LA MAREE HUMAINE DE LA « GRANDE ARMEE »
ARCHIBALD SE LÂCHE

LE CHÔMAGE : CE CANCER…

Chômeur pro

Le chômage atteint des niveaux dramatiques. Ce n’est pas rien de le dire. Car les 3,2 millions d’inscrits en catégorie A sont l’arbre qui cache la forêt. Le chiffre est pourtant déjà énorme, mais pour être honnête, en comptabilisant toutes les formes de camouflage des demandeurs d’emplois, c’est près de 5 millions de personnes qui sont concernées. Et encore, il faudrait y ajouter les chômeurs en formation, en reclassement, en stage, en maladie… soit 750 000 encore en plus. 5, 75 millions de chômeurs en France, c’est du jamais vu.

On a le droit d’accabler le gouvernement actuel dont les choix économiques, le choc fiscal, la suppression de la défiscalisation des heures supplémentaires, le discours anti-chefs d’entreprises ne sont pas pour rien dans la flambée des derniers mois. L’excuse de la persistance de la crise économique ne vaudrait que si on s’était donné de vrais moyens pour la conjurer au lieu de l’aggraver. Le sombre Ayrault peut bien appeler à « la mobilisation générale pour l’emploi », ce qu’il propose n’est qu’une temporisation de la situation en renforçant le traitement social du chômage avec de faux emplois à coups de millions d’euros que nous n’avons pas. Le recours à ces emplois financés sur fonds publics qui n’ont que peu à voir avec l’économie réelle et la création de vraie richesse, ce sont 150 000 emplois d’avenir sur deux ans, 500 000 contrats de génération sur cinq ans, 500 000 contrats aidés par an dans le secteur non marchand… on attend que la providence fasse revenir la croissance comme un don du ciel, parce que ce ne sont pas les décisions politiques qui ont été prises qui peuvent la relancer. Il est possible même qu’on aille encore plus loin, et qu’on nous ponde une loi pour interdire les licenciements. Summum d’une conception archaïque du marché du travail, nié en tant que tel. Et c’est bien là qu’est le problème.

Notre pays qui croule sous les normes paralysantes, une fiscalité infernale, des collectivités superposées qui taxent à tour de bras comme autant de barrières d’octroi de l’ancien régime, voit venir avec effroi le pire qui est encore devant nous. Les sombres prévisions de croissance pour 2013 voire 2014 ne vont pas arranger les choses. Et ce n’est pas le pacte de compétitivité, unique rustine sur une chambre à air percée de multiples trous, pas plus que la loi de sécurisation de l’emploi qui mettra beaucoup de temps à produire ses effets  et dont le bénéfice ira en priorité à ceux qui ont un emploi, qui vont y changer grand-chose.

La vérité oblige à dire que si le phénomène connait une crise aiguë, il n’est pas nouveau. La courbe du chômage a recommencé à progresser dès 2011. En France, le chômage de masse est un boulet que l’on traîne depuis près de 40 ans sans jamais descendre en-dessous des 7% dans les périodes de croissance. Cela, quelle que soit la couleur politique des gouvernements. Jamais on n’a réussi à enrayer durablement cette spirale infernale. Parce qu’on n’a jamais voulu remettre en cause le « modèle » qui la produit.

Avec un taux de prélèvement de près de 56% de la richesse nationale, l’Etat finance une redistribution hors-norme qui est une trappe à chômeurs. C’est un modèle social fondé sur l’égalitarisme exacerbé, qui trouve son apogée dans les discours enflammés de Mélenchon.  Sauf que le monde réel est différent. Le travail est un marché. Le monde est un marché ouvert. Le prix du travail y est variable. Chez nous il est grevé par la masse des prélèvements qui reposent en priorité sur lui. Et l’on est entré dans un cercle vicieux : plus on prélève, plus on protège, moins on permet de produire. C’est ainsi que la France se retrouve avec une fonction publique pléthorique et une masse de pauvres « subventionnés » par la redistribution qui pèsent sur les riches et les classes moyennes. Double sanction au détriment de l’économie vivante. Si c’est un modèle, bien peu nombreux sont les pays qui nous l’envient.

Il y a un moyen d’en sortir. Il ne s’agit pas de changer brutalement de système. Il est important de ménager les souffrances et les frustrations induites par le modèle actuel. Néanmoins, il va bien falloir transférer une partie des charges qui pèsent sur le travail sur la fiscalité de la consommation. D’abord parce qu’on est au bout du bout, ensuite parce que taxer la consommation de produits importés pour financer nos dépenses sociales n’est pas incongru. Et à ceux qui crieront à l’injustice fiscale, on rétorquera que le bénéfice de la redistribution dont ils profitent vaut bien leur participation à l’effort, à hauteur de leur consommation. Encore faudra-t-il que le transfert sur la TVA ait provoqué une hausse des prix, ce qui n’est pas avéré.

A ce prix, et en l’accompagnant d’une décélération progressive des aides et allocations diverses, ne serait-ce qu’en les plafonnant de façon à ce qu’elles ne dépassent jamais un salaire obtenu en travaillant, on pourra reconstruire une économie créatrice de richesse. Ce n’est pas la voie choisie par le gouvernement actuel. On n’a donc pas fini de parler du cancer du chômage en France…

Mais le ministère de la parole va continuer de déverser ses certitudes dans la « lucarne magique », à commencer par demain soir. Comme disait l’un de mes amis, ce ne sont que des « paroles verbales »….

 

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