Previous month:
juillet 2017
Next month:
septembre 2017

TERRA BOTANICA : LA SYMPHONIE VEGETALE

 Terra Botanica002

 

En cette fin de vacances d’été, nous avions deux enfants de 7 et 9 ans à occuper. Pourquoi ne pas aller à Terra Botanica ? Disons franchement que nous  avions  un  petit doute sur l’intérêt que les  deux garçons, plus attirés par leur smartphone que par le plein air, pourraient accorder à ce parc thématique qu’on pourrait croire pensé plutôt pour les  adultes. Nous avons donc opté pour le « parcours enfant » qui est proposé dans les plaquettes de présentation. Celui-ci nous parut suffisamment consistant puisqu’il permet de faire pratiquement le tour des thèmes abordés.

P1170306   P1170316   P1170335   P1170338

Le parc Terra Botanica est au végétal ce que la neuvième symphonie est à Beethoven : une apothéose.

Dès l’entrée, nous avons apprécié le cadre quasi enchanteur. Depuis notre dernière visite, il y a deux ou trois ans, le parc a atteint sa  maturité. La végétation y est à son apogée en cette fin août et l’entretien est irréprochable : présentations des plantes, arbres, comme le sol, tout est impeccable. On retiendra : la « féérie des dahlias » : une explosion des couleurs à perte de vue pour cette plante emblématique de la vallée de l’Authion, qui n’est pas sans rappeler Keukenhof, le parc des tulipes d’Amsterdam, toutes proportions gardées, évidemment ; le parcours luxuriant « aux racines de la vie » que  les enfants voulurent emprunter deux fois ; la promenade documentée en barque de « l’odyssée botanique » a gardé tout son attrait et nous permet d’apercevoir au passage de  bonnes grosses grappes noires de cabernet franc de bon augure, parmi toutes les autres plantes présentées où l’hortensia préside. Et puis la  très fleurie « allée des grands-mères » avec  ses recettes illustrées est venue conclure comme un point d’orgue… apportant sa touche colorée à la symphonie végétale. Arrivés vers 15H,  nous sommes repartis à 19H, au moment de la fermeture, un  peu vannés,  mais contrat rempli, émerveillés par la magie des lieux qui réussit à faire cohabiter des végétations de toutes les parties du monde. Un seul bémol : il faisait beau mais les conditions atmosphériques ne permettaient pas le vol de la montgolfière et donc nous n’avons pas pu profiter de la vue d’en haut … Partie remise.

P1170309   P1170312   P1170315   P1170323

Un parc conçu pour les familles.

Nous avons eu aussi la chance de venir un jour où la fréquentation du public n’est pas trop dense : le  parking rempli nous avait fait craindre une forte affluence. En réalité, l’effet de dispersion a joué à plein : peu de queue aux animations, pas de presse dans les allées plus étroites. Le  parcours enfant se révèle très judicieux  car, en fait, la répartition des animations conduit à visiter l’ensemble du parc. Nous avons commencé par « à l’épreuve des extrêmes », car je savais que la présentation du professeur « Chlorophylle »  en hologramme séduirait nos deux garçons. Le parcours pour y arriver leur permit de découvrir les plantes aquatiques et une « mer » de  lotus magnifique, la serre  abandonnée, puis le coin de l’Asie avec sa mini-rizière et surtout les plantes carnivores, dont Arsène est féru puisqu’il en élève une. A voir les deux gamins gambader, s’arrêter, observer, nous sûmes que la partie était gagnée. Comme prévu, l’animation sur les plantes des climats extrêmes rencontra leur adhésion et la visite des locaux consacrés à chaque climat fut l’occasion de cultiver un peu plus leur curiosité. Le parcours continua avec passage rapide au milieu des arbres « sculptés » pour arriver au « potager futé ». Là, le plus jeune entre tout de suite dans ce qu’il doit faire tandis que le  plus grand n’accroche pas. Le problème, c’est que tout le monde ne comprend pas le jeu et de nombreuses tablettes restent dans les brouettes. Dommage. La présence d’un adulte permettrait peut-être d’y remédier, car les parents repartent sans se préoccuper de leur remise en place. Nous les laissons un petit moment sur « l’île des lutins », explorer tous les recours de la structure de 7 m de haut qui leur est proposée, et c’est une pause bienvenue pour nous dans les fauteuils du bar voisin. Pause prolongée par la sortie burlesque d’un terranosaure  avec lequel il fallut faire les inévitables « selfies ». Ils décidèrent de consacrer un peu de temps à la fouille, les deux garnements prenant plaisir à dégager, à coups de truelles et de pinceaux, la patte d’un fossile dont une grande partie avait été nettoyée par d’autres. La tâche terminée, il restait encore beaucoup à « dégager » pour nos deux paléobotanistes en herbe, mais la suite de la visite nous imposait de repartir à la découverte. Le voyage en coquille de noix nous a laissés sur notre faim et les jambes un peu flageolantes : voilà une animation qui aurait besoin d’un petit coup de jeune. Mais les garçons se sont rattrapés dans la vaste structure de « graines d’aventures » d’où nous les avons extraits à grand mal. Le plus grand a aimé le « Safari dino » en 4D, le plus jeune, un peu sensible, ayant préféré faire l’impasse. Mais les deux ont trouvé le spectacle du « théâtre des plantes » trop décousu. Par contre « la symphonie du chêne »  est une belle trouvaille : l’histoire est suffisamment courte et  les apparitions successives des instruments les a  beaucoup amusés. On a terminé par le « jardin des légendes » et son évocation des contes et légendes, et c’est encore un bon moment. « C’était génial » ont-ils conclu quand on a annoncé la fin du périple. Un satisfecit qui nous combla.

P1170341   P1170325
Une belle évolution à continuer.

Nous n’avons pas pu éviter quelques impasses : ainsi nous avons snobé les « cabanes à quizz » qui n’attiraient pas les enfants. Mais dans l’ensemble, les animations ont été bien renouvelées. Nous avons délaissé,  faute de temps, toute la partie sur les grandes explorations et il est difficile donc de donner un avis. Il est certain que chaque fois qu’on associe les technologies modernes, le parc gagne en attirance. On soulignera au passage la prouesse qui consiste à évoquer les contes et légendes de notre région en quelques minutes avec un film et deux comédiens époustouflants dans une mise en scène bondissante. L’évolution en continu est une nécessité pour faire venir et revenir le public, de même que les  temps forts événementiels et saisonniers sont un bon moyen de faire connaitre le Parc Terra Botanica. Un bravo donc à l’équipe qui a pris en  main ses destinées et qui se bat pour augmenter sa fréquentation et en faire un « incontournable » des sites à visiter. Une belle carte de visite pour notre Anjou, pôle végétal !

P1170334

faire un clic gauche de la souris sur les photos pour les agrandir, revenir à l'article avec  la flèche "retour" du navigateur.  

 


SENATORIALES A L’ANGEVINE

Soupe angevine
 

 

Une personnalité avait coutume de dire que les Angevins étaient les « Chinois de l’Europe ». A voir comment les Sénatoriales se profilent dans notre département on a bien  l’impression que cette approche se vérifie. Plus compliqué, tu meurs ! Mais ça me rappelle  aussi ce que disait un ancien maire d’Angers dont j’étais proche : « En Anjou, on assassine derrière les tentures ! ». C’est à qui fera sa liste pour dynamiter celle du copain. On a beau avoir affaire à des « grands électeurs », il va bientôt falloir leur fournir un guide illustré « de la sénatoriale en Maine-et-Loire » pour que chacun puisse s’y retrouver dans un capharnaüm où un cochon ne retrouverait pas ses petits. Va-t-il y avoir plus de candidats que de grands électeurs ?

Zizanie à gauche.

A gauche entre ceux qui sont partis chez En Marche, qui doivent composer avec la nomination de  Emmanuel Capus et qui l’ont en travers comme Stella Dupont, et ceux qui contestent la nomination par le national de la tête de liste PS, Sophie Foucher-Maillard, comme Joël Bigot « macronpatible » (c’est la mode) qui entendait bien la mener lui aussi, ce serait comme qui dirait « la zizanie »… On compte s’en remettre au vote local des militants (s’il en reste) pour trancher. Encore que deux listes, ce ne soit pas exclu.

Du côté de la Majorité présidentielle,  ça remue aussi.

On a d’abord la liste officielle emmenée par Emmanuel Capus qu’il  présente aujourd’hui comme inédite. Pour sûr, elle l’est doublement. En premier par ses deux investitures successives puisqu’il avait demandé et obtenu l’investiture LR, le 5 juillet, pour ensuite se raviser, et par on ne sait quelle opération du Saint-Esprit, accepter dix jours après la tête de liste de LREM. Le plus fort, c’est qu’il ose encore revendiquer son appartenance aux Républicains après ce manque de loyauté. Chacun appréciera. En second, curieusement, il se présente à la tête d’une liste de quatre membres alors qu’il en faut six : aurait-il du mal à boucler ? Côté argumentaire, avec ses colistiers venus d’ailleurs, il prétend se situer au-delà des clivages, c’est-à-dire quelque part dans l’éther : nulle part, quoi ! Si lui « ne souhaite pas l’échec de Macron »  sa numéro deux, Marie-Claire Starel, préfère parler « de la réussite du Président » : on appréciera la nuance, pour avancer ensuite une raison commune bien piètre (une scie qui tourne en boucle chez les « constructifs ») : « sinon on aura la prochaine fois Le Pen-Mélenchon »…. Et en plus, ils ont une boule de  cristal ! Mais ça évite de parler des vrais sujets comme la réduction des dotations aux collectivités locales. Quant à se targuer de l’originalité d’une liste chabada, c’est tout bonnement imposé par la loi ! On ne peut que souhaiter à M. Capus une belle veste pour l’automne qui s’annonce tempêtueux.

Car il a dans les pattes une liste dissidente de militants authentiques (eux) d’en Marche menée par le Maire de Saint-Mathurin, Jean-Charles Prono, et l’adjointe au Maire d’Angers, Françoise Le Goff : une liste du centre et des territoires ruraux qui a le goût d’En Marche, la couleur d’En Marche, mais n’est pas (officiellement) En Marche ! Vous suivez ? Ce sont les grands électeurs d’Angers qui ne vont pas savoir à quel saint se vouer !

Pléthore en vue au centre.

Au centre,  je n’entre pas dans le détail : c’est pléthore. Je savais l’Anjou centriste, mais à ce point-là, je n’imaginais  pas …  Il y aurait au moins trois listes : une avec Gilles Leroy, une avec Frédéric Mortier (ceux-ci n’ont pas confirmé). Je plains sincèrement Isabelle Leroy qui mène sa liste UDI et qui a légitimité à mener ce combat pour le Sénat.

Heureusement, dans tout ce méli-mélo, émerge la liste de Catherine Deroche.

Composée de six élus expérimentés et représentatifs des territoires du département,  elle est la seule qui corresponde réellement aux impératifs de sérieux que réclament la haute assemblée : expérience d’abord, compétence ensuite. Avec deux plus : des convictions qui ne varient pas au gré du vent, et une ouverture d’esprit qu’impose la logique du travail sénatorial.  Sénatrice sortante, Catherine Deroche peut mettre en avant sa maîtrise du travail législatif et son expertise des dossiers de nos collectivités. Cela mérite bien deux sièges ! On aura l’occasion de revenir sur ses colistiers et sur son programme.

Vous comprenez maintenant pourquoi c’est dans notre département qu’a été inventée la « soupe angevine ».

 


CE CHER ET VIEUX PAYS !

Gaulois 2ème tour

 

On ne fait pas prendre des vessies pour des lanternes aux Français.

Ce vieux peuple, pétri d’Histoire, ne se livre pas aux pieds du premier venu, fût-il issu du suffrage universel. Il  connait la règle : quelles qu’aient été les conditions du scrutin, celui qui est élu, est élu. Il  n’en garde pas moins sa capacité de discernement et de résistance. Profondément démocrate, je le crois, il est capable de dénoncer rapidement tout ce qui lui parait excès d’autorité.  Eminemment politique, il  est à l’affût de toutes les supercheries électorales, des  promesses non tenues et des rendez-vous « peau de lapin ». On ne la lui fait pas ! Plus de deux siècles après la monarchie absolue, il n’est pas né celui qui, comme par magie, ferait disparaître les clivages qui animent les débats, façonnent les clans pour ne pas  dire les « familles » et se fondent sur une histoire politique et sociale, souvent très ancienne. C’est toute une culture dont il est imprégné. Chassez  le naturel, il  revient au galop.  Un instant le camelot peut brouiller les  pistes. Un instant seulement. Un instant, le Français peut se laisser séduire par un verbe, une image,  mais un instant seulement, si le fond  se révèle en désaccord avec l’image trop convenue ou une parole trop creuse. Rien de redoutable dans tout cela. Simplement, le peuple français est complexe comme aucun autre.

En France, et depuis bien longtemps, les partis n’ont pas bonne presse.

Prévus dans la Constitution pour concourir à l’organisation de la vie démocratique, ils sont, sauf période exceptionnelle d’engouement, anémiques en regard du potentiel électoral. Toutes tendances confondues. Les  Français traitent leurs partis comme leurs syndicats : ils adhèrent peu et sont méfiants. Cela n’empêche pas les partis d’être la référence de courants de pensées qui orientent ensuite les votes. Mais les Français fuient par-dessus tout l’embrigadement.  Seul le noyau dur des électorats captifs milite. On s’étonnera ensuite de l’inadéquation de leurs positions avec la base des électeurs inscrits. Le consensus est donc rare et difficile à obtenir. Les périodes de mutations et de crises comme  celles que nous avons connues récemment et vivons encore aujourd’hui accentuent le sentiment d’impuissance à régler les problèmes. L’inculture générale des médiateurs, les élites technocratiques sans autre culte que celui de l’Etat, les prêches  des  uns et  des autres le plus souvent pour des remèdes diamétralement opposés, la permanence d’un personnel politique qui donne le sentiment de privilégier la carrière au bien commun, … les facteurs ne  manquent pas qui ont pu conduire à ce que l’on appelle le « dégagisme ». Mais chassons le naturel, il revient au galop. Chacun a vite fait de revenir à son ancrage naturel, par confort intellectuel. Alors ni droite, ni gauche, ça conduit au mieux à des acteurs qui vivent ensemble mais se regardent en chien de faïence, au pire à une action qui tire à hue et à dia. C’est ce qui se passe dans les cabinets ministériels en ce moment. Mais une fois le bruit et la fureur retombés, les clivages reprennent leur territoire, inéluctablement. Les partis peuvent mourir, les courants de pensées, jamais (J’ai l’impression de me répéter).

Non, la  France n’est pas un pays redoutable.

C’est la situation qui l’est. Contrairement à Nicolas Sarkozy en 2007, Emmanuel Macron est un président « mal élu ». Dès le premier tour, il faut franchir le seuil des 30% pour avoir des  marges de manoeuvre et rassembler largement au second tour.  Avec seulement 24%,  le socle n’est pas suffisant. C’est la confrontation avec Marine Le Pen qui a permis le score du second tour mais avec  un taux d’abstention qui en dit long sur la réticence et l’embarras que suscitait le choix proposé. Les législatives ont aggravé encore le constat : avec plus de 50% d’abstentions, les Français ont manifesté non leur désintérêt, mais leur méfiance tout en souhaitant laisser une chance à l’élu de la présidentielle. Une position d’attente qui décante aujourd’hui. Il ne faut donc pas s’étonner si le fossé entre les ambitions de changements du Président et les attentes des Français s’est creusé, et s’ils expriment maintenant une résistance tranquille (pour l’instant) au vu des premiers mois de pouvoir. Emmanuel Macron s’est comporté en béotien et a pratiqué ce que les Français détestent le plus : l’image pour l’image et l’autoritarisme arrogant, qui font de lui un personnage superficiel. A lui d’apprendre, et  vite !

Notre responsabilité est collective.

Son impopularité a pu surprendre ses partisans, mais elle est logique. Pas de base suffisamment large au départ, et accroissement du scepticisme. Toute comparaison avec les présidents précédents est inutile. Chaque mandat démarre avec un contexte et des spécificités différentes. On retiendra seulement que la dégringolade n’aura jamais été aussi rapide. Quel  paradoxe : on a cru que les  Français  avaient été capables de cet exploit de mettre au pouvoir le représentant « jailli de nulle part » d’une nouvelle génération, surprenant par cette audace le monde entier aussitôt tombé en pâmoison par médias interposés, et ces mêmes Français sitôt la séquence électorale retombée, de reprendre leurs habitudes…  Comme si tout cela s’était fait sans eux !  Ce qui est un peu la réalité. Il ne sert donc à rien de crier « haro sur le baudet », nous sommes tous responsables de cette situation : la classe politique et ses petits meurtres entre camarades, les médias qui nous ont vendu à longueur d’antennes et de unes le sauveur suprême, les élites et les intellectuels avec leur euphorie sans fondement, et le peuple lui-même en n’allant pas voter ce qui représente un bon paquet de Français !  Ce qui fait que le résultat n’a été en fait que le croisement du hasard et des circonstances, bien exploités, il est vrai par le vainqueur.  Tout aurait pu être différent : il s’en est fallu de quelques points tant les écarts à l’arrivée du premier tour étaient faibles entre les quatre premiers. Imaginons ce qui se serait passé dans d’autres cas de figure… Alors la chute de Macron vient de ce que la nouveauté n’est pas à la hauteur des espoirs qu’elle suscitait pour les uns, des décisions erratiques et contorsionnistes en matière de fiscalité  pour les autres. Comme dit Sarkozy, « ce qui n’est pas fait en juillet, il faut le faire en septembre » … On entre dans le dur.  Comme pour ses prédécesseurs, rien ne sera épargné à Emmanuel Macron. C’est la rentrée de tous les commencements, avec l’immobilisme à affronter,  les corporatismes à museler, la technostructure sûre d’elle à dépasser, la surenchère gauchiste et les élans de la rue à contenir fermement mais si possible sans casse … Il y en a pour cinq ans que ça nous plaise ou non. Cela nous oblige à faire sérieusement de la politique et à construire une opposition de  la  droite et du centre crédible.  Mais il ne sert à rien de se plaindre d’une situation pour laquelle notre responsabilité est engagée autant que celle de bien d’autres.

Comment Macron va-t-il empoigner la réalité ? Ce sera le sujet d’une autre chronique à venir. 

 

 


LA CRISE FINANCIERE EST TERMINEE. PAS SI SÛR !

Des-liasses-de-billets

 

Août 2007 : la  faillite de Lehman Brother déclenchait la plus violente crise que la planète financière ait connue, tant  les « subprimes » truffés de créances insolvables avaient inondé le  marché jusque dans les  moindres recoins de nos banques. Dix ans après où en est-on ? On a l’habitude de dire que  l’histoire ne se répète pas. Par  contre, les  mêmes causes entraînent toujours les mêmes effets. Dix  ans après, les  effets de cette violence secousse qui a touché le monde entier en bousculant toutes  les économies, ont en grande partie été digérés. La question qui hante les esprits  reste  pourtant : «  est-ce  qu’une  même crise peut se  reproduire ? »  Tentons d’y répondre sans entrer dans  le détail de ce que les spécialistes et les analystes observent.

Voyons les chiffres.

L’endettement mondial atteint un record de 217 000 milliards  de dollars, contre 142 000 milliards dix ans plus tôt. C’est 327% du PIB mondial ! La dette totale a  augmenté de 2 000 milliards de dollars aux Etats-Unis et dépasse 63 000  milliards à la fin du premier trimestre de cette  année.  Dans ce contexte, on sait que la France n’a pas fait mieux et ce qu’il en est de sa dette qui a continué de gonfler. Les marchés ont beau bien se porter, on ne  peut pas dire  que la  situation se soit totalement assainie.

D’abord  ce qui est rassurant.

Les banques se sont remises du choc de 2007,  sous la pression des autorités. Le risque systémique, grâce à un renforcement draconien des fonds propres, est devenu très faible.  Elles  ont mené de lourdes restructuration, notamment aux Etats-Unis et ont doublé leur capitalisation rapportée à leur risque financier. Les européennes n’ont pas  encore tout-à-fait  tourné la page, et certaines  traînent encore  des créances douteuses qui plombent leur bilan, en particulier en Italie. Mais le mécanisme de supervision unique est en  place et  prêt  à parer à toute éventualité. Les mécanismes de régulation initiés par le Comité de Bâle, ONU de la finance, avec  les  accords  Bâle 1 et Bâle 2, et les milliers de pages de réglementation, rendent presque impossible une faillite générale accompagnée d’un « bank run » (les gens se précipitent pour retirer leurs avoirs).

Ensuite, ce qui est inquiétant.

Les « subprimes ». Ils ont été à l’origine de la  crise de 2007 et n’ont pas disparu.  Au moins deux bulles  existent aux Etats-Unis sur les crédits automobiles, et sur les prêts étudiants. Les crédits aux ménages très peu solvables ont aussi explosé et pèsent 33% des crédits titrisés.

La titrisation.  Car autre  mauvaise nouvelle, la titrisation a continué aussi. Cette procédure qui consiste à noyer des actifs peu solvables dans des paquets de titres avait contribué à aggraver la crise des « subprimes » dont ils étaient les vecteurs. Tous les produits toxiques n’ont pas été éradiqués  et on en produit de nouveaux,  malgré 320 milliards de dollars d’amendes. En cause, les nouvelles contraintes en capital et la faiblesse des taux qui ont réduit les marges des banques et ont poussé celles-ci à délester leurs bilans en recourant à la titrisation. La chine suscite aussi des inquiétudes car les banques y recourent à des montages de titrisations complexes pour se débarrasser d’actifs toxiques. Une trentaine d’entre elles totaliserait 2 000 milliards de dollars de ce type de créance.

De nouvelles bulles sur les marchés. Elles gonflent avec le déversement d’une masse considérable de liquidités par la Fed,  la  banque du Japon, puis par la BCE, qui font flamber les prix des actifs.  Les indices boursiers ont bondi (265% pour le S&P).  La  plus grande menace est la sortie de la politique monétaire expansionniste, avec le risque d’un dégonflement brutal de la bulle  obligataire. La Fed a commencé. La BCE devrait y venir en 2018. Il faudrait ajouter au tableau la flambée de la  dette chinoise  consécutive à la forte hausse du prix de l’immobilier. Elle est aujourd’hui sous contrôle du gouvernement chinois, mais pour combien de temps ?

Le comité de Bâle est en panne. C’est le dernier signal négatif. La sortie définitive de la crise financière s’embourbe dans des jeux de défense d’intérêts nationaux et il ne parvient pas à boucler la négociation portant sur les montants des fonds propres que doit détenir une banque pour couvrir les risques (Bâle III).  La méfiance des Etats-Unis et la volonté de Trump de « déréguler » dans son pays ne sont  pas étrangères à cet enlisement,  alors que bien d’autres chantiers seraient à  mener (trucages sur les marchés des changes, non-respect des embargos  …)

Reste que rien n’a été fait pour tenter de réguler la finance de l’ombre. 

Les hedge funds, les  plates-formes de prêt  participatif,  les sociétés de gestion de patrimoine échappent à tout contrôle. Ce système parallèle représente le quart de la finance  mondiale. Un défi immense  pour  l’économie mondiale, car contrairement aux banques,  les prêts octroyés  par ces institutions ne sont pas garantis par le dépôt  des épargnants mais par l’argent que veulent bien leur consentir les investisseurs…  Cela les rend particulièrement vulnérable à la conjoncture.

Pour tout dire, dix ans après,  la finance mondiale vit et  danse de nouveau sur un volcan.  Nous ne sommes donc pas  à l’abri d’un nouvel  incendie, sauf que nos pompiers qui avaient été à l’oeuvre avec succès en 2007, la  Fed et la BCE, aujourd’hui  n’ont  plus d’eau car elles ont pratiquement épuisé leurs réserves !

Le  pire n’est pas toujours certain, heureusement ! Quoique ….

 


CELLE-LA, ELLE EST UN PEU FORTE !!

Hollande pit

 

En politique, on ne meurt jamais.

Surtout les méchants ! François Hollande, tel Rastapopoulos dans les aventure de Tintin ou Olrik dans Blake et Mortimer, vient de prouver qu’il était toujours vivant en attaquant, brusquement et brutalement, Emmanuel Macron, au sujet des réformes que le président actuel veut engager et que son prédécesseur, dans des propos qu’il a tenus au festival d’Angoulême, vient de juger dangereuses.

La vengeance est un plat qui se mange froid.

On pensait qu’il se ferait oublier. En fait il ruminait sa vengeance et attendait le moment propice pour compliquer la vie de son successeur. Il n’a pas cédé à un imprévisible accès de colère mais  plutôt à un irrépressible ressentiment qu’il a été incapable de contrôler. Il  voudrait tout simplement que les Français se félicitent de l’héritage qu’il a laissé et pour cela, rien de mieux, que de critiquer acidement Emmanuel Macron sur les réformes qu’il a entreprises. Il ne faut pas « demander aux Français des sacrifices qui ne sont pas utiles (…) Il ne faudrait pas flexibiliser le marché du travail au-delà de ce que nous avons fait, au risque de créer des ruptures. » Le message est clair, après le « temps de la récolte est venu », qui nous a fait sourire, pour se glorifier des bons chiffres du chômage. D’ailleurs le PS en a aussitôt rajouté une couche en prétendant que le « redressement est le produit des efforts des Français et des décisions que François Hollande et ses gouvernements ont prises pendant cinq ans ». Refaire le coup de l’héritage en espérant que les Français soient un peu oublieux de son caractère calamiteux ! Manque pas d’air !

Petit rappel.

Ce sont des déclarations qui mentent par omission, en restant indulgent. Le pingouin a quitté l’Elysée après avoir détruit au moins six cent mille emplois. Si l’économie française connait une embellie avec un retournement de tendance constaté depuis le début de l’année 2017, les deux résultent un  peu des timides réformes entreprises sous son mandat et beaucoup d’une amélioration de la conjoncture dans toute l’Europe, toutes politiques économiques confondues. Cela ne mérite pas qu’il massacre son ex-chouchou et, avec lui, l’espoir des quelques changements sans lesquels il sera impossible de relancer vraiment l’économie française. Le retrouver président de tous les frondeurs,  voilà qui est inattendu. Avec un but  précis : en distillant son poison il espère voir envahir les artères politiques et sociales du pays, si ce n’est la rue. Et au moment de la rentrée.  Machiavel dans toute sa splendeur !

Est-ce que ça va mieux ? Pas tant que ça !

L’économie française connait une embellie. Le sujet n’est pas  de savoir si on le doit à l’élection de Macron ou au bilan du mandat précédent, c’est hors sujet.  C’est  d’abord le résultat des efforts de nos partenaires, autrement plus conséquents que les nôtres, Espagne, Portugal, Allemagne et autres… qui portent aujourd’hui la croissance européenne et dont nous profitons évidemment, bien que nous n’ayons pas fait le nécessaire chez nous. C’est tellement vrai que ce que j’avance s’appuie sur deux observations imparables : la première, notre commerce extérieur reste dramatiquement déficitaire et ça s’aggrave, ce qui souligne notre incapacité à reconquérir des parts de marchés ; la  seconde, le niveau de production de notre industrie manufacturière n’a pas encore retrouvé celui d’avant 2007,  c’est tout dire ! Alors oui, le marché de l’emploi se porte un peu mieux,  mais les conjoncturistes restent très prudents. Le gouvernement ne voit lui qu’un point positif : la croissance sera un peu plus élevée ce qui lui facilite l’élaboration du budget 2018. Or, celui-ci prépare une ponction supplémentaire en impôts, ne serait-ce que la CSG, qui risque de nous faire retomber dans une spirale d’atonie économique. Car il  ne faut pas  escompter un regain de compétitivité de la réforme du code du travail, dont on voit bien qu’elle va accoucher d’une souris supplémentaire.

L’opposition de Hollande est une manœuvre politicienne d’orgueil.

Quand il demande au gouvernement de ne pas aller au-delà de ce qu’il a fait lui-même, il  considère que la réforme du travail menée par sa ministre de l’époque, Myriam El Khomri, serait suffisante. Rappelons-nous simplement qu’elle n’a pas créé un seul emploi. Et il faudrait que le pays s’en tienne à ce très mauvais résultat ? Ce que craint l’ancien président, c’est que la réforme, même édulcorée, finisse par passer, consacrant la défaite du PS sur tous les fronts et apportant à M. Macron une forme d’invincibilité. Et il n’est pas le seul, en France, à tenter d’empêcher le passage en force du projet. Avec les frondeurs, les Insoumis, les communistes, le Front national, les opposants sont nombreux. Et c’est dans ce camp-là que se situe François Hollande. En se souciant des salariés dont les acquis sociaux seraient menacés il oublie que c’est au détriment de six millions de chômeurs. S’il Souhaite que le pays change c’est à condition qu’on lui en accorde le mérite,  à lui, et à lui seul. De sorte que, ne trouvant pas dans le peuple ou chez ses partisans la ferveur qui ferait de son rôle personnel un moment historique, il se met à brandir triomphalement un « bilan » qui loin d’être le sien, est celui des aléas de l’économie. Voudrait-il faire accroire de la preuve d’une injustice commise à son égard, qu’il  ne s’y prendrait pas mieux alors qu’il faut voir dans son retrait l’aboutissement inéluctable d’un quinquennat fait d’à-coups, de scandales et de mortelles hésitations.

Un faux procès en libéralisme.

C’est bien une accusation sous-jacente quand Hollande parle de point de rupture à ne pas  dépasser.  Il faut être de gauche pour avoir décrypté déjà dans la politique du quinquennat précédent une inflexion libérale. Pas plus de libéralisme quand l’actuel propose d’assouplir le code du travail ou de réformer à la marge l’ISF. Tant que le pays restera à  57% de prélèvements obligatoires, il restera avec une économie collectivisée et administrée. Il faudrait baisser ces derniers de 10 points pour commencer à parler de politique libérale. On ne ferait alors que rejoindre l’Allemagne. Et ce n’est pas en demandant « un effort » supplémentaire aux retraités déjà maltraités sous Fillon et massacrés sous Ayrault et Valls, comme le réclame l’amnésique Le Maire, qu’on y parviendra.

On peut s’attendre à une vive réponse de Macron. Hollande en sonnant l’hallali, c’est tout simplement la curée de la rentrée qu’il précède. L’opposition protéiforme n’en demandait pas tant. Cependant, il pourrait bien avoir rendu service à son successeur à moins d’un mois des sénatoriales. Allez savoir ce qui se passe dans les têtes d’un pays troublé.

 

 


SOURIEZ, C'EST ENCORE L'ETE !

Autoroute A87-1

L’AUTOROUTE

Départ pour quelques jours en Vendée. La voiture est chargée comme si on s’échappait pour trois mois. C’est chaque fois la même chose. Pour la énième fois, nous allons emprunter l’A87  jusqu’à La  Roche-sur-Yon. Une heure et quelques miettes d’un parcours qu’on connait par cœur.

Et pourtant,  c’est chaque fois différent. 

Non pas que la route se  déplace ou se modifie. Excepté les inévitables travaux d’entretien, elle est toujours inexorablement la même. Mais prendre l’autoroute pour aller en Vendée, c’est une  ambiance, un état d’esprit,  une allégresse incontrôlable.  Il y a d’abord la promesse de retrouver notre appartement douillet. C’est la surprise que nous offrira la marée selon qu’elle sera haute ou basse. C’est le  plaisir chaque fois renouvelé de contempler de notre balcon le port et ses bateaux alignés. Et si nous partons, c’est qu’il va faire beau, et donc c’est l’assurance de trouver sur place le ciel bleu. C’est aussi le spectacle vivant de l’océan qui  joue sans cesse avec les couleurs : bleu Méditerranée, vert émeraude, gris, ou un mélange savant en strates horizontales de la côte vers le large …

Alors la route à faire s’oublie un peu.

En fait, pas tant que ça. Elle n’offre jamais tout-à-fait le même paysage qui varie en couleurs,  en intensité et en animation selon les saisons et  les dates de départ. Avec le stabilisateur automatique de vitesse, quand la circulation le permet et c’est le cas le plus souvent, la conduite est plus relaxe et on a le temps de regarder la route, ça vaut mieux, et ce qu’il y a autour. Les bas-côtés bien verts que nous avons longés au printemps ont viré au blond avant de devenir franchement roux à la fin de l’été. Tiens ! là, la  chaussée est  toute neuve et nous permet  de glisser presqu’en silence sur quelques kilomètres sans le bruit de roulement, que  le sifflement de l’air, c’est à peine si l’on perçoit  le vrombissement du moteur. Et voici Chemillé : la cheminée de l’usine Isover crache comme d’habitude un panache dru dans l’atmosphère ;  on espère seulement que le contenu n’est pas trop polluant. Plus loin : ah, aujourd’hui les éoliennes ne moulinent guère, signe que le vent a  tombé, tant pis pour l’énergie verte. Une autre fois, par contre, elles tournaient comme des folles. Inconsciemment je note que nous roulons depuis 20 mn : c’est le temps que l’on met depuis Angers pour arriver à leur hauteur. Nous avons maintenant passé Cholet dont on a aperçu d’abord le profil de l’usine Michelin et à l’autre bout quelques gratte-ciel, puis nous dévalons déjà sous le puissant viaduc ferroviaire de la Sèvre Nantaise et ses multiples arches que le tortillard Mortagne-Les Epesses emprunte : nous l’avons aperçu une fois trottinant comme un jouet miniature sur le dessus du pont. Un appel vers la fantaisie ou un retour à l’enfance. Tout comme en saison, nous apercevons de loin le ballon aux rapaces, signe que nous approchons du Puy du Fou, autre lieu de rêve éveillé ! Après la sortie vers Chambretaud dont on aperçoit le clocher, ce sera un autre point de repère : le  moulin du mont des Alouettes qui domine Les Herbiers. Il est un peu caché sur la  gauche, mais il se reconnait à son blanc immaculé. L’autoroute tangente alors la ville avant de filer vers l’échangeur avec l’A 83. Les kilomètres ne pèsent pas. Plus on s’approche vers la côte, plus le ciel semble augmenter en luminosité. C’est surtout quand le temps est moyen qu’on le perçoit : des hauteurs on entrevoit la barre lumineuse au loin sur l’horizon, qui nous vaudra tout-à-l’heure un ciel pur. En attendant on a franchi l’autoroute qui file vers Niort et invariablement, à cet endroit précis, sur quelques dizaines de mètres, mon « gps » m’indique « 90 » au moment où on le croise, alors qu’aucun panneau n’indique une telle contrainte. Une anomalie de géolocalisation. Mais déjà le péage de La Roche-sur-Yon est en vue et l’on passe sans encombre dans le couloir « 30 » télépéage. Nous quittons l’autoroute deux sorties plus loin, au sud de l’agglomération yonnaise. Le sentiment d’être arrivé nous parcourt, pourtant il reste encore à faire un peu de chemin jusqu’à Jard-sur-Mer, mais c’est comme si ça faisait partie du décor. C’est fou ce que l’esprit peur être capricieux et faire preuve d’élasticité. Il reste encore une bonne demi-heure de route,  mais voilà,  c’est décidé, on est arrivé. Aubigny ou Nieul-le-Dolent, c’est la banlieue de Jard !

Nous ne sommes pas un jour de grands départs.

Et la circulation est très paisible en cette fin de matinée car nous partons rarement de bonne heure. Il nous est pourtant arrivé plusieurs fois de nous faire piéger et d’oublier qu’il y a des dates à éviter, car les autres aussi peuvent avoir envie d’aller vers la côte, ou plus loin même, vers  l’Espagne… Heureusement, nous avons deux parades  pour alléger le supplice du bouchon : le paiement automatique pour la barrière de Beaulieu-sur-Layon, et la sortie par l’A83 et les Essarts pour éviter celle de La Roche-sur-Yon où il arrive que cinq ou six kilomètres de retenue se coagulent. Cela nous vaut un peu de « départementale » mais c’est mieux  que de poireauter une demi-heure voire plus dans la cohue.

C’est quand l’autoroute est fluide qu’on le voit le moins. 

Alors, l’esprit s’évade.  On pense à tant de choses en roulant et en conduisant « machinalement ». J’en ai trouvé des idées « géniales » que je me promettais de noter dans un coin et que j’ai évidemment oubliées ou été incapable de retrouver une fois venu le moment de les transcrire. J’en ai résolu des problèmes, au fil des voyages, touchant au bricolage ou à la vie domestique… Et que de réflexions sur la vie politique qui hanteront ensuite le bloc-notes ! « 107,7 » en sourdine diffuse une musique pas toujours à mon goût et égrène « ses points circulation » qui se résument le plus souvent à une litanie d’accidents sur l’A10.  C’est fou ce que cet axe vers  Bordeaux est accidentogène !  L’essentiel c’est que pour nous : RAS ! A côté de moi, il y en a une qui roupille tranquillement, comme d’habitude. Tout va bien. A l’arrivée, j’aurai, une fois de plus, refait le monde.

« Roule ma poule ! »

 


DESAMOUR ? NON, DECANTATION !

Macron le messie

 

Le chiffre est sans appel : 62 % ! Presque deux Français sur trois sont mécontents du Président de la République, seulement 100  jours après son élection. Un verdict dont il se passerait bien pour aborder une rentrée pour le moins  orageuse. Car les gros nuages noirs s’accumulent à l’horizon.

Une évolution logique !

La situation est très bien analysée par Jérôme Sainte-Marie à la lumière des enquêtes d’opinion menées par son institut. Une baisse confirmée par tous les sondages, et qui présente un caractère socialement diffus. Ainsi l’Ifop  a constaté une baisse de 18 points chez les fonctionnaires et dans le même temps les retraités manifestent massivement leur désapprobation de la hausse annoncée de la  CSG. L’insatisfaction est manifeste. La manière dont le chef d’état-major des armées a  été désavoué a pesé et la qualité très médiocre des débats à l’Assemblée doublée des péripéties interne au mouvement En Marche a  contribué à la dégradation globale de l’image du dispositif macronien. La  surinterprétation des bons sondages initiaux a contribué à masquer le premier revers politique essuyé par Macron, à savoir  le record d’abstentions aux  législatives, excédant la moitié des inscrits dès le premier tour. De là vient la fragilité qu’on constate aujourd’hui : personne n’a voulu voir la dichotomie entre l’hyperpuissance du Président au sommet de  la structure politique et l’étroitesse de son soutien à la base. Evidemment, cela ne retire rien à sa légitimité, mais cette situation devient dangereuse quand elle rend particulièrement visible la dimension par essence coercitive de l’appareil d’Etat au moment  où l’action gouvernementale doit se concentrer sur des réformes douloureuses.

Des erreurs impardonnables.

Dans les premières semaines, le nouveau président a  montré son aisance dans l’exercice du pouvoir, particulièrement sur les domaines régaliens. Et la formation de son premier gouvernement a été une belle démonstration de son savoir-faire politique en confirmant une cohérence : en confiant le poste de Premier Ministre et les  ministères en charge de l’économie et des  finances à des personnalités de droite, tout en attirant des figures de la gauche, du centre et de l’écologie, il a rendu concret son discours de rassemblement.  Au service de la  réforme ? Là est  la question ! Il y a eu deux bémols. Le  premier c’est la volonté d’une présidence « jupitérienne », avec la  volonté de tout contrôler, qui ravale « l’hyperprésidence » de Sarkozy au rang des accessoires pour garçonnet. Il  en ressort une discrétion étonnante du Premier Ministre dont on voit bien que, obligé de partager ses  conseillers avec  l’Elysée, il n’a aucune facilité  pour « mener la politique du gouvernement ». Les Français veulent de l’autorité, mais insérée dans un cadre républicain qui les protège des caprices du prince. Or, le comportement du Président commence à les inquiéter : en cause, par exemple, son discours humiliant pour le Général De Villiers qui a été une grave erreur. Les relations avec sa majorité transformée en armée de spadassins aux ordres en a été une autre. La débâcle des centristes obligés de quitter le bateau et l’affaire Ferrand ont fait le reste. La  promesse de renouveau et de rassemblement s’évanouit, faute aussi que soit accordée à ses soutiens une autonomie suffisante à l’égard de l’omnipotence présidentielle. Le second bémol, c’est le goût narcissique de la communication « maîtrisée ». Macron a mis en avant volontairement son individualité physique dans sa représentation politique, dont la photo officielle de sa présidence témoigne avec éloquence. Il  a  ensuite  multiplié les images : Macron en fauteuil roulant, Macron jouant au foot, Macron boxeur, Macron aviateur. On a l’impression d’une série du style « Martine à … ». Certes, la fonction présidentielle dont il  est imbu  implique un contact direct avec le peuple, qui doit s’accompagner d’un langage simple, des  objectifs clairs qui soient pour le  moins entendu des citoyens. Or, comme l’affirme Jacques Julliard, « nous ne savons toujours pas quelles sont les priorités du Président de la République, quels chemins on emprunte, lesquels on évite.  A la croisée des chemins, il n’y a plus d’en même temps, il y a un choix. » On l’a persuadé de communiquer.  Mais « communiquer » n’est pas un verbe intransitif.  Il faut dire quoi !  Sinon, la communication dans le vide, ça n’est que de la « réclame ». Macron n’explique pas quel  est son projet. Nous n’avons pas besoin de discours habiles, nous attendons un langage de vérité. On l’attend toujours.

Une  politique trop identique à la précédente.

J’ai envie de demander à Edouard Philippe : «  Mais qu’as-tu fait de ta droite ? » tant la politique qu’il mène ressemble  à celle de ses prédécesseurs immédiats. Et c’est inévitable quand on sait que derrière le rideau des officiants ministériels se cache toute la clique des technocrates de Pisani-Ferry. Comment peut-on changer de politique quand ce sont les mêmes qui sont à la manœuvre. Vous voulez des exemples. En voilà deux.

D’abord, La pratique du rabot. Il faut à tout prix tenir la promesse des 3% pour la fin de l’année, donc il faut faire des économies. L’héritage hollandais n’aide pas,  mais le gouvernement, comme ceux qui l’ont précédé a choisi de recourir à la méthode du rabot  en mettant tous les ministères à contribution et en se gardant bien d’engager des économies  « structurelles » forcément plus douloureuses. D’où le problème de la réduction des crédits de la défense, fort mal venue en ces temps troublés et à la veille  du 14 juillet, qui plus est ! C’est au nom du même rabot  qu’on a lancé  la réduction de 5€ sur les  APL des étudiants,  avant d’y renoncer devant la  levée de boucliers.  

En second, le  recours à l’impôt où l’Etat fait  preuve d’une imagination machiavélique. Il  n’a rien trouvé de mieux que d’imaginer une surtaxe de 2 milliards d’euros/an pour financer les pertes sur les contentieux fiscaux (6 milliards), en augmentant sur trois ans la C3S des grands groupes, impôt antiéconomique s’il en est puisqu’il frappe le chiffre d’affaire. Autrement dit il veut faire payer aux entreprises les contentieux qu’elles ont  gagné contre lui, par la faute d’une loi mal boutiquée sur les dividendes qu’il va être obligé de supprimer. Il sera, en effet, obligé de rembourser les  milliers d’entreprises qui ont contesté le paiement de cette taxe. Donc,  le condamné veut faire payer le prix de sa faute à  la victime.  On ne peut pas  faire  plus immoral.  Et ce n’est pas la seule mauvaise nouvelle  pour les entreprises,  puisque,  par  la grâce hulotesque, la taxe carbone devrait être fixée à 44€ la tonne dès 2018 contre 39€ initialement prévus. On ne me fera pas croire que trouver de vraies économies était impossible !

Décantation.

La dépense on sait  où on peut la réduire, mais il faut un sacré courage pour aller chercher les réductions que ce soit dans la bureaucratie ou dans  la générosité parfois abusive de notre système de protection. Alors reste, comme dit Marc Dugain dans les  Echos, la tradition rad-soc qui recommande de ponctionner la classe moyenne.  Comme les  plus aisés de celle-ci se sont mis à l’abri, on commence à toucher l’os. Le constat est là : on a bien un gouvernement rad-soc.  Pas de  changement ! Pourtant, les Français étaient prêts à se laisser séduire. Il  y avait au centre et chez les Républicains un potentiel prêt à suivre le Président. Or le nouveau pouvoir dilapide tous les atouts dont il disposait. On ne manipule pas aisément un vieux peuple retors et versatile comme les Français. En fait de recomposition politique, après décantation, on s’aperçoit que la droite reste la droite et la gauche, itou, même quand elle se déguise. Reste que l’opposition de la France insoumise ajoute une note radicale très dangereuse à gauche  et que les enjeux identitaires au premier rang desquels la question migratoire, pourraient bien permettre une renaissance du FN si  la droite républicaine ne s’en empare pas.

Voilà une rentrée périlleuse à tous égards.

 

 


LA PÊCHE PLATE

Pêche plate
 

Naguère, elle apparaissait après la  mi-août, voire début septembre. Plutôt petite, elle serait passée inaperçue au milieu de ses cousins, nectarines et autres brugnons, imposants par leur taille et leur couleur dorée plus ou moins carminée, mais son parfum incomparable suffisait à la faire remarquer : je veux parler de la  petite « pêche de vigne ». Il faut dire qu’elle n’avait que ça pour elle.  Son aspect verdâtre et rêche à peine rosi n’était pas des plus attirants. Seule sa forme aplatie attirait l’attention. Mais j’aimais sa saveur incomparable à l’égal de son parfum, surtout quand elle était mûre à point. Elle a aujourd’hui disparu, ou alors il  faut bien chercher.

Pourtant un miracle s’est produit : la « pêche plate » est apparue. De la génétique, elle a gardé la forme de la pêche de vigne, mais en plus opulente. Elle s’est même affublée des attributs des stars de la place : couleur et dimension font qu’elle n’a rien à envier à ses concurrents du rayon fruits. Elle a perdu un peu du parfum de sa devancière, et c’est  dommage, mais on ne peut pas tout avoir. Inévitablement, on a voulu y goûter : reconnaissons qu’elle n’a pas non plus tout-à-fait le même effet sur les papilles non plus, mais elle est quand même délicieuse.

Il faut la déguster quand elle atteint sa maturité optimale.  C’est facile à savoir : la peau doit se décoller facilement. Mon moment préféré, c’est au milieu de l’après-midi, au  plus chaud de  la  journée, ou le soir pour la pause après le « prime-time ». Manger une pêche plate doit s’accompagner d’un cérémonial. Il faut se  munir d’un fin couteau de cuisine et d’une feuille de Sopalin,  car la bête est juteuse et j’ai horreur d’avoir les doigts collants, même si ça participe au plaisir. Avec la pointe du couteau commence alors le pelage, en partant du point d’accroche au noyau et en allant vers la périphérie pour tirer de larges bandes de peau. Un travail minutieux qui fait saliver. L’attente, comme toujours démultiplie la tension. Mais le résultat en vaut la peine. La manger avec la peau n’offre pas le même bonheur au palais. Ce serait aussi se précipiter, bâcler le moment. La chair fine apparait enfin dans toute sa nudité humide, en prémices du plaisir qui approche. On peut croquer dedans, mais laissons cette méthode aux goinfres. Pour faire durer le moment, je préfère découper de petits quartiers et les savourer un par un. Ils se détachent bien du noyau. Alors c’est le bonheur de sentir fondre dans la bouche une chair ruisselante de jus sucré, frais  et parfumé. Evidemment, toute cette abondance liquide finit par traverser le papier avec lequel vous la tenez. J’aurai quand même  les doigts collants. La pêche plate est en plus généreuse, car elle a conservé de sa grand’mère le tout petit noyau. Du coup, on a le sentiment d’en avoir davantage à savourer. Le dernier quartier laisse un goût de « revenez-y », car elle enchante jusqu’au bout, la bougresse. Et sucer le noyau ne fait qu’accroître le regret. Il faut être raisonnable.

Reconnaissons que les spécialistes des variétés hybrides, avec leurs technologies modernes de « croisement dirigé », ont réussi là un exploit. Merci Mendel. Toutefois, on aimerait bien, de temps  en temps trouver une « pêche de vigne »,  une vraie. Un peu pour le plaisir de retrouver un bonheur d’antan, comme on peut admirer une belle « DS » quand elle passe sur le boulevard. Ah oui, j’oubliais, les  pêches plates viennent d’Espagne et sont,  parait-il, bourrées de pesticides. Je m’en moque : d’abord je les pèle et c’est la  peau qui contient le plus de ces agents nocifs, ensuite, les pesticides, à  mon âge, je m’en tape un  peu.

Rien ne gâchera  mon  plaisir de croquer une belle « pêche plate » bien mûre !

 


LE MARCHE NOCTURNE

P1170239

C’est l’incontournable de l’été : quelque part que vous soyez en villégiature, un « marché nocturne » hebdomadaire vous proposera son alignement d’étals bariolés. Il a bien un concurrent matinal, le marché « gourmand » censé proposer les meilleurs produits locaux, mais il est incontestablement le roi de l’animation estivale commerciale.

A Jard, l’événement a lieu chaque jeudi soir, sur le port, lieu névralgique s’il en est. Vers 18H30, les camionnettes des commerçants commencent à affluer le long des trottoirs et progressivement les stands se mettent en place : des « praticables » pliants et des auvents en toile pour se mettre à l’abri des éventuelles intempéries et de la fraîcheur nocturne. Vers 19H30, tout le monde est en place. Un peu de vent, mais le soleil couchant est de la partie et inonde les lieux d’une lumière dorée. Bientôt il fera sombre et les projecteurs des uns et des autres la remplaceront.

Le marché nocturne c’est un bazar hétéroclite : on y trouve de tout, en matière d’inutile surtout. Les stands se côtoient dans un joyeux désordre et sans aucune logique de proximité. Le marchand de ceintures en cuir, vrai ou faux, jouxte les saucissons d’Auvergne et profite de leurs odeurs puissantes,  celui de lunettes de soleil  voisine avec les roues de nougat tendre, peut-être de Montélimar, alléchantes à en faire baver, l’inévitable producteur de miel et ses multiples variations succède à celui de savons qui dégage une odeur entêtante de fragrances mélangées. Vous êtes en recherche d’un souvenir à rapporter à l’ami qui veille sur votre jardin, vous êtes en quête de la bricole qui marquera votre séjour, les enfants vous réclament le dernier gadget à la mode … au marché nocturne vous trouverez, même le « rien » que vous étiez décidé à vous imposer. Et comme le dit si bien Devos, rien c’est pas grand-chose, deux fois rien c’est déjà quelque chose, alors trois fois rien … Ici c’est une collection de T-shirts à prix … coûtant, là c’est un alignement de montres toutes plus rutilantes les unes que les autres. On vous proposera des petites boites fabrication de l’artiste pour mettre les bricoles qu’on cherche ensuite, les cache-bloc-notes, des jouets en bois aussi désuets qu’indémodables, des foulards … Les étals de bijoux fantaisie se font une concurrence acharnée tant ils sont nombreux, et les vendeurs de coques de portables ne sont pas en reste ? Mais le roi de la fête, c’est le produit de l’été : les « hand-spinner ». Impossible d’y échapper. Ils ont envahi le marché, et du plus basique au plus sophistiqué ce n’est que l’embarras du choix ! J’en ai vu avec la tête de Spiderman, d’autres qui sifflent en tournant, des rutilants en acier et des colorés. Le « hand-spinner » a détrôné le « chouchou » qui faisait fureur naguère. Plus loin, j’ai été étonné par cet artiste qui découpe les vieux disques vinyle 33 tours pour en faire des œuvres d’art : un travail qui doit réclamer dextérité et minutie tant les découpes sont fines. Je suis resté perplexe devant la dernière découverte anti-âge : « les bienfaits de la bave d’escargot » et je m’imaginais avec un certain haut-le-cœur en train de me tartiner le visage du « précieux onguent ».

Une foule de chalands nonchalants vaque le long des allées. Apparemment, peu de gens achètent. Font-ils leurs affaires tous ces camelots vagabonds ? Il faut croire puisqu’ils reviennent chaque semaine. Le marché nocturne agit comme un aimant sur les estivants qui trouvent là un but de promenade, de délassement ou de divertissement pour tuer le temps avant de retourner dans le bungalow, sous la tente ou dans le logement de location. Ils déambulent plus qu’ils n’avancent, souvent avec l’air intéressé d’une vache regardant le train passer. Néanmoins, ils s’agglutinent ici ou là pour répondre à la sollicitation d’un commerçant ou attirés par un étal sans qu’on sache vraiment pourquoi. On ne saura jamais ce qui se passe dans la tête d’un touriste pris dans les lumières d’un marché nocturne !

 


COUACS ET COIN-COIN

Bagarre_village_gaulois

 

Les réformes n’avancent pas comme le gouvernement aurait voulu. La confusion qui a régné au parlement ces dernières semaines n’a pas aidé et même si l’action politique n’est pas remise en cause, elle se mesure à l’aune d’une baisse de popularité vertigineuse de l’exécutif.

Couacs à l’Assemblée.

L’entreprise réformiste du gouvernement est largement mise  à mal par les inconsistances, les erreurs de procédure et d’arbitrage et « l’apprentissage » lent et chaotique des nouveaux députés dégagistes macroniens. La grogne n’en est que plus sensible dans le pays comme  en témoigne les reculs sur la baisse de 5€ de l’allocation logement ou sur la volonté de doter  la  1ère dame d’un « statut ». La polémique avec  le Général de Villiers a nui gravement à l’image du Président  de la  République qui comble de maladresse a cru bien faire de se déguiser en Buck Dany pour aller sur la base d’Istres pour tenter de rétablir une autorité écormée.

Du retard dans la programmation.

Le  projet de  loi Travail qui vient de faire l’objet d’un accord entre les deux assemblées  a pris beaucoup de retard et ne sera  pas complètement en place à la rentrée comme il aurait mieux valu. C’est vrai que le dossier est d’une complexité inextricable et il peut encore produire des rebellions violentes et des manifestations  monstres comme l’espère bien l’Insoumis Mélenchon. Certes une forme de consensus a émergé du parlement, ce qui montre que les Républicains sont constructifs et donc que les « constructifs » font une sécession inutile. C’est le volet négociation avec les syndicats qui s’éternise et la Ministre du travail fait tout son possible pour que le  projet ne soit pas trop édulcoré. Il y aura toujours une forte opposition à un projet de loi qui brise plus d’un tabou et remet en cause les acquis sociaux. Elle existe et s’exprime à l’Assemblée tous les jours ; elle constitue le coeur de la revendication syndicale. Mais les atermoiements de l’exécutif ouvre un espace de contestation qui n’existait pas il y a deux mois. Certains croient désormais possible de rendre impossible cette réforme  bien que l’opinion générale sente, qu’au fond, il est temps de moderniser le pays. Septembre pourrait bien voir fleurir des mouvements du même  genre que celui des « bonnets rouges ».

Le Canard fait « coin-coin ».

Le coup de grâce pourrait venir de la Justice. Au moment où l'ancien Garde des Sceaux, Michel Mercier renonce à entrer au Conseil constitutionnel où il a été nommé (décidément le ministère de la justice ne réussit pas au Modem), après les sorties de Bayrou, De Sarnez, Ferrand du gouvernement, c’est Muriel Pénicaud qui semble être dans le viseur. On notera au passage que la  Cour des comptes  peut  raconter ce qu’elle veut sans que rien ne bouge. Par contre il suffit que le Canard fasse « coin-coin » pour qu’aussitôt des procédures soient engagées. Or il se trouve que notre ministre des Affaires sociales fait l’objet de soupçons divers qui menacent de plus en plus sa présence au sein du gouvernement. Elle résiste, mais  pour combien de temps ? On lui reproche d’avoir organisé, alors qu’elle dirigeait « Business France », un organisme qui promeut l’image commerciale du pays, une visite d’Emmanuel Macron, alors ministre de l’Économie, à Las Vegas : visite qui a coûté cher (près de 400 000 euros), alors que le voyage du ministre n’a fait l’objet d’aucun appel d’offres. L’affaire est loin d’être close. Ensuite, « l’Humanité » a révélé que la même Mme Pénicaud, ancienne directrice des ressources humaines chez Danone, a vendu des actions de son entreprise, ce qui lui aurait rapporté un million d’euros en plus-value. A l’époque, elle n’était ni élue, ni nommée à un poste de l’exécutif. Elle n’a fait que ce que d’autres cadres supérieurs de Danone ont fait : la vente des actions était parfaitement légale. Il n’empêche, l’atteinte à l’image de la Ministre est réelle dans un pays où il est interdit de gagner de l’argent, surtout comme ça !

Le gouvernement joue gros.

Ni le président, ni le Premier ministre ne semblent désireux de la remplacer, en plein débat sur la loi travail, par une autre personnalité. D’abord  parce qu’on ne peut pas nier que la ministre des Affaires sociales est compétente dans son domaine et sait dialoguer avec les syndicats.  L’effet de son départ serait désastreux. Mais sa réputation est désormais entachée : un cadre qui s’enrichit par le biais de la Bourse, c’est déjà mal  vu, mais quand en plus on apprend qu’elle a vendu ses parts quelque temps après un plan social qui a permis à la valeur de l’action Danone de remonter, on n’empêchera  pas certains de crier au délit d’initié. « Voyeurisme » dit-elle pour se défendre. Argument bien faible quand on connait le délire égalitaire de ceux qui vont crier au loup sur tous les articles de sa loi. Il n’empêche une mise en examen sur l’affaire  « Bussiness France »  n’est pas impossible et pourrait intervenir dès septembre avec l’obligation pour elle de démissionner. On imagine les dégâts si, à cause de toute cette esbroufe, la réforme qui est la clé de voûte du programme Macron,  échouait ! Déjà que l’exécutif qui nous gouverne et sa majorité  parlementaire sont assis sur un socle électoral très étroit, ils pourraient bien ne pas s’en remettre.

L'inquiétante dégradation du commerce extérieur. 

Ce serait d’autant plus malvenu qu’un nuage inquiétant obscurcit le ciel jusque-là plutôt dégagé de notre économie : le déficit commercial de la France continue de se dégrader, et aucune embellie n'est prévue sur l'année 2017. Selon les chiffres publiés par les Douanes, le déficit commercial s'est élevé à 4,7 milliards d'euros en juin dernier, contre 4,4 au mois de mai. Sur douze mois, il s'envole à 59,8 milliards d'euros, contre 50,2 milliards sur la même période l'an dernier. Cette flambée s'explique en partie par la facture énergétique, mais elle est aussi due à des faiblesses bien connues : le manque de compétitivité des produits « made in France » et le trop faible nombre d'entreprises exportatrices.  Comme quoi « l’effet Macron » a ses limites ! Un pays qui perd  de l’argent à l’export ne peut pas s’enrichir…

 

 


J’AI PRIS L’AVION A NANTES !

Aéroport nantes

 

N’en déplaise aux détracteurs de l’aéroport de Notre-Dame des Landes, mais mon expérience de celui de Château-Bougon confirme ce que les statistiques observent : l’affluence et le trafic en font un aéroport obsolète indigne de notre Région. 

Bien pratique cette nouvelle ligne Nantes-Vienne !  Justement je devais me rendre en Hongrie chez ma fille qui habite à une heure de la capitale autrichienne.  C’est bien plus simple que d’aller à Beauvais prendre le "Paris-Bratislava". Et  les tarifs de Volotea valent bien ceux de Ryanair pour des vols suffisamment confortables quand on doit passer moins de deux heures dans l’appareiL

Ainsi nous voilà au matin du 18 juillet à pied d’œuvre.

Nantes-atlantiqueEvidemment tous les halls sont encombrés de passagers en instance d’enregistrement. Coup de chance, celui qui nous est consacré est encore quasi désert : il est vrai que nous sommes en avance. Je suis adepte des précautions inutiles quand il s’agit des queues au comptoir. La valise enregistrée, nous avons le temps de nous restaurer quelque peu avant de nous soumettre aux formalités d’embarquement. Et nous voilà au début d’un périple dans l’aérogare que nous découvrons pour la première  fois (le périple, pas l’aérogare) : la nouveauté c’est qu’il faut monter au 1er étage  pour passer les portiques de sécurité.  Apparemment tout a été concentré au milieu du bâtiment, en relation sûrement avec le renforcement des contrôles.  Là, il y a un peu d’attente puis commence le scénario convenu : je retire ma ceinture pour la déposer avec ma veste et ma montre dans le bac « as usual », appareil photo, valise cabine, sac à main sur le tapis roulant… et je passe le cadre fatidique sans encombre. Ce n’est pas le cas de Paulette : elle s’est soumise à toutes les exigences et pourtant, comme à chaque fois « elle sonne ».  On la fait  repasser sans ses chaussures : rebelote, donc « fouille au corps ». On ne cherche plus à comprendre. Elle n’a ni prothèse, ni appareil  susceptible de déclencher l’ire du portique. Il faut croire que sa tête ne doit pas plaire à l’engin. Bien, bien.  Il s’agit  maintenant de se rendre à notre salle d’embarquement.  Nous abordons un parcours improbable et tortueux qui débouche sur des escaliers métalliques du type équipement provisoire qui dure longtemps, visiblement rajoutés et bricolés, et peu pratiques avec des bagages, mais heureusement nous ne sommes pas trop chargés. Nous arrivons finalement là où nous embarquons habituellement avec Volotea, c’est-à-dire juste derrière les comptoirs d’enregistrement où tout-à-l’heure nous avons fait consigner notre valise en soute. On se pince : oui, c’est l’aéroport de Nantes qui propose des équipements aussi sommaires. La suite présente peu d’intérêt tellement tout se fait dans l’ordre et l’organisation convenables. L’avion sera  plein comme un œuf. Ce n’est pas Roissy, c’est certain : il faut sortir sur le tarmac et gagner à pied l’avion à quelques dizaines de mètres. Il fait beau, on ne va pas se plaindre.

En attente d’embarquement.

En attendant qu’on nous appelle pour l’embarquement, l’arrivée des  passagers par grappes est un spectacle toujours renouvelé qui permet de « tuer » le  temps sans le voir passer.  C’est un moment que je ne raterais pour rien au monde. Je  me répète peut-être, mais on voit bien comment Binet a trouvé ses « Bidochons » : il suffit de regarder autour de soi. Ils sont légions et tout y est ! Les physiques improbables aux protubérances exubérantes, les accoutrements caricaturaux, les accessoires déroutants, les démarches exotiques… Constat : l'obésité progresse. Aujourd’hui, l’avion s’est démocratisé au point qu’il  n’est plus réservé à la clientèle d’affaire avec des profils bien différents, qui hantait autrefois ces lieux. Maintenant on monte dans l’avion avec le costume de la destination : qui va à la plage est déjà muni des tongs et du bermuda, qui va à la montagne arrive avec son sac à dos auquel un piolet accroché en exergue démontre la réalité du projet. Jeunes et vieux se côtoient et curieusement se ressemblent.  C’est que le retraité est volontiers randonneur et visiblement a dévalisé le rayon idoine de Décathlon : grosses chaussures de marche, chaussettes roulées sur les chevilles, pantalon trois-quarts à poches latérales, blouson adapté. C’est donc tout un monde bigarré qui s’agglutine peu à peu. Ceux qui ne passent pas inaperçus, ce sont les groupes : pépés et mémés s’interpellent, s’enquièrent haut et fort auprès de leurs compagnons des turpitudes qui les assaillent, le volume sonore étant en adéquation avec le durcissement des tympans… Un son nasillard craché par le haut-parleur appelle les passagers du vol 2271 pour Vienne … C’est  le nôtre, la cohue s’oriente vers l’hôtesse qui filtre les cartes d’embarquement.  C’est parti !

Retour le 28 juillet : une autre expérience.

Nantes-atlantique voloteaL’aéroport de Vienne offre des équipements modernes à la hauteur de la réputation d’une capitale européenne. Le seul bémol c’est qu’on décollera avec presqu’une heure de retard qui se réduira à 25 mn à l’atterrissage à Nantes après un vol sans histoire. En dehors des annonces de l’hôtesse de l’aéroport qui de quart d’heure en quart d’heure avait repoussé notre embarquement, aucune explication ne nous sera fournie sur la nature du retard. Encombrement du ciel en cette fin de juillet ou surcharge de rotations pour les vols Volotea ? On ne le saura jamais.  On n’eut droit qu’à des excuses.  Par contre, à Nantes, nous découvrons une autre réalité.  Une fois l’avion posé comme une fleur sur la piste de la capitale ligérienne, nous cheminons donc sur le tarmac  et nous voyons défiler les bâtiments … Enfin l’avion s’immobilise au milieu de nulle part, sur un parking au fin fond  de l’aérodrome ! De longues minutes passent, la  porte reste close. Enfin, l’hôtesse de l’air manœuvre et elle s’ouvre,  mais pas complètement. Il faut refermer. En cause, la passerelle mal positionnée : il faudra s’y reprendre à trois fois avant que nous soyons enfin délivrés. Au pied de l’escalier nous attend un malheureux bus qui devra faire au moins trois voyages pour transporter tous les passagers jusqu’à l’aérogare, car l’appareil était aussi plein qu’à l’aller. Il nous dépose à côté du hall 4 où sous une tente ont été installés des barrières et des couloirs de cheminement vers les guichets où nous devons présenter pièces d’identité ou passeports.  La sécurité, c’est du sérieux ! Enfin, nous nous retrouvons dans la salle de livraison des bagages et là, il faudra encore patienter presque une demi-heure avant de récupérer notre valise. Voilà tous les signes d’une infrastructure aéroportuaire débordée par le trafic ! On n’entend pas les détracteurs de Notre-Dame des  Landes s’inquiéter du survol de Nantes avant l’atterrissage ; j’aurais pu faire coucou à Bruno Retailleau au moment où nous avons survolé de près le bâtiment du Conseil Régional. Pollution, risques pour la population : faudra-t-il une catastrophe pour que ces idéologues de pacotille s’émeuvent et s’ouvrent à la réalité ? Notre capitale régionale mérite mieux que ces équipements dépassés et vieillots.

 


A BUDAPEST, LA SECESSION FAIT FUREUR …

  Budapest titre 2001


P1070861Certains pourraient y voir une allusion à la politique du maître de la Hongrie, Viktor Orban. Mais non, je veux parler du  mouvement dissident de l’art nouveau à la fin du XIXème siècle et au début du XXème, qui a fait florès à Vienne et particulièrement à Budapest  où de nombreux témoignages  architecturaux  continuent de donner à la ville son cachet si particulier. Pour notre troisième visite,  après celle consacrée à la  colline de Buda et ses palais et la suivante à la visite du Parlement (exceptionnel) et de la grande synagogue, nous avons choisi  de faire le parcours de la « folie  sécessionniste ».

Un peu d’histoire pour comprendre.

P1170044L’architecture « Art nouveau » et sa version viennoise qu’est la « Sécession » sont omniprésentes  dans la capitale hongroise : c’est même son style emblématique. Comme à Vienne, Prague, Barcelone, les architectes s’en sont donné à cœur joie. Partout dans la ville, lignes sinueuses, formes asymétriques aussi gracieuses que déroutantes, céramiques colorées, ornements outrecuidants se distinguent dans un fourmillement de raffinement baroque qui n’a pas peur de côtoyer la géométrie néoclassique et la rigidité de l’Art moderne venu plus tard corriger les excès par un retour aux lignes sobres et plus rigides.

Maison-thonet-budapestLe mouvement Art nouveau en architecture s’est épanoui en Europe à partir des années 1890 et a perduré jusqu’en 1910-1914. Il  mettait l’accent sur les procédés manuels et voulait créer un style en réaction à l’uniformité répandue par la révolution industrielle, et disons-le aussi, briser la monotonie des immeubles haussmanniens trop dupliqués sur le même modèle dans toutes les grandes villes d’Europe à partir de la deuxième moitié du XIXème siècle. Il s’agissait d’élever les arts décoratifs au rang des beaux-arts en appliquant les critères les plus exigeants de l’artisanat. Le principe devait  s’appliquer non seulement à l’architecture mais aussi au mobilier, aux bijoux, aux textiles…  En France l’Art nouveau s’exprima dans le style « 1900 ».  A Budapest,  il se manifesta de façon plus éclectique, dans un style marqué par des façades ornées de figures allégoriques ou historiques, de motifs folkloriques, de céramiques Zsolnay locales. Inspiré du groupe d’artistes de Vienne, les « Sécessionnistes », un style typiquement hongrois apparut.

Heureusement pour nous, l’immobilisme de l’entre-deux-guerres puis les quarante ans de plomb qui suivirent la seconde guerre mondiale ont permis aux édifices Art nouveau de subsister. Le régime communiste hongrois n’avait pas les moyens de démolir ni d’entretenir ce que nous voyons aujourd’hui comme des trésors architecturaux. De nombreux bâtiments furent laissés à l’abandon et sont restaurés ou en cours de restauration aujourd’hui pour notre plus grand plaisir.

Ödön Lechner,  le « Gaudi » de la Sécession hongroise.

Musée art deco004Le maître de ce style fut Ödön Lechner (1845-1914). Comme le Catalan, il s’inspira de styles existants pour les revoir à sa manière ce qui accoucha d’un genre nouveau et unique pour l’époque. Il est donc à l’origine d’un style authentiquement hongrois, exploitant pour les décors de ses édifices des motifs de l’art traditionnel et des éléments de l’architecture orientale. Le style Lechner est devenu emblématique de Budapest.


Maison thonet001La maison « Thonet » est un bon exemple de sa créativité avec une structure d’acier innovante qu’il recouvrit de céramiques de la manufacture Zsolnay de Pécs. Mais c’est surtout avec la construction du musée des Arts décoratifs et celle de la Caisse d’épargne de la poste royale, considérés comme ses chefs d’oeuvre, qu’il marqua les esprits et son époque. Cela lui valut une disgrâce, car l’exubérance de ses productions avait aussi ses détracteurs.

Ma chasse aux trésors.

C’est là que les guides sont bien utiles pour faire un tri dans la profusion, tant la ville offre l’embarras du choix. C’est qu’au détour d’une petite rue on peut  découvrir un magnifique bâtiment non répertorié et pourtant valant … un cliché, et des créations Art nouveau et sécessionnistes jaillissent dans les endroits les plus inattendus. Petit résumé.

P1170043 P1170054Commençons par deux incontournables d’Odon Lechner : le musée des arts décoratifs (cité plus haut) et la Caisse d’épargne de la poste royale. Le premier s’illustre par son toit et sa façade décorés de céramique colorée, ses dômes et figures ornementales, avec des airs de palais oriental. L’intérieur est typiquement d’inspiration mauresque.

P1070928 P1070930La seconde est littéralement une « folie » sécessionniste avec ses mosaïques florales, ses motifs folkloriques, dont la tête de taureau qui surmonte  la tour centrale symbolisant le passé nomade des Magyars. Les abeilles qui grimpent le long des colonnes vers leurs ruches représentent l’organisation, le labeur et l’économie.

Hôtel Gellert Hôtel gellert 2Arrêtons-nous quelques instants sur deux palais devenus des hôtels de prestige. Le Danubius Gellèrt Hôtel achevé en 1918 avec ses bains est un témoignage de la fin de l’Art nouveau. Ses thermes avec le gigantesque hall voûté, ses fontaines de céramique et ses bassins décorés offrent un décor éblouissant. Le baroque  perce déjà derrière l’influence de Lechner.

P1070885A Palais greshamLe palais Gresham abrite aujourd’hui  un hôtel cinq étoiles. Ce joyau est agrémenté de décorations exceptionnelles  à l’extérieur comme à l’intérieur : sculptures et vitraux notamment.

 

Fleuriste Philanthia001Dans la vieille rue Vaci, la maison Thonet (déjà citée) côtoie le fleuriste Philanthia dont la boutique propose les fleurs dans un décor Art nouveau exquis.

 

P1170034 P1170035 Maison Bedo002A deux pas, l’ancienne banque Török présente sa façade vitrée surmontée d’un fronton arborant une mosaïque sublime de style Sécession qui représente une allégorie de la Hongrie et de ses grands personnages. Si on se déplace vers le quartier du Parlement, on tombe inévitablement sur la maison Bedö, immeuble dessiné par Emile Vidor, qui reste l’un des témoignages les mieux préservés du style Art nouveau dans la ville. Fleurs en majolique, visage, portail ont été bien rénovés.

P1170113 P1170112L’école primaire d’Armin Hegedus conçue en 1906 montre sa façade décorée de sublimes mosaïques inspirées par les jeux d’enfants de l’époque.

 

 

Pour terminer quelques témoignages découverts sur notre chemin : la villa Vidor qui présente ses contours improbables, son étonnante tourelle et ses  clochetons,  le manoir Lederer orné de mosaïques et la maison Sonnenberg avec sa façade jaune pétant, et quelques autres moins connus mais tout aussi jolis.

Maison Vidor001 Maison Vidor002 Maison Lederer001 P1170126 Maison sonnenberg 1






  P1170005 P1170118   P1170026

 

 

 

 

 

Cliquez sur les photos pour les agrandir, revenir au blog par le flèche "retour" de votre moniteur.

P1170159

 Le parlement hongrois, chef d'oeuvre néo gothique