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BIENVENUE CHEZ LES ZADISTES : « PROBLEMOS ! »

Affiche Problemos

Un peu de distraction,  tout en restant dans la politique.

Comme Notre-Dame-Des-Landes revient dans l’actualité, si vous voulez avoir  une petite idée  de  la manière  dont on vit dans une ZAD,  allez donc voir « Problemos ». Détente assurée !  Pour une fois qu’on peut rire de ces zozos, il  ne faut surtout pas se  priver.  Cette satire hilarante de la  faune zadiste démonte avec une ironie acérée le vide de la pensée altermondialiste et  son gauchisme pitoyable. 

Quand le monde réel n’est pas loin.

C’est une comédie d’Eric Judor (mais si, le « Eric » de Ramzy).  « Problemos ! » réinterprète à sa  manière l’utopie altermondialiste en forme de coup de pied dans la fourmilière  ce qui permet à l’auteur de passer en revue tous les poncifs qui ont dû agiter les cerveaux des « nuits debout » parisiens.  Nous allons donc découvrir une « zone à défendre »,  occupée pour la protéger contre un vague projet d’aménagement censé menacer ce joli coin de nature français, qui ressemble  à s’y méprendre à des paysages ardéchois. Le prétexte est simple : Jeanne et Victor (Célia  Rosich et Eric Judor), accompagnés de leur fille, un couple « normal » vient rendre visite à un ami. Celui-ci, ancien prof’ de yoga de Jeanne, s’avère être le maître à penser des lieux et de la « tribu » qui y vit. On assiste alors à une plongée de deux candides dans un monde dont ils ignorent tous les codes, et ils sont amenés à passer en revue tous les délires d’un milieu qui prétend vivre en autarcie économique, qui se révèle rapidement être surtout intellectuelle. Le ridicule ne tue pas, mais il nous fait bien rire, de la phobie de la technologie au droit prioritaire des animaux sur les humains, en passant par une incursion dans la « théorie du genre » qui nous produit ici un bel exemple de refus des « stéréotypes », jusqu’à l’absurde. Tout y passe évidemment  et on assiste à la démonstration subtile, comme sait le faire Eric Judor, merveilleux de naïveté, que le refus des normes habituelles aboutit à des stéréotypes inverses, assis sur un discours dont l’assurance verbeuse cache mal une vacuité aussi prodigieuse que comique.

Quand les slogans tiennent lieu de pensée.

Et rien ne nous est épargné, à commencer par la galerie des personnages, comme sortis d’une bande dessinée, croqués finement : de la catho en rupture, convertie au militantisme Femen, prête  à exhiber ses seins (très jolis) au moindre prétexte en uniforme ou pas, au gentil garçon qui cache en fait un ancien djihadiste, sans oublier la « facho de gauche » toujours  prête à soupçonner les autres de turpitudes cachées en se dédouanant des siennes sur le système capitaliste responsable (forcément) de tous les maux. Et j’en passe ! Vous,  par contre, vous passerez un joyeux moment de rhétorique ubuesque avec « l’enfant », je ne vous en dis pas plus. La comédie tourne un peu au vaudeville avec l’intrusion du monde extérieur qui rebat les cartes : une pandémie foudroyante les a épargnés. Forcément quand on mange les meilleurs carottes du monde… ! Vaste programme : nos zadistes se retrouvent seuls au monde et toute la société est à reconstruire. On sent le prétexte de l’auteur du film pour amener les personnages à leurs propres contradictions. Cette occasion rêvée de faire triompher leurs principes altermondialistes va-t-elle être saisie ?  On s’en doute, chassez le naturel, il revient au galop.

Une satire du gauchisme culturel.

Conscient sans doute du caractère détonant de cette satire du gauchisme qui évoque irrémédiablement ce que Finkielkraut avait appelé « le monde révolutionnaire sous cloche »,  Eric Judor a  cru bon de prendre quelques précautions. Il prend soin de préciser que « ce sont les  excès de ces idéologies que le film condamne, pas  les idéologies elles-mêmes »… il  n’en reste pas moins qu’il s’emploie tout au long de l’histoire qu’il raconte à nous montrer des personnages parfois attachants tellement ils sont ingénus, mais complètement plongés dans une utopie qui se révèle être une fumisterie invivable quand elle n’est pas dramatique. Un comique qui confine au sadisme joyeusement ridicule, quand, par un dernier clin d‘œil, c’est la culture américaine la plus caractéristique (je vous laisse découvrir) en matière de retour au monde sauvage qui fait une intrusion inattendue.

Vous avez dit « Problemos » ?  Si, « Problemos ! »

A voir absolument.

 


LES « NEWS » DE LA SEMAINE

Archibald en colère

 

Impossible d’y échapper, « news » ça fait plus « geek » que « nouvelles » ! 

Le tournant !

Un peu de « géopolitique ». Voilà qui est des  plus importants : la déclaration de Angela Merkel à Munich, après la visite de Trump : « Nous, les Européens, devons prendre notre sort en main » !  C’est un tournant majeur issu du dernier G7. Les États-Unis ont toujours été les alliés de l'Europe et la question ne se posait même pas. Mais l'Europe doit tourner cette page, nous dit Angela Merkel. Il faut évidemment maintenir l'amitié avec les États-Unis, comme avec la Grande-Bretagne, mais l'Europe doit maintenant compter sur elle-même et se renforcer. Elle compte beaucoup sur le rapprochement avec Emmanuel Macron pour un axe fort entre Berlin et Paris. C'est une conclusion brutale après ce qu’elle a considéré comme le double échec de la rencontre avec Trump, tant sur l'OTAN que sur le climat. Angela Merkel a un plan pour l'Europe : une Europe plus unie, plus forte, plus autonome. Ce sera l'objectif de son prochain mandat, si elle est réélue. Comme elle creuse à nouveau l'écart avec Schulz, entre 12 et 15 points d'écart selon les sondages, apparemment les Allemands en redemande ! Un sacré tournant se  prépare donc pour l’Europe. D’autant plus qu’au Royaume Uni, le travailliste Corbyn remonte lentement mais sûrement dans les sondages. Le parti de Theresa May n'a plus qu'une avance de 6 à 8 points dans les sondages. L’avenir va être passionnant.

La France, en mode  « Macron ».

Les médias ont passé leur temps à alimenter la Macronmania en décortiquant la poignée de main avec Trump pendant des heures, ou en analysant l'effet du charme de Macron sur les autres leaders du G7. Les « yeux bleus » ont-ils changé quoi que ce soit au destin du monde ? Non, à l’évidence.  Il n’a pas convaincu Trump de signer l’accord de Paris, ni de ne pas se désengager de l’OTAN. Je parie qu'on va passer des heures à analyser la poignée de mains ou l'échange de regards entre Macron et Poutine aujourd'hui à Versailles ! Enfin, un changement que personne n’a évoqué,  il est  pourtant majeur : grâce à notre nouveau président, le week-end de l'Ascension a été « tropical » ; avec Hollande c'était la pluie, avec Macron c'est la canicule ! Le nouveau climat politique, c’est peut-être ce qui a conduit la SNCF à changer de politique marketing. Elle a abandonné la marque mythique, un des symboles de la réussite française, "TGV" pour un « InOui » qui fait plus « djeun' » et plus « cool ». Voyages-sncf.com devient « Oui.sncf ». Tout cela vient rejoindre les cars Ouicar, les bus Ouibus et les trains Ouigo. En gros, la SNCF a décidé de décliner le mot « Oui »... C’est donc que  Oui-Oui prend le train ! Comme il faut dire « « oui-oui » à  Macron le 11 juin … Je me demande combien de temps va durer cette hystérie collective.

Projections.

Les sondages se suivent et se ressemblent. Ou plutôt, ils augmentent. Selon un dernier sondage de Légitrack OpinionWay-Orpi, "En marche !" devrait obtenir entre 310 et 330 sièges avec ses 535 circonscriptions. C’est-à-dire largement la majorité absolue. Macron pourrait même ne pas avoir besoin d'allié UDI ou Républicain, ce qui serait plutôt une bonne nouvelle si l’union de la droite  et  du centre devait être dans l’opposition. Cette position sera plus facile à gérer en interne qu’une situation instable qui pousserait les uns ou les autres  à « faire l’appoint », toujours facteur de trahisons et de divisions.  Mais attention, les sondages donnent la tendance nationale. Ensuite ce sont 577 batailles qui peuvent produire leur lot de surprises à la faveur du nombre incroyable de candidats et au second tour de triangulaires ou quadrangulaires … ou pas, si le taux d’abstention est de plus de 40% comme en 2012.

Pétrole pas  cher.

L'Organisation des pays exportateurs de pétrole a décidé de prolonger de neuf mois, jusqu'à fin mars 2018, l'accord de réduction de la production de pétrole entré en vigueur le 1er janvier. C’est la conséquence des incroyables progrès technologiques réalisés par les Américains qui leur permettent de résister avec leur pétrole de schistes. La réaction des marchés ne s'est pas fait attendre, le pétrole a décroché après la confirmation de l'accord, sous le coup de prises de bénéfices après une hausse de 13%. Wall Street a inscrit jeudi sa sixième séance de hausse d'affilée, alors que le marché parisien fait du surplace. Le Nasdaq a inscrit un nouveau record historique à 6205,26 points. Le Brent a lâché 4,70% après la confirmation de l'accord de réduction de production de pétrole.

Ferrand ferré ...

Ou l'histoire de l'arroseur arrosé. Eternel en politique ! Comme le dit Baroin, il va avoir du mal à tenir, d'autant plus que chaque jour apporte son lot de révélations ! Après Bayrou le Garde des Sceaux (sots ?) mis en examen, ça fait tache pour la fameuse loi tarte-à-la-crème sur la  "moralisation"  ...

Le SCO n'a pas eu de  bol !

Le  SCO n'a pas eu la coupe. Dommage, il l'aurait méritée. Bravo à l'équipe, à Stéphane Moulin et aux supporters pour ce "moment" !

 

 


MELUCHE EN EMBUSCADE

Mélenchon Marseille

 

Un « capital »  qui peut fructifier.

Parler de « capital » au sujet de Jean-Luc  Mélenchon, c’est à prendre avec humour.  Il  s’agit des 19% de suffrages exprimés en sa faveur au 1er tour de la présidentielle. Tout se passe comme si  rien n’était arrivé : sont-ils passés à  la trappe ? Je ne le  pense  pas,  pas  plus que ceux de Marine Le Pen, bien que ces derniers se soient un peu érodés avec la défaite. Jean-Luc Mélenchon a  très bien compris qu’il pourrait tirer les marrons du feu à  la fois de la débandade du PS avec la  course pour prendre le train « En Marche », et des efforts de débauchage à droite du clan macroniste. La négociation engagée dès cette semaine avec les syndicats pour réformer le code du travail est de nature à apporter du grain à moudre supplémentaire à la machine électorale du leader des « Insoumis ». On imagine nombre d’électeurs sincèrement de gauche être dégoûtés par le jeu d’une Marisol Touraine et se reporter sur un vote contestataire ; de même que les traditionnels trotskistes des extrêmes pourraient abandonner  pour une fois leur vote de témoignage pour une attitude plus utile en se portant sur les candidats de Mélenchon. Dans cette séquence élective complètement folle, ce serait une amère surprise pour Emmanuel Macron d’avoir à compter avec une majorité insoumise que le Jean-Luc appelle de ses vœux. Vous avez dit impossible ?

La droite commence à sortir de la confusion.

La confusion est savamment entretenue par les médias qui montent en épingle tout ce qui peut apporter de l’eau au moulin de la droitisation de l’exécutif. On voit poindre quand même la clarté avec les efforts de l’aile dite  modérée d’Alain Juppé pour soutenir les candidats de l’Union. Le discours s’est lui aussi clarifié et la position décrite par Jean-Pierre Raffarin, en parallèle de la ligne Baroin, est tout-à-fait tenable et crédible. Le plus gros risque que l’Union LR-UDI court,  c’est la démobilisation de son électorat face aux comportements des « transfuges ». Quand j’entends Bruno Le Maire dire « je n’ai jamais été aussi heureux », je sais maintenant pourquoi je n’avais pas envie de voter pour lui à la primaire de la droite. Lui qui se dit gaulliste, a perdu sa vertu en route. De Gaulle lui aurait dit : « Sans moi, vous n’êtes rien ! ». On connait  la réponse : « Sans vous je serais Ministre ». J’en conclus qu’il n’est plus gaulliste. Malgré les efforts déployés pour nous faire croire le contraire, le  « débauchage » des personnalités a été très  limité et on peut raisonnablement penser qu’il en sera de même des électeurs. L’union de la droite et du centre ne doit pas relâcher ses efforts sur deux axes de campagne : ouverture et différenciation. Mais elle ne doit pas non plus ignorer le péril  Mélenchon-Le Pen, au risque d’avoir un réveil qui déchante. Il faut plus que jamais aller voter.

A jouer sur deux tableaux, on ne gagne pas à tous les coups.

Emmanuel Macron à vouloir trop gagner, risque de perdre des plumes. On sait que la grande    majorité de ses candidats et beaucoup de ses conseillers ont une sensibilité nettement à gauche. Le ni de droite-ni de gauche n’est qu’un leurre. Cependant, personne ne nous dit comment tous ces gens vivent l’ouverture à droite surmédiatisée et réitérée. L’euphorie de la victoire galvanise ses  « marcheurs » mais les investitures ont laissé des convaincus de la première heure sur le bord  du chemin au profit de candidatures moins pures. De plus le label « majorité présidentielle », n’appartenant à personne, est repris par un grand nombre de sortants du PS refoulés par le tandem Ferrand-Delevoye. Rien que sur ma circonscription, on compte trois candidats qui s’en revendiquent : comment les électeurs vont-ils s’y retrouver ? Ce  joyeux bric-à-brac peut réserver à l’arrivée bien des surprises dans des seconds tours à trois voire quatre. Sans parler de l’élimination, car réunir au moins 12,5%  des inscrits pour rester en course, si l’abstention est un peu  élevée, c’est souvent mission impossible en étant à plusieurs sur le même morceau. Entre le triomphe de  la  REM, le score possible qui permettrait à l’Union de la droite et du centre de sauver les  meubles et une percée inattendue de Mélenchon, le soir du premier tour nous délivrera la tendance. Le  moins qu’on puisse dire c’est que rien n’est joué. Pour l’instant !

 


UN CHEMIN DANS LE BROUILLARD

Francois-Baroin-législatives

 

Le rideau de fumée.

Les ralliements de Philippe et de Darmanin à Macron, suivis  de quelques nominations de techniciens plutôt de droite à des postes en vue ne doivent pas faire illusion. C’est un rideau de fumée tendu par le nouvel  exécutif pour cacher aux électeurs de la droite et du centre la réalité d’En Marche, à savoir  que le  nouveau parti, ce sont les habits neufs du parti socialiste, comme en témoigne le mutisme de tous ceux qui en viennent et qui y sont « recyclés » et le ralliement enthousiaste de la plus idéologue des  ministres sortants, Marisole Touraine qui n’ayant pas obtenu le label jupitérien se proclame quand même de sa majorité. Sur les quelques 500  investitures délivrées par la REM, près de 60% sont identifiés clairement comme  venant de gauche et un grand nombre issues de la société civile, plus difficilement identifiables, en viennent aussi. Quelques 20%  sont classés de droite  ou du centre : le compte n’y est  pas  pour ceux qui pouvaient croire  au mythe d’une parité ni gauche-ni droite. Il y a là quelque chose de malsain. On ne berne pas tout le monde impunément : à un moment où un autre la supercherie éclatera au grand jour. En attendant, les sondages en témoignent, la machine à embrouiller fonctionne plutôt bien en faveur du nouveau Président. Les Français vont-ils lui donner la majorité absolue le 18 juin ? La  menace du 1er Ministre, si ça n’était pas le cas, de retomber dans les arrangements de la 4ème République est un argument qu’on peut lui retourner. En effet, que vient-il de faire,  sinon tourner le dos aux candidats qu’il a contribué à investir et avec qui, « avant-hier » encore il se faisait prendre en photo, pour soutenir maintenant leurs adversaires d’En Marche qui sont pour beaucoup ceux qu’il a combattus. Il faut une sacrée dose de cynisme pour agir comme ça ! Notre devoir est de redoubler d’efforts  pour ouvrir les yeux de nos électeurs et dénoncer cette mystification. Peut-on faire  confiance à un Premier  Ministre tenu en laisse ! On sait bien que la réalité du pouvoir sera  concentrée  à … l’Elysée !

Et pourtant c’est clair. 

Dans ma circonscription, j’ai le choix entre une candidate LR, jeune, incarnation du renouvellement du parti,  moderne, à  l’esprit ouvert, proche de Xavier Bertrand, et deux candidats de gauche : le socialiste sortant qui se proclame « majorité présidentielle » et a fait disparaître logo et appartenance PS, et le gaucho vert recyclé par la « République en Marche ».  Le doute n’est  pas possible à  moins d’être naïf ou aveugle ! Nos électeurs feraient bien d’y regarder à deux fois avant de tomber dans le piège « philippien ». Il ne s’agit pas de chicaneries partisanes, il s’agit de l’avenir de la France. Mais le match est inégal, tant les médias font campagne pour Macron. La droite  est systématiquement présentée  comme le vilain petit canard qui ne veut pas entendre raison. Il n’est pas perdu d’avance  pour autant. S’il est difficile de s’embarquer dans une opposition systématique face à la tactique du « pragmatisme diviseur », pour la droite, la ligne de crête sera étroite jusqu’au 18 juin. Néanmoins, avec un programme qui fait la  synthèse des propositions de ses candidats, son électorat peut se ressouder. Car les différences avec le programme présidentiel ne sont pas anodines. Elles portent aussi bien sur le fond que sur les propositions. Le macronisme, s’il existe, est fondé sur la  confusion des idées et des valeurs. L’union de la droite  et du centre y oppose  des choix clairs en matière d’autorité de l’Etat, de lutte contre le terrorisme et la délinquance, de lutte contre   les communautarismes, de laïcité, de liberté d’entreprendre, d’égalité notamment devant l’impôt. Nous divergeons d’En Marche sur l’esprit de responsabilité, sur le rôle de l’Etat dont le pouvoir est considérablement renforcé en tant que grand distributeur des richesses en affaiblissant les collectivités territoriales. Avec une Majorité En Marche,  les charges de  la France seront assumées par un  Français sur cinq ! Le  Président de  la République n’est pas à la recherche d’une coalition, il veut une majorité absolue pour les siens. Et c’est la mission du Premier Ministre. Alors faites comme   moi : je ne voterai pas pour les candidats de Macron,  parce que je refuse de payer l’augmentation de la CSG dont seuls ceux qui paient des cotisations sociales verront la contrepartie, parce que je suis contre la  suppression de la taxe  d’habitation pour 80% des Français qui conduira à l’augmentation des impôts locaux pour la fraction restant assujettie, parce que je refuse la réforme de l’ISF qui conduit à un alourdissement des  impôts sur l’immobilier pour ceux qui ont un patrimoine  même petit, parce que je suis contre la nationalisation de  l’assurance chômage …  Cela fait déjà beaucoup de motifs.

Majorité républicaine et nationale.

Il n’y  a qu’un moyen de sortir de la confusion, c’est d’offrir au président une vraie  majorité républicaine et nationale, avec un  premier Ministre responsable  d’abord  devant le parlement et qui conduira la politique du gouvernement comme le prévoit la constitution.  Les Républicains jugent leur victoire plausible aux législatives. Ils disposent de deux atouts majeurs : 60% au moins de leurs candidats sont des personnalités inédites, ce qui est un gage de renouvellement, et leurs postulants sont bien implantés dans leur territoire, ce qui est un gage de permanence. Que la politique veuille se parer d’habits neufs est assurément une bonne chose. La droite  montre qu’elle sait le faire aussi. C’est en cela que la politique est grande. Bien sûr, les ministres, qui avaient pour habitude de fêter leur entrée en fonction par de grandes déclarations d'intention, se taisent pour l'instant ou ne parlent que pour rassurer. Jean-Michel Blanquer (Education) se présente comme le ministre « des solutions de terrain ». Pas de grande loi qui portera son nom, « nous regarderons avec lucidité ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas », dit-il dans « Le Monde ». Gérald Darmanin (Budget) affirme qu' « il sera le ministre de la suppression de la taxe d'habitation et de la suspension de l'impôt à la source » (« La Voix du Nord »). A propos de la baisse de 120.000 postes de fonctionnaires avancée dans la campagne, Le Premier ministre tempère « le président m'a dit que le sujet n'est pas de supprimer des postes pour supprimer des postes » Et sur la CSG, « je sais combien le président est attentif aux inquiétudes formulées par les Français ». Sur l'aéroport Notre-Dame-des-Landes, Nicolas Hulot est plus que prudent. Pour résumer : « Je dis à tous, n'ayez pas peur » (« JDD »).  Tu parles. C’est bien « l’immobilisme scintillant »  pour attirer le chaland. La  France  a  besoin d’un peu plus de courage ! Le  chemin est escarpé mais  il peut déboucher sur la lumière quand le brouillard se dissipe.

 

 


LE BAZAR MACRONIEN

Gouvernement_macron_philippe

 

Le Gouvernement.

On peut dire, à première vue, que c’est un joli coup politique. Il faudrait être aveugle  pour ne pas s’en rendre compte.  D’ailleurs les Français sont contents.  Macron a respecté ses engagements en matière de parité et d'entrée de personnalités de la société civile, les seniors qui avaient pris un coup de vieux avec l'âge du capitaine ont repris espoir avec la  présence de Collomb, de Bayrou et de Sarnez qui à 62 ans obtient son premier maroquin. Mais ce gouvernement a un petit air de déjà vu sous Sarko avec les Besson, Kouchner et autre Fadela Amara ;  et même  avec Laura Flessel on ne peut s’empêcher de penser que c'est David Douillet version 2017. Surtout, il y a l'incontournable Nicolas Hulot  et son gros succès médiatique assuré tant les commentateurs sont ébaubis ;  par contre mettre Le Maire à l'économie, c'est soit tactiquement très brillant soit une erreur totale.  Le tandem Le  Maire –Darmanin aux finances et comptes publics, c’est coller aux otages de droite le sale boulot. Mais  bon,  c’est  leur problème… Enfin, avec Bayrou à la justice muni de son goupillon on va  bien rigoler. On aura le premier verdict sur ce gouvernement avec les législatives.

Bric à brac, bazar oriental ou addition des talents ?

Il y en a pour tous les goûts : c'est  fait pour ça ! Autant de femmes que d’hommes, des personnalités venues de la droite (trois seulement en comptant le Premier ministre), de la gauche et du centre, des technocrates venus de la vie civile, le président de la République a réussi à tenir toutes ses promesses relatives à son mode de gouvernance. De son côté la droite constate avec plaisir que le  cas Philippe ne lui a pas pris davantage de membres chez LR, le MoDem est récompensé bien au-delà de ce qu’il ne cessait d’exiger :  les méchantes langues diront que le parti est au complet dans le gouvernement ; François Bayrou est ressuscité. Les hommes et femmes qui ont accompagné Emmanuel Macron depuis le début de son aventure sont aussi gratifiés  : Gérard Collomb, maire de Lyon, est nommé à l’Intérieur, et Richard Ferrand, d’origine socialiste, mais combattant « d’En Marche ! »  dès le  début, hérite de la « Cohésion des territoires », c’est-à-dire des collectivités territoriales. Tous les deux auront fort à faire. Quant à Jean-Yves Le Drian, valeur sûre du hollandisme, il passe aux Affaires étrangères, avec une mission précise : accroître l’engagement européen de la France. Mais dans le  « bazar » macronien, tous les articles ne sont pas encore en magasin : le logement, la ville, la famille, la jeunesse, sont « rattachés » mais n’ont pas de titulaires.  Les autres  ministres sont des « techniciens »  souvent réputés  dans leur domaine. Même si ce n’est  pas le gage d’une réussite obligatoire, leur nomination offre peu d’angles d’attaques, ils ont au moins le prérequis de la  compétence. Reste à savoir si des différences entre les membres de l’équipe gouvernementale naîtra à coup sûr une harmonie : ça n’est pas gagné d’avance car une variété d’intelligences peut se révéler aussi bien salutaire qu’autodestructrice. L’enjeu n’est pas mince.

La recomposition, c’est aux Français d’en décider.

La  coalition LR-UDI est bien obligée de tenir compte de l’effet de souffle  du « dynamitage » que constitue un gouvernement qui penche volontiers à droite. Sa  stratégie doit en tenir compte. Il est logique que Les Républicains se défendent contre un changement qui menace ses effectifs, ses idées et ses projets, même si les « prises » sont finalement très limitées. Cependant, ils ne peuvent pas ignorer que, au-delà de ce qui fait leur spécificité, il existe une attente populaire, un espoir national, une recherche d’efficacité que Macron semble pour l’instant satisfaire en partie. Pourtant, ils ont raison de faire campagne sur le caractère provisoire du nouveau gouvernement puisque dans quatre semaines  tout  peut être remis en cause. On  peut, en effet, contester l’objectif principal qui va occuper le Premier Ministre dans cette courte période, à savoir d'aller soutenir les candidats qu'il ne connaît pas, qu'il n'a pas choisis, plutôt venus de la gauche, et pour défendre un projet qu'il a combattu. En même temps il serait judicieux de ne pas aller contre l’envie majoritaire des Français : « Nous n'allons pas nous confronter au président de la République, il a des missions fortes et nous savons discuter. Tout Français sincère souhaite la réussite de la France» a dit François Baroin. La  sagesse commande en effet de proposer à nos électeurs le projet qui est le nôtre, en démontrant qu’il est compatible avec celui du Président, et serait plus efficace pour notre pays. Tout comme pour la  recomposition : c’est à eux d’en décider ! « Lorsque la représentation nationale aura été formée, on regardera s'il y a une majorité absolue ou relative  pour  l’exécutif. Si c'est une majorité relative, on se mettra autour de la table. » Cela veut dire que Les Républicains sont prêts à faire des compromis si nécessaire. Ceux qui voulaient saisir la  main tendue du chef de l’Etat proposent quoi d’autre de plus, maintenant que le gouvernement est constitué. Vont-ils soutenir d’autres candidats  que ceux de leur famille ?

Car maintenant que nous avons un gouvernement, celui-ci doit mesurer avec précision l’ampleur des tâches qu’il lui faut accomplir. Une équipe savamment dosée ne donne pas un emploi à un chômeur ; les injustices et inégalités qui ont provoqué la colère populaire et favorisé les extrêmes dans les urnes ne vont pas disparaître du jour au lendemain. De tout cela nous sommes collectivement concernés. Oublier que  les  « insoumis » et  le FN sont en embuscade serait commettre évidemment une grave bévue. Le Président fait le pari que son mouvement est devenu une machine capable de gagner une majorité des circonscriptions en puisant dans l’électorat centriste et de la droite. Ce faisant il remobilise la gauche. L’Union de la droite et du centre, fait le pari inverse, que son électorat peut revenir à ses candidats quand ceux de la REM auront un profil discordant, comme c’est souvent le cas. Réponse les 11 et 18 juin !

 


UNION ET CONFUSION

Drapeau français

 

Trop c’est trop.

 « Christophe Béchu signe avec une vingtaine d'élus un appel à prendre de la hauteur et à répondre à la main tendue par Macron. La droite progressiste et humaniste locale veut peser sur le prochain scrutin mais sans pour autant vouloir prendre sa revanche. La politique 2.0 est en train de prendre un sacré coup de jeune, #Angers en fait partie et cela fait sacrément du bien !! Les calculs personnels, les egos démesurés, les alliances avec des conservateurs trop radicaux nous ont fait perdre l'élection présidentielle ....portons nos valeurs de droite et faisons avancer la France ! »

On n’est jamais si bien servi que par soi-même. Ce texte qui émane de la page « facebook AJ49 », ne peut  provenir que de proches du maire d’Angers. Quand on sait la part négligeable que l’intéressé a pris dans la campagne présidentielle, soutenant notre candidat comme la corde soutient le pendu, il n’était pas utile en plus de stigmatiser ceux qui se sont comportés loyalement ? Comme beaucoup de nos amis qui se sont activés pour François Fillon, et parce que je ne me reconnais pas dans ces odieux « conservateurs trop radicaux », je suis indigné par ce genre de discours. J’ai envie de renvoyer l’intéressé à sa propre démarche en ce qui concerne les « calculs personnels et l’ego démesuré », au vu de ce que la presse locale a récemment rapporté. Quant « aux alliances avec les conservateurs trop radicaux », c’est un discours manichéen et caricatural qui traduit une approche de la défaite bien simpliste que je  me refuse à partager. Je constate simplement que la « droite progressiste* et humaniste » qu’il prétend représenter manque singulièrement d’humilité et manifeste un sectarisme inquiétant pour l’avenir. Quand l’heure devrait être au rassemblement, c’est pour le moins malvenu. De plus, ce texte engage Alain Juppé  dont je serais étonné qu’il cautionne de tels propos. Et ce n’est pas en accablant de son mépris ceux qui ont voté Fillon qui représentent pour le moins la moitié de son corps électoral que le Maire d’Angers pourra conserver sa mairie.

*Progressiste : personnellement je réserve ce terme à la gauche car c’est la seconde appellation du socialisme, qui n’a rien à voir avec la droite sauf quand elle est extrême.

Soyons clairs !

On a le droit de suspecter  la sincérité de la fameuse « main tendue » d’un Président qui rêve, comme il se doit, d’une majorité  législative docile. Il ne pourra l’avoir qu’en cassant la « droite ». Ce n’est pas l’intérêt de la  France. Si on peut respecter le choix de ceux qui veulent la saisir,  ceux-ci n’ont pas  à jeter l’anathème sur les autres, les plus nombreux, qui y voient un piège. Je suis de ceux qui contestent le choix d’Edouard Philippe et des autres Républicains qui l’ont suivi en acceptant un  poste dans le gouvernement. Ils commettent une faute  politique. Le Premier Ministre, comme  le veut la tradition, est le chef de  la majorité  présidentielle : il a donc accepté de prendre en charge  les  candidats qui s’en réclament ce qui l’oblige inexorablement à tourner le dos à ceux de « la  majorité pour la France » qu’il soutenait encore la  semaine dernière et en même temps aux  valeurs et au projet qu’ils portent. De fait, il renie tous ses engagements précédents, au sein de l’UMP puis des Républicains, auprès d’Alain Juppé qui, on le sait, lui a déconseillé « d’y aller ». Ils font aussi une faute de tempo : les Français n’ont pas encore choisi la ligne politique qu’ils veulent voir appliquer pour les cinq prochaines années, et c’est l’enjeu des élections législatives. La constitution d’une union transpartisane qu’ils appellent de  leurs vœux avec le président de la République ne peut qu’être la conséquence du choix des Français aux législatives et non le préalable. C’est pourquoi leur choix jette la confusion. Il sera temps le  moment venu, au  matin du 19 juin d’en décider. Mais on a le droit de penser aussi que l’intérêt de la France c’est de proposer aux Français d’aller plus loin que le projet du  Président de la République en matière de réformes  et de redressement du pays : on ne sortira pas de la situation de crise dans laquelle se trouve la France sans mesures fortes, claires et audacieuses. L’enjeu des  législatives des 11 et 18 juin  c’est justement de  permettre aux Français d’en décider. Dans  la  clarté !

L’union n’est pas la confusion.

Il faut respecter le processus démocratique jusqu’au bout. Les familles politiques de la droite et du centre doivent à l’occasion de ces élections législatives, proposer à leurs électeurs d’utiliser leur droit à choisir un projet politique.  L'injonction morale que cachent la « main tendue » et les « ralliements » ne doit pas les émouvoir. On voudrait leur imposer de donner au Président une majorité qu’il ne peut obtenir par lui-même, sans contrepartie, en faisant fi de la consultation démocratique ! Nous devons souhaiter la réussite de la France, donc celle du gouvernement. Mais la réussite sera d’autant mieux assurée qu’on aura une majorité claire à l’Assemblée Nationale, qui marque véritablement l’alternance, et qui défendra les idées de la droite et du centre pour lesquelles nous nous sommes battus depuis des années. Il sera alors venu le moment, si besoin est, et si le Président est vraiment sincère, de réaliser l’Union nationale. De même que Le Modem ne s’est pas fondu dans le parti présidentiel, il  importe que l’union de la droite et du centre continue de s’affirmer comme une force politique d’alternance, en rassemblant toutes les sensibilités qui la composent. Les signataires de « l’appel » y ont toute leur place et leur devoir est de soutenir, en priorité, les 577 candidats « majorité pour la France » qu’ils ont contribué à faire investir. L’heure est plus que jamais au rassemblement, en commençant par le réaliser au sein de sa famille politique.

 


LA FACTURE !

Départ Elysée bis
 

 

Je ne digère pas les comportements de certains, je préfère parler d’autre chose. Il vaut mieux laisser refroidir pour parler sans passion des « ralliements ».

La  bonne nouvelle c’est quand même qu’on ne verra plus le pingouin nous faire honte à chaque sortie par son accoutrement ou un quolibet  mal venu. Mais il a  laissé une ardoise qu’il va bien falloir assumer.

Petit rappel  pour mémoire.

L’échec de François Hollande est sans appel en termes  de croissance, de compétitivité  et d’emploi. La France, coupée de la relance  par le choc fiscal de 2012 ne profite pas vraiment de l’amélioration de  la situation économique tant dans le monde (3,5%) qu’en Europe (1,7%) où se poursuit une reprise  lente  mais solide. Notre pays a été relégué à la 28ème  position mondiale en terme de PIB par habitant et 63% de la population a vu ses revenus baisser ou stagner. Le  sortant laisse à son successeur une sacrée facture de  plusieurs milliards d’euros.  Ainsi de nombreuses décisions votées à l’automne dernier ne prendront effet que dans un an, c’est le cas du relèvement du taux du crédit d’impôt compétitivité  qui coûtera un milliard d’euros, de la  décision de dégeler le  point d’indice des fonctionnaires, des primes  pour les  enseignants… sans parler des crédits débloqués pour résoudre  la crise en Guyane. Le déficit public est encore à 3,4%, et il sera encore au moins à 2,8% à la fin de cette année, selon le  plan gouvernemental mais plus vraisemblablement autour de 3,2- 3,3% en réalité. La dette a continué de progresser pour atteindre 2 400 milliards d’euros.  Presque 100% du PIB. La courbe des finances publiques n’a été tenue qu’au prix de deux négociations successives avec nos partenaires européens qui ont autorisé la  France à déroger au calendrier sur lequel elle s’était initialement engagée. On se rappellera que le  pingouin s’était engagé à ramener les finances publiques à  l’équilibre à la fin de son mandat : on en est bien loin, il s’en faut de quelques 90 milliards d’euros. Mais à part ça, il  parait qu’il a rendu la maison « en ordre » !

Le casse-tête pour ToutenMacron.

Après moi le déluge ! Le nouveau président devra faire  avec un tel bilan et en plus une surestimation des recettes, des dépenses non prises en compte, des  sous-budgétisations récurrentes. La croissance ne sera que de 1,5% cette année, prévision très optimiste de Sapin-les-bas-roses. Le taux des prélèvements obligatoires est scotché à 44,3%, malgré les milliards d’euros de baisse d’impôts votés. Et évidemment le chômage est à 10% à la  fin 2016, et il devrait peu baisser cette année   malgré l’amélioration de  la  conjoncture. Comment le nouveau venu va-t-il s’y prendre pour faire  passer les déficits sous la barre des 3% du PIB, et y rester, alors « qu’en même temps » il devra réaliser des baisses de prélèvement pour les particuliers comme pour les entreprises, et atteindre 60 milliards d’économies à l’horizon 2022. Prudent, il a décidé de repousser l’ajustement budgétaire traditionnel dé début de quinquennat de juillet à … plus tard. Il n’échappera pourtant pas à la nécessité de réduire les dépenses de l’Etat de 1,5 milliards d’euros pour rester dans les clous cette année, comme son prédécesseur s’y est engagé. A lui, par contre, de choisir les  ministères qui seront  mis à la diète. Et puis l’attendent tous les arbitrages liés au financement de ses (trop) nombreuses  promesses de  campagne : exonération de la taxe d’habitation sur trois ans, baisse de l’impôt sur les sociétés, suppression partielle de l’ISF… Il devra s’atteler à la transformation du CICE en baisse de charges pérenne et à la suppression des cotisations d’assurance-maladie et chômage des salariés,  mesure centrale dans son  programme en faveur du pouvoir d’achat. La hausse décriée de la CSG (près de 20 milliards d’euros attendus) devrait figurer aussi au budget de la « sécu ». Et il faudra encore trouver  les  moyens pour mettre en place le plan d’investissements de 50 milliards et amorcer le  plan de suppressions de postes  de fonctionnaires, 120 000 prévus qui devront  forcément être augmentés depuis que les économies à réaliser ont été portées à 75 milliards en cours de campagne. Dans ces conditions, on ne sera pas étonné que Bruxelles mette la  pression sur la France,  lanterne rouge de la zone euro. Quand on sait que le déficit extérieur français a doublé en 2016, à 16 milliards d’euros !!! C’est dire si Emmanuel Macron n’a aucune marge de manoeuvre. 

Comme dit l’autre, il a fait rêver les Français avec sa campagne christique à paillettes, dans le déni le plus complet. La réalité va rapidement se rappeler à son bon souvenir !  Et le rêve de s’évanouir !  Ah mais non, suis-je bête ! Les  Français ont élu un Messie.  On saura rapidement s’il peut multiplier les euros comme Jésus les petits pains.

 

 


FOUTAISES !

Archibald en colère

 

Les médias nous gavent avec la « nouveauté » des candidats de la REM (République En Marche) et la  recomposition du paysage politique que l’élection d’Emmanuel Macron a provoquée.  Ce n’est qu’un verre à moitié plein et on voudrait nous faire voir que la  moitié remplie.  La nouveauté,  c’est que  les candidats investis ne seraient « ni de droite, ni de gauche » : une foutaise  de  plus.  Le régime sans sexe  en  politique, ça n’existe  pas.  Quand on dit ça, c’est qu’on est de gauche, comme Macron, et ça n’est pas nouveau. En vérité, c’est que le parti qu’il a créé prend la place purement et  simplement du parti socialiste, que le mandat d’Hollande a fait complètement exploser et dont il recycle un certain nombre de caciques. Il y a bien des nouvelles frontières qui se sont définies à gauche, grâce au talent de Mélenchon qui a su prospérer sur  la  sanction qu’il souhaitait apporter au bilan du président sortant. En effet, et c’est inattendu, la sanction la plus violente n’est pas venue de la droite, mais de la gauche de la gauche. La France n’est pas hémiplégique pour autant.  La droite est bel et bien là et encore debout. L’alliance avec l’UDI tient toujours et les clivages internes ne sont pas suffisamment importants pour provoquer une implosion.  Les réactions d’Alain Juppé et de Xavier Bertrand aux tentatives de  « débauchage » en disent suffisamment long. La  droite et le centre  comptent toujours entre 20 et 30% d’électeurs qui sont restés très mobilisés. Aussi toute collaboration prématurée avec le nouveau Président qui aimerait bâtir son pouvoir sur les décombres d’un  monde qu’il voudrait ancien, serait suicidaire de la  part de l’Union de la droite et du centre, ce qu’elle a bien compris. Même un défaitiste comme Bruno Le Maire parle d’attendre le 18 juin pour se rallier… Une drôle de date pour une telle décision !

L’union nationale.

Les  manœuvres d’Emmanuel Macron et de son entourage pour provoquer des désertions sont malvenues. C’est  là  qu’on voit qu’il est un béotien.  Son intérêt évident est de passer un pacte avec les Républicains s’il veut réussir son quinquennat. Aussi ne devrait-il pas chercher à affaiblir la coalition de la droite et du centre avant les élections législatives.  Car c’est à la suite de celles-ci qu’un pacte de « législature » pourrait être scellé, aussi bien dans le cas où le parti de François Baroin serait majoritaire que dans celui où il constituerait une force d’appoint sur un catalogue de réformes. D’ailleurs autant par tradition que par réalisme, la  droite LR et l’UDI sont enclins à avoir une attitude constructive vis-à-vis d’un Président dont le projet n’est pas  radicalement opposé au leur. Car les deux forces disposant du capital politique nécessaire pour gouverner le  pays sont « En Marche » et les Républicains. Voilà la réalité  du paysage politique après la  présidentielle. Mais  le  préalable  à tout accord entre ces deux forces n’a pas été levé, à savoir la volonté du nouveau président de réaliser une vraie alternance et il n’y a que le résultat des élections législatives qui puisse l’y obliger.  Et, de son côté la droite s’interdirait un jour d’être un recours si elle rallie « En Marche » en piétinant ses propres électeurs. Ce serait une manière d’abdiquer, en laissant des  millions d’électeurs orphelins à la disposition du Front National… Il est d’ailleurs possible que ce soit le souhait d’Emmanuel Macron de reproduire un schéma qui lui a garanti une élection confortable. C’est cette logique qui devrait le conduire à désigner un Premier Ministre de droite, pour continuer à  tenter une déstabilisation.

Les Munichois de la droite.

Ceux qui accepteront cette manipulation ne pourront être que des seconds couteaux sans envergure qui seront aussitôt qualifiés de « traitre ». La nomination d’Edouard Philippe en est l’illustration : avec un Président néophyte, nous voilà  dotés d’un Premier Ministre sans aucune expérience ministérieIle. Deux apprentis à la tête de l’exécutif ! Il n’y aura que les gogos pour se laisser prendre à ce genre « d’ouverture ». Christophe Béchu aurait dû écrire : « Les petites ambitions personnelles sont plus grandes que les divergences avec Macron ».  Quelques autres répondront sûrement à la sollicitation du Premier Ministre pour rejoindre le gouvernement. En acceptant d’y figurer, ils seront tombés dans le  piège qui était tendu car ils en seront devenus des otages qui doivent servir à affaiblir le score de la droite et du centre : c’est donc bien une trahison ! Et ce comportement est inacceptable  à la veille d’une consultation qui engage l’avenir du pays.  Ce n’est pas sectarisme que de les exclure, c’est mesure de salubrité politique ! Ils auront droit dorénavant à notre mépris. J’attends d’Alain Juppé, dont je sais l’attachement à notre famille  politique, qu’il a fondée en 2002, qu’il condamne fermement les quelques désertions qui concernent en premier ses proches.  Car la confusion, c’est ce qui mène au pire en démocratie !

Le mirage de la « société civile ».

La nouveauté des soi-disant candidats « société civile » ne durera qu’une semaine.  Ensuite, ceux qui seront devenus députés seront des élus, avec statut et prébendes. La nouveauté à laquelle on voudrait nous faire croire relève de balivernes mêlées  d’intox.  Comme si tous les candidats de quel que parti que ce soit n’étaient pas issus de la société civile. Le  recrutement sur internet n’y change pas grand chose et  a nécessité un tri effectué par qui,  je vous le demande, sinon de vieux routiers comme Delevoye et Ferrand. De qui se  moque-t-on ? J’en ai vu des élections où on allait chercher la « société civile » pour compléter le tableau. L’idée que l’on n’aurait affaire qu’à des  professionnels est un vieux poncif. D’abord  parce qu’en France, les  partis politiques ont des viviers réduits  et qu’il faut souvent aller chercher, plus souvent qu’on ne le croit, des candidats à l’extérieur.  Cela vaut pour toutes les élections. Ensuite, parce que le renouvellement se fait nécessairement à un moment ou un autre.  Ainsi, LR présente pour les  prochaines législatives 60% de nouveaux candidats et le changement de génération est largement visible avec l’arrivée à la tête des Régions des Pécresse, Wauquiez, Retailleau, Bertrand, Morin, et de nombreux autres plus jeunes dans les mairies et les Conseils Départementaux,  Florence Portelli,  Maire de Taverny, en étant l’emblématique exemple.

Le renouvellement et  la recomposition,  agrémentés par les commentaires extatiques des médias sur la passation de pouvoir, ce sont des foutaises pour enfumer l’opinion publique.

 


VOUS NE LE SAVEZ PEUT-ETRE PAS …

 

Planche à billets

Les  milliards valsent au-dessus de nos têtes.

Le  Brexit a vraiment commencé.

Le vent  tourne en Grande Bretagne. Nous avons été surpris par la vigueur d'une économie britannique qui a affiché  depuis le vote de sortie de l’Union, une des plus fortes croissances des pays développés avec un niveau de confiance des ménages et des entreprises qui semblait inébranlable. Mais la croissance a marqué le pas au premier trimestre de cette année à 0.3% seulement. La chute brutale de la Livre britannique a provoqué une hausse des prix, qui a entamé le pouvoir d'achat et donc la consommation et la confiance des ménages. D'autre part l'environnement actuel, tant les élections législatives anticipées que la tournure qu'ont pris les négociations avec l'union européenne n'est pas propice à l'investissement. En fait,  c’est le Brexit qui a commencé à faire sentir ses effets. On est bien dans un timing logique. Ceux qui pariaient sur la solidité de l’économie d’outre-manche grâce au « Brexit » vont voir ce qu’il  en est réellement. Ce n'est pas la date du référendum mais le déclenchement du compte à rebours des deux ans de négociation sur le Brexit qui marque le début du doute. Rappelons tout de même que la situation économique britannique part d'un niveau relativement élevé tant en terme de croissance qu'en terme d'emploi avec un chômage au plus bas depuis 12 ans et une situation de plein-emploi. On peut penser qu'ils vont entrer dans une zone de turbulence dont on ne peut prévoir ni la durée ni l'ampleur. Le processus du Brexit a officiellement démarré d’autant plus que les 27 affichent un front sans faille et ont donné à Michel Barnier un mandat assez impératif avec à la clé  une douloureuse de près de 100 milliards d’euros à solder avant toute chose.  Evidemment, la « May » qui aurait bien voulu le beurre et l’argent du beurre rit jaune.

Le "shadow banking"  pèse lourd.

Selon un rapport du FSB (Financial Stability Board), avec 92 000 milliards de dollars, la  banque de l’ombre qui échappe à tout contrôle pèse  150% du  Pib mondial. Le  système bancaire parallèle continue sa croissance. Les champions en sont les Européens où le «shadow banking» est estimé à 30.000 milliards de dollars. Les Etats-Unis (26.000 milliards de dollars) leur emboîtent le pas, suivis du Royaume-Uni et de la Chine à égalité à 8.000 milliards de dollars. Petite précision de taille, la juridiction des Îles Caïmans a révélé ses chiffres  pour la première fois: le « shadow banking » (6.000 milliards de dollars) s'y révèle plus important qu'au Canada et au Japon (4.000 milliards). Ces actifs représentent 170.000 % du PIB des îles ! Le FSB rappelle que les Îles Caïmans continuent d'être le lieu privilégié de domiciliation de fonds d'investissement, dont la plupart sont gérés depuis l'étranger et investissent en dehors de l'archipel. Le Luxembourg qui est pourtant l'un des plus importants centres financiers dans le monde, n'a en revanche pas participé à l'étude du FSB. Sa participation au système parallèle reste la grande inconnue. Question : à quoi peuvent bien servir les accords de régulation de la finance internationale promus par le G10 puis le G20 (Bâle 1, Bâle 2 et Bâle 3) ?

La guerre des banques centrales.

Les  achats de titres et les  prêts aux banques  ont fait exploser les  bilans. La  BCE (banque européenne) est passée en tête devant la Fed (Etats-Unis) et la banque du Japon. Le  total  des actifs  de l’institut monétaire européen atteint 4 157  milliards d’euros soit 4 568 milliards de dollars et devient le plus important de toutes les banques centrales au monde (excepté  la Chine). La Fed suit avec 4 471 milliards de dollars d’actifs,  un bilan stable depuis début 2015, marquant la fin de son « assouplissement quantitatif » pour relancer l’économie américaine après la crise. Quant à celle du Japon,  le total  des actifs reste sous la barre des 4 500 milliards de dollars, mais affiche une progression continue. L’archipel nippon injecte 80 000 milliards de yens par an (645 milliards d’euros)  via des achats  de dette. Pour la BCE, le résultat est la conséquence logique de son programme de « Q.E.» lancé en mars 2015. Elle a racheté 60 milliards d’actifs par mois, principalement de la dette des états européens, volume porté à 80 milliards en mars 2016 jusqu’en avril dernier où elle est revenue au niveau de 2015. Pour garder ce volume, elle y a ajouté les obligations d’entreprise. La hausse du bilan n’est cependant pas prêt de s’arrêter et va continuer jusqu’à la fin de l’année. La fin progressive de ces achats d’actifs pourrait intervenir au début de 2018, sans brusquer les marchés autant que possible.

Draghi peut se fâcher !

Le patron de la Banque centrale européenne a passé un sale quart d'heure. Confronté à des députés hollandais pour le moins hostiles à sa politique laxiste, qui l'accusaient de favoriser les pays les plus paresseux aux dépens des pays les plus vertueux, il s'est vraiment énervé, ce qui lui arrive rarement, et s'est fendu d'une déclaration sans appel : « The euro is irrevocable. This is the treaty. I will not speculate on something that has no basis». Voilà ! C'est dit ! Pas la peine de traduire. Il a son tempo, et il n’y dérogera pas. Il sait qu’il doit lâcher du  lest aux faucons partisans d’un tour de vis monétaire, notamment à  l’allemand Jens Weidmann qui voit cette  politique et ses taux d’intérêts négatifs d’un mauvais œil. Cependant, la fin du « Q.E. » ne signifie pas une diminution du bilan mais sa stabilisation. Mario Draghi veut faire le travail  « proprement ». Mais l’amaigrissement des  banques centrales est une question  qui hante les marchés parce que personne ne sait comment cela va se passer ni ne peut imaginer les répercussions. Certains pensent même que ce type de financement pourrait devenir permanent…

Aparté… 

Deux morts de plus chez Maduro. Les Vénézueliens continuent de manifester contre le Président Maduro  qui veut instaurer une nouvelle  constitution. L’opposition manifeste  depuis bientôt deux mois  et  plus de trente personnes ont déjà laissé la vie. Un grand démocrate, ce Maduro, cité en exemple par Mélenchon. Les affrontements entre la police et les manifestants s’intensifient. L'opposition réclame des élections générales anticipées, objectif central de ces mois de mobilisations. On sait que le candidat de la « France insoumise » a érigé le régime chaviste en modèle et avait inscrit l'adhésion de la France à « l'Alliance bolivarienne pour les Amériques » dans son programme. Edifiant, non ?



OU EST L’INTERET DE LA FRANCE ?

France-faillite
 

 

Christophe Béchu, Sénateur-Maire d’Angers a  publié une tribune le 5 mai dernier dans le Figaro, stipulant que « l’intérêt de la  France est plus grand que nos divergences » (avec Emmanuel  Macron).  Il estime que le nouveau président élu doit s’allier avec la droite pour réaliser un gouvernement d’union nationale.  Une main tendue !  Mais je serais lui, je regarderais d’abord où je mets les pieds, compte-tenu de la manière dont l’intéressé procède.

Fracture démocratique et fracture sociale.

Si je partage en grande partie l’analyse qu’il fait  du résultat  du 23 avril  qui a vu l’élimination  des deux candidats des partis de gouvernement et l’inquiétant score des  populistes des deux extrêmes  qui ont rassemblé 45% des suffrages, je ne partage pas la conclusion qu’il en tire. L’élimination de Benoit Hamon était largement prévisible tant elle correspond au délitement du PS tout au long du quinquennat avec l’action des frondeurs ;  celle de François Fillon a été le résultat  d’un coup monté autour de l’ « affaire Pénélope »  et en moindre partie de son projet dont la pédagogie n’a pu être faite sereinement. Ainsi l’opération Macron a trouvé un espace  politique  qu’elle n’aurait jamais dû avoir. C’est le résultat d’un concours de circonstances favorables. Mais, je suis d’accord,  c’est bien l’absence catastrophique de résultats du quinquennat Hollande qui fait suite à ceux de celui de Sarkozy,  plombés  par une crise inouïe dont plus personne ne parle, qui a  mis dans la  tête de nos concitoyens l’idée d’une incapacité des gouvernants à résoudre leurs difficultés et  donné prise aux discours populistes. D’où cette double fracture démocratique et sociale  bien compréhensible. Faut-il  pour autant jeter le bébé  avec l’eau du bain, ce que nous  propose pratiquement  Christophe Béchu. Contrairement à ce que l’on pense, si les partis peuvent mourir, ils renaissent toujours. 

Une UMP bis, mais à gauche.

Au lendemain du 21 avril 2002,  nous avions fondé l’UMP, union du RPR et de l’UDF ou rassemblement de la droite et du centre pour contrer la montée du FN et ne pas risquer l’élimination au 1er tour des élections à scrutin majoritaire. L’expérience  a-t-elle fonctionné ? Force est de reconnaître que non. Nous avons perdu toutes les  élections intermédiaires, à cause du caractère réducteur de l’union  sur le  plan électoral et la persistance sur son flanc central d’un parti centriste, le  Modem, qui a joué constamment au yoyo entre la droite et la gauche.  Si nous avons gagné la présidentielle de 2007, c’est en grande partie grâce à l’énergie de Nicolas Sarkozy et au souffle de sa campagne. La suite, on la connait : l’UMP a connu un délitement avec le départ progressif d’une partie des centristes mal à l’aise avec la « droitisation » de la politique présidentielle.  Ce que propose Emmanuel Macron procède de la  même démarche mais sur un socle largement de gauche. Les mêmes causes  provoquent les  mêmes  effets. On ne tardera pas à voir la nouvelle coalition se déliter dès que les centristes auront des états d’âmes. Avec quand même une différence : un sectarisme inquiétant d’un président narcissique à l’ego pharaonique dont le mauvais traitement infligé à Manuel Valls est  l’exemple emblématique. Cela devrait inciter à la  prudence en ce qui concerne les actes d’allégeance. Il sera peut-être plus ouvert à ceux qui proviendraient de droite parce qu’il  en a besoin aujourd’hui dans son jeu, mais demain ?

L’union nationale sanctionnée  par  les urnes.

L’union nationale est nécessaire pour relever le  pays, on en est bien d’accord. C’est bien de la  proposer.  Cependant je ne suis pas certain que ce soit le  projet du nouveau président dont la principale préoccupation est de dynamiter les  partis de gouvernement existants  au profit d’un seul : le sien,  composé selon ses exigences. Dans ce contexte, la meilleure solution pour imposer l’union nationale, c’est de passer par le suffrage universel. Je persiste à penser que l’union de la  droite et  du centre ne doit pas céder aux sirènes  parce qu’il  est  de l’intérêt de la France de garder à droite une force démocratique d’alternance autre que le FN qui, s’il se retrouvait seul, deviendrait une option d’alternance. Passer par le suffrage universel,  pour les élus qui se proposent d’aider  Emmanuel Macron, ce n’est pas du billard à trois bandes,  c’est de l’honnêteté démocratique. Si le résultat de la consultation débouche sur la cohabitation, je suis persuadé que la France aura bien plus de chances de résoudre ses problèmes. Si c’est la  « République en marche », rien n’empêchera  les  élus LR de voter les textes de lois qui leur paraîtront utiles, en se gardant la possibilité  de les  amender ou de proposer d’aller  plus loin. S’il n’y a pas de majorité qui se dégage, ce qui est possible aussi, il sera temps alors de négocier avec le Président de la République et son gouvernement un accord de législature sur une plate-forme identifiée. Car cultiver nos différences est bon pour la démocratie, et défendre nos valeurs encore plus. Ce ne sont pas des « chicayas » que d’affirmer que nous ne sommes pas  d’accord sur tout et qu’en matière de valeurs,  nous n’avons pas tout-à-fait les  mêmes ! D’ailleurs nos électeurs ne s’y trompent pas et savent le faire payer le moment venu à ceux qui, top pressés, l’oublieraient.

 


POUR QUE LA FRANCE AVANCE !

  Francois-Baroin-législatives

 

Manœuvres déloyales du camp Macron

L'exercice de débauchages individuels auquel le camp du Président essaie de se livrer est logique : tous les présidents nouvellement élus ont tenté la  manœuvre, à commencer par Nicolas Sarkozy en 2007.  Mais les  moyens utilisés cette fois-ci sont condamnables. Car c’est à coups d’annonces bidon de ralliements qu’il procède, sous couvert d’une volonté de recomposition du paysage politique qui nécessite de faire voler en miettes les  partis traditionnels.  Ainsi, Xavier Bertrand qui a  pourtant été  clair  plusieurs fois est toujours  présenté comme  « premier ministrable ». Bruno Le Maire qui a fait un pas vers « En Marche » n’a pas pour autant postulé pour une investiture pour les législatives et n’a pas fait de déclarations en ce sens. C’est une drôle d'idée, en effet, que d'aller baisser la tête devant le Président, quitter son parti et mettre l'uniforme « En Marche ». Ne soyons pas dupes, ces annonces ne sont pas  innocentes : il s’agit de déstabiliser Les Républicains, de créer de la division et de jeter le doute dans l’esprit de son électorat pour le démobiliser. Car pour le camp du nouveau président,  le danger est réel : l’union de la droite et du centre LR-UDI pourrait obtenir la majorité à l’Assemblée nationale, les sondages montrent assez bien que l’alliance est au coude-à-coude avec le nouveau parti présidentiel. Pour l’instant, ce qui a réussi avec le PS, qui, il est vrai était déjà en « décomposition » avancée, ne fonctionne pas avec le camp de la droite républicaine. L’aile modérée, Juppé en tête, si elle ne souhaite pas l’affrontement avec Emmanuel Macron, entend pour autant rester fidèle à sa famille politique.

Un programme pour une législature responsable

Les Républicains et l'UDI repartent donc à l’offensive et ont modifié leur projet afin qu'il n'y ait aucune augmentation d'impôts sur le quinquennat. Ils mettent l'accent sur le pouvoir d'achat et étalent leur objectif de réduction des emplois publics. Ils réalisent la synthèse entre le  projet  Fillon et les propositions des autres candidats à la primaire de la droite, notamment celles d’Alain Juppé, ce qui aurait dû être réalisé pour le 1er tour de la présidentielle. C’est aussi un bon moyen de serrer  les rangs face à l’offensive Macron pour faire exploser les partis traditionnels. Les Français peuvent rééquilibrer les choses et nous devons avoir le débat qui n'a pas pu avoir lieu. La France a choisi largement par défaut, mais il y a aussi de l'espoir. L'espoir de faire de la politique autrement, ce qu’on ne voit pas dans la réalité chez Emmanuel Macron. Voter pour une nouvelle majorité, c'est voter pour la clarté, pour une majorité sûre et stable à l'Assemblée. L’union de la droite  et du centre peut l'incarner, avec François Baroin et des candidats solides. Il faut dire aux Français: n'ayez pas peur de rééquilibrer les pouvoirs.

Le premier tour de la présidentielle a aussi montré qu'il faut donner au projet porté par François Fillon une base plus élargie. La question, ce n'est pas de lui retirer sa crédibilité économique ni sa puissance régalienne mais c'est de parler à tous les Français, autour de quatre piliers - l'école, l'entreprise, la famille et la laïcité - et d'un contrat de majorité pour les Français. Le projet qui est présenté aux électeurs se recoupe sur bien des points avec les propositions d'Emmanuel Macron : nous sommes Européens et nous voulons plus de sécurité face au terrorisme. Mais la France ne peut pas se permettre de poursuivre une politique de l'ambiguïté et des accords d'appareil après cinq années de François Hollande. Il ne s’agit pas d’être dans une logique d'affrontement, ni dans un combat d'arrière-garde. Il faut donner à la France une nouvelle majorité de droite et du centre avec une vision constructive des choses : il faut que la France réussisse.  

Une majorité pour la France

La France mérite le plein-emploi et cela nécessite des transformations profondes. Il faut que les Français puissent dire : les choses vont changer et je vivrai mieux demain. Le projet d’alternance veut apporter de l'espoir et de la cohérence en mettant en avant un certain nombre de mesures sur le pouvoir d'achat des Français tout en conservant la force de la baisse du coût du travail et la compétitivité. Les Français rejettent profondément la hausse des impôts, donc  la TVA  ne sera pas augmentée, et la défiscalisation des heures supplémentaires est reprise parce que cette mesure est efficace et fait largement consensus. En la matière, on va plus loin qu'Emmanuel Macron puisqu’il est prévu une exonération à la fois sur les cotisations sociales et sur l'impôt sur le revenu. Enfin, le dispositif est complété par une baisse de l'impôt sur le revenu de 10% en abaissant toutes les tranches. La trajectoire budgétaire, qui vise l'équilibre des comptes publics en 2022, reste inchangée : il est toujours prévu de diminuer la dépense publique de 100 milliards sur cinq ans, avec pour objectif de la ramener à 50% du PIB. C'est une question de souveraineté financière. Mais cette fois-ci, le projet privilégie la baisse d'impôt sur le revenu plus simple, plutôt qu'un abattement forfaitaire de cotisations sociales. Ce sont des choix qui favorisent systématiquement le pouvoir d'achat et la compétitivité de notre économie. Enfin on conserve l'objectif de baisse des effectifs des agents publics, à hauteur de 300.000 à la fin du quinquennat pour atteindre les 500.000 en sept ans. Dès la victoire aux législatives, une large consultation sera lancée avec la fonction publique sur les conditions de travail, les modes de rémunération et la nécessaire augmentation du temps de travail afin de parvenir à un pacte de progrès avec les fonctionnaires. Pour le reste, la plate-forme législative reprend le projet initial.

Face à cela, le projet d'Emmanuel Macron prévoit des hausses massives d'impôts. D'abord la CSG, c'est 20 milliards d'euros d'impôts en plus notamment pour les retraités, les indépendants et les fonctionnaires. Reste à voir si pour les salariés cette mesure sera réellement contrebalancée par une baisse de cotisations. Ensuite, sur l'exonération de taxe d'habitation, nous comprenons qu'il prépare à terme la compensation par une hausse d'autres taxes locales. Enfin il prévoit une augmentation des taxes sur les contrats d'assurance-vie. Si on cherche des différences, en voilà !

 


ET MAINTENANT, L’ACTE II !

Macron président

 

Cette élection présidentielle laissera à des  millions de Français le sentiment amer d’un rendez-vous manqué. La campagne électorale s’est achevée par un débat lamentable,  mais a-t-elle vraiment eu lieu ?  L’élection d’Emmanuel Macron présente tous  les stigmates d’une élection par défaut, elle ne résout rien. D’abord parce qu’il n’a pas été  possible de sanctionner le bilan du quinquennat Hollande, ensuite  parce que la liste est longue des sujets jamais débattus quand huit candidats « hors système » qui ont frôlé au 1er tour les  50% des suffrages exprimés les escamotent. Or, la campagne présidentielle aurait dû être l’occasion de discuter des problèmes cruciaux auxquels notre pays est confronté et des solutions que nous sommes capables collectivement d’y apporter. Elle s’est conclue par l’affrontement surréaliste entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Toutes les conditions pour un choix par défaut !

Les  séductions contradictoires d’Emmanuel Macron.

Le nouveau Président a remporté une élection en évitant de présenter un projet,  à quoi il  s’est résolu un mois seulement avant le vote,  préférant se réfugier dans une stratégie marketing qui lui permettait d’affirmer tout et son contraire à toutes les clientèles possibles au lieu de se soumettre à l’exigence démocratique de clarté et de transparence. La stratégie du « en même temps » qui a scandé sa campagne lui permet de remporter une victoire étonnante, incontestable de légitimité  démocratique.  Elle risque néanmoins de déboucher sur la colère et la frustration que ses séductions contradictoires ne manqueront pas de susciter quand elles seront confrontées à l’épreuve de la réalité. Ayant réuni 24% du corps électoral du 1er tour, les sondages  pour les  législatives confirment  cette assise étroite : malgré les  apparences que le vote par élimination a  imposées, il n’y a qu’un quart des  Français qui soutiennent sa démarche. La  recomposition tant vantée ne serait-elle qu’une illusion d’optique et le fruit d’un concours de circonstances ?

La fin de Mélenchon.

Il sait que c’est fini pour lui, et il enrage. Il voulait sa revanche sur Le Pen, il  a failli l’avoir mais le sort en a décidé autrement. Son attitude pour le second tour,  en refusant de se prononcer clairement, relève d’une paranoïa autodestructrice puisque le rêve du « grand soir »  s’évanouit.  L’article de Ruffin dans le Monde de  jeudi dernier parle pour lui  en une sorte de testament.  Candidat de la France insoumise à la députation, le cinéaste publie une lettre ouverte « à un futur président déjà haï ». Ce texte, féroce, mime Marine Le Pen : « Vous êtes haï, vous êtes haï, vous êtes haï (…) Vous portez en vous la guerre sociale comme la nuée porte l’orage. A bon entendeur ». Il représente bel et bien le miroir d’un Jean-Luc Mélenchon qui a constamment refusé de choisir la démocratie contre l’extrême droite, qui n’en finit pas de nourrir contre le résultat du premier tour une aversion très suspecte quant à son respect du suffrage universel : voyait-il dans un éventuel triomphe du Front national un mal plus supportable que la victoire d’Emmanuel Macron ? La prolongation de la  France insoumise aux législatives ne pourra qu’accroître la peine (sans jeu de mot).

La Marine s’est noyée toute seule.

Pour le final de cette campagne, le Front National est apparu pour ce qu’il est, une formidable machine à empêcher le redressement de la France.  Marine Le Pen avait  fait élire Hollande en 2012,  elle vient de rééditer son exploit en faisant élire son dauphin, entouré des mêmes conseillers et soutenu essentiellement par  une majorité de gauche. Ce parti ne sera jamais qu’une impasse pour les électeurs qui votent pour lui,  les condamnant au désespoir politique. Son score d’hier,  beaucoup plus défavorable que prévu, est la résultante à la fois d’un programme qui aurait fait de notre pays la risée du monde s’il avait été en passe d’être appliqué et d’une prestation télévisée débilitante la disqualifiant pour longtemps dans l’esprit d’une large partie des Français. Les règlements de comptes dans son parti ne vont pas tarder à commencer et personne à droite et au centre ne se plaindra s’il en sort affaibli. Elle aussi veut continuer le combat… A  la différence d’elle et de Mélenchon, Fillon a au moins eu la décence de jeter l’éponge.  Mais c’est un vrai démocrate.

Macron pourrait être un bon président.

Le quinquennat d’Emmanuel Macron  servira à quelque chose si c’est avec l’union de la droite et du centre qu’il gouverne. Parce qu’il n’y a pas de salut pour la France sans la réforme. Or, ce qui ressort de cet épisode présidentiel, c’est l’énorme aversion pour toute réforme d’une bonne fraction de la population, la moitié du corps électoral, imprégnée du discours populiste. L’élection d’Emmanuel Macron ne résout pas ce mal profond qui ronge notre société, car son projet ne remet pas en cause l’Etat omnipotent, pourtant en faillite latente, et il ne pourra guère compter pour appliquer son programme, sur un soutien solide et cohérent de la gauche qui l’a aidée à gagner. Plus de 60% des Français ne souhaitent pas qu’il ait une majorité absolue à l’Assemblée nationale, cela  en dit long sur le malentendu. Il va falloir compter avec cette partie du peuple tentée de recourir à la force, mais aussi avec l’électorat de la droite et du centre qui attend encore l’alternance. Or,  c’est avec  la droite et le centre que le nouveau Président pourra trouver, dans une cohabitation imposée par le vote et non par les « arrangements »,  les  moyens de  mettre en œuvre  tous ses projets,  avec une majorité cohérente et stable, qui ne le contraindra pas à négocier en permanence tantôt avec une aile droite, tantôt avec une aile gauche.  La France doit panser ses plaies, redonner de l’espoir à tous ceux qui sont restés au bord du chemin et qui ont été tentés par les « extrêmes ». Elle ne peut pas passer encore cinq années en atermoiements calamiteux. Le seul  moyen d’échapper à l’immobilisme qui conduirait à une victoire populiste dans cinq ans, c’est d’élire une majorité LR-UDI à l’assemblée nationale afin de placer François Baroin à Matignon. Elle y parviendra si elle crée les conditions de l’union nationale qui pourrait sortir le pays de l’ornière. On éviterait ainsi l’instabilité promise par un rassemblement hétéroclite et on fera prévaloir le principe d’alternance qui est la respiration d’une démocratie « normale ».

 

 


ELECTEURS STRATEGES …

Petit spirou qu'est-ce que tu fabriques

 

Un second  tour sans candidat c’est toujours compliqué. Car si je suis embarrassé  pour dimanche, je sais clairement où je me situerai lundi matin, quelle  que soit l’option choisie : dans l’opposition  à celui (ou celle) qui sera élu. En attendant, et dans cette perspective, je réfléchis au comportement  qui soit le plus utile. Il faut que mon vote soit un acte politique qui serve la cause que  je défends.  Lequel des deux candidats, sinon les deux, faut-il affaiblir le plus et par quel moyen ? Il y a bien sûr les professeurs de « conduite politique »  qui savent dicter le bon choix avec leurs certitudes,…  ou leurs intérêts.  Tout le monde se croit tenu d’afficher  le sien, mais pareille exhibition n’a pas de pouvoir magique. « La France est plus grande que nos divergences », nous dit l’édile local à propos de Macron, certes, mais à voir. Je lui répondrai la semaine prochaine, parce que ça mérite débats et éclaircissements.

L’insuffisance et la vulgarité.

Les Français ne sont pas les Américains.  La grande différence, c’est  qu’à une élection présidentielle on vote chez nous à 80%, contre un sur deux outre-Atlantique. Même nos concitoyens les plus démunis ont une culture politique et sont capables de discernement. En voulant « casser les codes », Marine Le Pen s’est fourvoyée, elle s’est trompée de pays. Le débat de jeudi dernier a été éclairant et devrait la disqualifier, tant son incompétence et son comportement se sont montrés incompatibles avec  la fonction qu’elle brigue. Nous sortons d’un quinquennat avec un Président qui nous a fait honte presque chaque jour, on ne va pas descendre encore plus bas ! Pour autant, le naufrage de la candidate du FN ne guérit pas la France du populisme, même si la nullité de ses remèdes sont apparus au grand jour. Il reste  le profond malaise démocratique  où il plonge ses racines et puise ses ressources  électorales.  Sortir de l’Europe et de l’euro, fermer les frontières, se replier sur l’hexagone,  le tout exposé dans la confusion, ce serait la catastrophe économique assurée.  Comment peut-elle avoir untel déni de la situation réelle du pays, dont  les entreprises sont imbriquées dans le tissu serré des accords et des échanges intra européens depuis plus d’un demi-siècle ? Et puis donner les clefs de la République à des gens dont l’attachement aux règles démocratiques est douteux, l’histoire nous a enseignés qu’il ne fallait jamais prendre un tel risque. Attention, je ne mets pas dans le même sac les millions d’électeurs qui expriment leur souffrance d’être délaissés, incompris ou pas écoutés. Donc pas de paranoïa pour autant. Marine Le Pen a tout de même très peu de chance de briser, encore cette fois-ci, le « plafond de verre ».

L’inexpérience et l’incertitude.

Emmanuel Macron n’est pas non plus le sauveur incontesté. 60% de ses électeurs du second tour déclarent voter pour lui par défaut.  Il y a de quoi ! Les points d’interrogation à  son sujet sont nombreux : expérience politique courte et récente, le renouvellement qu’il appelle de ses vœux se construit sur de vieilles figures racornies et semble prolonger la présidence sortante, ses soutiens hétéroclites (le mot est faible) ne gagent pas d’une stabilité et peuvent même paralyser son action, certaine fêlure psychologique apparue pendant la campagne…  Autant de questions qui altèrent la force dont il aura besoin en arrivant à la tête d’un pays au bord  de la crise de nerf après une campagne électorale frustrante à bien des égards, avec une population fracturée… De quoi sera fait demain ? Voilà  la question que de nombreux Français se posent à son sujet. L’inquiétude ne concerne pas vraiment le résultat de dimanche, mais la suite. La liste des risques est longue pour lesquels ils ne disposent souvent que de réponses floues ou fluctuantes. Le contexte international fait de multiples tensions ajoute au doute. Bref, alors que déjà le troisième tour s’annonce  dans les partis, ce quinquennat qui commence devra  affronter un pays particulièrement difficile à gouverner. Sera-t-il à la hauteur ?  S’ajoute à l’équation, la  nécessité de le réussir si on ne veut pas que la prochaine soit la bonne pour le FN.

Résultat des courses.

Est-ce parce que ce cas de figure se présente à moi pour la première fois  ou parce que les deux candidats présentent des failles, que c’est si difficile ? Les deux probablement. Trois options s’offrent  à mon choix de citoyen, puisqu’il n’est en aucune façon question de déserter les urnes : Le  Pen, vote  blanc, Macron. Il  faut affaiblir Le Pen, ça c’est certain. Plus son score sera faible, plus  la droite aura de chances d’élire des députés aux législatives qui suivent,  ce serait notre intérêt bien compris. Le vote blanc, même s’il n’est pas compté dans les suffrages exprimés, est un mode d’expression  reconnu  qui manifeste une forme de choix. Un grand nombre de votes blancs ajoutés aux abstentions est la marque d’une défiance qui n’est pas sans intérêt. Il comporte un risque : il fait baisser le niveau à atteindre en nombre de voix pour la barre des 50%. Trop de votes blancs sont la seule issue pour l’extrême-droite de l’emporter. Voter Macron est probablement ce qui serait le plus prudent,  sachant que ça ne sera en aucune manière une adhésion à son projet. Si l’intéressé le pensait, il en aurait la déconvenue très rapidement. Mais en même temps, je n’ai pas envie qu’il fasse un score trop élevé au point qu’il déclenche une vague électorale en sa faveur.  Déjà,  des sondages fleurissent qui annoncent des nombres de sièges alors que ses candidats ne sont pas désignés, ni en campagne… J’hésite encore. Jusqu’au dernier moment je vais consulter les augures et manier la calculette !  A tous ceux qui sont comme moi,  je souhaite bon courage dimanche !

 


LES CHOIX DE L’IMPUISSANCE

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Bon, je n’ai pas eu envie de regarder le débat, j’ai cédé à la « tentation de Venise » sur la 5. Mais ma femme, elle, l’a suivi. Elle m’a raconté, et le peu que j’ai vu avec les « meilleurs moments » qui passent en boucle, j’ai pu me faire une idée. Donc, après une campagne nauséabonde, voilà un débat honteux. On ne peut pas s’en réjouir. Il a été long, brutal, tendu. Emmanuel Macron a plutôt tenu le choc et s'en est à peu près tiré. Incapable de sortir de ses obsessions, Marine Le Pen a fait preuve d'une grande incompétence et d'un manque de travail de fond sur tous les dossiers économiques. Et c’est bien ça le problème !

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Marine Le Pen abat ses arguments vénéneux, collationnés dans ses nombreuses fiches, en fabriquant chacun de ses sourires, chacune de ses poses, chacune de ses idées, chacune de ses attaques. L’amoncellement d’insultes qu’elle a déversé sur son adversaire, mensonges, propos diffamatoires et fausses nouvelles étroitement mêlés, n’aura convaincu que ceux qui ne demandaient qu’à l’être. Inutile de chercher bien loin : du spectacle avant tout inspiré de Donald Trump. Visiblement, elle sait qu’elle a perdu : il ne s’agissait plus de convaincre, il s’agissait de faire de son rival un monstre par un jeu théâtral au sourire mécanique, au regard impitoyable, bardé de propos de vaudeville, activant les techniques fondées sur l’intimidation et l’avilissement de l’opposant. Marine Le Pen a donné d’elle-même une image à la fois effrayante et déplorable qui en dit long sur ce qu’elle nous réserverait si elle était élue. Sur le fond, pour elle, la souveraineté recouvrée, c’est simple comme le retour au franc : une baguette à 1€ vaudra 1 F ! Par quelle magie ? Elle a la certitude qu’avec une « monnaie commune européenne » (retour à l’ECU), nouvelle panacée frontiste avec le protectionnisme, le chômage de masse et les délocalisations ne seront plus qu’un souvenir. C’est bien l’aggravation de ces maux qui se produira ! Mais sur la dette et les déficits : rien ! Pourtant, si notre souveraineté n’a cessé de s’effilocher en même temps que notre richesse, ce n’est pas à cause de l’euro, mais bien à cause de nos dénis nationaux. On retrouve avec elle le refus de réformer masqué par un report cynique de la facture sur les générations futures ;  l’absence de vision réduit l’action politique à un « toujours plus » mortifère pour la compétitivité et l’attractivité ;  le manque de courage et de responsabilité est masqué par la diatribe accusant de tous les maux l’Europe, l’immigration ou la mondialisation, sans jamais s’interroger sur les turpitudes de notre « modèle social» qu’elle propose d’aggraver avec son projet démagogique. La France détient les records européens des dépenses publiques et du taux de prélèvements obligatoires, le record mondial des transferts sociaux. Alors, continuons gaiement ! Nos non-choix ont créé un monstre : la dette, symbole emblématique d’une nation en déclin, en perte d’influence et soumise aux contraintes extérieures. Ce contexte ne l’empêche pas d’aligner des dizaines de milliards d’euros de promesses non financées. Sous le retour du franc pointe le choix de l’impuissance « puissance dix » !

L’impuissance tout court.

Entraîné malgré lui dans une bataille grotesque et vulgaire, Emmanuel Macron a réussi à garder son calme et à démonter quelques-unes des accusations lancées contre lui. Mais pas celles qui voulaient démontrer qu’il n’est qu’un héritier du président sortant et de son quinquennat. Face  à  une adversaire qui tape sans reprendre son souffle, sautillant d’un sujet à l’autre, il tente de dérouler son projet malgré la  confusion et le harcèlement. Il passera  surtout son temps à récuser  les accusations qui se multiplient. L’agacement se  lit dans les mimiques, le regard,  les  « Mme Le Pen » en série… on n’avance guère.  On a  du mal à discerner la capacité à diriger le pays : s’il a renforcé son image présidentielle c’est parce que son adversaire en jupons a oublié d’en faire son objectif du débat, tout accaparée qu’elle est à détruire son concurrent. La volonté de changer les choses transparait trop peu, ce qui correspond à son projet mollasson qui veut ménager la chèvre et le chou. Lui aussi escamote la dette et les déficits. Etre déterminé ne suffit pas. Aura-t-il l’élan nécessaire après le 7  mai, s’il est élu, pour ensuite remporter les législatives ? Rien n’est moins certain. Comme le dit un ancien collègue ministre : « il a le tort de croire qu’il est un moment isolé de l’histoire politique, sociale, culturelle ;  de penser qu’il n’y a rien eu avant lui et qu’il n’y aura rien après ».  Un monument de vanité ! Comme pour 60% des Français, il est le candidat le plus proche de mes valeurs,  surtout après la démonstration de son opposante, mais je reste sur ma faim. Je suis pour le progrès mais je ne suis pas « progressiste »  qui est l’autre nom du « socialisme ». Seule certitude, c'est un homme neuf et jeune, atouts aussi considérables qu'irréfléchis par les temps qui courent, qui confond encore arrogance et autorité.  J’ai passé l’âge d’avoir la  passion du nouveau pour le nouveau, du produit parce que c’est la mode.  D’ailleurs la cohorte de vieux rabougris qui le soutiennent jette un doute sur la réalité de cette nouveauté. En résumé, l’impuissance des cinq dernières années l’accompagne de son ombre tutélaire. Macron, c’est l’impuissance qui continue !

Deux formes d’impuissance ne font pas de la  France une puissance européenne. Ce deuxième tour est bien un choix « par défaut » !

 


LA MONNAIE POUR LES NULS

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Marine Le Pen a affirmé qu’on paierait notre baguette de pain en nouveaux Francs très rapidement, réitérant sa volonté de revenir à la monnaie nationale. J’ai entendu Florian Philipot disserter sur la dévaluation qui l’accompagnerait, autour de 20%, en comparaison avec la Livre après le Brexit.  Là-dessus est intervenu un accord  avec Nicolas Dupont Aignan dans les clauses duquel la candidate FN renoncerait à sortir de l’Euro…  tout en sortant de l’Europe. Difficile d’y comprendre quelque chose.  Toujours est-il qu’il faut savoir exactement à quoi on s’expose.

Et d’abord comment se fait la valeur d’une monnaie ?

Jusqu'au 15 août 1971 et l'annonce de la fin de la convertibilité du dollar en or par le Président américain Richard Nixon, l'or était au centre du système monétaire international. Chaque monnaie avait donc une définition de sa valeur en poids d’or fin.  C’était le système dit de Bretton Woods. Depuis, nos devises-papier (dollars, euros, yen) ne sont plus convertibles en or et leur valeur dépend uniquement de la confiance que nous leurs accordons. Si nous perdons confiance dans nos devises, elles retournent à leur valeur intrinsèque, la valeur du papier sur lequel sont imprimés nos billets. Comme disait Voltaire en 1729 : « Toutes les monnaies de papier retournent à leur valeur intrinsèque – ZÉRO. » Les billets ne représentent qu'une petite fraction de la monnaie en circulation. La quasi-totalité est en fait de la monnaie scripturale, les dépôts bancaires, des lignes de compte dans des systèmes informatiques. Notre monnaie est dématérialisée et n'a aucune valeur intrinsèque. Ainsi, le dollar américain, monnaie de réserve internationale, a déjà perdu 99% de son pouvoir d'achat par rapport à l'or. La valeur de la plupart des grandes monnaies (les plus utilisées pour le commerce et la finance) - comme le dollar américain, l’euro, le yen japonais ou la livre sterling - dépend du prix du marché. Le cours de l’euro en dollar, du dollar en euro, de l’euro en yen, du yen en dollar, etc. varie en permanence, au gré des transactions réalisées par les opérateurs dans les salles de marchés (des banques ou des bourses). La valeur d’une monnaie repose donc sur la confiance que l’on accorde à un pays, sur l’importance de sa richesse, sa stabilité, sa croissance économique et sa puissance stratégique. Pour nous, ce n’est pas la France, mais la zone euro qui est prise en compte. Si un pays a, par exemple, de forts déficits commerciaux (flux de marchandises) et/ou de sa balance des paiements (flux de capitaux), cela pèse sur la valeur de sa monnaie, qui, normalement, se déprécie. Enfin, les banques centrales (Banque centrale européenne, Réserve fédérale américaine, Banque du Japon…) - qui émettent les monnaies et fixent le niveau des taux d’intérêt à court terme - peuvent influencer le marché, par exemple lorsqu’elles trouvent que la spéculation va trop loin à la hausse ou à la baisse. Les appréciations publiques émises par les responsables des banques centrales sont prises très au sérieux par les investisseurs, car elles peuvent annoncer une inflexion - à la hausse ou à la baisse - du loyer de l’argent.

Quel  rapport entre l’euro et le Franc ?

La valeur de l’Euro est un taux de conversion et non un taux de change comme avec les autres valeurs monétaires mondiales. La valeur de ce taux de conversion a été fixée avec un système de pondération en fonction de l’importance économique des pays membres de l’Union Economique et Monétaire (UEM) multiplié par le taux de change international des différentes monnaies des pays concernés au 1er janvier 1999. Le cours du dollar a joué un rôle essentiel pour évaluer la pondération des cours nationaux. De cette manière, les organismes financiers internationaux ont donc réussi à convertir de manière équitable les valeurs monétaires nationales pour les 11 pays concernés avec les valeurs suivantes : Allemagne = 1,95583 DEM, Autriche = 13,7603 ATS, Belgique = 40,3399 BEF, Espagne = 166,386 ESP, France = 6,55957 FRF, Italie = 1936,27 ITL, etc… Si le taux de conversion de l’Euro ne peut varier à l’intérieur des pays de l’UEM, cette monnaie s’échange depuis le 1er janvier 1999 avec les autres monnaies internationales. La valeur de la monnaie qui circule en France actuellement tient compte non pas de la situation économique réelle du pays,  mais de celle de l’Euroland,  ce qui constitue une sorte de bouclier, car,  compte tenu que nous sommes à  la traine de l’Europe pour nos déficits et l’énormité de notre  dette,  avec  un commerce extérieur largement déficitaire, il y a belle lurette que nous aurions connu plusieurs dévaluations. En fait, nous sommes à l’abri de la prospérité allemande, pour faire court. Sortir de l’euro,  c’est prendre le risque d’une chute brutale de la confiance qui fait aujourd’hui la stabilité de notre monnaie. 1F  = 1€,  c’est tout simplement un énorme mensonge, car c’est impossible à réaliser.

Pourtant la  banque de France a des réserves d’or !

La France détient la 4ème réserve mondiale d’or : plus de la moitié du bas de laine national, près de 100 milliards d’euros, est constitué d’or pur. Le stock d’or présent dans les coffres de la Banque de France n’a pas beaucoup varié et se situe toujours aux alentours de 2 435 tonnes, constituant ainsi la  4ème réserve de métal jaune au monde après celles des États‑Unis, de l’Allemagne et de l’Italie. L'or est une valeur refuge, comme réserve de valeur, il contribue à garantir la crédibilité monétaire. C'est surtout, aujourd’hui, un actif de diversification qui permet de réduire l'exposition au risque de change du dollar, car une part importante des réserves françaises est en dollars. Néanmoins, en cas de faillite « systémique »  ces quelques 100 milliards d’euros ne pèseraient pas grand-chose face à nos 2 200 milliards d’euros de dette. La mondialisation et la déréglementation du secteur bancaire, autorisant des instruments financiers tels que les produits dérivés, ont créé un système tellement complexe et interconnecté que la perte de confiance dans le système monétaire pourrait entraîner un effondrement économique généralisé. En 2008  nous avons assisté au début de cette mécanique, et les banquiers centraux ont préféré « sauver » le système en injectant des milliers de milliards de nouvelles liquidités dans l'économie, créant encore plus de dette. Ils n'ont fait que déplacer le problème un peu plus loin. Et le risque est aujourd'hui encore plus important. On imagine ce qui se passerait si la sortie du Franc entraînait l’effondrement de l’euro …  Ce n’est  pas seulement la France qui plongerait dans une effroyable crise.

Historiquement, toutes les expériences de monnaies-papier, sans exception, se sont terminées par le même résultat, la perte totale de leur pouvoir d'achat. Marine Le Pen nous y précipiterait à coup sûr, plus vite que prévu !