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POUR QUE L’UNION DE LA DROITE ET DU CENTRE AIT LE DERNIER MOT

Gaulois 2ème tour

 

Cet entre-deux tours est intéressant tant il révèle de traits du caractère des deux protagonistes qui prétendent prendre  la tête de notre pays. Le choix par défaut est déjà difficile, leur comportement ne simplifie pas la tâche. Voter Le Pen, Macron, s’abstenir ?  Quand on regarde la répartition que Opinionway observe chez les électeurs de François Fillon : 43%  Macron, 28%  abstention, 29% Le Pen, on mesure combien tous les goûts sont dans la nature. Les  prises de positions des ténors du parti en reflètent parfaitement le kaléidoscope. Inutile donc de jeter la  pierre aux uns ou aux autres. D’ailleurs la position officielle du parti Les Républicains est on ne peut plus claire à défaut d’être explicite : « ni abstention, ni Le Pen ». Ensuite chacun fait selon sa conscience et ce qui lui parait le mieux dans cette étrange situation, que l’on doit, ne l’oublions pas, à une supercherie –Macron serait l’alternance- et à une machination pour éliminer l’union de  la droite et du centre. Je continue de penser que  la « recomposition » macronienne dont on nous rebat les oreilles depuis le 23 avril ne tient pas  la route et est superficielle. L’Union de  la droite  et du centre peut encore avoir le dernier mot  en imposant l’alternance aux législatives.

Quand Marine tente de cacher Le Pen.

Avec Marine, les coups « populistes » n’ont pas de limite, on l’a vu avec l’opération « Whirlpool » où elle a  passé dix minutes au milieu des ouvriers à faire des selfies et à leur dire « je suis avec vous » puis est repartie sans proposer aucune solution. Qu’importe, les images ont fait le tour des médias. Moins réussie  a été la sortie en mer, où elle s’est ridiculisée à force de vouloir faire « petit peuple ». Il n’empêche, il  parait qu’elle fait une bonne campagne. Néanmoins, son appel direct aux électeurs de Mélenchon en dit long : même programme, même combat, ça peut  donc marcher. Et comme le Méluche n’a pas donné de consignes à ses « insoumis » -logique, non ?-, elle pense y trouver un vivier et récupérer des suffrages pour compenser le barrage qu’on lui oppose par ailleurs. Au passage, on remarquera la similitude de comportement entre Mélenchon et l’extrême gauche allemande qui avait refusé de choisir entre Hitler et les sociaux-démocrates. Dernier coup, le ralliement de  Dupont Aignan.  On comprend mieux son attitude, à celui-là, il roulait pour Marine ! Elle voulait pêcher du gros, elle n’a au bout de sa ligne que du menu fretin : pensez donc,  le DPA a fait 1 700 00 voix dont seulement 37% voteront Le Pen. Il ne sera probablement pas premier ministre et il vient de tuer son maigre parti qui part en brioche après son « accord de gouvernement » avec l’extrême-droite. Au moins, au passage, a-t-il obtenu que MLP  renonce à sa sortie de l’euro, à laquelle les Français sont très majoritairement hostile, encore que le discours sur ce sujet restât étonnamment confus  et que le reste du programme y conduise inéluctablement. Donc pas rassurant pour autant. Surtout, n’oublions jamais, que derrière Marine, il y a toujours une Le Pen qui guette sa proie avec les mêmes idées : la  création d’un « ordre des journalistes » devrait rappeler des souvenirs de mise au pas… Quant à son « Etat-stratège »  c’est la version polie de l’Etat fasciste qui contrôle tout.     

Quand sous le matamore perce l’apprenti Erdogan.

Emmanuel Macron clôt une semaine en demi-teinte par une longue interview au journal « Le Figaro ». Défié sur le terrain chez Whirlpool, il s’en est finalement à peu près sorti grâce à sa capacité de baratin phénoménale.  On retiendra surtout son égocentrisme exacerbé qui s’est exprimé à deux reprises dans son discours du soir du 1er tour et dans celui de Lille : cet homme à un problème d’affirmation du moi qui confond autorité et hurlements hystériques. Ce petit monsieur serait-il un apprenti Erdogan ?  Il croit être le Messie et avoir, avec 24% des suffrages, réalisé la « recomposition » du paysage politique, alors qu’il a principalement profité d’une situation inédite, à savoir la faillite d’un quinquennat et le retrait du sortant, couplée à un coup d’état institutionnel visant Fillon. Ce qu’il décrit dans le Figaro est explicite : il compte sur le débauchage pour réaliser sa  majorité présidentielle et sur l’effet de souffle de son élection. Un peu présomptueux quand on sait que 43% de ses électeurs du 1er tour ont voté pour lui « par défaut », principalement en raison des deux primaires à droite et à gauche qui ont désigné des candidats décalés par rapport au centre de gravité de leur parti.  Ces voix ne demanderont qu’à revenir vers leur préférence originelle si on leur en offre l’opportunité. Sa vraie base électorale se situe donc autour de 12-13% des exprimés, soit un peu plus de 5 millions de voix (sur 47 millions d’inscrits) : il lui reste beaucoup de chemin pour élargir. Ses multiples non-dits, la clique de technocrates qui l’entoure venue en droite ligne des officines de « conseils du gouvernement » -Pisani-Ferry en tête-, altèrent singulièrement son discours sur l’alternance et le changement. Comment fera-t-il 15 milliards d’économies supplémentaires sinon en augmentant le nombre des emplois publics « non remplacés », surtout s’il garde la même durée hebdomadaire du travail. Il ment beaucoup par omission. Enfin ses propos  sur François Baroin sont indécents. Il voudrait jeter les voix des républicains dans l’urne Le Pen qu’il ne s’y prendrait pas mieux. La recomposition qu’il propose est un marché de dupes, avec un cheval de gauche, une alouette de droite et quelques étourneaux du centre, et sans garantie de stabilité !

Quand viser la cohabitation sert l’intérêt des Français.

Merci à François Fillon pour son courage et sa ténacité. Il n’a certes pas démérité et je souhaite que la justice mette en évidence son innocence. L’Union LR-UDI tient bon, Eric Woerth s’est  mis au travail pour mettre au point la plate-forme législative à partir du programme présidentiel. Il s’agit de s’adresser davantage aux Français que de parler de la France, cette entité abstraite pour beaucoup de nos compatriotes. Passé le 2nd tour, il faudra se déployer à nouveau pour réussir à dégager une majorité de la droite et du centre et assurer la vraie alternance : celle qui relèvera le pays, le sortira de l’endettement, offrira à tous les Français et aux jeunes en particulier, un emploi,  rétablira l’autorité de l’Etat et restaurera son prestige international. Imposer la cohabitation, c’est répondre à l’intérêt des Français. Nous avons une génération politique de renouvellement avec François Baroin, Laurent Wauquiez,  Valérie Pécresse, Xavier Bertrand, Bruno Retailleau, … dont les talents valent bien le ramassis poussif qui s’est aggloméré à Emmanuel Macron. Il n’y a que l’union de la droite  et du centre qui puisse donner une majorité stable. Les projections que tentent les instituts de sondages à partir du vote du 23 avril sont nécessairement fausses parce que le vote du mois de juin se fera sur des bases complètement différentes. Plus le FN sera affaibli, plus l’union LR-UDI aura de chances, quant à la  gauche, elle sera profondément divisée entre les Macroniens, les PS et les « insoumis ».

De quoi voir la vie en … bleu !

 


L’EMOTION OU LA RAISON ?

Comment on demande

 

Le  choix par défaut

En éliminant François Fillon dès le premier tour, les Français ont tourné le dos à la raison. La logique du déni l’a emporté. Au premier tour on choisit, au second, on élimine. Cet adage bien connu s’applique pour une fois à l’électorat de la droite républicaine qui découvre que c’est bien compliqué à réaliser. Ne comptez pas sur moi pour vous donner un avis. Je sais ce que je vais faire, mais c’est un choix personnel. Certains suivront les consignes données dès le soir du 1er tour par François Fillon approuvé par un certain nombre de personnalités, d’autres, en colère contre les turpitudes assénées à  leur candidat, choisiront de se venger en suivant les indications d’autres leaders, ou décideront de camper sur l’Aventin en allant à la  pêche. Les arguments des uns et des autres ont leur logique, il est donc difficile de s’y retrouver. Alors, chacun n’en fera qu’à sa tête comme si l’élection n’engageait pas vraiment l’avenir du pays et la suite, le troisième tour, celui des législatives. La différence entre l’électeur de base et le ténor du parti, c’est l’analyse politique qui conduit ce dernier à la décision de raison qui permet d’envisager la suite. La politique n’est qu’une suite de rendez-vous qu’il faut gérer séparément les uns des autres et qui n’exclut pas le calcul. La vraie question, à laquelle Nicolas Sarkozy a certainement tenté de répondre, c’est : « Qu’est-ce qui est le  mieux si on veut avoir une chance de remporter les législatives qui suivent ? ». On connait la  suite. Mais l’important, quel que soit le choix de chacun, c’est de se retrouver ensemble pour l’élection suivante.

La soif d’alternance est toujours là

Le  vote sanction, qui participe de la tradition de toute élection, pour une fois n’a pas pu s’exprimer du fait du renoncement de Hollande  à se représenter. Les électeurs qui voulaient avant tout rejeter le bilan du quinquennat n’ont pas pu le faire. D’autant  plus que les candidats qui auraient pu le porter s’en sont habilement défaussés, Macron parce qu’il a quitté  le gouvernement avant la fin du mandat, Hamon parce qu’il faisait partie des « frondeurs ». Cela explique que la campagne  n’a pas trouvé de vraie ligne directrice. Et contre toute attente, le  vote-sanction s’est retourné contre Fillon en raison des « affaires » qu’on lui a imputées et dont les médias se sont emparés. Le vote d’espoir qu’il  aurait pu représenter s’est alors décalé sur un autre candidat,  plus inattendu en raison de son programme  archaïque,  Jean-Luc Mélenchon. Mais ce que montrent les études  d’opinion, c’est que  les Français, quel que soit le candidat élu,  sont majoritaires  à penser que la situation du pays ne s’améliorera pas. Ils sont partagés entre la colère d’une partie du pays en faveur de Marine Le Pen, la déception de l’électorat de gauche qui a bénéficié à  Jean-Luc Mélenchon, et tous ceux qui étaient à la recherche d’un renouvellement qui a permis le succès d’Emmanuel Macron. Mais la soif d’alternance est toujours là. Aucun des candidats n’en était porteur,  excepté François Fillon. Elle est elle aussi « en souffrance ». L’offre du second tour ne permettra pas de l’assouvir.

Le paysage politique à quatre

Il y a aujourd’hui quatre France : celle des métropoles, plutôt aisée et assez jeune qui a voté Macron, celle des diplômés, des retraités et des catholiques s’est prononcée en faveur de Fillon, une troisième, celle des banlieues, populaire et jeune a  penché  pour Mélenchon, et enfin celle, populaire, des zones rurales et des petites villes qui a davantage profité  à Marine Le Pen. Ces quatre tendances ne s’agrègent pas pour former deux blocs clairement définis et le clivage auquel on assiste  pour le 2nd tour entre  mondialiste-européiste et national-patriotique est une caricature.  Cela laisse des opportunités de recomposition pour les législatives. Si le PS sort étrillé de son incapacité à se positionner, la droite républicaine et le centre n’a pas connu une défaite si humiliante qu’elle en soit désarçonnée. Au contraire, les circonstances consolideraient plutôt son électorat prêt à en découdre à la première occasion. Car, la  caractéristique du succès de  Macron c’est de reposer sur une ambiguïté et une mosaïque qui rendent très friables ses  positions : le gros de ses voix vient de chez Hollande (13  pts), auquel s’ajoutent celles de chez Bayrou (4 pts),  et de chez Sarkozy (5 pts), par rapport au vote de 2012. Entre peur de  Mélenchon et trouble sur le vote Fillon, Macron a bénéficié du vote utile pour 45% de ses électeurs. Enfin, le vote Le Pen est très en retrait des attentes et des résultats  pronostiqués il y a encore peu.  Des résultats en baisse même dans des fiefs comme Béziers (- 17%) ou Hénin-Beaumont (- 13%). Les  explications sont multiples à commencer  par la concurrence de Mélenchon qui a pu trouver à cette occasion une revanche sur 2012, avec la France insoumise. Son programme économique a dissuadé un grand nombre d’électeurs traditionnels de  la droite de franchir le Rubicon. C’est un affaiblissement que sa présence au 2nd tour ne comble pas complètement.  En effet, sa capacité  à faire élire un grand nombre de députés s’avère altérée et sa base électorale pour gagner  le 7  mai est beaucoup trop faible pour qu’elle ait une vraie chance.

Penser aux législatives n’est pas illégitime

Pour les Républicains, une victoire aux  législatives, dans ce contexte, devient, contrairement à  l’habitude, une perspective envisageable. On voit  bien que les  électeurs pourront avoir en juin des  motivations différentes. Par exemple, nombre d’entre eux qui ont été détournés de Fillon pour des raisons de  morale, n’auront aucune peine à revenir à leur candidat local, d’autant plus s’il est député sortant. D’ailleurs  c’est  bien  pour ça que Macron fait des pieds et des mains pour débaucher des ténors dans les rangs LR. Il sent bien où est  le  danger qui pourrait le priver d’une majorité à lui pour gouverner. Et en attendant, il est obligé de  différer ses investitures pour ménager  d’éventuels sortants PS « macrompatibles ». La supercherie sera alors évidente : il n'incarne pas une vraie alternance. Car dans les circonscriptions, ses candidats, pour la plupart inconnus, vont se retrouver confrontés à un sortant PS et un mélenchoniste le couteau entre les dents. A droite, les candidats LR, investis depuis longtemps sont déjà sur le terrain et devraient arriver devant le FN dans de nombreuses circonscriptions, surtout si Marine Le Pen a été battue. De ce point de vue, si Macron n’est pas la solution, la solution passe par  Macron.  CQFD. Une revanche de  la droite est  tout à fait possible !  On assistera alors au transfert du pouvoir politique du Président de la République au Parlement, processus déjà engagé par l’insignifiance de Hollande. La raison triomphera alors !

 


LE TEMPS DES CERISES

Vague bleue

C’est à dessein que je reprends  le titre de cette chanson écrite en 1886 par Jean-Baptiste Clément, et fortement associée à la Commune de Paris. D’abord pour saluer le score mémorable de Mélenchon, ça vaut bien un petit coup de chapeau,  sans pour autant adhérer aux idées du tribun. Mais surtout, je le détourne pour rappeler à nos amis de la droite et du centre que le  mois de juin pourra être celui « des cerises », c’est-à-dire de la récolte, si on sait rester unis et offensifs.

Où va-t-on ?

Dimanche dernier, la France s’est probablement donné un président de la République avec un résultat de premier tour marqué par la dispersion, qui ne marque aucun engouement, aucune adhésion populaire. Aucun candidat n’a franchi la barre des 25% : cela montre bien la désorientation d’un peuple fracturé. Dans moins de quinze jours, sauf surprise, c’est donc un homme de 39 ans qui devrait prendre en main les destinées du pays, avec peu d’expérience de l’Etat, encore  moins de la vie politique, n’ayant de sa vie jamais été confronté au suffrage universel, crédité d’un mince bagage fourni par son passage au pouvoir, et qui semble de prime abord, dépourvu de vision historique. Idole pour l’instant du monde médiatique, il doit son succès à un effet de mode qui aura une fin, avant de se transformer, au fil des déceptions qui ne manqueront pas d’arriver, en mise à mort rituelle. J’en fais le pari. Mais je ne peux pas  croire que les Français aient voulu prolonger, à travers lui, le mandat de François Hollande et ça fait cher payé le visage nouveau ! Il n’a pas d’orientation politique précise ni de projet clair, encore moins de force politique structurée susceptible de lui fournir une majorité stable : voilà qui offre  une occasion inespérée pour une « renaissance ». Une vraie !

Sortir du piège surréaliste du 2ème  tour.

Mais d’abord, il faut sortir du piège surréaliste du second tour. Le 21ème siècle a fait irruption dans nos mœurs politiques de la façon la plus effroyable : puissance de la propagande médiatique, triomphe des scandales et de la polémique, instantanéité des informations vraies ou fausses, délires des réseaux sociaux… On s’étonnera ensuite qu’il en résulte une forme d’indifférence née de la confusion des idées. La campagne débouche sur une désintégration de la vie politique française telle qu’on la  connaissait. Pour la première fois depuis le début de la Vème République, la droite n’a pas de représentant au second tour. Elle est balayée avec 20% des voix alors qu’elle disposait d’un boulevard après cinq ans d’opposition. Le parti socialiste et ses alliés écologiques, eux, se ridiculisent en n’atteignant même pas 7%. Le  communisme qu’on croyait moribond renait avec les accents d’un démagogue admirateur des dictatures gauchistes sud-américaines. Contrairement aux idées reçues largement véhiculées, cette élection ne marque pas de poussée irrésistible de l’extrême droite, un temps surestimée par la faible participation aux élections intermédiaires. Le score de Marine Le Pen paraît même dérisoire au regard des prophéties sondagières annoncées depuis des  mois. A la faveur de la confusion, les jours à venir vont voir leur lot de migrations des éternels assoiffés de pouvoir vers les mangeoires qui paraissent plus prometteuses. Le second tour annoncé n’est pas le pire cas de figure que nous pouvions imaginer, mais il n’en est pas loin : nous sombrons dans un affrontement idéologique stupide et caricatural entre « mondialisme » et « nationalisme » alors que la France aurait tant besoin de sérieux, d’un vrai gouvernement, d’action et de réforme.

Rendez-vous en juin !

L’élimination de  François Fillon dans les conditions que l’on sait mérite bien une revanche, dans un pays qu’on dit  majoritairement de droite. Ce que nous montre, en effet, ce  premier tour, c’est que  le pouvoir présidentiel est moribond. Il a été anéanti par une présidence « normale jusqu’à l’insignifiance », suivie d’une élection noyée par des candidatures improbables jusqu’à la caricature. Il  y a toujours eu un candidat folklorique, de Marcel Barbu à Marcilhacy, mais rarement autant de plaisantins comme en 2017. Et pour les principaux candidats, tout a été faussé : entre un « parvenu préfabriqué » et un tribun sorti directement du 19ème  siècle hormis son hologramme, il  était difficile de faire ressortir l‘étoffe de chef d’Etat d’un Fillon qu’on a pris soin de dégrader à coups d’accusations malfaisantes. Il nous faudra donc attendre qu’une grande figure digne de ce nom réapparaisse pour que le pouvoir présidentiel reprenne du lustre. Mais aujourd’hui, il est, de fait, anéanti. Et  ce n’est pas en projetant dans le fauteuil un candidat marqué  par l’inconsistance politique que la fonction va reprendre tout son poids.

Profitons de ce concours de circonstances. Dans ce contexte, c’est l’Assemblée nationale qui peut incarner la souveraineté, elle a le pouvoir de faire la loi, d’imposer des réformes et une politique. C’est d’elle que procède le gouvernement qu’elle est chargée de contrôler. C’est à nous,  la droite et  le centre, de  proposer la vraie alternance.  Tout peut commencer avec les élections législatives de juin en permettant l’élection d’une grande vague bleue, que rien ni personne ne pourra empêcher si nous savons montrer le cap  et désigner un chef pour l’orchestrer. Nous avons une génération d’hommes politiques suffisamment neufs pour incarner le renouveau avec les Baroin, Wauquiez, Retailleau, Bertrand… Et la  victoire est possible, car le vote aux législatives est infiniment plus difficile à manipuler par les médias sur un scrutin réparti en 577 circonscriptions avec des candidats déjà en campagne dont beaucoup sont bien implantés. Le vrai grand rendez-vous démocratique sera celui de juin. Ceux qui veulent sauver le pays doivent impérativement se mobiliser et saisir cette occasion inespérée de bousculer le cours des choses.

 


L’ELECTION VOLEE

Archibald en colère

 

La machination a fonctionné 

François Fillon a été éliminé, de peu, mais c’est malheureusement la réalité. Malgré une campagne active et ses efforts redoublés, il n’a pas  pu retrouver son image de candidat intègre. L’idée qu’il  puisse être un voleur et un corrompu a détourné vers d’autres candidats une petite partie de son électorat, celle qui fait la différence. J’ai espéré jusqu’au bout qu’il relèverait le défi. Je n’ai jamais douté et je reste persuadé que la droite reste majoritaire dans le pays. Cette défaite est douloureuse parce qu’elle est sans appel. Pourtant, je ne lui jette pas la pierre : si la défaite est d’abord  celle de l’homme,  c’est aussi une défaite collective. Remercions au passage, Nicolas Dupont-Aignan qui, en privant François Fillon des deux ou trois point qui lui ont manqué, s’est tiré une balle dans le pied en faisant perdre son camp au nom de je ne sais quel « gaullisme »  intransigeant. Ma consolation, c’est que n’ayant pas fait 5%, il ne sera pas remboursé de sa campagne.  Mais surtout je veux saluer ici la cohésion dont ont fait preuve les dirigeants de la droite et du centre au cours de ce premier tour, remercier Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, et tous ceux qui se sont démenés pour animer dans toute la France des réunions. Et que surtout, ceux qui ont ajouté à la confusion en se retirant sur leur Aventin ne viennent pas donner des leçons aujourd’hui ! Enfin, je veux saluer le courage et la dignité dont François Fillon a fait preuve.  Je lui garde toute mon estime et  lui témoigne mon amitié.

La gauche et la droite, ce n’est pas la même chose

Dans la défaite de François Fillon, il y a aussi, pour une part, son projet qui a pu être jugé trop exigeant par un électorat plus difficile à convaincre et drogué aux promesses illusoires. C’est une leçon à retenir. Les  médias ne se sont pas privés de le présenter comme une « violence » et beaucoup d’électrices ou d’électeurs ont pu reculer devant les « sacrifices » qu’on leur promettait, oubliant la réalité. Il  n’empêche ! C’est le freluquet sans expérience, préfabriqué par la gauche bobo, qui a toutes les chances de l’emporter dans quinze jours. Il y a bien sûr des Républicains qui vont se venger en votant pour Le Pen, mais la marche paraît trop haute pour que la patronne du FN puisse la franchir. On s’apercevra rapidement que le mélange des genres au sein d’ « En Marche » ne fonctionne pas.  Car la droite et la gauche, c’est comme l’eau et l’huile, on peut secouer tant qu’on veut, ça ne se mélange pas et il y en a toujours une qui couvre l’autre au final. Avec un tel mouvement, passée l’ivresse de la victoire, les difficultés se traduiront rapidement par une France ingouvernable. Ce n’est pas avec eux que la France pourra se redresser. Et puisque Macron se dit aussi de droite, prenons-le  au mot en lui imposant de gouverner avec elle !

Cap sur les législatives

Car, pour moi, désormais, la priorité est que la droite et le centre restent unis. Aucun responsable politique de droite ne doit céder aux sirènes de l’opportunisme et c’est bel et bien en restant rassemblés et en défendant notre projet circonscription par circonscription aux élections législatives, que nous participerons au redressement du pays. Rien n’est vraiment perdu. Il est possible d’imposer une cohabitation. Nous avons 200 députés sortants et 377 autres candidats investis déjà en campagne. L’électorat que les  « affaires » ont détourné de notre candidat aura ainsi l’occasion de revenir dans le giron de la droite et du centre pour assurer la « vraie alternance ». Il en va  du redressement et du renouveau de la France.

 


L’ELOGE DE LA MEDIOCRITE

Hollande trempé

 

Bobards jusqu’au bout.

« Je laisse la France en meilleur état que je ne l’ai trouvée ». Comme personne ne le dira à sa  place, « l’encore-Président » pour quelques jours se délivre le satisfecit à lui-même. Le comble de la fatuité. On ne sait pas de quoi demain sera fait tant l’œuvre de destruction aura tout dégradé y compris son propre camp,  ouvrant  la porte à toutes  les  possibilités, y compris  les  plus extrêmes. Et c’est un bilan gorgé de chiffres qui sont autant de mensonges que le site de l’Elysée édite. Il  est  vrai que les statistiques habilement utilisées  permettent à peu près tout : approximation des termes, choix tendancieux des dates de référence, corrélations truquées, ou encore données sans intérêt. C’est ainsi que le sortant-fier-de-son-bilan-mais-incapable-de-se-représenter  annonce sans fausse pudeur : « 100 milliards d’€ de richesses supplémentaires créées chaque année, grâce à une croissance totale  de 5% de 2012 à 2017 » ; c’est faux : la croissance cumulée sur cinq ans a été d’un  peu moins de 4%, soit une vingtaine de  milliards par an en moyenne.  Autre annonce : « baisse du chômage  depuis  plus d’un an : plus de 100 000 demandeurs d’emplois en moins en 2016 » ; en oubliant que le chômage a augmenté de 540 000 (pour ne prendre que la catégorie A)  sur l’ensemble du quinquennat. Il ose même affirmer : «  les taux d’intérêt historiquement bas, fruit du sérieux budgétaire, au bénéfice de toute l’économie, des contribuables, des entreprises, des ménages. » Un gros bobard de plus,  chacun sait que cette baisse historique des taux doit  tout à la banque centrale européenne et à l’alignement des  planètes (pétrole bas, euro faible). Et pour terminer les exemples un chiffre savoureux : « grâce à la loi de 2015 sur les comptes bancaires inactifs sur lesquels 3,7 milliards d’€ ont été répertoriés, ce sont 317 000 € qui ont d’ores et déjà été restitués à leurs propriétaires ! » ; quel exploit, à ce rythme  il faudrait 10 000 ans pour solder tous les comptes ! Absence d’objectivité –on s’en serait douté- et surtout aucun respect de la réalité.  Ce qui est excessif est insignifiant… à prendre ici au sens propre du terme.

On se contente de  peu.

La France  a  connu un déficit record de son commerce extérieur en janvier 2017, mais le chiffre déplaisant a été masqué par un autre  plus attrayant : pensez donc, la France a créé 187 000 emplois net en 2016.  Un record depuis dix ans : faites sonner les trompettes !  il suffit de jeter un coup d’œil chez nos voisins  pour tempérer  l’enthousiasme : l’Espagne en a créé 1,5 millions en trois ans et le Royaume-Uni 450 000 l’an passé, à peu près autant que l’Allemagne. Des experts se sont félicités que notre pays ait fait 1,1% de croissance en 2016 ce qui leur paraissait très proche des 1,9% de l’Allemagne, en oubliant seulement une chose simple : à 1,1% on détruit des emplois, à 1,9% on en crée ! Une différence qui leur a échappé !

On ne regrettera pas.

Dans une quinzaine de jours,  ce sera terminé pour le Président normal-casqué et ses insuffisances. On ne regrettera pas sa voix mal posée et fluette aux intonations hasardeuses, qui a donné en permanence l’impression qu’il ne croyait pas ce qu’il disait. On ne regrettera pas  sa syntaxe de gamin de maternelle reprise d’ailleurs  par Macron : « La France, elle est grande »,  « la reprise,  elle est là »  … combien de fois a-t-on entendu cette redite enfantine de cour de récréation. Et puis ces « e » intempestifs, ces phrases hachées et coupées au mauvais endroit, vraiment un président ne devrait pas parler comme ça. Cette voix de fausset n’exprime-t-elle pas le refus de s’engager corps et  âme dans la fonction, malaise  que l’on a ressenti pendant tout son mandat. On ne regrettera pas non plus ses certitudes affichées aussitôt démenties par les faits : "l’inversion de la courbe du chômage" en est l’emblématique exemple qui lui aura collé aux basques comme le sparadrap du capitaine Haddock dans l’Affaire Tournesol. Elle aura eu un effet extraordinaire, celui de créer un suspense insoutenable autour de la publication mensuelle des chiffres de Pôle Emploi. On ne regrettera  pas enfin, cette cravate de travers et cette manche de veston mal ajustée, qui ont fait de lui un « culbuto » ridicule, incapable de représenter dignement notre pays. On ne s’étonnera donc pas de l’effacement de la « voix » de  la France en Europe et au sein des instances mondiales.

 


10 RAISONS DE VOTER POUR FRANCOIS FILLON

Fillon campagne élysée

Je les emprunte à Jean-Pierre RAFFARIN :

1/ Face a la gravité de la situation internationale, l’expérience de F.Fillon sera déterminante dans son action pour la Paix.

2/ Contre le chômage, »la politique de l’offre », le soutien aux entreprises, proposé par F.Fillon sera engagé en urgence.

3/ Avec F.Fillon, toute dépense nouvelle sera financée par des économies, pas par l’impôt ni par la dette.

4/ F.Fillon a su rassembler la droite et le centre, les Républicains et l’UDI. Nicolas Sarkozy et Alain Juppé ont confirmé leur soutien.

5/ Grâce aux 577 investitures déjà accordées pour l’élection des Députés, le projet de F.Fillon disposera d’une majorité.

6/ F.Fillon établira une autre politique pénale grâce à laquelle les condamnations seront exécutées. La fin de la politique Taubira.

7/ L’action élective de F.Fillon dans les territoires, ruraux et urbains, nous protège contre la fracture territoriale.

8/ F.Fillon est pour une Europe souveraine avec 3 réformes : les frontières, la fiscalité dans l’euro-zone et l’alliance de Défense.

9/ F.Fillon est le plus clair pour désigner notre ennemi dans la guerre contre le terrorisme : l’islamisme radical.

10/ Dans cette campagne F.Fillon a démontré son courage et sa résistance. Il a montré un caractère de chef, de Chef de l’Etat.

 


UN PREMIER TOUR QUI DECIDERA DE TOUT

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 Encore cinq minutes Monsieur le Bourreau.

Onze candidats dont dix promettent plus de beurre que de pain, ou tapent à côté du clou. La  campagne est édifiante. On y voit la déroute du Parti Socialiste, bien prévisible après  les querelles du mandat. On y voit les délires de la gauche-de-la-gauche avec  le plan Mélenchon à 235 milliards d’euros et la refondation de la république sur des bases soviétiformes : on sait où cela conduit et les jeunes qui s’apprêtent à voter pour lui ferait bien de réviser l’histoire du 20ème siècle ou d’aller faire un tour à Prague pour découvrir ce que pense la  population de son passé communiste. On y voit un Emmanuel Macron, technocrate brillant comme un faux diamant, pur produit du système français, sans aucune expérience élective, propulsé comme une lessive sur le marché des ménagères, débiter ses platitudes alimentées par un « algorithme » qui génère en temps réel les opinions attendues par l’auditoire. On y voit une Marine Le Pen égale elle-même, aussi dédiabolisée que le loup revêtu de la tunique de l’agneau, venir nous déverser  sa haine viscérale de l’Europe et ses solutions des années 60 pour relancer notre économie. On y voit les éternels égarés venir prêcher avec des argumentaires inadaptés leurs lubies ou leurs phobies et les non moins éternels candidats trostko-marxistes débiter leur litanie du XIXème siècle sur la classe ouvrière. Que voulez-vous, la démocratie a ses  avantages mais  aussi ses inconvénients ! Ils ont quand  même tous un point commun : ils nous disent « encore cinq minutes, Monsieur le Bourreau.  Pas besoins d’efforts,  la France peut continuer  à s’endetter et à vivre au-dessus de ses moyens ! ».  Le déni n'est pas la solution.

Le temps presse !

Or, il n’y a rien de plus faux.  La situation mondiale se tend et est de plus en plus imprévisible.  On entre dans une période où tout peut arriver,  le  pire –la guerre mondiale-, comme le meilleur avec la révolution numérique. Il faut à la tête de l’Etat un homme expérimenté, au sang froid et animé d’une ferme volonté. La  France est au bord de la faillite avec une dette à pratiquement 100% de son PIB : si les taux d’intérêt dérapent à la hausse, l’explosion sera inévitable et le pays sera en situation de « défaut », incapable de rembourser. Les investisseurs internationaux se sont dégagés de la dette française du fait du risque politique et c’est la Banque centrale européenne qui continue à la racheter et donc à représenter une part de plus en plus importante de détention. Une sévère épine dans le pied pour l’extrême-droite, mais aussi le risque d’entraîner l’Euro et l’Europe dans une déflagration majeure ! Il  est donc grand temps de se préoccuper de redresser la situation. Ces cinq dernières années, la France  est restée à  la traine de l’Europe avec une croissance moyenne de 0,9%. Incapable de tenir ses engagements elle a préféré laisser filer les déficits. Les taux de prélèvement sont énormes et les ménages français sont les plus imposés d’Europe. Son commerce extérieur reste lourdement déficitaire.  Ce n’est pas avec quelques mesurettes que l’on sortira le pays de l’ornière. Ce n’est pas non plus avec le repli sur soi. Encore moins avec les cadeaux fiscaux (comme la taxe d’habitation). Il n’y a que François Fillon qui propose le programme adapté à la situation. Son projet est global, cohérent et même généreux avec les Français qui ont le plus besoin de la solidarité.

Les efforts proposés ne sont pas une purge !

Les efforts proposés par François Fillon ne sont pas une purge comme on voudrait le faire croire, sauf s’il  s’agit de purger la dette et les déficits. Avec de viles accusations on a voulu nous faire douter de sa probité mais c’était pour mieux l’empêcher d’exposer sereinement son programme. Les « affaires » comme on dit, ont pu ternir son image et l’ont un  moment déstabilisé, au mépris de la plus élémentaire présomption d’innocence. Même le cadeau des costumes est un « coup monté » (j’ai mes sources) et on se passerait bien d’amis comme M. Bourgi dont on ne sait pour qui il roule. François Fillon n’est ni un voleur, ni  un corrompu !

Avant de voter dimanche, posons-nous la question : « de quoi s’agit-il ? ». Il s’agit de restaurer l’autorité de l’Etat, c’est primordial et  de  lui donner les moyen à l'intérieur comme à l'extérieur de mener les actions nécessaires  à la sécurité de la France.  De revenir au plein emploi, c’est possible et c’est une priorité. De rétablir les finances publiques ce qui suppose de diminuer le nombre des agents publics. De mettre en adéquation nos dépenses sociales avec nos moyens réels ce qui suppose de reculer, comme chez tous nos voisins,  l’âge de la  retraite.  De mettre de l’ordre dans la Sécurité sociale. De faire participer les collectivités territoriales.

Son projet c’est aussi un projet de liberté qui vise à relancer la dynamique de l’entreprise en mettant fin à l’accumulation des règlements pour lever les freins qui pèsent sur l’agriculture et toutes les initiatives permises par les nouvelles technologies. En libérant le travail du poids des 35 heures. Comme le dit Michel Godet, « ce n’est pas en ramant moins qu’on avance plus vite ». Il  est indispensable d’allonger le temps de travail, par la négociation, aussi bien dans la fonction publique que dans les entreprises. Le retour des capitaux  pour les investissements sera  facilité  par la  suppression de l’ISF et la réforme fiscale permettra plus de compétitivité en transférant sur la Tva les  charges indues qui pèsent aujourd’hui sur le travail.

Les contreparties iront aux ménages et aux Français les plus démunis. C’est la vraie justice sociale. Ainsi la baisse des charges salariales se traduira par un gain de 350 euros par salarié par an, les petites retraites seront revalorisées  de 300 euros, les familles profiteront du retour de l’universalité des allocations familiales  et du relèvement du quotient familial à 3000 €, mise en place d’un plan national de lutte contre la grande pauvreté … Les fonctionnaires auront des améliorations salariales et de carrière en échange de l’augmentation de  leur temps de travail. 

Le vote utile.

François Fillon  a montré une capacité de résistance forte face à une adversité démentielle inversement proportionnelle aux faits qui  lui sont reprochés. Des épreuves qui, a contrario, lui bénéficient pour l’avenir. Par l’ampleur  de son  projet, par  l’ambition des propositions qu’il  porte, il  me paraît à même de répondre à tous ces défis et lui seul me paraît capable de redonner  à la  France la place qui  lui revient, en Europe et dans le monde. Chaque voix du premier tour qui se portera sur un autre candidat  sera  une voix perdue pour le   redressement de la France !

 


QUELLE DRÔLE DE CAMPAGNE !

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Voilà François Fillon revenu au niveau d’avant les « affaires ».

Il talonne Marine Le Pen et le fringant Emmanuel Macron  qui font feu de tout bois. Il  n’empêche, l’éventualité  qu’il  soit au second  tour grandit  un  peu plus chaque jour qui nous rapproche du 1er tour. Pour une raison simple : les voix de  la  droite  ne se sont pas volatilisées et la brusque  montée de Mélenchon a  pu jouer le rôle  de  « châtaigne » pour les réveiller. Le  débat sur la moralité, initié par la gauche, qui se croit toujours la mieux placée pour donner des  leçons, aura été une diversion pour empêcher qu’on aborde les sujets essentiels de cette campagne présidentielle : quelle souveraineté pour la France, comment remettre le  pays à flot avec ses déficits et sa dette, quelle sécurité  à  l’intérieur et à l’extérieur, comment mettre fin au chômage de masse… Car ce qui se  joue dans cette élection, comme jamais peut-être sous la Vème République, c’est la survie de la démocratie, d’autant plus menacée que les forces à vocation totalitaire des extrêmes de droite  comme de  gauche, sont aux portes du pouvoir.

Les  « affaires »  n’auront finalement servi qu’à occulter un temps le débat.

Heureusement, François Fillon a tenu bon sous la mitraille. Car il  est la principale cible, étant le  seul  à proposer  la véritable alternance qui pourrait nous sortir à la  fois du socialisme honteux et de l’ornière. Après avoir été enterré vivant par les scénaristes faiseurs d’élection  qui faisaient la promotion de Macron, et qui se prennent maintenant à rêver avec Mélenchon à la victoire d’un populiste à leur goût, Fillon revient dans  la course à force d’une campagne qui suscite l’étonnement et l’admiration.  Lors, l’électeur, furieux que les polémiques annexes aient pris le dessus sur le débat de fond, pourrait bien se donner à celui qui par son acharnement démontre qu’il est bien le chef dont la France a besoin pour affronter un  monde dangereux. Pourtant, tout est fait  pour lui brouiller la vue en polémiques subalternes. Les affaires que juges et journalistes tentent d’accrocher aux basques du candidat de la droite et du centre font finalement chou blanc. Elles n’auront pas réussi  à évacuer  notamment la soif d’identité qui taraude les Français et à  laquelle François Fillon répond en élevant le débat sur la vocation universelle de la France.

Le « totalitarisme cool » du macronisme.

Ceux qui voient Emmanuel Macron à l’Elysée vantent l’image attrayante du personnage : jeunesse, optimisme, agilité intellectuelle. Une agilité brillante au recto-technocrate mais indigente au verso-culture.  Il y a trop  de creux, trop de flou, et beaucoup de faux dans cet avatar « hollandais ». Il a les trucages du jongleur, mais avec l’accumulation le tour tourne à la farce de Garcimore quand le voilà  obligé d’avouer au public qu’il ne comprend pas ce qu’il est en train de lire. On a tout dit sur la platitude de ses affirmations, la virtualité de ses projections, l’évanescence de sa pensée et sur le côté  « manager » ectoplasmique de « teams » à  slogan « corporates » aussi éculés que le souvenir de Lecanuet. La seule nouveauté c’est le bleu pastel de ses affiches  qui évoquent un « Lalaland » de pacotille. Ce qu’il  propose n’est ni plus ni moins qu’un « totalitarisme cool »  saturé de médias, d’Etat (beaucoup d’Etat), et de puissants (très puissants) intérêts privés. Il  est l’ami de tout le  monde, même de ceux à qui il a déclaré la guerre ou qu’il a insultés la veille. Il est le disciple de Paul Ricoeur et cela lui a donné une méthode : faire réussir la modernité en conciliant la « verticalité » et « l’horizontalité »…  Un exemple : que fera-t-il de la dette ?  Il répond qu’il faut « régler le problème » (logique verticale de l’inspecteur des finances) mais qu’en même temps il ne faut pas tuer les gens en le réglant (logique horizontale du contribuable).  Donc on règle sans tuer ! On n’ira  pas plus  loin,  on ne saura pas  qui crachera au bassinet. Macron c’est tout  le temps « en même temps ».  C’est la méthode qui compte, tant pis si elle débouche sur le vide.

Et à la fin c’est Fillon qui gagne.

C’est bien pour cette raison que François Fillon va finir par tirer bénéfice des attaques qu’il a subies pendant deux mois et dont la violence inouïe était faite pour le détruire. « Toujours l’inattendu arrive », nous prévient d’Ormesson. Il va s’imposer parce qu’il est le seul à aborder ce que personne d’autre ne propose : le redressement du pays, et autres babioles  telles  la sécurité, la dette, l’éducation, le chômage massif, le sauvetage des générations perdues, le retour des capitaux, les élites qui fuient… Quel régime politique pourrait tenir sans plan rigoureux et déterminé face à la montagne de dettes, quelle société pourrait rester viable  face à un système qui produit chaque année 150 000 jeunes sans aucun diplôme et sans autre espoir qu’une vie de chômeur-précaire et face à la multiplication des attaques contre son  mode de vie et sa culture ? François Fillon a au moins un mérite : il dit ce qu’il entend faire.  Il  est le seul  à avoir des réponses sérieuses et ça commence à se voir. En cela il est grandement coupable !

Autant de problèmes dont les démagogues populistes se  moquent du tiers comme du quart.

Il n’y a rien de plus urgent que de se constituer en soviets partout pour passer les « nuits debout » à discuter sur « l’acte fondamental », se grise Mélenchon devant les foules qu’il rassemble ; ou  à quitter l’euro et l’Europe, comme le décline rageusement Marine Le Pen, ce contresens monumental en guise de pied de nez à l’Histoire qui nous indique chaque jour que les grands empires sont de retour. Pour eux, peu importe que la France soit au bout du rouleau ! Heureusement, il reste Lassalle pour nous divertir !

 


RENAUD, QUE FAIS-TU DANS CETTE GALERE ?

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Adresse à Renaud Dutreil

Un plaidoyer compliqué et pitoyable.

Renaud Dutreil est envoyé au charbon par Macron pour tenter de colmater la brèche par laquelle les électeurs de la droite et du centre un instant tenté par la nouveauté fuient, effrayés par nombre de propositions démagogiques et ineptes qu’ils rejettent. Renaud, toi, le libéral, comment peux-tu défendre la réforme de l’ISF que propose En Marche ! Ton plaidoyer pour tenter de faire croire qu’elle sera favorable aux propriétaires est pitoyable autant qu’incompréhensible. Qui peut croire que cela ne se traduira pas par un surcroît d’impôts. Chacun sait que Macron est un disciple de Jérémy Rifkin, adepte de la société ubérisée dans laquelle la propriété est un obstacle à la consommation et à la mobilité. En plus, ton argumentaire serait plus crédible s’il n’y avait pas derrière le candidat d’En Marche, les experts de France-Stratégie avec en tête M. Pisani-Ferry, partisans des politiques que tu tentes de dénier. De la même façon, comment peux-tu cautionner la recentralisation que matérialise l’étatisation de la taxe d’habitation et l’injustice que constitue  l’exonération de 80% des ménages. Tu es bien naïf de croire que l’Etat tiendra parole sur le principe de la compensation au centime près, et même si c’était le cas, elle n’en serait pas moins une recette figée et une atteinte à l’autonomie des collectivités. Nul doute que ces dernières n’auront d’autre choix que celui d’utiliser les marges à leur disposition pour ajuster leur budget, à savoir les 20% d’assujettis restants à la taxe d’habitation et ceux qui paient la taxe foncière. Ce transfert sur les contribuables plus aisés est une double peine bien dans le droit fil de la politique poursuivie depuis quatre ans par le gouvernement Hollande, auquel Macron a participé d’une manière ou d’une autre. Rappelons-nous, qu’après avoir pratiqué un matraquage fiscal d’une rare intensité, la politique socialiste a consisté à sortir près de 2 millions de contribuables de l’impôt sur le revenu : plus de 12 millions de foyers fiscaux ont ainsi bénéficié de déductions totales ou partielles de l’IR depuis 2014 et 54% des Français ne sont plus imposés sur leurs revenus. Comment le libéral en économie que tu es peut-il cautionner cette politique inégalitaire et injuste qui va à l’encontre du principe d’équité qui veut que chacun paie à la mesure de ses revenus. En cautionnant cette politique démagogique, tu acceptes de faire basculer des dizaines de millions de Français dans une forme de prolétariat, au sens propre du terme, le « prolétaire étant le citoyen de la dernière classe qui ne fournit à la cité d’autre ressource que sa progéniture ». Ainsi 20% de petits riches paieront la taxe d’habitation de 80% de pseudo-pauvres. Inacceptable ! Comme je trouve bizarre, aussi, que tu cautionnes l’étatisation de l’assurance-chômage dont chacun sait, qu’avec l’élargissement des droits promis par Macron, cela aboutira à une baisse généralisée des indemnités, l’Etat n’ayant pas les moyens financiers à disposition. Enfin, tu plaides pour la crédibilité de ton gourou en matière de sérieux budgétaire : on peut en douter à la lecture du programme que j’ai sous le coude : 29 pages de promesses coûteuses dont le financement n’est jamais évoqué et la dernière demi-page se contente d’annoncer 60 milliards d’économies sans dire comment. Cela s’appelle une escroquerie. Renaud, réveille-toi !

Le parfait raisonnement des accros  à  la dépense publique.

Une autre tribune d’un disciple macronien a été publiée par Le Figaro. Merci au journal d’ouvrir ses colonnes et de permettre ainsi à son lectorat de découvrir la rhétorique d’En Marche ! Celle-ci avait pour but de démonter la logique du programme de François Fillon en ce qu’elle a de rigoureux pour la réduction des dépenses et le désendettement. On nous explique que la droite oublie trop souvent que la dépense publique est un outil économique qui, lorsque le dosage et son ciblage sont les bons, peut devenir un levier essentiel de la croissance et que les politiques économiques pro-cycliques pendant les périodes de récession (ou de faible croissance), comme le propose François Fillon, font courir le risque de voir l’économie du pays péricliter encore plus longtemps et de retarder le retour de la croissance. Et d’ajouter « cette diabolisation de l’Etat dépensier a déjà été mise en oeuvre lorsque François Fillon a été Premier ministre : c’est son gouvernement qui a supprimé des milliers de postes d’enseignants pour quelques économies budgétaires. Mais est-il raisonnable de regarder les métiers de l’enseignement sous le seul prisme de la dépense de fonctionnement ? L’enseignement n’est-il pas au fond un investissement sur l’avenir ? Un jeune qui est en situation d’échec scolaire car délaissé par l’Éducation nationale ne pourra devenir qu’un poids financier et social pour l’Etat. La dépense publique ne doit donc pas être regardée sur ce qu’elle coûte à un instant donné mais sur les bénéfices économiques et sociaux qu’elle rapporte sur le long terme. » C’est le discours parfait des accros à la dépense publique qui croient encore à la relance keynésienne par la consommation. Si ce raisonnement était le bon, la France ne connaîtrait pas 6 millions de chômeurs et précaires et 9 millions de pauvres. Sans compter que l’argumentaire est biaisé et fait l’impasse totale sur la crise de 2008 à laquelle François Fillon a dû faire face et en ce qui concerne les enseignants, les contreparties en amélioration de salaire et de carrière dont ils ont bénéficié. C’est soi de l’ignorance, soit de la mauvaise foi de la part de l’auteur. Là encore, Renaud, tu ne peux pas te reconnaître dans ce type de démarche. La vérité, c’est que la France a besoin d’une vraie rupture avec ce type de politique qui ne peut produire que les mêmes effets : l’endettement et la paupérisation croissante. Je ne serai d’accord que sur un point, retrouver de la croissance est essentiel pour faire baisser le niveau de la dette. Parce que ce sont les pays qui y sont parvenus qui ont retrouvé des marges budgétaires. Ce ne sont pas les propositions timides de Macron qui le permettront.

Le monde et la France selon Macron.

Les forces qui soutiennent Macron, étrange coïncidence, sont les mêmes que celles qui soutenaient Hillary Clinton, avec le sort que l’on a connu : les alliances entre le multiculturalisme et la Silicon Valley, les antiracistes de tout poil, le lobby LGBT,  Hollywood qui se traduit en France par La Croisette… Macron est bien le candidat de privilégiés bobos métropolitains, à l’aise dans la mondialisation et le libertarisme sociétal. En Marche ! est l’aboutissement de la nouvelle fascination postmoderne pour l’universelle mobilité d’un monde sans frontières, comme le montre fort bien François-Xavier Bellamy, dans lequel la France ne serait plus qu’un « hub » où l’on entre et sort de façon indifférente, avec son multiculturalisme dont le discours de Marseille a constitué l’éloge halluciné par lequel les Français n’étaient plus qu’une juxtaposition de communautés définies par leurs origines extérieures. Et c’est tout logiquement que Macron nous demande nos voix pour diriger un pays dont il dit qu’il n’existe pas, puisqu’il en nie la culture et l’art, et dont l’histoire n’a rien produit d’autre que des « crimes contre l’humanité »… En même temps, Rothschild lève des fonds pour lui mais demande la discrétion. La finance internationale ne veut pas décourager les 15% de prolétaires des classes défavorisées qui voteraient pour lui. Renaud, es-tu bien conscient de tout cela ?

 


IDENTITE, INTEGRATION, IMMIGRATION : MIEUX QUE LE PEN, FILLON !

Fillon tribune

 

Un petit trou d'air dans la campagne ? Non, juste un manque de temps qui ne m'a pas permis de publier cet article en temps voulu. Mais vous aurez le temps du week-end pascal pour le lire et moi, pour rattraper mon retard, car j'ai encore plein de choses à dire dans la dernière ligne droite.

Daniel

 

L’identité nationale, l’intégration, l’immigration, … et j’ajouterai la lutte contre l’Islam radical, voilà des sujets auxquels sont sensibles nombre de Français, attachés à leurs coutumes, leur culture, leur art de vivre et surtout à la conception d’une nation une et indivisible, héritage de la Révolution. Ce n’est pas tabou d’en parler, parce que c’est au cœur des préoccupations des habitants d’un vieux pays qui tient à rester lui-même et dont ils voient bien les menaces que font peser sur lui les effets conjugués d’une mondialisation désordonnée et d’une immigration incontrôlée. L’élection présidentielle est le moment de mettre des solutions sur la table. Je m’adresse particulièrement à ceux qui, pour y faire face et se rassurer, s’apprêtent à voter pour Marine Le Pen.

Fillon mieux que Le Pen…

On sait que la présidente du FN a fait de ces thèmes son cheval de bataille. Ce qu’elle propose est toujours plus radical dans le verbe en multipliant les mesures de rejet et de rétorsions autour du thème de la préférence nationale. Le problème c’est que la réalisation concrète se heurtera à des obstacles qu’elle ne prend même pas la peine de mesurer, de l’étanchéité des frontières à la facture financière des moyens à mettre en œuvre, sans parler du respect des traités qui constitue des obstacles juridiques qu’il faudra du temps à surmonter. La France n’est pas une île qui peut s’affranchir facilement de son environnement. Le programme de François Fillon est autrement plus réaliste. Ce qu’il préconise est un retour au bon sens dans tous les domaines : notre identité s’est construite autour de la laïcité dont le respect est primordial et pas seulement pour l’égalité des femmes et des hommes, elle est assise sur la République dont les lois s’imposent à tous et aucune autre ne peut être au-dessus d’elles. C’est pourquoi il préconise un ensemble de dispositions dont je ne vais pas faire le catalogue mais que l’on peut consulter facilement sur le site de sa campagne. De l’immigration choisie à l’obligation d’accueil des vrais réfugiés, de la politique de renvoi systématique des clandestins et des déboutés à la nécessité de collaborer avec les pays d’origine, du rôle de l’école pour viser « l’assimilation » à la suppression des pompes aspirantes que sont les dispositifs tels que l’AME … c’est un ensemble cohérent dans une politique transversale qui est proposé. Evidemment, l’Islam radical est visé, mais pas nos compatriotes musulmans. Il est en effet utile de faire la distinction, sans être naïfs : il y a bien une volonté d’emprise de minorités extrêmistes sur eux. C’est pourquoi François Fillon annonce qu’il luttera sans merci contre l’Islam politique et que s’il est élu, il prononcera la dissolution des associations salafistes et des Frères musulmans. Mais il étend son projet à la guerre qu’il faut mener au plan national, régional (l’Europe), et mondial contre ce qu’il appelle le « totalitarisme islamique », source du terrorisme qui touche de nombreux pays à commencer par la France.

… sans le risque de la faillite.

Ce qui retire tout crédit à ce que propose Marine Le Pen, c’est le volet économique de son programme. Le retrait de l’Europe, objet d’une haine incontrôlable, et celui de l’Euro conduiront inévitablement notre pays à la faillite. Il n’y a pas besoin d’avoir Sciences-Po ou HEC pour le comprendre. A l’heure d’internet et de la mondialisation des réseaux cryptés et autres, les frontières notamment financières sont illusoires. Fuite des capitaux, d’ailleurs commencée, hyperinflation, seront les conséquences inexorables de ses choix, croyez un prof d’Histoire ! Avec au bout les dévaluations monétaires et l’appauvrissement général, surtout des plus défavorisés. Quant à notre dette, libellée en Euro, imaginez la montagne qu’elle deviendra. Evidemment, elle balaie d’un revers de main ce scénario apocalyptique, mais c’est pour éviter d’aborder le sujet. En regard, le projet de redressement économique voulu par François Fillon est la garantie qu’il aura les moyens de mener la politique qu’il annonce. Le recentrage de l’Etat sur ses missions régaliennes le rendra plus fort pour intervenir : il faut plus de moyens pour la police et l’armée, il faut des places de prison, il faut une justice qui fasse son travail et que les peines soient exécutées, il faut des missions claires assignées à l’école. C’est par une politique de renouveau économique qui permette aux capitaux de revenir et qui redonne la compétitivité à notre tissu productif, par une convergence européenne réaffirmée en matière de fiscalité des entreprises, et une mutualisation des efforts de lutte à l’extérieur pour défendre la civilisation européenne, qu’on atteindra les objectifs fixés, parce que les marges budgétaires dégagées, dans un Etat qui se désendette le permettront.

Nous avons plus que jamais besoin d’un projet libéral en économie et républicain en politique. Il nous faut un Président favorable à la société civile et aux entreprises, en même temps qu’il incarne l’intérêt général dans un état fort. Comprendre qu’avant de partager les richesses, il faut les produire ! C’est renouer avec les préceptes du Général De Gaulle. Libéral et républicain : nous avons besoin des deux plus que jamais. Et dans cette campagne, il n’y a que François Fillon pour incarner ce gaullisme qui a redonné à la France sa grandeur et aux Français la prospérité !


LA RAISON PEUT-ELLE ENCORE L’EMPORTER ?

Raison

On devrait  tous rêver d’un  pays qui aurait réduit sa dette et qui aurait retrouvé le plein emploi. Cela  s’appelle  « redresser » la situation.  Cherchons donc dans tous les candidats quels sont ceux qui nous   proposent de transformer ce  rêve en réalité: il n’y en a qu’un et c’est … François Fillon. Les autres c’est soit, comme Macron, un projet mollasson pour ne fâcher personne, soit comme Mélenchon ou Le  Pen, des sorties de route assurées avec aggravation de la situation.  Les autres, faut-il en parler ?

De Charybde en Scylla.

Le  pire qui pourrait nous arriver ce serait que  Mélenchon et Le Pen soient qualifiés au second tour. Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que, si cela arrivait, la droite de gouvernement votera massivement pour la présidente du Front national et la gauche pour le chef du parti de gauche. La droite votera pour conjurer le danger d’une gestion trotskiste et la gauche pour écarter le néo-fascisme. C’est Charybde et Scylla* : un choix impossible pour tous les démocrates. Car l’admirateur de Chavez et de Castro, l’homme qui annonce sans ambages qu’il va dépouiller les épargnants, l’islamo-gauchiste impénitent qu’il  est, n’a rien à envier, dans le genre destructeur, à la femme qui a cru bon de relancer le débat sur les responsabilités de l’État français pendant l’Occupation, qui nous présente un programme propre à nous ruiner tous et qui nous promet le retour à  la souveraineté illusoire procurée par un franc de pacotille.  Il est  facile alors pour  Fillon et Macron  d’apparaître
dans ce tableau consternant, comme des planches de salut. Sauf que François Fillon ne peut  progresser qu’en reprenant à Emmanuel Macron  les points qui lui manquent tandis que celui-ci rend coup pour coup dans l’espoir de l’empêcher de se qualifier.

Le renouveau passe par le « redressement ».

Il n’y a donc que deux candidats crédibles : Macron et Fillon. Ils proposent tous les deux un programme de baisse des charges pour les entreprises et de relance des investissements, de  diminution de la dette publique et d’amélioration du pouvoir d’achat.

Ce que  propose  Macron est dans le droit fil des politiques menées depuis  trente ans. Le candidat est audacieux dans la forme, mais finalement très conventionnel sur le fond : il propose de continuer dans la voie de « l’Etat Providence » en continuant le partage des revenus par les transferts sociaux (la redistribution), aggravant même le poids de l’Etat avec  l’exonération de la taxe d’habitation, en bon social-démocrate qu’il  est. Or, c’est cette politique qui nous a menés à la situation actuelle d’endettement, de dépenses publiques excessives et au chômage de masse. Celle-ci, inaugurée en 1976 avec Jacques Chirac qui proposa que les chômeurs seraient indemnisés à 90% pendant un an, était rendue possible à l’époque par les marges économiques dont le pays disposait qui permettait de financer une protection sociale étendue. Elle fut prolongée jusqu’à aujourd’hui,  l’endettement remplaçant les  marges économiques épuisées par une croissance trop faible. « Nous réduirons les cotisations payées par les salariés, par les indépendants et les fonctionnaires : soit près de 500€ nets par  an pour un salaire de 2 200€ net par mois », mais Macron reste silencieux sur le plein-emploi, et pour cause.  C’est pourquoi, son programme, au mieux maintiendra la France à son niveau actuel, au pire l’aggravera  si le contexte international se dégrade.

Ce que propose François Fillon est beaucoup plus convaincant. Son programme présente une grande homogénéité en coordonnant baisses des charges sur les entreprises, réduction drastique des dépenses et amélioration du pouvoir d’achat pour les Français qui sont les plus exposés. Surtout, et c’est ce qui est une petite révolution, il propose de sortir du cercle vicieux de la « préférence nationale pour le chômage » en revenant à une politique de partage des revenus à travers le travail.  Ce n’est pas du libéralisme, c’est du bon sens. Le candidat semble conservateur dans la forme,  mais c’est lui qui est audacieux sur le fond.  Seule cette politique permettra le retour au plein emploi. Ce qu’il propose n’est pourtant, ni plus ni  moins, que la recette utilisée par nos voisins qui sont aujourd’hui au « plein emploi » : Allemagne 3,3% de chômeurs, France 10% ! Un autre paramètre est évocateur : les cotisations d’assurance-chômage atteignent 6,4% en France contre 2,8% en Allemagne. Compétitivité et modernisation, formation et flexibilité, on connait les remèdes. « Le travail pour tous », voilà le vrai slogan du projet Fillon. Il est le quotidien des habitants de toute l’Europe du Nord, pourquoi pas chez nous ? François Fillon a toujours une chance de se qualifier pour le second tour. Une chance à saisir pour que la raison l’emporte sur la démagogie.

Il ne reste plus qu’à attendre que les événements se décantent, mais il demeure que jamais campagne n’aura été aussi hargneuse, jamais les enjeux n’auront été aussi importants et jamais l’offre politique n’aura été aussi incertaine, et déroutante à bien des égards.

 

*Charybde et Scylla sont deux monstres marins de la mythologie grecque, situés de part et d'autre d'un détroit traditionnellement identifié comme étant celui de Messine. La légende est à l'origine de l'expression « tomber de Charybde en Scylla », qui signifie « aller de mal en pis ».

 


MELENCHON VOIT ROUGE

Mélenchon Marseille

 

Le Staline charismatique.

Marseille : toute cette foule, le soleil, l’ambiance, c’est génial ! Et puis, quel tribun ! Mélenchon fait  le show et attire. D’ailleurs, tous les sondages le disent : il est perçu comme quelqu'un d'honnête, qui a une vraie vision et de plus en plus, qui a la stature d'un président de la République. Et pas fier, avec ça ! Incontestablement, le tournant de la campagne de Jean-Luc Mélenchon vient de sa bonne performance lors du premier débat télévisé, le 20 mars dernier, où il est apparu comme un homme sincère, fidèle à ses convictions, et sur la forme, avec ses grandes qualités de tribun. Depuis son image dans l'opinion a connu une très forte progression.  Surtout, sa prestation a vidé de son sens la candidature de Benoît Hamon. Peut-être les gens ont-ils pensé, alors pourquoi se priver ?  Autant voter pour le  si sympathique Mélenchon. Au moins lui n’a pas  un balai dans le c… comme son concurrent de gauche. A partir de là, la dynamique Mélenchon a profité de l'auto-entraînement médiatique. Plus on parle du "candidat qui monte", plus il monte, et plus il monte, plus on en parle.

La dépense publique comme recours.

La formule est connue pour définir ce qu'est l'élection présidentielle française : c'est la rencontre d'un homme ou d'une femme et d'un peuple. Le risque est que le projet disparaisse derrière le profil. C’est pourquoi une question se pose : « Le succès actuel de Mélenchon vient-il d'un électorat en phase avec ses idées ? » C'est assez curieux, alors que le contexte n'est pas du tout favorable à la gauche, et encore moins à la gauche radicale. Tout d'abord avec le rejet profond du quinquennat de François Hollande, mais aussi avec les questions économiques et sociales. Dans les enquêtes d’opinion, une majorité de Français souhaite tout le contraire  de ce que propose la gauche radicale : moins d'impôts, moins d'Etat, plus de flexibilité et de liberté pour les entreprises. Le héraut de La « France insoumise » est devenu un candidat « normal », juste un peu plus à gauche que les autres. Il serait temps, vraiment temps, de se réveiller. Jean-Luc Mélenchon défend un projet insensé que peu de gens ont apparemment lu. En politique étrangère, son anti-américanisme est aussi fort que son engouement pour la Russie et le Venezuela. En économie, il manie les centaines de milliards d'euros quand d'autres se contentent de chiffres avec un zéro : avec lui, les dépenses nouvelles ordinaires grimperaient de 173 milliards (évaluation minimaliste), avec, en sus, un plan d'investissement de 100 milliards. Les dépenses publiques, déjà supérieures à 55 % du PIB aujourd'hui, franchiraient donc la barre des 60 % - avec quelques économies comme, forcément, l'arrêt des subventions à l'enseignement privé. Voilà un record mondial qui se profile à coup sûr parmi les pays développés. Les prélèvements obligatoires bondiraient, eux aussi, nettement, et pas seulement avec une imposition à 90 % des plus hauts revenus. Marine Le  Pen  a un programme de gamine à côté !

L’Etat maitre de l’économie.

Cette vision de la politique économique, qui fait croire qu'il suffit d'injecter de l'argent public pour qu'il en sorte de la croissance et de l'emploi, est si répandue en France qu'elle ne surprend plus. Le fait que depuis trente ans elle ait échoué, ne l’empêche pas de perdurer. Le candidat des insoumis y ajoute une nouveauté pour faire croire que cette fois cela va marcher : la sortie de l'euro. Car il ne faut pas s'y tromper. Les conditions que Jean-Luc Mélenchon pose au maintien de la monnaie unique avec la reprise en main politique de la BCE et la capacité pour les banques centrales de financer directement la dette publique, sont telles qu'elles ne sont pas acceptables par l'Allemagne, qui a la stabilité monétaire et l'autonomie de la politique monétaire comme obsession depuis l'hyperinflation d'avant-guerre. Ce projet radical aurait le même destin que le Programme commun de 1981 : l'échec car il repose sur une double illusion économique. La France n’est pas un champ clos où l’on peut cultiver ses salades sans s’occuper des voisins.  Encore faut-il répéter quelle catastrophe pour notre économie et l’épargne des Français provoquerait la sortie de la monnaie commune, avec en plus une dette décuplée par  le découplage franc-euro. Mais il est vrai, la dette Mélenchon s’assoit dessus.  Pas certain que ce soit l’avis de nos prêteurs.

Y’a comme un défaut !

Pour nous rassurer, les  faiseurs d’opinion nous expliquent qu’il ne pourra guère monter plus haut. On aimerait bien les croire. On est encore tout surpris de la « standing ovation » que lui ont fait  les étudiants d’une grande école en économie. Je pense tout de même que la gauche radicale ne pèse pas 20 % de l'électorat en France. Mélenchon peut encore récupérer quelques voix de Benoît Hamon, mais pas beaucoup, car il restera toujours un petit socle d'électeurs fidèles aux socialistes. S’il veut encore élargir, il lui faut viser maintenant les abstentionnistes : 35 % des électeurs ne sont pas encore sûrs d'aller voter. Parmi eux, il  y en a qui hésitent entre l'abstention et le vote Front national, comme signe de protestation. Ceux-là pourraient être tentés par un vote Mélenchon. Il peut encore cibler l'électorat populaire, celui des classes ouvrières, des régions désindustrialisées, lui aussi très tenté par le Front national, ce qu'on surnomme le « gaucho-lepénisme ». Le problème, c'est que ses propositions socio-économiques peuvent plaire à ces électeurs mais sur les questions régaliennes, notamment l'immigration, il est complètement à l'opposé de leurs attentes. Et c'est un sujet prioritaire pour cet électorat. Ce sera donc très compliqué de les attirer. Ouf ! (provisoire)

L'ascension de Jean-Luc Mélenchon dans les sondages ne passe pas inaperçue. Au point que même les marchés commencent à s'inquiéter d'un duel Le Pen- Mélenchon au second tour. Hier, les taux français se sont tendus à 0,92%... Aux yeux de l'opinion, Emmanuel Macron se place encore comme le candidat le plus crédible pour occuper le poste suprême. Mais paradoxalement, le candidat d'En Marche garde encore les traces de son passage dans le gouvernement Hollande ce qui ne contribue pas à solidifier son socle. Et ça, il semble  bien que les Français ne l'ont pas oublié. Mais tout  peut encore  changer : il suffit que l’un des quatre premiers réussisse à déplacer 600 000 voix (une broutille). Et Fillon y croit plus que jamais.

Décidément, cette campagne présidentielle ne ressemble à aucune autre...

Demain : Fillon porte de Versailles !


LA MACHINE A REMONTER LE TEMPS : MELENCHON

Mélenchon Marseille

La  décomposition de la gauche socialiste.

Les   socialistes peuvent maudire une primaire qui, en définitive, aura fait beaucoup de ravages au PS où elle a permis à la fraction minoritaire, les frondeurs, de s’emparer du parti. Du coup Manolito  s’est vu dans une posture qui l’a  obligé à renier son engagement de soutenir le vainqueur et Hollande lui-même obligé de demander à M. Hamon de défendre le bilan du quinquennat qui s’achève. Une absurdité qui consiste à réclamer à son adversaire de tresser les lauriers à celui qu’il a  combattu et finalement vaincu puisqu’il n’a pas pu se représenter. Des contorsions  qui ont fini de dégoûter un électorat dont une partie ne peut se reconnaître dans le projet chimérique du candidat officiel qui s’effondre dans les sondages.

La gauche radicale se régale.

 C’est  Mélenchon qui récolte ce que la zizanie de la majorité du quinquennat a semé. Son score, est longtemps resté inférieur à celui de Benoît Hamon ; il prend son essor depuis deux ou trois semaines. Il devance maintenant le candidat du PS d’au moins six points. Sa progression, qui n’assure pas encore sa qualification pour le second tour sème l’épouvante au PS, où l’on craint fort que, le 24 avril, le parti ne soit plus qu’un « cadavre à la renverse »,  pour reprendre une expression célèbre. Mais sa  progression,  le « leader maximo », mi-castriste mi-chavezien, la doit aussi à son talent et à sa formidable capacité à faire  le show aussi bien sur les plateaux télévisés  que sur les estrades de ses meetings. Jean-Luc Mélenchon qui, ayant choisi de se présenter en candidat indépendant, niant à la gauche tout ascendant sur lui, pourfendant avec le même triomphalisme ses concurrents de gauche et ses ennemis de droite, se montre maintenant plus drôle, plus efficace dans ses analyses critiques, et moins donneur de leçons. Une recette qui suffit à faire de lui une idole des Français. Le voilà « populaire », la jouissance suprême  pour  lui. Le problème c’est que son projet nous ferait plonger directement dans les affres des régimes communistes du 20ème siècle. Un véritable retour en arrière. Mélenchon, c’est une  machine à remonter le temps à 200 milliards !

Une  progression qui doit faire peur.

La question qu’il faut poser ne porte pas sur Mélenchon et le mélenchonisme, mais sur les conséquences d’une popularité suffisamment ascendante pour secouer les dés une fois de plus. Que se passera-t-il si le chef du parti de gauche devance Fillon et Macron au premier tour ? Les  dégâts sur la droite importent peu.  C’est la perspective d’avoir à choisir entre deux programmes qui sont deux versions marxistes : celle de Mélenchon,  plus contemporaine et celle des années 60 de Marine Le Pen.  Voilà  la France dans une impasse catastrophique si un 2nd tour Le Pen-Mélenchon se produisait. Or, il n’est pas impossible de l’imaginer aujourd’hui. Car une des nombreuses remarques qu’inspire cette campagne électorale d’un style inédit, c’est l’extraordinaire plasticité de l’électorat. Il n’a pas encore fait tout-à-fait son choix et il se porte successivement sur des candidats différents. Le retrait du président sortant dont l’impopularité  perdure, a déverrouillé l’électorat de gauche et permis sa remobilisation. Il faut faire avec.  A contrario, ceux de droite, émus  par  les « affaires » sont en partie démobilisés et peuvent avoir envie de trouver refuge chez Le Pen ou Macron. Ceux de gauche, au fur et à mesure que Macron apparaît comme le  « recycleur de ceux qui ont trahi », vont donc chez Mélenchon. C’est qu’avec 300 milliards de dettes supplémentaires, et un million de chômeurs de plus, il peut y avoir chez les « laissés pour compte » de  politiques qui ont  échoué, une amertume suffisante pour alimenter le besoin de se venger. Voilà où nous aura conduit l'impéritie du président "normal". Voilà pourquoi tous les vases communiquent ? Le critère du choix pour un nombre croissant d’électeurs, n’est plus la tendance idéologique, mais le besoin viscéral de régler son compte à la classe politique.

Le réflexe du vote de raison.

Reste à espérer, que devant la situation internationale qui se tend, l’électorat revienne à la raison.   Qui confierait les  clés de la maison « Elysée » à des apprentis dans un tel  environnement ? Dans ce cas, il n’y a qu’un candidat qui émerge et qui présente les garanties suffisantes par son projet  et son expérience, pour y faire face : c’est François  Fillon. Son discours, à la porte de Versailles, devant plus de 25 000 personnes en fait foi.  Les Français doivent en percevoir le sérieux et la gravité. La tourmente se prépare, on voit de mauvais vents se lever. Il faudra un capitaine à la barre, et qui la tienne fermement ! On a jusqu’au 21 avril  pour les en persuader.

 

 


L’EMBOBINEUR : PEUT-ON LE CROIRE ?

Macron emission pol

 

Il a réponse à tout.

Il sait tout mieux que tout le monde. Il a une élocution vibrionnante  au point d’empêcher ses interlocuteurs de s’exprimer. Comme Ségolène Royal, il a toujours  raison,  même quand il a tort. Il a plusieurs vérités successives qui varient d’une émission à l’autre. Et pourtant, il aurait fait mieux que tous ses concurrents avec 51% de convaincus parmi ceux qui ont regardé « l’émission Politique ». Miracle de  l’audiovisuel qui donne la prime à  l’image et au spectacle aussi superficiels soient-il !

Emmanuel Macron ferait-il un bon président de la République ? Peut-être. En tout cas pas pour moi. J’aurai du mal à confier les clés de l’exécutif à un béotien qui confond dépenses de fonctionnement et d’investissement dans un budget  public, et qui n’en démord pas. Je n’aime pas sa façon méprisante de traiter ses interlocuteurs en « Monsieur-détenteur-de-la-seule-vérité-qui-vaille ». Lui seul est moderne, sous prétexte qu’il  est jeune : il a, d’évidence, encore beaucoup à apprendre et je ne donne pas cher de sa peau après quelques mois de pouvoir. Il découvrira alors que la roche tarpéienne est proche du Capitole. La difficulté, avec M.  Macron, c’est que ses versions changent tout le temps, selon le moment, l’interlocuteur et l’air du temps. Que croire ? Forcément, à un  moment donné  la réalité vous revient dans la  figure  comme un boomerang. Mais avant d’aller voter, on voudrait bien y voir clair.

Beaucoup de baratin et un jeu de bonneteau.

Quelques exemples. Certes, M.  Macron  veut baisser les charges et les impôts qui pèsent sur les entreprises, mais on peut douter que ce geste soit suffisant pour relancer  la croissance.  Le discours sur le temps de travail, la  place du dialogue social est plein de contradictions. On cherche en vain  la capacité  à réduire les  déficits et  la dette quand on considère la  facture des promesses :  Les  60 milliards d’économies annoncés  sont un affichage  plus qu’une volonté réelle,  avec  15  milliards de dépenses nouvelles  auxquelles il  faut ajouter les 50 milliards qualifiés « d‘investissement » alors que le contenu sera affecté à du financement de fonctionnement. La mise en place d’un système de retraite universel par points  ne règle en rien le problème du financement qui ne sera équilibré à l’horizon 2030 qu’en reculant l’âge de départ. Et on ne sait pas comment sera trouvé l’équilibre à long terme. En réalité, le taux de remplacement n’est pas  garanti ce qui veut dire que les pensions diminueront au moment de la liquidation sans compter que les  pensions en cours de  versement seront aussi  affectées. Le choix d’augmenter la CSG n’est pas le meilleur en terme de pouvoir d’achat et pour l’activité, alors que  2 points supplémentaires de TVA sur le taux à 20% auraient un moindre impact sur la croissance, n’aurait pas de répercussion significative sur les  prix et permettrait de  faire participer les produits importés au financement de notre  protection sociale. L’amélioration du pouvoir d’achat qui est prévue oblige à repousser l’application du prélèvement à la source qui en annulerait l’effet au 1er janvier 2018. Encore un tour de  passe-passe. Par ailleurs, l’étatisation de l’assurance chômage mettrait fin au paritarisme sans raison sérieuse et aurait l’inconvénient de  la transformer en assistance-chômage assise sur l’’impôt (la CSG). Le résultat à en attendre, compte-tenu des  marges de financement de l’Etat, c’est une indemnisation faible et de courte durée. Le projet de suppression de 120 000  postes d’agents  publics, c’est  mieux que rien ou que de les  augmenter, mais c’est notoirement insuffisant en regard des enjeux de modernisation et pour l’accompagner de contreparties en rémunération et amélioration des carrières.

Un projet plus à gauche qu’il  ne veut le dire.

Macron pratique l’habillage habilement. Il communique volontiers sur les ralliements venant de la droite. Mais la  plupart des politiques qui le soutiennent sont de gauche, ses collaborateurs sont de gauche et viennent d’organismes conseils du gouvernement, tout comme ses experts.  M. Macron,  bien qu’il s’en défende, est le candidat de contrebande des socialistes, et l’héritier en ligne directe d’une politique qui a échoué. On se demande par quelle magie son projet deviendrait de droite  et lui  « nulle part » sur l’échiquier politique. Et les prescriptions de  M.  Laine, chantre du libéralisme, nous vantant les charmes macroniens, et appelant au ralliement de la droite réformatrice, il serait plus convainquant s’il n’avait pas délocalisé toutes ses activités à Londres il y a deux ans.   En bon libéral universaliste, il est  bien dans la ligne de celui qu’il soutient.

S’il M. Macron est élu, on n’en aura pas fini avec les contorsions, les arrangements, les majorités de circonstance et bonjour l’instabilité … Une situation  périlleuse  pour la France alors  que la guerre gronde un peu partout !

 


DEBAT EN DIAGONALE…

Debat-presidentiel-le-podium

 

Impossible mais nécessaire.

Trop long, trop confus, trop convenu… mais comment faire autrement avec onze candidats dont au moins cinq n’ont pas leur place. Ce fut une discussion-fleuve que malgré tout les deux chaines organisatrices ont réussi à cadrer un minimum. Je l’ai regardé en diagonale et souvent d’une oreille distraite. Amusé par  la voix rocailleuse et les arguments basiques de Lassalle, agacé par  les sempiternelles rodomontades gauchistes d’Artaud figées dans le temps, énervé par l’agressivité donneuse de leçons de Dupont-Aignan qui ne visait qu’un seul, impavide devant  les  arguments creux de  Macron toujours d’accord, hermétique aux arguments de Le Pen, rigolard face aux clowneries de Poutou (je ne devrais pas, il paraît qu’on ne se moque pas), incrédule devant les démonstrations autoritaires d’Asselineau, étonné par les tours de passe-passe de Mélenchon, insensible à ceux d’Hamon, attentif aux réactions toujours aussi posées et précises de Fillon. J’en ai oublié un. Je ne sais plus ce qu’il  a dit. Onze candidats, c’est beaucoup, c’est trop, et cela jette la confusion dans une conversation qui devient alors inaudible.  Restait à faire du théâtre pour exister, ce que Fillon répugne à jouer.

Un débat utile ?

Il est difficile de dire si ce débat télévisé a déplacé les votes. Certes, les candidats s’en sont envoyé des vertes et des pas mûres et aucun sujet n’a été enterré, mais comment développer un raisonnement avec si peu de temps imparti. Les « poursuites » qui empoisonnent la campagne de François Fillon et de Marine Le Pen et pour lesquelles ni l’un ni l’autre n’avaient construit avant leur prise de parole une argumentation, ont été évoquées et ont fait ressortir quelques éléments d’’information utiles. Ainsi face à une difficulté judiciaire il y a une défense possible. Evidemment, l’occasion était trop belle pour les candidats dits « petits », ceux dont les chances d’arriver au second tour sont quasi nulles, d’attaquer François Fillon sur l’inadéquation entre ce qu’on lui reproche et les mesures qu’il propose, notamment d’augmenter le temps de travail : un prélude aux défilés qui ne manqueront pas de  battre le pavé  s’il  est élu,  mais ça, on le savait déjà. Est-ce que, pour autant, le débat a convaincu l’électorat, a confirmé les choix ou les a changés ? Environ 40 % des électeurs se disaient encore indécis à trois semaines du premier tour. Combien ont pris une décision ? Les sondages nous diront rapidement si l’électorat a bougé. Ceux qui regardent sont ceux qui ont déjà des convictions.  Car il faut aimer la politique pour s’arrimer quatre heures durant devant son poste. Mais pour changer d’avis, il faudrait  passer outre ses convictions personnelles et avoir des candidats qui aient le temps de décrire une vision d’avenir, ce qui parait aléatoire quand vous disposez d’un total de 15 minutes à la fois pour cogner l’adversaire et parer les coups. Il y a eu quelques moments utiles comme  celui où Benoît Hamon a attaqué Jean-Luc Mélenchon au sujet d’une politique européenne dont l’issue inéluctable est le « Frexit ». Moments trop rares noyés dans les arguties idéologiques…

Un paysage inchangé.

Après le spectacle, on n’est pas plus avancé : le paysage politique reste aussi étrangement fluide. Le rapport des forces actuel est très fragile et il est appelé à se modifier. Le schisme Hamon-Mélenchon interdit, sauf surprise, à la gauche-gauche tout espoir de figurer au second tour, même si M. Hamon remonte la pente ou si M. Mélenchon la redescend, et rien au cours du débat ne semblait indiquer une telle évolution. Macron reste encore très « friable ». La seule vraie question porte sur le sort de François Fillon. Ses supporters sont convaincus qu’il rééditera son exploit de la primaire, avec une remontée fulgurante trois jours avant le 23 avril, ce qui est largement possible comme en témoignent l’affluence à ses réunions publiques, le déploiement des réunions sur le terrain et la  campagne très active qu’il mène sur tous les fronts, et surtout, le retour des « juppéistes » à ses côtés, comme hier à Provins. Faire revenir des électeurs partis ailleurs ou indécis est toujours une tâche ardue, mais l’énergie qu’il déploie peut surmonter ce défi. Cette campagne a ouvert la vanne d’un flot irrésistible de démagogie. On y dit ce qu’on veut, il suffit pour le savoir d’avoir suivi le grand débat.  Ce flot est certainement le meilleur allié de François Fillon pour faire ressortir le « sérieux » de sa candidature.


LE BREXIT : MAY VA ENTRER DANS LE « DUR »

Brexit 2

Les marchés ont encaissé sans broncher.

Theresa May a officiellement déclenché la procédure de séparation. Et ce qui frappe, c'est la façon dont les marchés ont totalement absorbé le choc du Brexit. Paradoxe et coïncidence, c'est le jour où la Grande-Bretagne se lance dans cette grande aventure que les indices boursiers affichent des niveaux qu'on n'avait pas vus depuis longtemps. Pourtant, c'est un événement majeur aussi bien  pour la Grande-Bretagne que pour l'Europe. Nous entrons dans une longue période de négociations dont l'issue est incertaine. Négociations entre la Grande-Bretagne et l'Union Européenne, d’abord, mais aussi négociations au sein même de la Grande-Bretagne comme l'illustre la demande officielle faite par le parlement écossais d'organiser un nouveau referendum sur l'indépendance.

Pour les marchés, rappelez-vous, il y a à peine dix-huit mois, l'éventualité du Brexit était considérée comme un « cygne noir », un de ces événements imprévisibles qui peuvent provoquer le chaos. Il n’en a rien été  la  semaine dernière. Tout d'abord parce que les investisseurs qui ont paniqué après le referendum se sont brûlés les doigts et l'ont payé très cher. Ensuite, parce pour l'instant, le Brexit n'ayant pas encore eu lieu, la Grande-Bretagne affiche une santé économique insolente illustrée par une croissance très élevée et le plein-emploi. Enfin, par le sentiment général sur les marchés que la « reflation », la sortie de la déflation et de la croissance zéro, est en marche et sera plus puissante que les aléas politiques qui peuvent frapper tel pays ou telle zone économique. C'est un paradoxe qui reste à vérifier.

Mère Thérésa a mangé son pain blanc.

Le gouvernement de Theresa May a voulu donner à sa décision historique toute la solennité et l’ampleur qu’elle méritait. Mais il a mangé son pain blanc. La gravité de la crise euro-britannique ne vient pas de l’hostilité de Londres à l’Union européenne mais de l’énorme tâche qui consiste à défaire des liens tissés pendant quarante-quatre ans. Si le Royaume-Uni n’avait jamais adhéré à l’UE, il se serait évité beaucoup des tourments à venir. Evidemment, les « 27 » ne sont pas immunisés contre un certain nombre d’effets économiques et commerciaux négatifs, mais, si l’on doit admettre que les négociations seront aussi compliquées pour les uns que pour les autres, on peut facilement imaginer que les conséquences subies par un seul pays seront sans commune mesure à celles qui en affecteront 27, où elle se seront amorties ou disséminées. L’Union n’est pas seulement un continent sans frontières, c’est un immense écheveau de milliers d’accords qu’il va falloir abolir. On n’a cessé de mettre l’accent sur les carences de la bureaucratie bruxelloise, sur son incapacité à comprendre les besoins populaires, sur son arrogance. Mais il se trouve que tout danger entraîne une réaction, parfois salutaire. La commission européenne mise au défi par une rupture inédite a déjà réagi à la fois d’une manière politique et comme un seul pays. C’est remarquable parce que le Brexit risquait d’encourager certains pays-membres comme la Pologne ou la Hongrie à prendre le large eux aussi. A la veille de l’activation de l’article 50 du traité européen, celui qui prévoit la sécession, les 27 se sont réunis pour réaffirmer leur appartenance à l’Union. Une sorte de pied de nez. Et franchement, à part les 52 % de Britanniques, quel pays raisonnable aurait envie de se lancer dans une telle mésaventure, avec la certitude d’une tâche à la  fois fastidieuse et inexorable, une multitude de complications administratives et de querelles en vue, et des résultats qui, finalement risquent de ne convaincre personne ? La fatigue aura tôt fait d’éroder l’ingéniosité des diplomates.

Un calcul politique.

Theresa May n’est pas à l’origine du Brexit et elle a même milité contre lui. Elle a simplement hérité de la situation que lui a léguée David Cameron qui, avec une désinvolture consternante, a pris le risque inouï de poser la question dans un référendum et s’en est allé sans s’émouvoir le  moins du monde de son immense erreur. La Première  Ministre a repris le flambeau avec une certaine gourmandise, comme en témoigne sa façon de faire du Brexit un événement inéluctable parce qu’il résulte de la volonté populaire. Dans sa démarche, il y a bien sûr un calcul. Elle a compris que en défendant bec et ongles la démocratie britannique, elle avait une très bonne chance de rester au pouvoir et d’assurer un nouveau mandat pour les Tories, actuellement bien plus populaires que les travaillistes, minés par les positions ineptes de Jeremy Corbyn. Elle a pris le temps de calculer les efforts herculéens à fournir, les dangers d’une rupture violente avec l’Europe, le risque d’une récession économique que les Britanniques ne supporteraient pas plus qu’ils n’ont supporté les amarres qui les liaient à l’Union. Simplement, craignons que l’expression très ferme de sa volonté n’aboutisse à une incompréhension réciproque des négociateurs. Ils ne sont pas en nombre suffisant du côté britannique et du côté de Bruxelles, ils sont tout autant déterminés à ne rien lâcher, sous  la conduite  d’un expert qui ne s’en laissera pas compter, Michel Barnier.

Une tâche fastidieuse.

L’avantage du Brexit, c’est que les négociations pour la séparation vont démontrer aisément que c’est une folie à éviter par tous les moyens. Hélas, la preuve sera fournie trop tard pour notre grand rendez-vous électoral. Il eût été très utile de laisser les électeurs de Marine Le Pen assister aux indescriptibles tractations entre Bruxelles et Londres. Pour bien comprendre,  prenons un exemple de complication : le cas de  Gibraltar. Le président du Conseil européen Donald Tusk a mis le feu aux poudres dans des relations anglo-espagnoles sur ce dossier en affirmant qu'après le Brexit « aucun accord entre l'UE et le Royaume-Uni ne pourra s'appliquer au territoire de Gibraltar sans un accord entre le Royaume d'Espagne et le Royaume-Uni », ce qui donnera de fait à Madrid un droit de veto sur le futur de la possession britannique. Theresa May a sèchement répondu qu'elle ne conclurait « jamais d'accord qui laisserait passer les habitants de Gibraltar sous une autre souveraineté sans leur volonté librement et démocratiquement exprimée ». Embarqué contre son gré dans l'aventure du Brexit, le territoire britannique  voit du coup se profiler deux gros risques économiques : celui d'être coupé de la ressource des 10.000 Espagnols qui passent chaque jour la frontière pour venir y travailler  et celui d'être brutalement privé d'un vaste marché de plus de 500 millions d'habitants, pour sa florissante industrie des services financiers notamment. En effet, si Gibraltar ne fait pas partie de l'union douanière européenne comme le Royaume-Uni, il bénéficie de l'accès au marché unique, de la liberté de mouvements de ses ressortissants, du fameux « passeport financier », et n'applique pas de TVA. Ce qui lui a permis de bâtir une solide économie sur quatre piliers : les services bancaires et financiers, le tourisme, les jeux en lignes, et le port. Aidés par un taux d'impôt sur les sociétés limité à 10 %, ce sont 18.000 entreprises qui ont été attirées sur son territoire, assurant un taux de croissance à deux chiffres même en pleine crise financière, un taux de chômage (2,5 %) qui frôle le plein-emploi et fait rêver son voisin espagnol. Ce statut offre aux habitants du Rocher un des PIB par tête les plus élevés au monde. Pas étonnant dans ces conditions que Gibraltar ait voté le 23 juin 2016 massivement à 96 %, contre une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. Ce qui le conduit aujourd'hui à un spectaculaire grand écart : contrairement à l'Ecosse, Gibraltar souhaite également par-dessus tout rester rattaché au Royaume-Uni ... qui a quitté l'UE.

On peut souhaiter bon courage aux négociateurs. Parions que les Anglais ne tarderont pas à regretter le « cher continent » !

 


PETITE LECON D’HISTOIRE POUR UN IGNARE QUI VOUDRAIT ÊTRE PRESIDENT

Colonisation

 

Quelqu’un m’a fait parvenir ce texte, avec  mission de le diffuser, ce que je fais avec grand plaisir. Cette lettre fait suite aux propos  tenus par M. Macron en Algérie.

Réponse du Dr Philippe PAUX, ancien médecin-chef du 3° RPIMa, à Emmanuel Macron au sujet de la colonisation.

« Monsieur Macron, médecin colonial, médecin des Troupes de Marine, je suis
un criminel contre l’humanité, je suis un criminel contre l’humain.

Par vocation petit garçon je rêvais d’aller soigner au fin fond de l’Afrique, de l’Océanie, de l’Asie. Adolescent puis jeune étudiant, de toutes mes forces, j’ai travaillé, bossé, trimé pour pouvoir soigner à travers le continent et porter la science pas seulement au pays des Bantous, mais partout dans le monde où la France était présente. Ma vocation, que j’ai assouvie depuis, était de rejoindre les ex-Colonies, sur les pas de mes glorieux Anciens à l'âge, comme le disait le médecin colonial Paul-Louis Simond, où l'esprit est exempt de préjugés, où les idées préconçues ne viennent pas contrarier la poursuite du vrai, à l'âge des élans généreux, à l'âge des enthousiasmes pour tout ce qui est vérité,
lumière et progrès.

Mes héros n’étaient pas footballeur, chanteur, acteur, mais médecins coloniaux exerçant dans les conditions les plus extrêmes, dans ces pays tropicaux, sans la moindre politique ou infrastructure de santé, où sévissaient des guerres interethniques, le tribalisme, le féodalisme, l’esclavagisme, la famine, l’irrationalité, la pensée magique, les  mutilations rituelles sexuelles ou corporelles et l’anthropophagie.

Je n’ai eu de cesse tout au long de ma carrière de médecin de la Coloniale, des Troupes de Marine, au sortir de l’illustre Institut de Médecine tropicale du Pharo à Marseille de représenter mes illustres Anciens, de sauver parfois, de soulager souvent, de servir l’humain toujours. Secourir était mon combat, sauver, ma victoire quelques soit l’Homme, de Mopti, de Bobo-Dioulasso, de Grand Bassam, de Bouaké, de Korhogo, de Brazzaville, de Bangui, de Ndjamena, de Moundou, de Bardai, de Hienghène, de Lifou, de Maripasoula, de Camopi, de Paramaribo, de Mata-Utu, de Tchibanga, de Brazzaville, et bien d’autres villages africains, sud-américains et océaniens. > > > Partout et toujours pour l’Humanité, j’ai soigné, soulagé et prévenu, à pied, à cheval, par le ciel, par les eaux des mers, rivières et rapides, dans les déserts, dans les montagnes, dans les forêts, dans les ruines d’un tremblements de terre, dans les tempêtes, dans le feu, sous le feu, mais jamais autant que mes Anciens qui ont pour beaucoup donné leur vie et parfois la vie de leurs proches.

Monsieur Macron, ayez un peu de respect, d’égard pour tous ces Hommes, pour vous criminels contre l’Humanité, mais en fait les premiers « French Doctors », la modestie et l’humilité en plus. Et comme le disait, il y a quelques années, le premier doyen de la Faculté de médecine de Dakar « Y a-t-il au monde plus petite équipe d'hommes ayant rendu plus de services à l'humanité souffrante? Y a-t-il au monde œuvre plus désintéressée, plus obscure, ayant obtenu de si éclatants résultats et qui soit pourtant ignorée, aussi peu glorifiée, aussi peu récompensée ? Qui peut prétendre avoir fait mieux, où, quand et comment? »

Un peu d’histoire, Monsieur Macron.

Tous ces Médecins coloniaux,  mes héros, sont associés à ces maladies dont certaines ne vous sont pas connues et d’autres vous évoquerons probablement des souvenirs plus de voyages que d’Histoire, l’Histoire que vous bradez par clientélisme. Ces maladies sont parfaitement bien rapportées par Louis-Armand Héraut, historien de la médecine.

La peste, cette maladie tueuse qui élimina au XVe siècle un tiers de l’humanité et sema encore la terreur à Marseille en 1720. C'est le médecin colonial Alexandre Yersin qui, découvrit à Hong Kong le bacille qui porte désormais son nom. Quatre ans plus tard, à Karachi, le médecin colonial Paul-Louis Simond démontre le rôle vecteur de la puce du rat. Soulignons La mort héroïque en soignant des milliers de pestiférés du médecin major Gérard Mesny en 1911, lors de l'épidémie de Mandchourie. On ne peut oublier la mort tout aussi courageuse du médecin colonial Gaston Bourret en 1917 dans son laboratoire de Nouméa. Enfin ce sont les médecins militaires coloniaux Girard et Robic qui réussirent à mettre au point en 1932 à Tananarive un vaccin anti-pesteux efficace.

La variole fit l'objet d'une lutte constante dès les premiers temps de la  colonisation aussi bien en Afrique qu'en Asie. L'action sans défaillance du Service de santé des troupes coloniales a contribué de façon décisive à l'éradication de cette maladie effroyable qui, faisait en France 10 000 victimes par an à la fin du 18e siècle. La vaccination, qui se faisait au début de bras à bras fut grandement améliorée quand on put inoculer le virus à partir de jeunes buffles, créer des centres vaccinogènes et transporter, grâce à Calmette, lui aussi médecin colonial, la lymphe vaccinale en tubes scellés.

La fièvre jaune, affection virale redoutée, endémique en Afrique et Amérique, fit des incursions dans les ports européens au XIXe siècle (20 000 morts à Barcelone). Elle fit de très nombreuses victimes dans le corps de santé colonial, comme en témoignent les monuments de Dakar et de Saint-Louis du Sénégal. Il faut attendre 1927 pour que le médecin colonial Laigret puisse obtenir un vaccin grâce au virus recueilli à Dakar sur un malade. Par la suite la vaccination par le vaccin de Dakar et le vaccin américain Rockefeller permit d'obtenir rapidement un contrôle quasi-complet de cette affection souvent mortelle.

Le paludisme, dont le parasite responsable, l’'hématozoaire, fut découvert par le médecin militaire Alphonse Laveran à Constantine en 1880. Le paludisme reste la principale cause de mortalité infantile sous les tropiques. Il faisait et fait partie du quotidien du médecin tropicaliste. Les premiers médecins qui s'acharnèrent à le combattre à travers son vecteur, le moustique, furent surnommés par les autochtones les « capitaines moustiques ». Le médecin colonial Victor Le Moal s'illustra particulièrement dans cette lutte anti- moustique à Conakry.

La maladie du sommeil ou trypanosomose, parasitose particulièrement redoutable, atteint le système nerveux central en provoquant une apathie, des troubles du comportement et un état de délabrement organique cachectique extrême qui aboutit à la mort. Nombreux sont les médecins qui furent contaminés en la combattant, et parfois en sont morts. Cette affection dépeuplait en Afrique noire des régions entières. Elle fit très  tôt l'objet d'études qui vont permettre au médecin colonial Jamot, grand nom de la médecine tropicale de développer son action.

La lèpre, une autre vieille connaissance, quasi disparue d'Europe, atteint la personne dans son apparence physique ainsi que dans sa dimension sociale. Marchoux va organiser la lutte contre cette maladie mutilante, lutte qui sera poursuivie et développée par le médecin général Richet en collaboration avec Daniel Follereau. De nombreux médecins coloniaux se consacreront à cette lutte difficile, dont Léon Stevenel qui isola le principe actif de l'huile de Chaulmoogra, seul médicament d'une certaine efficacité avant qu'apparaissent les sulfones.

La méningite cérébro-spinale à méningocoque, endémo-épidémique en Afrique tuant encore et toujours des milliers d’enfants, dont certains dans mes bras, au Burkina-Faso à Bobo-Dioulasso, au Mali à Djenne, dans une zone que l’on nomme encore la ceinture de Lapeyssonie du nom d’un illustre médecin colonial qui a tant dispensé aux pays sahéliens et qui a transmis son savoir à des légions de médecins tropicalistes et à moi-même dans les années 80.

Médecin colonial, je suis, médecin colonial, je reste, car chemin faisant je termine ma carrière dans un quartier multiculturel et je soigne hommes et femmes de 49 nationalités différentes dont de nombreux « colonisés ». Nous devons croire que le « criminel » que je suis, ne fait plus peur à toutes ces victimes de la colonisation tant ma patientèle est grande. Les « souffrances endurées », par la faute du « bourreau-tortionnaire » que je  suis, ont été vite oubliées et pardonnées tant l’attachement de mes patients est profond.

Mr MACRON, votre insulte envers tous ces Hommes dont la devise « Sur mer et au-delà des mers, pour la Patrie et l'Humanité, toujours au service des Hommes » a toujours été respectée jusqu’à la mort pour certain, ne fait pas honneur à un homme qui pense pouvoir être un jour président. Je vous suis reconnaissant d'au moins une chose : si j'ai pu avoir quelque hésitation à vous écouter au gré de vos shows politiques, tant votre charme de beau-fils idéal, de prince charmant des banques d’affaire, de bonimenteur, discoureur et beau phraseur m’avait interpellé, vous m'avez définitivement libéré de cette faiblesse.

Je vous laisse à vos fans, cadres urbains diplômés en communication ou en sociologie, geek asociaux et bobos aux vélos électriques, vous qui n’avez jamais été confronté par vos mandats inexistants ou par vos activités professionnelles à la misère et la pauvreté, à la souffrance, à la violence et la guerre, au communautarisme, à l’islamisme radical. Restez dans votre bulle et qu’elle n’éclate pas.

Monsieur Macron, bradeur d’histoire, j’ai la mémoire qui saigne.

                                                          Dr Philippe PAUX, ancien médecin-chef du 3° RPIMa »

 


POURQUOI FILLON EST DIGNE DE NOTRE CONFIANCE !

Fillon candidat

 

Quoi que nous ayons pu penser, chacun d’entre nous, à un moment ou un autre,  avec un peu de recul, on peut s’apercevoir que ce qui a été fait pour semer le doute dans nos esprits est infiniment moins important que l’enjeu : le destin de la France. Je voudrais persuader ceux qui hésitent  encore, que François Fillon reste notre  meilleure chance et qu’il est encore digne de notre confiance.

L’écume des « affaires ».

A bien y regarder, que restera-t-il de ce procès monté de toutes pièces, une fois la pression de la campagne présidentielle retombée : une suspicion d’emploi fictif qui ne tient pas la route et des « cadeaux » soigneusement mis en scène pour nous choquer. La célérité des poursuites judiciaires et les nombreuses irrégularités dont elles ont été entachées les rendent évidemment suspectes : il y a gros à parier qu’il n’en restera rien une fois que la justice aura passé. Les cadeaux : des affaires privées dont personne n’a pu prouver qu’il y avait des contreparties ayant nui à l’intérêt général et à caractère public. On a agité  le « voyeurisme », mais au fond il n’y a rien de condamnable. Le moment de sidération passé, en regard, il faut mettre en exergue la carrière publique de François Fillon et les responsabilités qu’il a exercées dans toutes les collectivités qu’il a eues à gérer, et comme Ministre de la République : jamais le moindre écart,  pas un budget insincère, la commune de Sablé, le Département de  la  Sarthe,  la Région des Pays de la Loire, gérées avec efficacité et bon sens, sans jamais en tirer le moindre avantage personnel. Sinon,  nous l’aurions su !  Nous lui devons, entre autre, des réformes courageuses de l’éducation et des retraites… Un parcours sans faute qui a donné de lui une image d’homme dévoué, intègre et rigoureux : irréprochable ! C’est cette image que l’on a voulu détruire  pour l’empêcher de gagner la présidentielle. Mais son courage pour résister à  la tempête médiatique et à tous les pièges les plus grotesques force l’admiration et le respect. On le savait solide. Il l’est encore plus ! Et il faudrait qu’on ait honte ?

Le rendez-vous de la dernière chance.

L’élection de cette année est le rendez-vous de la dernière chance pour redresser le pays. Seul François Fillon a  un programme travaillé à partir des réalités de  la France qu’il a parcourue pendant trois ans à l’écoute de nos compatriotes. La situation actuelle ne permet pas les « frivolités » des propositions idéologiques et hasardeuses de la gauche et de « la gauche de la gauche », des mesures démagogiques et infinançables de l’extrême-droite et du retour au Franc, des vérités alternatives de M. Macron qui s’hystérise dès qu’on met le doigt sur ses points faibles. Le seul projet qui vaille, c’est celui du « renouveau » que porte François Fillon.

C’est lui, en effet, qui préconise les meilleurs remèdes, sans tomber dans un catalogue démagogique de dépenses irresponsables. Je voudrais mettre en avant ses deux objectifs principaux : restituer la dignité  à 6 millions de Français plus ou moins privés de travail, par  le retour  au « plein emploi » ;  redonner un avenir à nos jeunes, car c’est pour eux que l’action de désendettement et de restauration de nos finances doit être menée en même temps qu’on doit agir avec détermination  pour leur ouvrir le marché du travail.

  • Redresser les finances publiques avec 100 milliards d’économies sur 5 ans, obtenue par une modernisation de l’Etat et la diminution du nombre d’agents publics, un effort concerté avec les collectivités territoriales et une augmentation négociée du temps de travail hebdomadaire et de sa durée en repoussant la retraite à 65 ans, seule mesure susceptible d’équilibrer durablement les comptes.
  • Redonner aux entreprises les marges de manœuvre dont elles ont besoin avec 40 milliards de baisses des charges pour relancer la croissance et parvenir au plein emploi à la fin du quinquennat : 25 Mds au travers d’une baisse des charges sociales et des impôts qui pèsent sur la production, 10 Mds au travers d’une baisse de l’impôt sur les sociétés, et 5 Mds de suppression de l’ISF. Il faudra en même temps ouvrir les portes de l’emploi aux jeunes qui sont l’avenir de notre pays, et dont l’avenir passe par le travail plutôt que par l’assistanat. Pour l’accès des jeunes à l’emploi, la solution plus efficace que les contrats aidés existe et elle a fait ses preuves : c’est l’apprentissage. En même temps que le développement de l’alternance, il faut faciliter l’essor des nouvelles formes d’emploi indépendant.

Une vraie "révolution".

Au-delà de ces objectifs primordiaux, le projet de François  Fillon engage la France dans une vraie révolution qui permettra à l’agriculture de se relancer, à nos armées d’exercer leurs missions dans les  meilleures conditions, qui redonnera à la famille ses droits parce qu’elle est un pilier de notre société et le premier lieu de socialisation et d’éducation de l’enfant, qui assurera notre sécurité intérieure, et qui ouvrira des perspectives pour une Europe nouvelle avec notre partenaire allemand et tous ceux qui croient encore dans le destin de notre continent.

Le  projet  prévoit aussi des contreparties aux efforts demandés qui en font un projet équilibré et raisonnable.  Les investissements sont privilégiés mais il  prévoit en même temps d’améliorer le pouvoir d’achat des Français et  ce sera  le  cas  pour les  bas salaires, les petites retraites, les familles.  François Fillon en appelle à « une vraie révolution », celle « du bon sens », et  à « l'esprit de résistance contre la fatalité, la démission et le renoncement ». Son projet est le seul, par son équilibre et son homogénéité, à apporter des réponses cohérentes, précises et documentées aux difficultés que rencontre notre pays.

Alors, pas d’hésitation, pas de fausse honte, le moment de sidération est derrière nous. Il faut voter  Fillon sans hésitation, nous avons besoin de son expertise dans un monde de plus en plus dangereux, il en va de l’avenir de notre pays. Oui, faisons-lui confiance !