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LES ERREMENTS DE CHRISTOPHE BECHU

Béchu municipales

Une courte pause de dix jours : voilà tout ce que m’aura laissé l’actualité politique. Je me dois de  reprendre la plume, ou plutôt le clavier, pour commenter la décision d’Emmanuel Capus de prendre la tête d’une liste LREM pour les sénatoriales du 24 septembre prochain. J’avais évidemment suivi l’événement, de Hongrie où je m’étais rendu, étant en permanence connecté, cela va de soi. Je suis resté sur ma première réaction : scandalisé !  Par la forme et sur le fond !

Un procédé inacceptable.

J’ai rencontré Emmanuel Capus à la soirée d’Angers pour vous,  juste avant de partir. Je venais d’apprendre son investiture par LR comme n°2 de la liste de Catherine Deroche et je l’en félicitais.  Il m’avait fait part alors de sa satisfaction. Choisi par le Sénateur-Maire pour le remplacer au Sénat, il  avait toute légitimité à figurer en bonne position sur la liste menée par la Sénatrice LR sortante. C’était dans l’ordre des choses. Et c’est bien Béchu qui l’a imposé ! Alors, pourquoi cette désertion  quelques jours après. Une seule explication : le Maire d’Angers a cédé aux pressions d’Edouard   Philippe et de son homme de main, Jean-Paul Delevoye, pour essayer d’empêcher Catherine Deroche, Vice-présidente du groupe LR au Sénat d’être réélue. C’est une manœuvre hautement politique pour éliminer les « gêneurs ». Car, évidemment,  Emmanuel Capus aurait été engagé par son investiture LR. Le but : assurer à Macron une majorité « docile » au Sénat, quitte à tirer sur les amis !

Une trahison en bonne et due forme.

L’argumentation est pitoyable et étonnante de la part du Maire d’Angers qui nous avait habitués à des analyses de haut vol. Comment peut-il se fourvoyer à ce point et tourner le dos à ses convictions politiques. Car, Emmanuel Capus, dans l’affaire n’est qu’un pantin qui va là où on lui dit d’aller. « Il  n’a jamais appartenu à la droite dure » plaide-t-il. Moi non plus et Catherine Deroche pas davantage, ou alors il faut qu’il m’explique ce que la formule veut dire. Ce faisant, il stigmatise une grande partie de son électorat qui pourrait bien s’en souvenir. Il  n’y a pas de courant « macroniste » au sein des Républicains. Inutile de se cacher derrière le mythe entretenu par une poignée de parlementaires (13 députés sur 120) qui ont choisi de faire un groupe avec l’UDI. Ils se disent « constructifs », mais ils ont en fait bénéficié de « facilités » pour être élus. N’ayant rien apporté de nos idées à la majorité actuelle, ce sont donc de simples « collabos ». Cela n’a rien à voir avec une « cohabitation » dans laquelle la majorité parlementaire impose son projet. Donc, « Béchu alias Capus » va soutenir : l’augmentation de la CSG sans contrepartie pour les retraités, la suppression de la taxe d’habitation pour 80% des ménages, la PMA généralisée, le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu, la généralisation du tiers payant, les baisses de dotation pour les collectivités locales, la réforme de l’ISF qui consiste à créer un impôt sur la fortune immobilière, nouvelle aberration … J’arrête là l’énumération. Cela s’appelle  une « trahison » ! Car, n’ayons pas peur des  mots : c’est une trahison en bonne et due forme.

Béchu prend des risques énormes.

Le Maire d’Angers n’a probablement pas renoncé à décrocher un strapontin dans le gouvernement. Peut-être le prix du revirement imposé à Capus. Le Premier Ministre qui peine à remplir la fonction a, en effet, bien besoin de renfort. Mais les vents de septembre pourraient bien n’être pas aussi favorables que ceux de mai pour la majorité en place. Pour de multiples raisons, à commencer par le spectacle de pagaille « bobo-populiste » qu’elle donne à l’Assemblée nationale qui n’est  pas de nature à convaincre  les grands électeurs de la rejoindre. Début septembre on va entrer dans le dur et « l’effet présidentielle » aura disparu. La confiance a déjà commencé à s’effriter malgré les coups de com’ à répétition d’un Président omniprésent et omniscient. S’il ne faut pas « infantiliser » les grands électeurs, comme dit Béchu, ceux-ci ont probablement plus de conscience politique que le citoyen lambda. « Il faut que Macron réussisse ! » est son leit-motiv,  « pour éviter Le Pen la prochaine fois ». Devant de tels errements, il vaudrait mieux que le Sénat reste une assemblée « garde-fou ». Et puis la noblesse de la politique, ce n’est pas  de jouer au « bonneteau » !  Plutôt que de s’en remettre à la providence d’un mage, il ferait mieux de se demander pourquoi un tiers de l’électorat a apporté ses suffrages à l’extrême-droite : il y a le chômage, mais il n’explique pas tout. La question identitaire taraude la majorité des Français et Macron n’est pas parti pour y répondre. La déréliction du FN va favoriser l’émergence d’une force politique républicaine à droite à vocation majoritaire. « Les Républicains » sont les mieux placés pour occuper cet espace politique. Quant à Béchu, il ne mesure pas les dégâts que sa trahison cause dans son socle électoral. Et je ne parle pas que des militants. Il y a de quoi être écoeuré, en effet !

Moi, si j’avais à voter, ce serait  sans  hésiter  pour la liste de mes amis Catherine Deroche et Stéphane Piednoir. Bah oui, la fidélité fait partie de mes valeurs !

 


A DROITE LA DEFIANCE DOMINE

Bagarre_village_gaulois

 

Allez, un dernier  pour la route avant la pause !

L’électorat de la droite dubitatif.

On sait qu’il s’est massivement abstenu aux élections législatives.  Depuis, le doute s’est installé.  Les  gestes du président  sont trop  « alternatifs » pour que la confiance s’installe.  L’épisode du Général de Villiers ne le rassure pas.  L’électorat de la droite,  y compris les modérés, ne  place pas Macron au-dessus de la mêlée. Au contraire sa volonté affichée de tenir ses  promesses sur la CSG et la taxe d’habitation augmentent la défiance.  Quel revirement dans la  même semaine : on est passé du report des baisses d'impôts et d'un plan d'austérité lors du discours de politique générale d'Édouard Philippe à un « choc fiscal pour donner confiance » du même Édouard Philippe. 11 milliards d'euros de baisse d'impôts en 2018, application de la taxe forfaitaire de 30% sur les revenus du capital et, comme annoncé déjà, la transformation de l'ISF en Impôt sur la Fortune Immobilière. Macron est passé par là et a réagi rapidement au flottement provoqué par les annonces de report. Mais l’équation budgétaire de 2018 est encore  moins tenable que celle de 2017, du fait de « l’héritage » : tout cela pourra-t-il tenir ? L’impression qui se dégage, c’est que  les « recrues » de droite sont plus des « faire-valoir » sans réelle marge de manœuvre que des compléments venus rééquilibrer une  politique qui penche à gauche. La « trahison » est un peu plus patente chaque jour.

L’hypocrisie des « constructifs »

De quoi rendre improductif le discours des « constructifs » qui s’entêtent  à vouloir saisir la « main tendue » du Président. Celui-ci n’a guère besoin d’eux à l’Assemblée, sinon pour affaiblir  un  peu plus l’opposition qui pourrait venir de la droite  et dont on a grandement besoin de la vigilance. Pour l’instant il peut encore se servir d’eux parce qu’il veut faire basculer le Sénat en sa faveur pour faire  passer sa  réforme constitutionnelle. Ils ne se rendent pas compte combien le langage qu’ils tiennent peut blesser les électeurs de la droite et du centre en les faisant passer  pour des « intransigeants », ce qu’ils  n’ont jamais été, encore moins leurs représentants. Ceux qui se réclament  de cette posture feraient donc bien d’y regarder à deux fois : la faiblesse du courant qu’ils drainent est inversement proportionnelle à l’agitation qu’ils déploient et cela devrait les alerter. Et puis que vaudra la parole de Macron dans un ou deux mois ?  Une fois les images sur papier glacé fanées, la confrontation avec la réalité risque d’être explosive. Le paysage politique actuel est une image déformée du pays réel tant le piédestal sur lequel il repose est étroit. Le revirement se produira, inévitablement, le tout est de savoir quand. Les échéances suivantes pourraient être alors désastreuses  pour ceux qui auront joué avec le feu jupitérien. Les Sénatoriales seront un test. A bon entendeur  …

 

 


LES DOSSIERS DE TRYPHON

Tryphon étoile


LE BEL AVENIR DES AVIONS

Jamais il ne s’est vendu autant d’avions dans le monde. Boeing et Airbus n’ont pas de mouron à se  faire. En matière d’aéronautique c’est  plutôt un âge d’or qui s’annonce. Les carnets de commande sont bien remplis. Et  il y a des esprits chagrins qui nous annoncent  la fin du moteur thermique pour les automobiles et d’autres qui voudraient empêcher la construction de nouveaux aéroports.  La réalité est toujours plus forte que les chimères, surtout quand elles sont idéologiques.

La croissance du trafic aérien.

Elle est inéluctable. Pour la première fois cette année,  le trafic aérien mondial franchira la barre des 4 milliards de passagers : le double d’il y a douze ans, huit fois plus que dans les années 70 ! Malgré cette croissance rapide, le ralentissement n’est  pas pour demain,  car le trafic  va encore tripler d’ici 2036, selon les prévisionnistes sérieux. La  cause en est  toute  simple : le doublement de la classe moyenne dans le monde. Ainsi la proportion de la population des pays émergents en capacité de voyager en avion va passer  de 30%  actuellement à 83% en 2036. Et le Chine deviendra le premier marché aérien mondial, la part de l’Asie dans le trafic mondial passera de 30% à 38%, devant l’Europe à 21% et l’Amérique du Nord à 16%. Cela nécessitera la construction de 35 000 avions neufs, la flotte mondiale passera de 19 000 à 40 000 appareils, dont 70% de moyens courriers. Ce sont les compagnies low-cost qui continueront de tirer le marché en se développant sur le long courrier dont  elles pourraient conquérir 50% du marché. Ainsi, Airbus a un carnet de commandes de près de 7 000 appareils et pourrait se permettre d’augmenter la production sans en prendre de nouvelles pendant plusieurs années plaisante son patron.

Les nouvelles technologies s’en mêlent.

Le nouvel  âge d’or viendra du développement des drones et des voitures volantes. Un rêve ? Pas du tout ! Dans la Silicon Valley on s’emploie à accélérer la mutation technologique. Ainsi nous connaîtrons des taxis volants électriques et sans pilote dans les villes. Le groupe Airbus mène actuellement deux projets de véhicules volants électriques et sans pilote dont les  premiers vols sont prévus pour la fin de l’année et début 2018, mais oui ! Le lancement de ces « drones-taxis » devraient intervenir  dès 2021, c’est-à-dire… demain. Il faudra bien des aménagements urbains pour faire de la place à ces nouveaux véhicules. 

Les aéroports, poumons de la mobilité.

Cette croissance et ces nouvelles technologies nécessitent évidemment  une hiérarchisation des espaces. Elle justifie amplement la construction de la nouvelle plate-forme aéroportuaire pour le grand ouest à Notre-Dame des Landes. Ne serait-ce que parce que l’actuel  aéroport n’échappe  pas  au phénomène et voit son trafic  augmenter vertigineusement avec toujours plus de passagers, toujours plus de compagnies et toujours  plus de destinations.  Le  mois de juin dernier a vu une progression de près de 16% par  rapport à la même période de 2016 ! Son marché est très majoritairement européen  mais les opportunités d’élargissement aux autres pays du monde vont aller de pair avec le développement du trafic des pays émergents, forcément.  Sauf à vouloir laisser la métropole nantaise  et l’ouest français à l’écart du développement mondial ! Château-Bougon restera utile pour l’usine Airbus, le fret et pour le trafic local des avions-taxis, le nouvel aéroport se consacrera au développement du trafic passagers toutes destinations. Il est vital de ne plus attendre !

 


LA FRANCE NE PREND PAS LE CHEMIN DU REDRESSEMENT

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Ce serait plutôt « on prend les mêmes et on recommence ».

Entre le discours de politique générale du Premier Ministre et la dernière intervention présidentielle pour en modifier l’agenda, on comprend que le « renouveau » consiste à retomber toujours dans les mêmes travers. Le président a pris lui-même la décision de revenir sur le calendrier de baisses d'impôts détaillé par Edouard Philippe, lors de son discours de politique générale. La baisse de l'ISF et la première tranche de réduction de la taxe d'habitation auront bien lieu en 2018 et non pas en 2019, comme annoncé par le Premier Ministre. Comment finance-t-on les 6 milliards de coûts supplémentaire ainsi engendrés ? Pour l'instant, le gouvernement ne prévoirait pas de nouvelles baisses de dépenses mais une moindre réduction du déficit l'an prochain, qui resterait donc autour de 3 %. Avec l'espoir qu'une croissance meilleure que prévue apporte le surplus de recettes nécessaires.  En imposant le démarrage des réformes  dépensières dès l’année prochaine, Jupiter fait comme ses prédécesseurs : il  table sur l’amélioration de la conjoncture pour résoudre les maux de notre pays, pari qui s’est révélé systématiquement perdant dans le passé. La principale erreur est de ne pas donner la priorité aux réformes qui rétabliraient une offre compétitive à nos entreprises et concrétiseraient la baisse des dépenses publiques. Au passage on aura noté qu’on a une carpette à Matignon sur laquelle le président vient de s’essuyer allégrement les pieds : « Non mais, qui c’est qui commande ! ». Ceux qui croyaient à la promesse d’un retour à l’esprit de la constitution, le Président préside,  le Premier Ministre gouverne, étaient bien naïfs.

Embellie, mais rien de réglé au fond.

Si aujourd’hui, l’environnement de l’économie française connaît une embellie, ni le déséquilibre du commerce extérieur, ni la dérive des comptes publics ne sont réellement jugulés. On cherche toujours l’essentiel : une stratégie de réforme pour le pays. Les avancées et reculades auxquelles on vient d’assister démontrent que le « ni de droite, ni de gauche, » ne change rien au comportement de gouvernants toujours sensibles aux pressions d’un groupe parlementaire d’autant plus irresponsable que ses membres sont incompétents et majoritairement de gauche. Le fossé va donc continuer de se creuser entre le diagnostic sur la situation catastrophique de la France confronté au manque d’ambition et au report des réformes. La continuité prime sur la rupture : rien de surprenant avec les « Pisan-Ferry » aux manettes. Et il y a gros à parier que la réforme du marché du travail, vu la nature des débats à l’Assemblée, ne voie son champ se réduire. La montagne accouchera d’une souris dont il ne faudra pas attendre grand-chose en terme d’emplois. Les réformes destinées à stimuler l’offre et normaliser la fiscalité sont reportées  pour permettre au déficit de rester à 3% du PIB : on veut bien accepter que tout soit fait  pour éviter de franchir la barre des 100% d’endettement, mais cela devrait passer par la baisse des dépenses et non par une nouvelle envolée des recettes ! Une floraison de taxes supplémentaires va éclore au printemps 2018 : 2 pts de CSG, alignement du diesel sur l’essence, hausse de 40% d’ici à 2030 de la taxe carbone … le  plan « climat » s’appuie sur plus de réglementations, taxes et aides sociales, c’est dire si le portefeuille du contribuable (enfin, celui qui paie) sera sollicité.

Les  demi-mesures et les demi-réformes.

En attendant, il faudra se contenter de demi-mesures, de coups de rabots déjà mille fois utilisés, bref, de bidouillages, pour habiller la réalité et faire croire à nos partenaires que nous tenons nos objectifs : Darmanin dans les pas de Sapin, qui l’eût cru ! Car il est devenu évident qu’il n’existe pas de projet chiffré, clair et précis, sur les intentions du gouvernement qui, comme ses prédécesseurs, est pris dans la tenaille : diminuer les dépenses publiques et/ou diminuer les impôts. Or les dépenses publiques ne vont pas ralentir si toutes les décisions de François Hollande sont maintenues (huit milliards qui manquent dans le budget « insincère » de 2017 et près de 20 milliards en 2018) et si on veut « en même temps » commencer à démanteler 17 réacteurs nucléaires (par exemple),  comme  l’annonce l’écolo-amateur- affairiste Hulot. L’économie réelle, celle des entreprises attendra !

La France est à la traîne de l’Europe, elle va le rester. Combien de temps va durer l’illusion Macron ? Là est toute la question.

 


ELLE M’EST TOMBEE DESSUS …

Lagaffe paresse

 

Elle m’est tombée dessus sans crier gare ! sans prévenir, sans donner le moindre indice précurseur ! Elle m’est tombée dessus comme ça : la flemme ! Une bonne grosse flemme, une énorme flemme, bien grasse, bien épaisse. Une flemme-à-ne-rien-faire, une flemme-à-procrastiner-à-tout-va, une flemme royale à se vautrer dans le transat, dans le canapé ou sur le lit. Même pas l’excuse de la canicule, c’est dire si elle a ajouté au problème quand la température est montée. Une flemme comme ça, ça vous met les jambes en coton, ça vous ralentit l’esprit qui devient rebelle au moindre effort, ça vous envahit comme l’éther d’un bon Armagnac après un bon repas. Les yeux picotent d’abord avant de cligner, le cerveau suit de près. Les nuages cotonneux de la béatitude roulent leur douceur à coups de petits engourdissements. Le sommeil n’est pas loin, mais il ne viendra pas, laissant le corps dans un entre-deux doucereux, sirupeux dont il aura du mal à se tirer tout-à-l’heure, quand il faudra bien se résoudre à bouger, ne serait-ce que pour aller boire quelque chose de frais.

Il y en a qui ont pensé : « tiens, il est parti en voyage ». Non, pas encore. Je sais aussi, j’en connais plein qui vont me trouver des raisons, ou des excuses pour expliquer l’inexplicable. On pourrait évidemment en trouver. Mais il n’y a rien de rationnel là-dedans. Inutile de chercher. La flemme c’est d’abord un état de fait physique. Comme une envie de spleen longtemps refoulée. Elle se fiche pas mal des « causes objectives » : elle n’a pas besoin de justifications. En tout cas, elle s’en passe ! Et tant pis pour toute la longue liste de toutes ces petites choses qui doivent occuper l’été, des pavés qu’il faudrait passer au « Karcher », au petit coup de peinture que le dessous de l’avant-toit attend, sans parler des rangements divers notamment dans mon bureau …  Eh bien, puisque flemme il y a, profitons-en. Laissons-là prendre le dessus.

Alors voilà, « je me rencroquemitoufle, je m’éfilifiloche, je périclite, décline en carabobine  qui n'en finit pas, et la vie me semble fouine blette et filandrine… Que le temps s’étire ! » (Bécaud) L’esprit s’évade, vagabonde dans tous les sens, de rêverie en images attendries sur l’écran de lobes cérébraux débrayés. Mais attention, ma flemme, ça n’est pas l’ennui ! Elle est un hédonisme assumé, une recherche de plaisir, autant physique qu’intellectuel. Physique : quoi de plus sensuel que d’enfouir sa tête dans un coussin moelleux, un peu frais. Comme pour la première gorgée de bière, c’est la première minute la plus intense. Ensuite c’est la douceur de sentir chaque membre s’alourdir et s’abandonner jusqu’au corps tout entier. Intellectuel : quoi de plus dense que de ne penser à rien, c’est-à-dire à n’importe quoi, pourvu que ce soit des pensées agréables. Croyez-moi, c’est un exercice difficile que de vouloir occuper son esprit à faire le vide, il résiste le bougre. Il faut un entraînement que probablement seuls les pros de la flemme ont.

La flemme c’est quand à la question : « Qu’est-ce que tu vas faire aujourd’hui ? » On répond : « Rien ! ». « Mais c’est déjà ce que tu as fait hier ! – Oui, mais je n’ai pas fini ! » La flemme c’est la fuite du temps sans la mesure. Voilà pourquoi on dit : « tirer sa flemme ». Elle est élastique, malléable, étonnamment plastique. Voilà pourquoi on ne peut en sortir que par un acte volontaire qu’elle combattra évidemment. C’est pourquoi il est si difficile de s’en passer si on la laisse s’installer.

 


JUPITER, MERCURE, HERCULE & C°…

Macron congres

 

Un discours d’une heure et demie à 400 000€ (au moins).

Il parait que nous avons le plus beau Président de la Vème République. Le compliment vient de Brigitte (bah oui !). Forcément puisque c’est un dieu. C’est Jupiter et son ministre des finances  en voyage à New York est Mercure (ou Hermès, chez les Grecs, le messager des dieux). Rien que ça ! Jupiter a donc parlé devant tous les parlementaires. Le palais avait  fait savoir qu’il  ne donnerait pas d’interview le 14 juillet parce que sa pensée est trop complexe. Les députés et les sénateurs ont pu le vérifier : ça baillait dur dans l’hémicycle, c’était dur de suivre. Hier, il a encore franchi une étape dans la mise en scène de son pouvoir : les images de sa marche dans la galerie des bustes à Versailles ont fait le tour du monde. Il a présenté sa vision du quinquennat au Congrès : à combien d’animaux sacrifiés ses « aruspices » ont-ils procédé pour arriver à un tel niveau éthéré. Le rêve éveillé a duré 1H30. Dieu a évoqué  les grands, très grands principes de son action, à tel point qu'on a un peu de mal à en extraire les éléments clés. On aura retenu principalement la réforme des institutions. Il se donne un an pour la mettre en œuvre : baisse du tiers du nombre des députés et sénateurs, introduction d'une dose de proportionnelle sans plus de détails, suppression de la Cour de Justice, réorientation du Conseil économique et social, qu'il aurait pu supprimer d'ailleurs... autant d’idées qui flatteront  le bon peuple par leur caractère populiste et vaguement punitif pour les élus, mais dont l’efficacité  reste à démontrer. Toute « révolution » fait revenir au point de départ.

Hercule en action.

Il  revenait donc à Hercule le soin de détailler sa méthode pour nettoyer les écuries d’Augias (l’Etat). Mais c’est un Hercule sans moyens : les caisses sont vides. Il faudra étaler le nettoyage ! Édouard Philippe va devait ramener tout le monde sur terre et aborder les sujets très pratiques. Son discours de politique générale fait penser à la chanson de Fernand Sardou : « Aujourd'hui peut-être ou alors demain ». Mais c’est la « Révolution » sans l’air ou plutôt  l’« R ». Car ce qu’il propose est une timide « évolution ». On retrouve les éléments du programme de Jupiter dont il doit craindre la foudre.  C'est déjà bien,  mais le contraire eût été surprenant. Seulement voilà, le timing est devenu un peu flou. Des mesures vont être prises,  dont certaines devraient être saluées. Mais elles ne le seront pas aujourd'hui, ni demain ! Certaines sont repoussées à 2019. D'autres à la fin du quinquennat... autrement dit  aux calendes grecques. Il faut dire que la situation des finances publiques n'est pas bonne, comme l’a souligné la Cour des Comptes. Comme nous voulons, pour obtenir le soutien de l'Europe mais surtout la coopération de l'Allemagne, impérativement passer sous la barre des 3% du PIB, il faut donc différer d'un an, voire de quatre les mesures qui coûtent. Le seul risque c'est que dans un ou deux ans, l'état de grâce sera terminé et que les décisions soient moins simples à faire adopter. Donc, l'ISF ne sera pas supprimé avant 2019, le CICE ne sera pas transformé en baisse des charges avant 2019, au mieux, la taxe d'habitation sera bien supprimée pour 80% des Français mais on ne sait pas quand, sinon au bout  d’une négociation avec les collectivités territoriales dont on sait qu’elles sont vent debout contre. Il reste la hausse du paquet de cigarettes à 10 euros et le « vaccin pour tous » qui devraient arriver rapidement. Par contre la hausse de la CSG sera appliquée  rapidement et tant pis  pour les retraités. Je perds mon temps à dénoncer cette mesure inique.  On cherche le grand plan d’économies que tous ses prédécesseurs ont soigneusement évité. Hercule  en dépeint l’urgence mais se hâte lentement. Dans cinq ans, si tout va bien, on aura réduit la dépense publique de 3 points de PIB et les  prélèvements obligatoire de 1% : pas de quoi se rouler  par terre, sinon de rire ! Dans l'ambiance de « Macronmania » actuelle, émettre une critique est un crime de lèse-majesté ou de blasphème. Je me contente donc de rapporter. C'est encore autorisé.

Les Français n’écoutent pas.

On ne s’étonnera  pas que seulement un Français sur quatre a jugé convaincantes les interventions de Jupiter et d’Hercule. Selon un sondage Harris Interactive, le discours divin à Versailles devant les députés et sénateurs réunis en Congrès a convaincu 26% des personnes interrogées, 42% ne se disant pas convaincues et 32% ne se prononçant pas. Celui de politique générale d'Hercule devant l'Assemblée nationale a été, pour sa part, jugé convaincant par 27% des sondés, pas convaincant par 41%, 32% ne se prononçant pas. Rien d’étonnant, cela rappelle comme en écho, le taux de participation aux élections. La confiance sera longue à revenir. Et quand on est rattrapé par la réalité …

Pendant ce temps-là, Irène …

Pour rester dans la métaphore antique, voyons voir ce qu’Irène (Régente de l’Empire byzantin) a préparé outre-Rhin pour sa réélection : la présentation du programme de la CDU. Un objectif majeur : le plein-emploi, alors que l'Allemagne a atteint un des taux de chômage les plus bas d'Europe et du monde, Merkel vise les 3%, le plein-emploi absolu. Le programme a pour titre « L'Allemagne, le pays où il fait bon vivre ». Baisse d'impôts possible grâce à l'excédent budgétaire, relance d'une industrie déjà florissante, investissements dans le numérique : tout y est. On croit rêver. Non, on ne rêve pas !

 


SACRE TOUR DE FRANCE !

Tour-de-France

 

Ils sont partis ! 

Une nouvelle aventure commence pour 23 jours de compétition, de Düsseldorf jusqu’à Paris, pour le traditionnel final sur les Champs Elysées.  Entre temps, les 200 et quelques coureurs engagés devront affronter  plus de 3 000 km de routes avec les  étapes de montagne et les « contre-la-montre ».  Et comme chaque année la ferveur populaire sera au rendez-vous : samedi à Düsseldorf, la foule était présente malgré  la pluie  battante. C’est qu’un départ  du Tour ne se rate pas !  La popularité  de l’épreuve ne se dément pas au fil des ans et chaque étape est l’occasion pour la population  de se rendre sur le parcours pour acclamer les champions, l’espace de quelques secondes … quand on a la chance de les entrevoir ! Nos élus ne s’y trompent pas qui n’hésitent pas à se montrer sur une étape pour la suivre… et pour puiser un peu dans cette liesse populaire quelques grammes de popularité.

On vient parfois de loin pour voir « passer  le Tour » ! 

L’épreuve confine au religieux tant elle a ses rituels. Il y a ceux qui avec leur carapace sur le dos  le suivent sur plusieurs étapes, voyageant le soir pour être à pied d’œuvre le lendemain matin au meilleur endroit.  Le camping-car est leur moyen de locomotion le plus efficace, et les étapes de montagne les plus prisées, aussi les places sont chères. Mais même les parcours plus ordinaires attirent les spectateurs. La « grande  boucle » est un évènement partout où elle passe. Qui n’a pas rêvé de les voir passer dans sa ville ? On ne vient pas admirer que les coureurs.  Et c’est toujours une joie lorsqu’ils se faufilent sur les jolies routes des villages de France tandis que sur les bas-côtés, l’effervescence gagne la foule à leur approche. Ici, on brandit des drapeaux et des pancartes, là on s’entasse avec le sourire. Le Tour, c’est tout un spectacle avec sa caravane publicitaire, et toute une ambiance pendant les longues heures d’attente,  débout  le long d’une barrière ou assis sur un  pliant au bord de la route. Le succès est assuré, l’ambiance bat son plein.

Une magie intacte.

Aussi  loin que je me souvienne, chaque fois que j’ai eu l’occasion de venir sur le parcours, c’était la  même magie, le même engouement de ces centaines de gens, heureux d’être là, rigolards pour passer le temps, tendus à l’approche du peloton, repartant avec quelques paillettes dans les yeux jetées par les vélos étincelants passés trop vite. J’étais petit quand mes parents m’avaient emmené dans la vallée de Chevreuse voir le Tour : c’était l’époque de Robic. Je me souviens surtout que j’avais été bouffé par les moustiques. Depuis, j’en ai vu des passages au gré des ans : à Montgeron dans la région parisienne avec Pingeon ; en Bretagne à l’époque d’Hinault ; aux Pont-de-Cé, il y a quelques années, avec tous mes enfants ; à Avrillé, en Vendée il y a cinq ou six ans … Ce ne sont que quelques exemples. J’ai vu Yvette Horner débouler comme un tourbillon, perchée sur le toit d’une « traction » jaune et noire, jouant de son accordéon, j’ai vibré au duel Poulidor-Anquetil  dans l’ascension du Puy de Dôme… Notre fille cadette était une fanatique de Greg Lemond et je me souviens, de passage dans la région pour nos vacances, avoir monté à l’Alpe d’Huez (en voiture bien sûr), en comptant les virages à la chaussée encore toute barbouillée de slogans à la gloire du champion. Quand il n’était pas possible d’être physiquement sur le parcours, c’est la télé qui suppléait. Mais bien avant c’est à la radio grésillante qu’on s’accrochait  pour suivre les reportages en direct.

Le départ du Tour, c’est un départ en vacances.

Traditionnellement, la course se déroule principalement au mois de juillet. Voilà pourquoi, le Tour de France semble bon à tous les écoliers : le temps du tour rime avec « vacances ». Je me revois, gamin, sortir les coureurs de leur boite et les regrouper en peloton pour les faire progresser entre deux traits de craie dans l’allée du jardin, entourés des voitures suiveuses, des « Dinky Toys » de circonstance.  Ils portaient les maillots nationaux et régionaux de l’époque. Il  y avait là le Suisse Kubler, avec son maillot rouge à croix blanche, le beau Louison Bobet et sa tunique de champion du monde, évidemment l’Italien Fausto Copi, le dos barré de rouge-blanc-vert. On achetait le Miroir des Sports pour connaître les  « dessous » de la course et déguster les caricatures de Pellos. C’était le temps des frasques de Roger Hassenforder qui mettait dix minutes dans la vue au peloton et s’arrêtait brusquement pour épancher sa vessie au coin d’un bois avant d’enfourcher son engin tranquillement et se laisser rattraper… Encore aujourd’hui, en juillet, toute la France vit au rythme du Tour. La télévision a apporté une autre dimension à l’épreuve : ce sont les images du pays vu d’en haut prises par les hélicoptères qui suivent la course. Paysages variés, France profonde des cultures et des champs, reliefs et bords de mer, villes et monuments : quel plaisir pour les yeux ! Tel un documentaire, entrecoupé de séquences visant à mieux découvrir chaque région, l’alternance des images entre le déroulé de la course et les vues depuis le ciel, transforme l’émission en un scénario plein de magnificence, riche en émotions. Et comme chaque année le parcours est différent, le plaisir est renouvelé. Les plus belles étapes sont incontestablement  celles de montagne. On peut y apercevoir tel personnages haut en couleur, affalé  dans son pliant, branché sur la pompe à bière comme un insuffisant rénal à sa dialyse, en train de crier des : « pédale fainéant !» grotesques aux coureurs suant sang et eau, debout sur leurs pédales.  Ou bien courant comme un dératé à côté de son héros, en short et torse nu, pour tenter de le rafraîchir et ce faisant n’arrive qu’à le gêner dans sa progression …  Au mois de juillet, l’après-midi, à défaut d’être au bord du chemin, « prière de ne pas déranger » : chaque Français suit l’étape du jour devant son écran, fasciné comme un mérou face à son premier Cousteau.

Le Tour c’est une « institution ».

C’est un moment typique aussi français que le brie de Meaux. Le  magnétisme qui opère provient probablement  de ce que ce sport exige un moral et une endurance à toute épreuve. Au-delà des histoires de dopage, l’effort fourni est admirable, les performances souvent incroyables. On monte  les cols plus vite qu’une « Mobylette ». Il faut un mental d’acier pour sillonner les routes de France tout un mois à une telle vitesse et enchaîner les étapes sans faiblir ! Les coureurs forcent l’admiration et suscitent l’empathie. Le  public ne peut être que sensible aux blessures, souffrances, faiblesses, déception, joie…  Etats comme sentiments se lisent sur les visages et c’est tout simplement sublime. C’est une aventure humaine qui se suit, épisode après épisode, comme un feuilleton, avec des sportifs auxquels on aime s’identifier. Le tour, c’est peut-être banal de le dire, fait rêver, et c’est sa force ! Tout le monde connait les maillots du classement : maillot jaune, maillot vert, maillot à pois. Nul doute qu’on aime et adule ces couleurs et les différents « prix » qui identifient les coureurs. Les maillots des équipes, très techniques aujourd’hui, sont le bonus qui apporte une note résolument moderne et gaie à la course et c’est un véritable arc-en-ciel qui se déplace sur les routes de France pour notre plus grand bonheur !

L’édition 2017 vient rallonger encore un peu plus une histoire gorgée de souvenirs – une histoire qui a débuté au XIXe siècle-, et qui n’a certainement pas fini de nous épater. Un sacré moment et pour beaucoup d’entre nous un « moment sacré » !

Pour le détail, voir  mon article du 4 juillet 2011, dans les archives.