ARCHIBALD SE MARRE
ETAT DE CHOC APRES ACCIDENT…

L’ECOLE DES CANCRES

Bonnet_d_ane

L’impayable Peillon veut « refonder l’école » qui dit. Cette ambitieuse volonté se traduit par une loi qui vient d’être votée par l’Assemblée nationale. Elle touche à tout sauf à l’essentiel. Elle veut réformer les rythmes scolaires, mais ce n’est pas fondamental. Elle décide d’embaucher 60 000 enseignants, mais on pouvait s’en passer. Elle démolit la loi Cherpion qui permettait de faire commencer l’apprentissage à 14 ans pour les élèves en panne dans le collège unique. Voilà une loi qui est faite par des gens qui n’ont rien appris et ne retiennent rien  de ce qui est pourtant flagrant : l’école va mal, le bateau coule et nos enfants sont dessus.

S’il s’agit de défaire une fois de plus ce qui a été mis en place sous le quinquennat précédent, on pourrait au moins faire preuve de discernement. La suppression de l’année de stage pour les jeunes prof’ était une bêtise, mais celle des IUFM calamiteux n’en était pas une. La semaine de quatre jours était inappropriée, mais la question ne se résume pas à : "quel jour préférez-vous ? " ou à « qui faut-il faire plaisir : aux parents, aux enseignants, aux professionnels du tourisme ? ».  On voit bien que dans tous les cas, on est loin de l’intérêt de l’enfant. Mais ce serait trop demander que d’aborder le fond !

De quoi est-il question, dites-moi ? De tous ces jeunes qui année après année sortent du système éducatif sans aucun diplôme, de ces milliers d’illettrés qui n’auront jamais une lecture fluide, de tous ces gamins qui font les choux gras des orthophonistes,  de tous ceux qui n’ont aucune idée des grandeurs et des nombres, qui prendront leur calculette pour faire 100 - 80, atteints de « dyscalculite »… Ce ne sont pas quelques demi-heures d’activités « ludoéducatives », fussent-elles judicieusement placées dans la journée par les « chronobiologistes », qui leur permettront de combler leurs graves lacunes.

De quoi est-il encore question, dites-moi ? De ces enfants qui ne peuvent pas suivre sereinement un cours et atteindre le bon niveau, parce que leur établissement est gangréné par quelques petites frappes qui y font la loi, et peuvent empêcher toute une classe d’étudier dans de bonnes conditions. Ce n’est pas en revenant sur la carte scolaire telle qu’elle fonctionnait avant son assouplissement qu’on y remédiera. Et les discours généreux et moralisateurs ne suffiront pas à redonner envie à des parents d’y inscrire leur enfant. Dans ces établissements, tous les élèves paient, et au premier rang, les plus modestes.

Ce n’est pas tout. Quoi encore, dites-moi ? Cette refondation n’en est pas une. Il ne suffit pas de prévoir quelques cours de morale républicaine (laquelle, d’ailleurs) qui existe déjà plus ou moins dans l’éducation civique obligatoire instaurée depuis plus de dix ans, et renforcée sous Sarkozy. La vraie refondation c’est celle qui ouvrirait le débat sur les méthodes et les contenus, qui sont le cœur de l’école. Faut-il laisser les pédagogues « constructivistes » perpétuer leur emprise sur le système éducatif avec les résultats calamiteux que l’on sait, ou bien faut-il revenir à des progressions plus structurées ? Voilà qui mérite qu’on en discute, non ? Et concernant l’école maternelle, il ne suffit pas de l’ouvrir aux enfants de deux ans, mesure essentiellement motivée pour maintenir des postes et offrir à « bon compte » des solutions de garderie aux parents. Ce serait bien plus judicieux si on se préoccupait du développement sensoriel de l’enfant en s’appuyant sur les travaux d’Elisabeth Nuyts ou les préconisations d’un Jacques Puisais, ce qui rendrait à l’école maternelle un sens qu’elle a perdu au profit d’une préscolarisation du primaire.

Et enfin, peut-il y avoir une refondation sans aborder le métier d’enseignant, dans son fonctionnement et sa rétribution. Les enseignants travaillent beaucoup sur leur temps libre, mais personne ne se préoccupe de leurs conditions de travail au sein même de l’établissement. Le temps qu’ils y passent, entre heures de cours, réunions de conseils divers et activités périscolaires ne peut-il pas être réétudié pour l’adapter aux stratégies pédagogiques de notre temps qui supposeraient bureau sur place, environnement de travail adapté à un suivi personnalisé des élèves … De même, le salaire des enseignants n’est pas en relation avec les diplômes requis pour enseigner, ni avec la charge de travail, ni avec la considération qu’on devrait attacher à la fonction. Trop souvent, ce métier est devenu une souffrance mal récompensée à tel point que les vocations se font rares, d’autant plus qu’avec les RTT, l’attrait des vacances n’a plus autant d’intérêt qu’autrefois.

Alors, vous conviendrez que de savoir quand il faut faire classe, et s’il faut travailler en juillet en une ou deux zones, c’est un peu superfétatoire.

L’agrégé Peillon, nous a pondu une réforme de cancre, bien idéologique, et qui, en évitant les sujets qui fâchent, ne résoudra rien. « La fabrique du crétin » a encore de beaux jours devant elle !

 

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