  « droitisation », « alliance  avec le FN », « exclusion de Sens Commun »… Si  victoire il y a, il faut que ce soit celle sur une coquille vide.  Parce qu’une droite digne et crédible ferait courir le pire danger au président de la République dont le schéma « ni droite, ni gauche »  s’écroulerait. C'est donc du sabotage  !

Déjà, leur ralliement avant les législatives était méprisable en ce sens qu’il a dérouté nombre de nos électeurs. Les agissements actuels des transfuges confinent désormais à la trahison de leur camp. De fait, ils ne peuvent pas avoir un pied dans chaque camp. Le Parti Les Républicains a des statuts : qu’ils  s’appliquent. Par respect pour les adhérents et les militants !

 


LE GRAND LAURENT EN CAMPAGNE

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En campagne pour la présidence des « Républicains », Laurent WAUQUIEZ était de passage en Anjou à l’invitation de Jean-Charles TAUGOURDEAU, député et président de la fédération de Maine-et-Loire. Devant près de 300 personnes, dans le cadre patrimonial des Halles de Beaufort-en-Anjou, le président de la Région Rhône-Alpes-Auvergne, s’est fait le chantre de la « reconstruction de la droite ». Tout un parterre d’élus était venu là pour l’écouter, à commencer  par son hôte  entouré de Catherine Deroche et Stéphane Piednoir, sénateurs, Régine Catin et Sébastien Pillard, Conseillers Régionaux.

Laurent Wauquiez, c’est un personnage.

On est tout de suite frappé par son empathie naturelle : chaleureux, souriant, la poignée de  main franche… Il prend d’abord tout son temps pour remonter l’allée centrale en serrant une à une les mains qui se tendent. A la tribune, sa haute silhouette est bien campée sur ses  jambes écartées comme pour marquer la détermination. Il respire la franchise et la  simplicité. Il commence son propos,  après  les hommages de circonstance, en s’appuyant sur l’histoire locale,  le château de Beaufort qui en impose, la référence aux Ducs d’Anjou pour évoquer la  croix  de Lorraine, symbole incontournable des gaullistes, l’évocation de la culture du chanvre pour la valeur travail, et finit en rappelant avec humour que  l’eau de la Loire qu’on voit couler venait de  chez lui. Il exprime ainsi son attachement à nos racines : « La France de Beaufort,  c’est ma France ! ».  Comme lors des Régionales avec Bruno Retailleau, il souhaite gagner sur les valeurs qui font la  droite.  Profitant de la  présence d’un délégation nombreuse des Jeunes républicains, à l’initiative de Louis Jonchère, il a dit sa volonté  d’ouvrir  largement les portes du parti à la jeunesse, sa volonté de retrouver le souffle et  l’envie…  ce qu’il apprécie évidemment, lui qui aime les militants qui sont l’âme de notre  famille  politique. Car c’est avec eux et ensemble qu’il faut retrouver le  chemin, porter la parole : tout est à reconstruire,  l’envie est à reprendre. « On a perdu, on a déçu, on a été  trahi… » : quelques affirmations suivies de  mots  acerbes  pour ceux qui ont une colonne vertébrale élastique. Pour lui, Fillon a perdu parce qu’il a été tué par les affaires et la médiatisation, pas à cause de son projet. Et de conclure : « Les  valeurs de la  droite restent les valeurs centrales de la France ! ».

Il  enchaine son propos  sur une analyse de la politique menée par le Président de la République : « Macron n’est pas le problème. Si un projet correspond à l’intérêt général, on le soutient. Mais ne nous y trompons pas : il n’est  pas de  droite, sa vision n’est  pas la nôtre. »  Et il  énumère tous les points de divergence : la sécurité, l’autorité, la défense nationale, l’intégrisme,  domaines où Macron cultive l’ambigüité, l’économie avec la dépense publique qui augmente, soulignant au passage que l’ISF, c’est  un cadeau à ceux qui ont financé sa campagne, et précisant que pour nous la propriété est une vertu,  avec cette évidence : « ceux qui payent, ce sont encore les  classes moyennes,  ceux qui travaillent, 5 millions de ménages qui sont les  oubliés de la politique actuelle. Il opposait la France de nos territoires aux grandes métropoles, les Français qui réussissent à « ceux qui ne sont rien », il oppose maintenant les actifs aux retraités, la finance à la propriété immobilière ! » Si les héros de  Macron ce sont les « golden boys », ceux de Laurent Wauquiez sont les agriculteurs,  les  commerçants, les artisans, les patrons de  PME, les travailleurs qui produisent notre richesse au quotidien.

La France a besoin de la droite.

Mais le pays a la tête à l’envers.  Mélenchon dont le programme se résume en trois formules :   les ZAD, nuit debout et  l’islamo-gauchisme, n’est pas une alternative, comme on le  voit bien, et Le Pen qui cumule haine, violence et incompétence ne peut en aucun cas  être une alliée.

Il s’agit donc  pour la droite de reconquérir tous ceux qu’elle a déçus pour « faire »  vraiment. Laurent Wauquiez souhaite le plus large rassemblement et dénonce les tireurs embusqué. « La   période n’est pas aux calculs, elle est aux choix ». Il faut porter ensemble le même idéal. Il souhaite  la  diversité des expressions, il refuse les chapelles : « Il n’y a pas de droite dure ou molle, soyons la droite ! » Le  cap  qu’il fixe,  c’est d’abord l’identité française, la culture, pour lesquels la France n’a pas à s’adapter. Le  socle c’est  l’école qui doit être le lieu du travail et de l’effort et éduquer en donnant quelque chose à aimer : la France.   Il faut reconstruire la relation au travail et récompenser l’effort. Il faut réintroduire l’autorité,  le respect… « Mais la droite est elle-même quand elle est sociale.  Elle  porte  en elle  les  valeurs de la  démocratie chrétienne et du gaullisme ». Laurent Wauquiez affirme son attachement à notre système social et au maintien du filet protecteur qu’il constitue.  Mais pour qu’il  puisse continuer à vivre il faut lutter contre  les abus. Il faut aussi une politique de  la famille  digne de ce nom, protéger nos retraités et avoir une attention au handicap. D’ailleurs toutes les lois sur le handicap ont été votées par la droite.

« Soyons en sûrs, seule la vraie Droite que nous reconstruirons ensemble portera le combat pour la solidarité entre les générations. Respect de notre Drapeau, de notre France, de la République, de notre Histoire, de nos Coutumes, de nos Traditions, ce n’est pas négociable c’est une obligation ! » 
« ICI C’EST LA FRANCE ! »

Le pari de la droite.

J’ai vainement cherché l’extrémiste dit de « droite dure » ce concept inventé par ceux qui sont partis ailleurs pour s’en servir de prétexte. Un propos très équilibré mais qui ne s’encombre pas  de précautions oratoires. Laurent Wauquiez dit les choses  comme il les  ressent,  comme nous les ressentons. Sa posture ressemble beaucoup  à celle de Nicolas Sarkozy en 2007. Avec un espace qui s’ouvre sur sa droite dans lequel il  s’engouffre avec gourmandise. Il  parie qu’il peut ramener à lui tout un électorat  populaire et des classes  moyennes qui subissent de  plein fouet la politique de Macron.  Et il est  capable  de le gagner avec au bout le « jack pot » !  Un face-à-face Wauquiez-Macron,  voilà qui promettrait !

 

 


L’ISF, MIROIR AUX ALOUETTES.

Contribuable détroussé

 

La France a cette  spécialité de fomenter des  débats sans fin pour des causes qui n’en valent pas la peine : celui sur l’ISF fait partie de ceux-là.  Le gouvernement, en prenant de  multiples précautions  a décidé de mettre fin  à cet impôt  imbécile qui ne rapporte presque rien : à peine 5 milliards d’€ desquels il faudrait défalquer les frais de collecte. Et encore a-t-on pris soin de ne pas le supprimer  complètement,  mais de le « transformer » en IFI, Impôt sur le Fortune Immobilière, sous le prétexte fumeux d’orienter l’argent vers l’investissement et non la rente ce que serait censé être  le patrimoine immobilier. Discutable, mais bon !  Tout ça pour une recette  qui ne fera  même pas 1 milliard d’€ ! On aurait mieux fait de  le  supprimer purement et simplement. Encore faut-il tenir compte des signes  de richesses… Les égalitaristes montaient au créneau. Evidemment le sujet va enflammer les débats à l’Assemblée  nationale : pensez donc,  un cadeau fait aux riches !

Mélenchon en porte-voix.

Non seulement on va supprimer l’ISF, mais « en même temps » on gèle les pensions, on stabilise les revenus des fonctionnaires, on diminue l’aide au logement et, cerise  sur le gâteau, on augmente  la  CSG de 1,7% : voilà de quoi faire bondir les égalitaristes de tout poil de la « France insoumise » qui suit comme un toutou son leader minimo (maximo serait un peu trop non ?). C’est que l’ISF est devenu l’étendard de la lutte des classes contre les inégalités. Pourtant, même avec l’ISF, celles-ci continuent de « prospérer » si je puis dire. Cet impôt est payé par des gens assez prospères pour conserver le même train de vie, mais aussi par des épargnants qui ont commis l’erreur de garder de l’argent pour leur fin de vie ou pour leurs enfants. Mais voilà un étendard reste un étendard, c’est une façon de désigner les « riches » et surtout d’élargir une fracture dans la société française. De toute façon, on ne peut pas accumuler de la fortune sans avoir payé auparavant tous ses impôts, dans un pays où la pression fiscale est à plus de 45 % du PIB. Personne ne se demande pourquoi la France est le seul pays à avoir cet impôt et il est même surprenant que le Conseil d’État n’ait pas censuré un prélèvement qui ne porte ni sur le fruit du travail ni sur celui de l’épargne, mais sur l’épargne elle-même. Il faut le supprimer, non pas pour faire  plaisir à quelques riches  qui sont restés malgré tout dans le pays,  mais à cause du message qu’il  envoie : si vous ne voulez pas le payer, alors surtout travaillez moins, produisez moins, n’épargnez pas, dépensez ce que vous gagnez !

Une décision politique qui n’est pas assumée.

Macron voudrait supprimer l’ISF sans faire de vagues, ou le moins possible. Il sait qu’il contente une poignée d’électeurs  de droite, mais mécontente toute sa gauche. Chacun voudra apporter son grain de sel : comme François Bayrou (MoDem), qui a exposé son idée sur la question.  Il faudrait traiter par la chirurgie pure et simple ce tabou anachronique, et par la même occasion les habitudes ancrées en France depuis des décennies, comme cette philosophie égalitaire qui nous a plongés dans l’endettement et le chômage. Mais on n’empêchera pas  les gros bataillons d’élus venir en ordre serré pour dénoncer l’injustice notoire de cette suppression, chacun avec son propre projet de réforme. Alors le pouvoir donne dans la comedia dell‘arte. On dit aux riches : «  vous pouvez revenir,  mais  sans votre  yacht,  sans vos lingots et avec une twingo de préférence. Laissez la Bentley au parking à Monaco ! ». Grotesque ! S’il faut supprimer cet impôt c’est tout simplement parce qu’il est archaïque. Si on voulait faire revenir les riches qui sont partis, avec de tels signaux, ça m’étonnerait que ça marche.

Convenons qu’en matière fiscale, le nouvel exécutif fait fort dans les contradictions.

Car un certain nombre de Français ont l'impression de passer à côté des cadeaux fiscaux. Si les très riches vont y gagner à la suppression de l’ISF, en-dessous, des cadres moyens-supérieurs, certaines professions indépendantes, des dirigeants de PME, le haut de la classe moyenne aisée, soit plusieurs millions de foyers fiscaux, ne sont pas concernés par les réformes. Huit contribuables sur dix seront totalement dispensés de la taxe d'habitation tandis que l'ISF sera supprimé ou allégé pour plusieurs centaines de milliers d'autres, mais entre les deux il y a tous ceux qui ne bénéficieront ni d'une mesure ni de l'autre. Parmi ces Français, deux millions et demi de retraités qui verront leur pouvoir d'achat diminuer en raison de la hausse de la CSG non compensée, pour eux, par la suppression de la taxe locale. Plus largement, ce sont ces Français « à l'aise » sans être « riches » ou fortunés, les contribuables, propriétaires immobiliers mais sans gros portefeuille d'actions, qui seront les moins « gagnants » pour ne pas dire perdants. Surtout, ce sont eux qui avaient pris de plein fouet les ponctions du précédent quinquennat. Notamment les familles : entre la diminution du quotient familial et le plafonnement des allocations éponymes, deux millions parmi les 40% les plus aisées ont vu leur niveau de vie reculer, parfois sèchement.  Si c’est ça la transformation, on peut faire mieux. Pour l’instant ce n’est que de la redistribution sur le dos des uns pour arroser les autres, toujours les mêmes, un cercle vicieux qui tourne sans arrêt sur lui-même. Rien de changé !

Et la suppression de l’ISF n’est qu’un miroir aux alouettes.

 

 


MACRON, PREMIER DE CORDEE D’UN ETAT OBESE

Macron interview

 

Je vous préviens, l’article est un peu long, mais la démonstration exige d’entrer dans le détail.

Un Président bavard et péremptoire.

La « transformation » remplace la réforme, on veut bien. Est-ce si sûr, car au-delà des mots, la réalité est bien plus complexe. Pendant la plus grande partie de son interview, on a vu un Macron enfoncer les portes ouvertes avec un discours cent fois entendu sur tous les sujets abordés de la réforme du droit du travail à l’apprentissage ou à la relance de la participation, en oubliant une chose essentielle, au-delà de « je veux », c’est que ce n’est pas l’Etat qui crée les emplois. J’ai pour ma part relevé une vision assez simpliste de l’investissement : le levier fiscal ne sera pas suffisant pour être à la hauteur des défis de l’innovation et de l’économie numérique et de  l’ampleur des fonds qu’il faudrait réunir pour les relever. Il aurait fallu supprimer complètement l’ISF, dont il tente de trouver une cohérence (fragile) avec la taxation des signes de richesse qui envoie un signe contradictoire. Emmanuel Macron s’est étendu longuement sur les sujets futiles au détriment de ceux qui sont pourtant prioritaires pour les Français : la sécurité, l’immigration, les sujets sociétaux. Pas un mot sur le communautarisme. Par contre, je l’ai trouvé convaincant sur les sujets internationaux trop rapidement traités. On n’a pas évoqué l’Europe : dommage ! Alors certes, les intentions sont bonnes et leurs réalisations conjuguées pourront sans doute apporter quelques améliorations à notre situation économique et sociale,  mais le chemin n’est pas le bon pour qu’elles soient durables : « transformer » le pays ce serait transformer l’Etat, or de cela il n’est pas question.

La France est un Etat socialiste.

Il n’y a que les Français qui ne le savent pas. J’ai même entendu un slovaque affirmer que notre pays était communiste : voilà qui aurait fait boire du petit lait à Méluche. On pouvait espérer en sortir un peu avec les projets libéraux des candidats de la droite d’Alain Juppé  ou de  François Fillon. Ils avaient enfin compris qu’il fallait sortir du colbertisme gaulliste pour insuffler une dose de liberté dans notre économie et dans les rouages de l’Etat : du libéralisme, quoi, et surtout diminuer significativement le nombre des fonctionnaires. Mais voilà, c’est Macron qui a été élu. Cet ersatz de socialiste n’est pas là pour arranger les choses. Si son projet est bien de faire  emprunter au capital le circuit de l’investissement, par la coercition fiscale, il n’est pas dans ses priorités de désendetter l’Etat ni de vraiment baisser les dépenses collectives. La mutualisation obligatoire des fruits de la vie économique fait de la France un pays socialiste. La preuve en est : le PS a tout perdu et personne ne s’en est aperçu. Pour une raison toute simple : chez nous l’Etat en tant que tel  est déjà plus socialiste qu’un parti socialiste ne pourrait jamais le devenir. Il contient tous les éléments structurels du socialisme réel : les dépenses publiques, qu’il s’agisse de l’Etat, de la Sécurité sociale ou des collectivités locales sont décidées par des assemblées publiques élues  démocratiquement. Ce sont elles qui décident que les choix collectifs sont prépondérants par les sommes qu’ils mobilisent et font que le système devient à la lettre « socialiste » puisque la collectivité prime sur l’individu. « L’Etat enserre, contrôle, réglemente, surveille et tient en tutelle la société civile, depuis ses manifestations d’existence les plus vastes jusqu’à ses mouvements les plus infimes, de ses mouvements d’existence les plus généraux jusqu’à la vie privée des individus » : ce commentaire que l’on doit à Karl Marx date de 1869, et pourtant il est une brûlante actualité. D’autant plus que depuis, la puissance de l’Etat  n’a cessé de croître avec son armée de près de 6 millions de fonctionnaires. Un tropisme qui n’a fait que s’exacerber avec le temps et dans lequel s’inscrit complètement le pouvoir actuel.

Macron reste dans le droit fil du modèle centralisateur dit « bismarckien ».

La référence du Président est plutôt le  modèle scandinave avec le rôle central  qu’il entend continuer de réserver à l’Etat, illustré par le programme d’investissements publics annoncé par le Premier Ministre, ou par la nationalisation envisagée du système d’assurance-chômage. Ce n’est pas lui qui fera descendre la France de son piédestal de championne du monde des dépenses collectives des pays développés, selon le classement de  l’OCDE : 56,4% du PIB, à égalité avec la Finlande. L’Allemagne est loin derrière avec 44,3% du PIB. Encore faut-il souligner qu’outre-Rhin on équilibre les  dépenses avec des recettes excédentaires. Ce n’est pas le cas chez nous :   les dépenses  publiques sont couvertes par les impôts  et cotisations sociales à hauteur de 45,9% du PIB.  Les  10,5 point d’écart s’expliquent par les autres recettes et surtout par le déficit public et sont comblés par les emprunts. Encore 185 milliards d’euros prévus en 2018 ! On n’est donc pas près de se désendetter. La véritable mesure du poids  de la  sphère publique dans l’économie et la société, ce sont ses dépenses, les prélèvements fiscaux et sociaux en étant le prix douloureux à payer. Avec Macron, la France reste dans le schéma d’un système d’assurance obligatoire où l’Etat est toujours prêt à se substituer au marché en tant que pourvoyeur de bien-être. Notre hexagone a poussé très loin ce « socialisme » bureaucratique. Quand il affirme : « La suppression des cotisations chômage qui représentera plus de 250 € par an au niveau du SMIC » c’est un bon exemple de la présentation qu’il donne de son action. Celle-ci entretient la fiction selon laquelle l’Etat créerait de la richesse et du pouvoir d’achat : c’est le degré zéro de l’argumentation en matière de politique économique. Car l’argent ne vient pas de nulle part. En l’occurrence ici c’est la CSG, c’est-à-dire l’impôt, qui permet  cette suppression, prélevé sur les citoyens, donc sur leurs revenus soit du travail, soit de la rente. Et quand l’impôt ne suffit plus, ce qui est le cas de notre modèle social, c’est l’emprunt ! Et sous prétexte que la croissance économique est un peu plus forte que prévu, aussitôt on décide de faire moins d’économies sur les dépenses publiques : c’est ce qui se passe encore avec le budget 2018. C’est l’inverse qui aurait été pertinent, mais à condition de suivre une autre logique que celle de l’Etat tout puissant et bienfaiteur, même quand il est fauché. Il n’est pas étonnant alors que ses choix se portent sur le renforcement des prérogatives de l’Etat et se méfie de tout ce qui pourrait donner un peu de liberté : ainsi dans la réforme du droit du travail il renforce les branches,  et un certain corporatisme sur lequel il a la main, ce qui permet à l’Etat d’étendre ensuite les accords aux entreprises qui n’ont pas participé aux négociations. De même il privilégie l’étatisation pour la réforme de l’assurance-chômage, ce qui est une manière d’étendre un peu plus le champ de « l’Etat providence » en transformant un dispositif assurantiel en indemnisation d’Etat. Mais qui financera ? Le Président ne le dit pas, mais on a compris.

Il laisse un espace à la droite.

Pour remettre la France dans le coup du 21ème siècle, il faudrait au contraire venir au modèle libéral de type anglo-saxon,  le « Welfare state » qui privilégie le  marché et limite les  mécanismes de solidarité à ceux qui en ont le plus besoin. Notre modèle d’économie administrée n’est plus adapté face aux défis posés par la société de l’information, la mondialisation et le vieillissement de la population. Notre pays socialiste est noyé dans un océan libéral et prend de plein fouet le choc de la concurrence. Il est pris dans un cercle vicieux qui consiste à toujours prélever plus pour financer la machine à redistribuer, moyennant quoi il pèse tellement sur l’appareil productif qu’il est toujours moins concurrentiel. La richesse produite n’est plus suffisante, alors on emprunte et comme nos entreprises sont en difficulté, le chômage augmente… ce qui conduit à augmenter la facture. Et même quand l’Etat par la relance de la consommation qu’il finance obtient un peu de croissance, les fruits de celle-ci sont annulés par le déficit de notre commerce extérieur qu’ils creusent. Le système est depuis longtemps dans le mur, avec dette à 100% du PIB et chômage de masse. Il n’y a qu’une révolution libérale qui permettrait de rompre cette spirale mortifère pour notre pays. Elle ne viendra pas de Macron qui veut renforcer les prérogatives d’un Etat obèse.

 


LES APPRENTIS SORCIERS CATALANS AU PIED DU MUR

 

 Carles puigdemont

Le président de l’Assemblée catalane, Carles Puigdemont, a proclamé le droit de la Catalogne à l’indépendance et annoncé en même temps qu’il se donnait du temps pour la déclarer. Le principe de réalité s’est imposé à lui et il a bien fallu qu’il fasse un pas en arrière. Voilà ce qui arrive quand on triche avec la vérité.

Une consultation truquée bâtie sur des mensonges.

La campagne pour l’indépendance  s’est déroulée en s’appuyant sur au moins cinq mensonges. On a d’abord voulu nous faire croire que les nationalistes étaient majoritaires dans la province. Premier mensonge. Ils ont une majorité à l’assemblée autonome, mais ils ne sont pas majoritaires en voix par rapport au nombre des inscrits, et ils en sont loin. Ils ont voulu nous faire croire que le peuple catalan est opprimé par l’Espagne, ce qui est une plaisanterie . C’est plutôt le contraire, les nationalistes imposent par exemple la langue catalane à l’école et interdisent l’apprentissage du Castillan. Ils ont expliqué qu’indépendante, la Catalogne serait plus riche. C’est évidemment l’inverse qui se produira : déjà trois grandes banques ont décidé de quitter Barcelone et d’autres grandes entreprises s’apprêtent à suivre. La région représente 20% du PIB espagnol, que vaudra son économie une fois livrée à elle-même, car, autre oubli des nationalistes, elle se retrouverait avec une dette gigantesque. Enfin, ils ont apparemment oublié d’expliquer qu’en sortant du royaume, la Catalogne se retrouverait de fait hors de l’Union européenne et en perdrait tous les avantages.

C’est probablement pour ces raisons que la réaction anti-indépendantiste a été massive. Les multiples avertissements lancés par le monde ont rappelé aux nationalistes les conséquences inévitables du choix politique qu’ils voulaient faire. Carles  Puigdemont accumulant les actes illégaux, la confrontation avec Madrid ouvrait la porte à toutes les violences.  En effet, il a organisé un référendum que non seulement le droit n’autorise pas mais en plus s’est déroulé dans des conditions si chaotiques qu’il en est dépourvu de signification. Comment accorder du crédit à une consultation qui ne comportait même pas de listes électorales. Cela ne l’a pas empêché de voir dans des résultats dignes d’une république bananière le vœu ardent du peuple catalan, malgré la présence en Catalogne d’un fort mouvement hostile à l’indépendance. Et voilà qu’il invoque une illusoire souveraineté pour décider du destin de la région. Il est donc bien inspiré d’en suspendre la déclaration effective. Madrid lui a donné jusqu’à aujourd’hui pour clarifier son intention.

Un très mince espoir.

Ce qu’il voudrait, c’est une sortie en douceur de l’Espagne et donc négocier uniquement les modalités de l’indépendance. Ce que veut Madrid, c’est maintenir la Catalogne dans son statut actuel, qui, certes, peut être modifié, mais ne saurait, aux yeux du gouvernement espagnol évoluer vers la sécession. L’espoir nourri, notamment par les Européens, d’un dialogue construit éventuellement autour d’une médiation, semble très lointain si l’on tient compte des positions adoptées par le roi Felipe VI et par le chef du gouvernement Mariano Rajoy : ils ont remporté un petit succès grâce à une intransigeance inébranlable et ils n’ont certainement pas envie de dialoguer d’égal à égal avec un homme qui se comporte déjà comme s’il avait tous les pouvoir. Carles Puigdemont, n’avait peut-être pas d’autre choix que de tendre la main à Madrid, mais ce pourrait être une ultime manœuvre car il sait pertinemment que le pouvoir central ne souhaite pas la saisir.  C’est pourquoi en réponse, Mariano Rajoy demande au gouvernement catalan de dire si oui ou non, il compte déclarer l’indépendance. Dans ce cas, Madrid ferait jouer le fameux article 155 de la constitution qui permet au pouvoir central de retirer son autonomie à une région. Rien n’est donc réglé d’autant plus que la reculade du président catalan n’efface pas l’indépendantisme catalan qui est vif et capable de produire d’énormes manifestations. Quand les soutiens de l’unité espagnole se réjouissent de la baisse de tension, les Catalans auxquels on a promis monts et merveilles sont frustrés, et certains même accusent Puigdemont de « trahison ». La démagogie agit toujours comme un boomerang  : enflammez les foules, elles finiront par brûler ce qu’elles ont adoré. Certains Catalans sont assez furieux pour demander à Carles Puigdemont de partir…

Le moment décisif approche.

On ne sait si une négociation est possible. La froide colère des autorités centrales ne risque pas de déboucher sur une politique faite d’avancées puis de reculs. Les indépendantistes abordent cette situation alors qu’ils ne représentent qu’eux-mêmes, c’est-à-dire une fraction, fût-elle nombreuse, du peuple catalan, et qu’ils ont contre eux ceux des leurs qui restent hostiles à l’indépendance, le peuple espagnol, le gouvernement, et les peuples qui, en Europe ou ailleurs, ne croient qu’à une vérité : l’unité de l’Espagne. Toute cette crise repose sur l’émotion populaire, sur la manipulation d’un peuple qui se croit maltraité alors qu’il est le plus prospère d’Espagne, sur une auto-exaltation fort peu rationnelle. Des portes de sorite existent : elles passent par une réforme constitutionnelle qui permettrait d’accorder à la Catalogne d’autres avantages qui renforceraient l’autonomie ou une dissolution du parlement catalan et l’organisation de nouvelles élections.  Encore faut-il éviter d’oublier la charge émotionnelle qui gonfle les poitrines indépendantistes !

 

 


NON, LA FRANCE N’EST PAS HEMIPLEGIQUE !

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Ils voudraient nous faire croire que Macron  occupe tout l’espace et qu’il ne resterait qu’une tout petite place  à gauche pour le diable rouge Mélenchon. Cette vision des choses est bien trop  naïve pour correspondre à la réalité.  Ceux-là se laissent prendre au piège des sondages de « confiance » qui ne sont jamais en aucun cas des soutiens véritables, et encore  moins  des bulletins de vote assurés.  Ces photos de l’opinion prises à un moment donné peuvent très bien se révéler différentes à un autre moment,  il faut si peu de choses pour que les gens changent d’avis.  Macron,  malgré son « de droite et de gauche », est surtout de gauche comme tout son entourage et la  majorité  de ses députés.  Eh bien non,  la  France n’est pas hémiplégique, il n’y a  pas que lui et Mélenchon. La droite continue d’exister et compte bien le démontrer. C’est  même une nécessité pour l’équilibre du pays. Alors certes, il faut faire avec les turbulences de l’après présidentielle.  Forcément il faut faire avec les  petits calculs et les esprits faibles : il y en a toujours.

Les Ponce-Pilate.

Xavier Bertrand, Valérie Pécresse et maintenant François Baroin… Aucun ne veut se  mêler de  l’élection à la présidence des Républicains. Les prétextes ne sont pas  vraiment convaincants mais ils ont un point commun : ils dénoncent la  prise de  pouvoir « droitière » de Laurent Wauquiez avant l’heure, mais ils ne feront rien pour la combattre ou pour tempérer le positionnement de la future direction, si besoin était. Faut-il en conclure que nous avons affaire à des « faux culs » qui ne dévoilent pas leurs vraies intentions ?  Ne se  mettent-ils  pas en retrait tout bonnement pour préserver leur petite image en vue d’une éventuelle candidature à la  présidentielle de 2022, dont chacun sait qu’ils y pensent secrètement.  Et à ce moment-là, bouderont-ils les électeurs « droitiers » et les  militants  LR qui auront eu le courage de tenir la maison ?  Tout cela manque de courage et de panache. Et c’est d’autant plus regrettable qu’ils ont tous leur part de talent.

Les déserteurs.

La   droite  a aussi ses déserteurs, ces  élus qui, pour des raisons diverses, ont  besoin d’exister et  souhaitent s’inventer un destin en dehors de leur famille, ou  à côté. Pas trop loin quand même, il faut toujours penser aux futurs scrutins. Je pense bien sûr à ceux qui se considèrent plus constructifs que les autres. On se demande bien en quoi. Qu’ont-ils obtenu de plus ?  Mais il y a aussi cette vingtaine de  maire qui a répondu à l’appel d’Estrosi pour créer une association : « La France audacieuse ». Un paradoxe pour des fuyards. Ce dernier,  victime du syndrome des Régionales sans gauche, se croit obligé de tomber dans le piège macronien « de droite et de gauche », pour en réalité, tenter de s’assurer une réélection en s’attirant les bonnes grâces de l’électorat socialiste.  Où donc est  passé le  sarkozyste convaincu que j’ai bien connu ?  Il embarque avec  lui une escouade de francs-tireurs qui courent se mettre à l’abri en attendant de savoir ce que va donner la suite chez « Les Républicains ». Se mettre en marge n’est jamais très courageux.

Les ingrats.

Ah,  cher Jean-Christophe Lagarde, tu m’étonneras toujours ! Jamais avare d’une rodomontade pour prendre  tes distances… avant de revenir. Facile de  crier haro sur Les Républicains, mais à qui dois-tu les sièges de ton parti à l’Assemblée nationale, conquis au nom d’une  alliance électorale qu’il  est facile de dénoncer ensuite. Ta mauvaise foi ne changera pas et tu ne trompes personne. Pourtant le procédé n’est pas très élégant.  Il est tellement facile de reprendre le discours ambiant  pour dénoncer  la  « droite  dure » pour ne pas dire « extrême » de celui qui pourrait devenir le prochain président de  LR. La ficelle  est un peu grosse. Ton UDI ne sera jamais qu’une UDF naine.

La droite doit-être elle-même.

Heureusement, elle est encore  bien vivante. Malgré ceux qui font tout pour la disqualifier ou  lui nuire, voire l’enterrer, elle continue d’exister.  Elle peut s’appuyer sur un réseau d’élus locaux consistant, c’est elle qui a le groupe parlementaire le plus important après le groupe majoritaire, à l’Assemblée nationale, et elle domine le Sénat. Elle compte nombre d’élus jeunes car elle a su provoquer le  renouvellement.  Pourquoi aurions-nous honte d’être de droite ? Le procès en sorcellerie dont on l’accuse depuis plus de vingt ans, à savoir courir après le Front National,  n’a même  plus lieu d’être. Le projet qu’elle a à faire éclore consiste à être d’abord elle-même et foin des faux –débats, c’est par les propositions qu’elle fera pour lutter contre la désertification de la ruralité, pour réguler l’immigration, pour restaurer la sécurité, pour maîtriser la dépense publique, et pour reprendre le chemin de la croissance  en étant audacieuse dans la libération de notre économie aujourd’hui toujours corsetée par le dirigisme… qu’elle retrouvera sa crédibilité. Quand les Français prendront connaissance de ce projet clair, réaliste,  qu’ils en mesureront l’efficacité à cent  lieues de Mélenchon et de Le Pen, et bien plus déterminé que les transformations fumeuses du pouvoir actuel, alors elle incarnera l’alternance et le renouveau. Nous avons deux ans devant nous sans élections. La machine a le temps de se mettre en place tranquillement. L’acte premier de  sa refondation sera le rendez-vous de décembre.  Le parti va se donner  un chef. Quel qu’il soit, il sera en place pour prétendre à la suite. Les absents ont toujours tort, surtout,  si celui qui sera élu réussit son pari !

 

 


DE QUOI MACRON EST-IL LE SYMPTOME ?

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Une France déboussolée.

Le résultat de l’élection présidentielle est celui d’électeurs déboussolés, ballotés entre la tragédie de la fin du quinquennat Hollande  et les affaires qui ont assailli le candidat de la droite, avec une montée du scepticisme, de la révolte et de  l’exaspération débouchant sur le dégagisme. Autrement dit, un concours de circonstances.  Voilà pourquoi une sorte de flottement idéologique semble caractériser le nouveau pouvoir. N’ayant pas de boussole, il se raccroche au fameux concept « de droite et de gauche », mais dans la confusion que la chronologie des réformes impose. Aujourd’hui les dossiers traités, ISF, Code du travail, flat tax, politique éducative… font pencher la balance à droite. Il est en effet difficile de gérer un calendrier qui permette de mener « en même temps » des réformes « de droite et de gauche ». Le pouvoir tente de reprendre la main par le social, mais le mal est fait. Car la réalité électorale résiste aux théories politiques. Macron a été élu par des électeurs majoritairement de gauche, alors que sa politique séduit pour l’instant des citoyens majoritairement de droite. Son noyau initial a son centre de gravité à gauche et est en train de se déliter très rapidement. Car ce sont ces électeurs-là qui décrochent le plus nettement dans les baromètres de popularité. Deux avertissements lui ont été prodigués : l’un par Bayrou qui demande un rééquilibrage par du social et l’autre par Strauss-Khan qui malicieusement a profité d’un hommage à Nicole Bricq pour rappeler que les « valeurs de gauche » et les « valeurs de droite » ne sont pas les mêmes. Au passage on admire  la  grande naïveté d’une Aurore Bergé qui en parle  comme d’un « monde ancien » sans se rendre compte qu’au sein même de sa  majorité ces valeurs se contrebattent : il suffit  de réformer l’ISF avec comme objectif de favoriser l’investissement donc le profit pour voir ressurgir la chasse aux riches à travers yachts, lingots d’or, pépites et compagnie. La toise de l’égalitarisme n’est jamais bien loin.

Une stratégie risquée.

Le Président se sert habilement de ses prises à droite avec le Premier Ministre, Le Maire et Darmanin, et des « constructifs » pour tenter de continuer à déstabiliser  « Les Républicains », et le niveau de bonnes opinions à droite en sa faveur semblent lui donner raison. Ce n’est donc pas par hasard si les chantiers entamés cherchent à faire plaisir à droite. Mais rien ne dit que cette stratégie aboutira à un affaiblissement durable de la droite républicaine. En dépit des dissensions, l’élection à la présidence du parti va démontrer qu’une force d’opposition organisée persiste à droite. Elle peut s’appuyer sur le noyau dur de son électorat assez conséquent et sur les électeurs intermittents qui pourraient revenir de leur vote Front national. En revanche, la nouveauté de l’électorat macroniste du printemps 2017 fait qu’il est encore fragile. Certains ont pu être séduits, d’autres ont cherché une alternative après le quinquennat Hollande. Il serait présomptueux d’affirmer qu’il est fixé et stable. Les déçus de Macron à gauche peuvent très bien retourner à leur ancrage d’origine. Enfin, Si on veut bien se rappeler que les 7 millions de voix qui ont permis à Mélenchon d’approcher les 20% ont été obtenues en grande partie par le vote des jeunes, il y a là un pôle d’aspiration possible pour un électorat en perte de repères. Sans parler d’une recomposition du PS toujours possible.

Derrière le renforcement de l’étatisation, le socialisme rampant.

Ce sont deux constantes des transformations engagées par le nouvel exécutif : la recentralisation et l’étatisation. On le voit bien, malgré les emprunts de bric et de broc qui émaillent les réformes, à travers les  choix  qui sont opérés :  la baisse des charges salariales, qu’on disjoint des charges  patronales, est obtenue par un transfert qui se traduit par une augmentation de la CSG, ce qui les fait passer du régime des cotisations à un impôt général, le  même  type de démarche est prévu pour la réforme de l’assurance chômage que le gouvernement se promet d’étatiser, mieux, le projet de réforme des retraites suit des pistes de même nature, avec  une perte d’autonomie et une mise à l’écart des partenaires sociaux. La taxe  d’habitation suit le  même chemin avec en ligne de  mire  une dotation de l’Etat qui remplacera l’impôt levé localement, avec là encore, une perte d’autonomie pour les collectivités territoriales. Comme si l’Etat n’était pas suffisamment obèse !  Alors,  dans ce  contexte, on ne sera pas surpris par les ambigüités du budget 2018 qui se traduit au final par une augmentation des dépenses publiques. La politique de Macron n’est pas une politique libérale de droite. Elle ne cherche pas à libérer la création de richesse, elle veut simplement réorienter celle qui existe en la détournant de la rente vers l’investissement productif. C’est une politique de gauche néo-keynésienne sociale-démocrate de type scandinave. Avec l’invention d’une taxe par jour, comme il se doit. C’est mieux que notre vieille gauche marxiste, mais ça ne conduit pas le  peuple à la prospérité, avec un Etat  endetté dont  la fonction « providence » ne peut se faire qu’à crédit, en empruntant. Voilà pourquoi, Monsieur Darmanin,  en soutenant une telle  politique, ce qui est votre droit,  vous n’avez  plus votre place chez Les Républicains.

La France a besoin d’une révolution  libérale.

Tout l’art de brouiller  les cartes de Macron via Le Maire et compagnie, c’est de faire croire qu’ils la font.  En réalisant à peine 20% de ce que la droite aurait fait, ils crient « venez nous rejoindre, nous faisons ce que vous vouliez faire ! » Ce qui est un vrai mensonge. Ils n’ont pas lu le projet de Fillon, ni même de Juppé. Ce sera le thème de mon prochain article.

 

 


CROISSANCE : REPRISE OU REBOND ?

Croissance 2014 panne

 

Le gouvernement a revu ses prévisions de croissance à la hausse.

Et l’INSEE a suivi : 1.8% en 2017. Un taux de croissance qu'on n'avait pas vu depuis 2011. C'est mieux évidemment, mais ce n'est pas exceptionnel. Relativisons : la France a accumulé un tel retard de croissance depuis 5 ans sur le reste de l'Europe et sur l'Allemagne en particulier qu'il est normal que nous assistions à un rattrapage. Avec deux moteurs qui tournent bien, la consommation des ménages et surtout les investissements des entreprises, et ça c'est une bonne nouvelle.  Pourtant c’est rattrapage partiel seulement. Une fois passé l'effet de rattrapage après plusieurs années de surplace, nous allons voir si nous avons enfin la capacité à générer de la croissance, de la vraie croissance,  de la croissance supérieure à 1 ou 1.2%, bien métropolitaine et non importée par  la bonne santé de l’environnement mondial et européen. Selon les Echos, les économistes de Bercy ont jugé que la croissance potentielle de la France était de 1,25% par an. Voilà qui est trop faible, beaucoup trop faible. Et la cause, c’est une économie française encore trop bridée. Voilà pourquoi, le rebond est une aubaine, mais on ne peut  être  certain qu’il s’agit bien d’une reprise aux effets  plus permanents. Des réformes structurelles majeures seraient la solution, mais pour les  mettre en œuvre, il faudrait une véritable révolution « libérale » et on en est encore loin. C’est un thème  sur lequel  j’aurai l’occasion de revenir.

Une ombre au tableau.

63 milliards d'euros : c'est le montant du déficit commercial prévu par le gouvernement pour 2017 et 2018. Soit quinze milliards de plus qu'en 2016. Et cette ombre persistera longtemps car c'est un problème structurel en France, le moteur des échanges commerciaux avec un déficit commercial toujours aussi dramatique. Tant  que notre balance des échanges sera déficitaire, nous ne pourrons pas dire que la France est sortie d’affaire, car ce montant ampute considérablement chaque année   les efforts qui sont consentis pour produire de  la richesse supplémentaire.

Le plafond de verre de notre économie.

En économie, les gouvernants ont tout tout intérêt à prendre en compte la « croissance potentielle », qui est un peu, nous disent les économistes, la limite de la zone rouge dans le compte-tours des voitures. Au-delà de cette limite invisible, l'activité est condamnée à se retourner - ou à dégénérer en crises douloureuses sur les prix ou la dette. Il est donc des plafonds qu'il vaut mieux connaître pour éviter de se cogner la tête ou plutôt de se prendre les pieds dans le tapis.  En France, ce rythme serait d'à peine un peu plus de 1 % l'an - 1,2 % l'an d'après les derniers calculs du Trésor. Le  gouvernement actuel  en fait une démonstration, puisqu’avec un chiffre qui excède la « croissance potentielle », on voit la dette augmenter et les dépenses  publiques avec ! Comme la  France s'est traînée depuis 2012, il a une petite marge de manœuvre supplémentaire qui sera rapidement épuisée avant d’entrer dans la zone vraiment dangereuse. Il serait évidemment stupide de piloter la politique économique avec ce seul indicateur mais il serait tout aussi stupide de  l’ignorer, car il donne malgré tout un ordre de grandeur du possible. Convenons que cet ordre de grandeur n'est pas très rassurant : depuis la fin de la dernière guerre mondiale, nous avons pris collectivement l'habitude d'une croissance beaucoup plus rapide, qui donnait des facilités à la fois pour les comptes du foyer et pour ceux de l'Etat ou de la protection sociale.

Cette « croissance potentielle » n'est pas gravée dans le marbre.

La France a un formidable potentiel de croissance, si elle sait mobiliser sa population, ses territoires, ce qu’il reste de son capital. Un indicateur suffirait à le montrer : à peine 64 % de ses 15-64 ans ont un emploi ! Quand les pays nordiques, le Royaume-Uni, l'Allemagne sont tous plus  de  dix  points au-dessus. Rattraper leur niveau suffirait produire un point de croissance supplémentaire par an pendant une décennie ! Mais voilà, pour exploiter ce gisement, il faudrait améliorer le fonctionnement du marché du travail – ce qu’on tente de faire  timidement avec la loi Travail-, changer les règles sur la retraite et les habitudes des entreprises sur l'emploi des seniors et, surtout, mieux former jeunes et moins jeunes. Et là, la tâche est gigantesque : elle touche à deux monstres d’inefficacité, l’Education nationale et  la  machine de la formation professionnelle qui gaspillent chaque année des dizaines de milliards d’euros. Ce que le Medef a  stigmatisé avec un slogan vite retiré :  « Si l’école  faisait son travail, j’’aurais un  travail ! » Avec le nouveau  Ministre de l’Education et l’annonce de la réforme de la formation professionnelle, on peut espérer quelques avancées. « Eduquer  mieux, former toujours » : on voudrait y croire, tellement le déficit de compétence est flagrant. Le champ des possibles se rouvre. Encore faudrait-il que les enseignants et les professionnels de l’entreprise  arrêtent de se regarder en chiens de faïence.  On est donc loin d’être entré dans le dur ! Il faut attendre pour voir. (Si j’entrais dans le détail, il faudrait doubler la longueur du texte).

 

 


TRIVIALITES ET CRIS D’ORFRAIE

Macron prophète

 

« Casse-toi, pauvre con ! »,  « descend  si t’es un  homme ! » : Sarkozy avait fait couler beaucoup d’encre avec ses répliques triviales. «Indigne d’un Président », s’était exclamée la  « vox médiata »  (en latin approximatif). Et  voilà que son successeur en remet une couche en utilisant l’expression « ceux qui foutent le bordel ». Pas de quoi s’émouvoir, mais depuis trois jours on ne glose que là-dessus. D’accord, une majorité de Français désapprouve : « Un Président ne devrait pas  parler comme ça ! ». C’est certain, on n’imagine pas  Giscard céder à ce genre de trivialité en public, ni même Chirac. Encore que celui-ci avait glissé, en murmurant, lors d’un Conseil européen à l’adresse de Thatcher : « Elle veut quoi la ménagère, mes couilles sur un plateau ? » Mais on l’avait su bien longtemps après et par l’indiscrétion d’un conseiller. Pendant ce temps-là on ne parle pas des sujets qui fâchent.

De l’utilité de ce genre de saillie.

La phrase est prononcée impulsivement chez Sarkozy. Pas chez Macron. Elle est énoncée clairement alors que la caméra est là, et en la regardant. Ce langage « grossier » soi-disant pour mieux communiquer avec une partie des Français, marque, selon Bayrou-le-ressuscité « un surgissement du réel dans le discours politique ». Celle-là, il fallait la trouver ! Il est surtout fait à usage politique, et sciemment. Macron sait quel effet il veut produire. Et il sait qui il vise : les Insoumis et Mélenchon. Car il sait que c’est de là que viendra la réaction la plus vive et c’est justement ce qu’il recherche. Faire du leader de la France Insoumise son principal adversaire et opposant, comme si les autres n’existaient pas. Et ça marche. Tous les médias tombent dans le  panneau : « arrogance, mépris, … ». La disruption, une fois de plus, pour brouiller les pistes.  Cela n’est pas nouveau, il nous avait déjà fait le coup avec Jeanne d’Arc et De Villiers. Et tant pis pour l’apprentissage qui était l’objet du déplacement et dont on n’a pas parlé. Là encore un bon moyen de  mettre sur le dos des journalistes le fait qu’on ne parle  pas des « vrais problèmes des  vrais gens ». S’il donne par ce biais du carburant à Mélenchon, c’est pour qu’il pousse à le faire passer pour un président de « droite », qui protège les riches (raccourci saisissant et caricatural), et l'autre que ça fait mousser y va de bon coeur  !.

Emmanuel Macron, Président des riches ?

En réalité, les 3,7 millions de ménages gagnant entre 4 000 et 5 000 euros par mois après impôts (49 300 à 63 200 euros de revenus annuels), déjà frappés sous le mandat Hollande, verront leur pouvoir d’achat baisser l’année prochaine. Les perdants seront même probablement près de deux fois plus nombreux : ce sont sept millions de foyers, 20 % des ménages les plus aisés, qui devraient aussi voir leur pouvoir d’achat baisser l’année prochaine sous les effets croisés de la hausse de fiscalité verte  (plus de 3 milliards de taxes supplémentaires) et du tabac (500 millions). Car si Bercy indique que les 10 % des ménages les plus riches verront leur pouvoir d’achat augmenter de 1,2 %, c’est presque uniquement grâce à la suppression de l’ISF. Or, l’ISF n’est payé en France que par 350 000 ménages, c’est-à-dire 10 % des 10 % les plus riches : les fameux « 1 % ». Cela signifie que 90 % du « dernier décile » verra aussi son pouvoir d’achat reculer l’année prochaine. Ces 7 millions de foyers, ce sont ces classes moyennes supérieures, trop « modestes » pour bénéficier de la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) et trop aisées pour profiter de la revalorisation de la prime d’activité ou de la suppression de taxe d’habitation. Sans compter ceux qui seront touchés par l’IFI, dont j’ai parlé dans ma notre précédente. Pourtant si l’on en croit les documents annexés au projet de loi de finances, tous les ménages devaient bénéficier d’une hausse du pouvoir d’achat l’année prochaine. Mais voilà pour l’instant, il n’y a pas de levier budgétaire pour aider les classes moyennes dites supérieures.

Les Français ne croient pas  aux baisses d’impôts.

Et on les comprend. Les Échos publient les résultats d'une étude du Trésor sur l'impact des baisses d'impôts. Gain de pouvoir d'achat le plus élevé, 2,9%, pour les 10% des ménages français les plus modestes, et 2,7% de gain pour les ménages entre 21 000 et 25 000 euros de revenus. Les ménages les plus aisés qui profitent de ces mesures sont uniquement ceux qui étaient assujettis à l'ISF, comme je l’ai expliqué. Interrogés sur la baisse des impôts annoncée par le gouvernement pour 2018, les Français sont une très écrasante majorité - 81 % - à ne pas croire que les impôts vont baisser. Voilà pourquoi selon les documents annexés au projet de loi de finances pour 2018, les niches fiscales vont encore augmenter l’année prochaine, à la fois en montant (+6,8 milliards d’euros, à 99,8 milliards) et en nombre (de 451 à 457). Ceux qui le peuvent s’en servent pour échapper à l’impôt  et c’est encore ce que je vais faire avant la fin de cette année. Je vais profiter de ce que ce sujet n’est clairement pas la priorité du gouvernement.

En conclusion, grâce aux diatribes de Mélenchon, Macron réussit à faire croire que sa politique « est équilibrée » (pour 45% des Français contre 40% qui la jugent trop à droite) alors que ce n’est qu’un habillage libéral d’une politique keynésienne assise sur l’impôt, où on reprend d’une main ce qu’on a donné de l’autre. L’Etat est fauché, il faut bien qu’il trouve de l’argent puisqu’il ne fait pas d’économies réelles.

 

 


LES IMPÔTS VONT BAISSER… AH OUI ?

Contribuable détroussé

 

Les impôts  vont parait-il baisser en 2018. C’est ce que nous annonce notre grand argentier.  On aimerait le croire, mais…  chaque jour apporte une nouvelle taxe. Ce  matin encore, c’était la participation qui va  être imposée davantage ; hier c’était  les  propriétaires  de logement mal isolé par les bons soins de notre chouette Hulot. Que sais-je encore !  Ah aussi, le gazole qui va augmenter progressivement pour rejoindre le prix de l’essence. C’est bizarre, on aurait pu imaginer  le  contraire ou encore, faire converger les prix.  Mais non, là-haut on ne connait que la  hausse !

Qu’est-ce que l’impôt sur le Fortune Immobilière ?

Le  grand sujet du moment, c’est la « transformation » (notez que je fais des  progrès : je n’ai pas dit réforme) de l’ISF. On supprime  l’impôt  sur le Fortune. Mais pas  complètement. A Bercy, où les plombiers avaient peur  d’être en mal de tuyauteries, ils ont inventé une nouvelle usine à gaz pour  transformer  l’ISF en IFI : impôt  sur la fortune immobilière.  Tout  le monde « assume » le  machin,  c’est une promesse  de campagne de Macron, donc on entre sur le territoire sacré.  Sauf que cette  nouvelle taxe, pourrait, à terme, coûter plus cher que l'ISF aux propriétaires fonciers. Le président de la République veut ainsi retirer les valeurs mobilières et assimilées de l'assiette du futur impôt sur la fortune immobilière (IFI). Nous savons tous qu'Emmanuel Macron et ses proches conseillers, dont Jean Pisani-Ferry, ont une vision négative de l'immobilier qu'ils assimilent un peu hâtivement à la rente. On sait aussi que la résidence principale faisait l'objet d'un abattement de 30 % de sa valeur déclarative à l'ISF. Or, il est très probable que cet avantage ne soit pas  maintenu car le rendement annoncé de l'IFI - autour de 850 millions - est bien en deçà de celui de feu l’ISF : 4 à 5 milliards. En quête de rendement de l'outil IFI et en se fondant sur la notion de plus-value latente issue d'un marché immobilier dynamique, l'Etat est tenté de jouer un mauvais tour aux propriétaires fonciers. Il a par exemple déjà été évoqué que les revenus fonciers soient intégrés dans l'assiette de l'IFI dont on ne sait pas, par ailleurs, s'il conservera le plafonnement à 75 % qui est une planche de salut pour bien des assujettis retraités. Le barème sera peut-être intangible, mais pas les tranches de déclenchement de l'IFI. De plus, on peut imaginer que certains députés LREM en mal de notoriété voudront amender le projet du gouvernement. L'IFI sera donc plus coûteux que l'ISF pour un détenteur d'actifs immobiliers. Et je n’évoque pas toutes les combinaisons  liées aux SCI.

Créer un impôt sur la fortune «immobilière» est une aberration.

C’est assimiler le secteur à l’immobilité et à la stérilité économiques. Or c’est exactement le contraire qui se passe. Comment peut-on soutenir que les actifs de nature immobilière ne sont pas créateurs de richesse ? On sait que le secteur de la construction neuve, comme celui de l'entretien et de la rénovation, sont fortement employeurs, avec de l'ordre de un million et demi de femmes et d'hommes qui y travaillent, pour l'essentiel en tant que salariés. En outre, la  création des emplois y est l'une des plus importantes : un logement produit en plus, c'est deux emplois directs et indirects en plus. D’autre part, le parc locatif public est loin de répondre à la demande puisqu'il loge 40 % des ménages locataires. On ne peut donc prétendre que l'investissement locatif s'apparente à un placement sans contrepartie fonctionnelle pour la collectivité. Sans investisseurs privés, qui ont choisi d'apporter un « service logement » à la collectivité, acceptant au passage une rentabilité bien modeste, où iraient les 60 % restants ? L'Etat aurait-il les moyens de prendre le relais de l'épargne privée ? Les investisseurs institutionnels, qui se sont désengagés de l'habitation, y reviendraient-ils ? La probabilité est quasi nulle, évidemment.

Même les résidences secondaires !

On ne peut nier qu’elles constituent des actifs « luxueux », c'est-à-dire dont les ménages pourraient se passer sans grand préjudice. Pour autant, beaucoup de propriétaires exploitent ces maisons ou ces appartements de villégiature, augmentant de façon pertinente l'offre locative saisonnière. Il s’agit donc d’une activité locative utile, profitable au tourisme et au rayonnement territorial, qui ne mérite pas non plus qu'on l'assimile sans nuance à une rente à taxer.

On voit bien que l'appréciation du président de la République sur l'immobilier n'est pas fondée. L'immobilier vaut mieux que de céder à des a priori  éculés. D'autant que la facilité idéologique qui consiste à trouver que les immeubles sont juste du capital immobilisé ne heurte pas seulement l'évidence économique et l'intelligence : elle est risquée au plus haut point à bien des égards. Par contre, la rente foncière mériterait elle, une surpondération. Aujourd'hui, en zone tendue, le terrain représente plus de la moitié du coût de production d’un bien immobilier, quand cette proportion était de 30 % il y a vingt ans et c’est un vrai problème.

Mais le  problème est ailleurs : les yachts et les lingots d’or pourraient échapper à l’impôt, vous vous rendez-compte ? Si avec tout  ça les riches reviennent, on aura de la chance ! Pourtant il serait temps de constater que notre pays a décroché en matière de rentabilité du capital, que le phénomène des exilés fiscaux n'est pas marginal et que l’empilage des impôts (taxations de l'épargne, du patrimoine, des successions) reste confiscatoire.

 

 


SUS AUX RETRAITES !

Retraites 2

 

Les retraités étaient dans la rue la  semaine dernière pour protester contre la hausse de la CSG. C’est une catégorie sociale qui subit injustement beaucoup d’agressions, qu’elles soient verbales ou financières.

Des nantis !

Parmi les qualificatifs les plus courants qui leur sont attribués, celui de « nantis » est le plus pervers. Comme souvent, on a vite fait, en France, de désigner des boucs émissaires, et ici, de dresser les jeunes contre les vieux.  Ainsi on n’hésite pas à attribuer artificiellement à cette fraction de la population, dont les membres n’ont que l’âge en commun, des avantages, des égoïsmes, des indifférences qui existent d’autant moins qu’il y a toutes sortes de retraités : des pauvres, des riches, des malades, des bien portants, des généreux, des pingres, des heureux et des malheureux. Faire détester les autres est la solution la plus facile quand on veut faire  passer une mesure inique. Les retraités coûtent cher ? Il suffit de les appauvrir encore. Alors on les  accable de jugements négatifs. Mais la campagne dont ils font l’objet, si elle est indigne, va aussi droit dans le mur, car une société qui se respecte ne jette pas à la vindicte un quart de sa population. Les seniors ne méritent pas cet amas d’injures gratuites déversé sur eux : il suffirait qu’ils fassent la grève du bénévolat pour qu’on se rendent compte de l’ineptie de ce genre de débat.

Une mesure contestable.

Peut-on exprimer l’idée que celui qui a travaillé toute une vie possède, c’est une évidence, plus de biens ou d’argent que celui qui commence sa carrière ? Alors forcément, c’est chez les Français âgés que se concentre le patrimoine national. Mais on oublie au passage que nombre de parents aisés aident en général leurs enfants par tous les moyens dont ils disposent, et la tentation est grande pour le fisc d’intervenir dans la procédure sous le prétexte qu’il faudrait mettre un terme aux privilèges dynastiques !  C’est tellement facile d’imposer de force une solidarité entre génération. Quitte à faire l’impasse  sur  la réalité.  Comme chez les actifs, les inégalités entre retraités sont considérables. La hausse de la CSG affectera moins l’ancien cadre supérieur que l’ancien ouvrier au salaire minimum, même  en appliquant des seuils. Mais ce qui rend la nouvelle ponction de la  CSG insupportable, c’est que les retraités ont déjà beaucoup donné : ils ont cotisé 120 pour que le calcul de leur pension soit établi sur une base 100, et le montant de leur retraite est gelé depuis quatre ans. Et s’ils ont des retraites aujourd’hui, ils ont travaillé pour, et souvent durement, dans un contexte qui a toujours échappé complètement à leur volonté : on est forcé de cotiser en tant qu’actif, et on paie des impôts sur la pension pour laquelle on a cotisé ! Le  gouvernement aurait vraiment  pu trouver autre chose que céder à la  facilité d’une hausse de la CSG ?

L’âge n’est pas une classe sociale.

Le président de la République n’a pas caché qu’il rejoignait le choeur des détracteurs de la vieillesse. Il trouve lui aussi que les vieux, décidément, ont une vie trop tranquille et qu’il est juste qu’eux aussi « participent à l’effort national ». Comme si ça n’était pas déjà le cas ! Il faudra bientôt qu’un retraité demande pardon à la société d’avoir l’âge qu’il a. Déjà, quand il travaillait au-delà de 55 ou de 60 ans, son entreprise le pressait de partir, et sous prétexte qu’il coûtait trop cher, de prendre sa « pré-retraite », antichambre du cimetière des actifs. On a beau jeu aujourd’hui de stigmatiser les retraités alors que beaucoup de gens ne souhaitent pas prendre leur retraite à 62 ans. Le plus absurde, c’est que tous, il n’y a pas si longtemps, syndicats, gouvernements, entreprises, se sont littéralement ligués pour licencier des personnels considérés comme âgés, les jeter au chômage avant la retraite. Et voilà que maintenant on considère les pensionnés comme une charge insupportable pour la société. Mais l’Etat n’est pas à une contradiction près. Les plus pessimistes voient poindre la tentation d’une solution totalitaire du genre : « Ils coûtent trop cher en pensions et en soins, qu’ils crèvent », une idée déjà évoquée par Jacques Attali, qui comme on le sait, vaque dans les allées du pouvoir. Il s’agit évidemment d’un excès de langage, mais il n’est peut-être pas inutile de rappeler que les jeunes finiront par vieillir, que les vieux ont été jeunes et qu’il est ridicule d’opposer un âge à un autre. L’âge n’est pas une classe sociale ! Quant à la hausse de la CSG ciblée, c’est, par définition, une mesure injuste qui ne trouve sa justification que dans la condamnation du principe de la retraite et même de l’état de personne âgée.

 

 


Matin d’octobre

  Automne

 

C’est l’heure exquise et matinale
Que rougit un soleil soudain.
A travers la brume automnale
Tombent les feuilles du jardin.

Leur chute est lente. On peut les suivre
Du regard en reconnaissant
Le chêne à sa feuille de cuivre,
L’érable à sa feuille de sang.

Les dernières, les plus rouillées,
Tombent des branches dépouillées ;
Mais ce n’est pas l’hiver encore.

Une blonde lumière arrose
La nature, et, dans l’air tout rose,
On croirait qu’il neige de l’or.

François COPPÉE (1842-1908) Le Cahier rouge