HISTOIRE
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EN ATTENDANT GODOT…

Royal jt 2

Comme les deux vagabonds de la pièce de Samuel Beckett qui attendent un homme (Godot) qui ne viendra jamais, les socialistes en sont rendus à trouver des occupations pour passer le temps. Alors on s’amuse à organiser des « primaires », à réunir des « conventions » pour définir un programme dont on sait pertinemment qu’aucun candidat ne le reprendra à son compte, on fait tomber les sondages pour se convaincre qu’il va enfin venir… On va même jusqu’à faire croire qu’il y aurait un « deal », manière pour la patronne d’entretenir le suspense et l’espoir.

Je vous demande pardon, mais il y en a une qui ne l’entend pas de cette oreille. Elle est « free » et elle a tout compris ! La Blanche de Poitiers version 2012 s’est rendue compte que le piège de l’attente pouvait être mortel, pour sa candidature, mais aussi pour tout candidat PS qui serait investi. Le temps qui passe est du temps perdu dès lors que Nicolas Sarkozy est entré en campagne. Elle commet peut-être des bourdes, mais en stratégie, elle a toujours le flair. Elle n’est pas la mieux placée, direz-vous ? Autant prendre tout le monde de vitesse et occuper le vide qui risquait de s’installer à gauche : « ralliez-vous à ma tunique blanche ! »… et donc marquer des points et qui sait peut-être arriver en bonne posture au moment des primaires à l’automne prochain. C’est aussi une manière de mettre des bâtons dans les roues de son ex-conjoint dont le profil commence à percer et de signifier aux autres candidats qu’ils sont … marginaux. Valls, Montebourg et compagnie apprécieront.

De son côté, « l’Arlésienne du FMI » entretient le doute, ne pouvant en aucun cas préciser son intention sans aussitôt être obligée de démissionner.  Elle aurait tout à y perdre et on comprend bien qu’elle attendra le tout dernier moment pour se prononcer. Une place à ce « prix-là » n’autorise pas l’improvisation. D’ailleurs rien ne dit que DSK soit vraiment partant, conscient qu’il est de la volatilité des sondages, surtout à 18 mois de l’échéance. Car si ceux-ci, très flatteurs, peuvent l’inciter à se présenter, d’autres éléments font qu’il y devrait y regarder à deux fois : le glissement à gauche du programme du PS qui est en cours d’élaboration, la concurrence et ses coups inévitables lors des primaires, la campagne de terrain à mener à travers le pays, le profil « en or » qu’il offre aux attaques de la droite avec son train de vie… avec l’assurance au bout d’un résultat serré de toute façon. Pour qu’il lâche la proie pour l’ombre, il faudrait qu’il ait de réelles certitudes de mettre toutes les chances de son côté. Au PS, ce n’est jamais gagné d’avance !

Et on voit bien que ça réagit dans le panier. Il n’y a qu’à lire ou entendre les commentaires des « amis ». Les haines recuites dissipent l’illusion de l’union malgré les consignes de façade. Vous voulez savoir la suite ? Relisez donc "Petits meurtres entre camarades"...

 

 


LOI NOME (Nouvelle Organisation du Marché de l’Electricité)

  Lignes haute tension

Le parlement français a adopté définitivement le projet de loi relatif à la nouvelle organisation du marché français de l'électricité (NOME) qui prévoit qu'EDF cèdera jusqu'à 25% de sa production nucléaire à ses concurrents.

Depuis l'ouverture à la concurrence du marché de l'électricité exigée par Bruxelles, aucun concurrent d'EDF n'a pu s'imposer. Et pour cause : avec son parc nucléaire, l’opérateur historique bénéficie de faibles coûts de production. La loi NOME doit l'obliger à céder une partie de sa production nucléaire à ses concurrents à un prix inférieur à celui du marché, mais auquel ? C'est l'une des questions épineuses de la réforme.

Le texte stipule qu'EDF cède jusqu'à 25% de la production de son électricité d'origine nucléaire à ses concurrents comme GDF Suez, Poweo ou Direct Energie, afin qu'ils puissent proposer des offres à tarifs concurrentiels. Il ne précise cependant pas le prix auquel devra être cédée cette part de sa production nucléaire. Ce prix, qui fait l'objet de vifs débats entre l'opérateur historique et ses concurrents, devra être fixé par décret. Dans un premier temps, le prix et la répartition seront fixés par le gouvernement, puis la Commission de régulation de l'énergie (CRE) prendra le relais.

Principale crainte soulevée par ce texte, qui doit entrer en vigueur début 2011 : la hausse des tarifs. Tandis que les groupes UMP et du Nouveau centre (NC) ont voté pour, les groupes de l'opposition de gauche ont voté contre, affirmant que cette réforme se traduirait par une augmentation de 11 à 15% des tarifs. Pour sa part, l'UFC-Que Choisir, organisation de défense des consommateurs, a affirmé que cette réforme risquait d'entraîner une forte hausse des tarifs « de 7% à 11% dès la mise en place de la loi et de 21% à 28% d'ici 2015 ».

Mais pour EDF, la loi NOME constituait surtout un risque direct pour sa position dominante sur le marché de l'électricité français. C'est ainsi qu’Henri Proglio avait dénoncé cette loi dès la fin octobre 2009, alors qu'il n'était pas encore entré en fonction à la présidence d'EDF. Il s'était alors exprimé devant les membres de la Commission des Affaires économiques de l'Assemblée Nationale et avait annoncé qu'il résisterait autant que possible au "pillage" d'EDF.

On peut même penser que la direction d'EDF a conclu une alliance de circonstance avec les syndicats particulièrement hostiles à la loi NOME. La CGT parle ainsi de « déconstruction du système électrique français » et en adopte une vision particulièrement négative. Le syndicat FO a demandé au gouvernement de « renoncer au projet de loi ». La CFDT d'EDF s'est exprimée en des termes plus directifs: « arrêtez la casse d'EDF ». Le lobbying syndical s’est même traduit par une campagne d’affichage scandaleuse, financée par le comité d’entreprise. La mise en concurrence effective d’EDF est en effet susceptible de faire apparaître son inutile et coûteuse lourdeur de structure, en comparaison de ses concurrents fournisseurs alternatifs, développés dans un esprit très « start-up » où tous les coûts doivent être maîtrisés au plus juste.

La CFDT d'EDF argumente que la rente nucléaire ne peut être redistribuée à tous les français qu'au travers de tarifs réglementés proposés par un opérateur public. C’est un marché de dupes qui maintient des tarifs réglementés 25% en-dessous de ceux du marché réel.  Comme ils devront disparaître, le réajustement est inévitable.

EDF en tant que producteur, devrait vendre directement à ses clients et à tout autre fournisseur indifféremment, à un prix de 34 €/MWh. Mais l’ex-entreprise nationale cherche en réalité à négocier une augmentation de ses tarifs avec un raisonnement simple : le prix de vente aux concurrents doit couvrir les coûts qui se situent à 45 €/MWh selon ses estimations, bien qu’elle semble disposée à un « compromis » à 42 €/MWh. On peut cependant regretter que ni l’Etat ni la CRE n’aient pris les moyens d’expertiser ces chiffres avancés par EDF (qui reste une entreprise publique !).

Si le prix est fixé à 34 €/MWh, la concurrence pourra se développer, les prix aux clients n’augmenteront pas ou peu, mais, selon EDF, il y aurait un risque de sous-rémunération du nucléaire. A l’inverse, si le prix est fixé à 42 €/MWh, des hausses importantes de 10% à 30% des tarifs de l’électricité seront nécessaires d’ici 2015 et il faut évidemment s’interroger sur l’usage qui sera fait par EDF des 8 €/MWh de rémunération supplémentaire qui lui seraient ainsi accordés. Cette somme pourra-t-elle servir à financer autre chose que le parc nucléaire (par exemple le développement international) et dès lors qu’elle aiderait à financer le renouvellement du parc, comment garantir que le client futur, qui consommera l’énergie produite par ces futures centrales, ne paierait pas une seconde fois les investissements concernés ?

En fait, EDF est le grand bénéficiaire de la loi NOME au détriment de ses concurrents et surtout des consommateurs ! Car en faussant la concurrence, on empêche la baisse des prix de jouer et on rend inéluctable l’augmentation des tarifs aux consommateurs.

 

 

 

 


ARCHIBALD SUR LE PONT

 

Longue vue 2
 

ENTENTE CORDIALE AU PS. Comme au bon vieux temps des relations entre la France et la « perfide Albion », le PS nous livre une nouvelle version de « je t’aime, moi non plus ». L’amère de Lille explique qu’il y a un pacte entre DSK, Segodinde et elle pour qu’un seul des trois soit candidat. Aussitôt, ça fait du bruit dans Landerneau : les autres candidats autonominés hurlent à la primaire bafouée et la Dinde de Poitiers affirme qu’elle n’est pas liée par un pacte. Si vous cherchez à comprendre… En attendant les « éléphants » font les gros yeux : et l’unité alors ? Le drame c’est qu’il y en a toujours un plus « uni » que les autres.

DUEL AU FN. Qui pilotera le parti d’extrême droite ?  La campagne interne est lancée et chacun y va de ses vachardises. « Gollnisch diabolise le parti » selon Marine Le Pen. Voilà un argument inattendu de la part de la rejetonne du grand diable borgne. La fille du père fouettard a beau avoir le crin blond, sa faconde n’a rien à envier à celle de son géniteur.  Jouer sur les peurs ne lui fait pas peur (sans jeu de mots) et tout est bon pour plaire au petit peuple. A force de slogans simplistes, on peut faire croire au Père Noël, là est le danger. Pour les Français qui tomberaient dans le panneau. Le Pen ou Gollnisch, ce n’est qu’une question d’apparence, le fond est le même .

DEPENDANCE.  La priorité de Roselyne Bachelot : d’abord donner la parole aux Français, sur un sujet qui les concerne tous. Elle ne veut pas qu’on l’accuse d’arriver avec des solutions toutes faites. Une manière de déjouer les procès d’intention. Dans une interview au Figaro, elle décline avec sa maestria habituelle les données, notamment financières, et les enjeux et fixe le calendrier. Cela ne l’empêche pas de hiérarchiser les étapes. D’abord s’occuper des plus fragiles, ceux qui doivent supporter des frais importants sans bénéficier d’aides ni d’exonérations fiscale et sociale. La contrainte de l’équilibre financier sans recours possible à la dette sera respectée. Ce qui impose d’envisager toutes les solutions sans préempter sur le débat. Entre la nécessaire solidarité et l’effort individuel, il faudra trouver le juste équilibre.

PULVAR. Ecartée de i-télé en raison de son concubinage avec Arnaud Montebourg, candidat à la candidature pour la présidentielle, ne veut pas être mise à la sauce Sinclair ou Schonberg. Elle crie son indignation dans le journal Libération contre ce procès en « incompétence fait à toutes les femmes » se plaçant sur le terrain de l’indépendance d’esprit vis-à-vis de son compagnon. On veut bien la croire. Mais animer un journal politique demande une liberté totale. C’est bien parce que le doute de favoritisme même inconscient peut exister que chaque fois que le problème se pose il a été traité de la même façon. Pas facile d’aimer un « politique ». Désormais, on dira d’un journaliste censuré pour la même raison qu’il a été «pulvarisé ».

A L’EST DU NOUVEAU : l’Europe de Brest à Vladivostock. C’est inattendu, mais ceux qui rêvaient d’une Europe jusqu’à l’Oural sont dépassés. Vladimir Poutine, conscient que l’islamisme peut menacer son empire, notamment dans les pays musulmans aux confins du Kazakhstan et de la Tchétchénie, a compris qu’il ne fallait pas que l’OTAN échoue en Afghanistan. Au sommet Otan-Russie de Lisbonne, le président Medvedev s’est déclaré prêt à participer au bouclier antimissiles européen, autre signe du retournement russe. L’appel à créer un espace de libre-échange commun pourrait participer d’une démarche gagnant-gagnant. D’un côté les approvisionnements en énergie et matières premières seraient assurés en échange d’investissements et de transferts de technologies. De quoi constituer un front puissant face à la Chine et à l’Inde…

Le bonnet d’âne de la semaine : à Cantona qui veut que tous les Français vident leur compte en banque pour que le système s’écroule. Il oublie une chose : une fois retiré, l'argent, on en fait quoi ? Et si le système s’écroule, que vaudra la monnaie ? Pas bien compliqué de comprendre que le remède serait pire que le mal. Tout dans les cuisses mais rien dans la tête.

Ça ne s’invente pas ! Un homme se fait greffer une caméra derrière le crâne. Il est professeur assistant à l’université de New York. C’est dans le cadre d’un projet artistique… Une innovation qui devrait intéresser le corps professoral : en effet c’est quand le prof’ a le dos tourné que les potaches font des bêtises…

Il l’a dit : Edouard Balladur, Premier Ministre à l’époque, n’était pas informé de l’octroi de commissions dans la signature des contrats d’armements. Cela n’entrait pas dans ses compétences. Il ne reste plus qu’à interroger le Président de l’époque… François Mitterrand.

 

 


LES TROUVAILLES DE TRYPHON

 

LE TEV

Tev

C’est le Train à Extrême Vitesse. Il circulerait à 2 000 km/H : oups ! Les technologies ? Elles existent déjà. Un train qui dépasserait le mur du son et qui fait penser à celui décrit dans Ravages de Barjavel, mais c’était de la science-fiction. Là on est dans le projet avec des moyens bien connus. Explications.

Les ingénieurs qui avancent cette idée s’appuient sur la technologie de sustentation magnétique, déjà exploitée de nos jours, qui permet à des trains de circuler à 12 ou 15 mm au-dessus des rails, sans les toucher. Ces trains sont soutenus par un coussin magnétique et suivent un monorail équipé d’électro-aimants qui produisent un champ magnétique mouvant et contrôlé. Déjà, le train, privé du frottement des roues peut foncer à près de 600 km/H. Reste à vaincre la résistance de l’air qui reste le principal obstacle à l’augmentation de la vitesse.

Et ce n’est pas un mince problème. En effet, ce cousin d’air qui se forme à l’avant forme une masse compacte et à vitesse supersonique l’effet prend la forme d’une onde de choc (pour faire court) qui provoque une énorme déperdition d’énergie.

Les scientifiques ont trouvé la parade : on enferme monorails et trains dans un tube hermétique dans lequel on fait le vie : ainsi plus de résistance de l’air. Cette idée est-elle réalisable techniquement ? Un architecte bielorusse s’est penché sur le problème et  a mis au point un modèle de voie à grande vitesse sous vide, enfin sur le papier. De l’extérieur , ces tubes ressembleraient à des tuyaux gris métallisé posés sur des piliers en béton à environ six mètres du sol. Je passe sur la description du tube et tous les aménagements nécessaires en cas d’incident, ou pour agrémenter la « croisière ». Car si le tube est sous vide, le train lui, contient de l’air pour les passagers, ce qui impose des sas dans les gares pour monter et descendre. La distance optimale entre deux arrêts ne devrait pas être inférieure à 600 km en Europe et 900 km sur les étendues continentales.

Alors, un vrai concurrent pour l’avion ? Pour encaisser la vitesse, les passagers devront voyager en position semi-allongée. Les écologistes ne devraient pas s’opposer à de tels projets : les trains à sustentation magnétique rejettent dans l’atmosphère 112 fois moins de gaz carbonique et de substances nocives que les automobiles et 29 fois moins que les trains ordinaires. Le coût : 44 millions d’euros le km de tube… Même à ce prix, il semble que ce ne soit plus de la science-fiction.

Pour la France, on mesure l’intérêt de tels équipements avec une certaine relativité, l’hexagone mesurant 1 000 km sur 1 000.

 


LA RIGUEUR TETUE ET SEREINE

    Fillon andard 3


On parlera peut-être dans l’Histoire de la « doctrine Fillon » comme remède au redressement de la France. A défaut de briller sur le devant de la scène – encore que – le Premier Ministre agit en profondeur et dans la durée et marquera par la longévité à son poste : probablement le plus long règne sous la Vème République.

Dans son discours de politique générale, François Fillon a défendu l'exigence d'une « rigueur budgétaire » à laquelle tous les nouveaux projets seront soumis, à commencer par la réforme de la fiscalité du patrimoine qui devra se faire à budget constant. Au cours de cet exercice convenu, il s'est surtout attaché à mettre en cohérence le bilan de l'exécutif et les chantiers à venir. « L'élan de la réforme est intact », a-t-il martelé, rejetant « toute idée d'usure ou de pause ». La priorité est clairement la lutte contre le déficit.

Cette rigueur, dont il ne se cache pas, se veut « tranquille » et la sérénité qu’il exprime  n’empêche pas le mordant pour dénoncer la vacuité de l’opposition. Sans faire de nouvelles annonces, il fait entendre aussi sa petite musique personnelle, en exprimant une retenue sur la réforme de la dépendance et en élargissant le débat à l'ensemble de la protection sociale dans la perspective de 2012, ou en renvoyant la balle aux partenaires sociaux sur l’emploi.

Au terme de son intervention, l'impression dominante est celle d'une absence de décalage, sur l'essentiel, avec le chef de l’Etat. François Fillon administre une fois de plus la preuve de son habileté et de son utilité en habillant le réformisme présidentiel de l'habit de la compétitivité de l'économie pour que l’idée du progrès social  reste associée à la majorité.

Cette volonté de progrès, le Premier Ministre l'a appliquée hier au domaine de l'emploi, en opposant au malthusianisme socialiste le développement des entreprises par la recherche et l'innovation, en vantant l'écologie comme créatrice plutôt que punitive, en théorisant pour la justice, à travers la réforme des jurys, le resserrement nécessaire, et depuis si longtemps souhaité par la gauche, entre le peuple et ses juges.

Devant un public - sa majorité -conquis d'avance, qu'il n'avait ni à convaincre ni à retourner, François Fillon a choisi d'avoir le triomphe modeste. Il a préféré la sérénité des mois à venir à l'éclat d'un jour, s’appuyant sur l'éloge de « l'intérêt général » qui ne fait pas bon ménage avec les « petits compromis et les reculades du passé » et surtout en plaidant pour « la continuité de la politique réformiste » quand tant à droite succombaient aux sirènes d'un tournant social. La force d'une pensée politique cohérente le dispense de  jouer les « hyper-premiers ministres ».

C’est avec une large majorité, centristes compris, que les députés lui ont accordé la confiance demandée.

 


LE BEURRE ET L’ARGENT DU BEURRE

 
Contribuable détroussé
Fortune_100            Vieille


 

Le sondage réalisé pour « Les Echos » par BVA montre que les Français sont plutôt partagés sur la refonte de la fiscalité du patrimoine avec la suppression de l’ISF et du bouclier fiscal remplacés par une imposition des revenus du patrimoine (45% contre, 44% pour) et pour le moins dubitatifs sur la mise en place d'un « cinquième risque », celui de la « dépendance », avec il faut le dire, des propositions peu enthousiasmantes comme la mise en place d’une deuxième journée de solidarité.

Encore sous le coup de la réforme des retraites et de l’allongement de deux ans de la durée du travail, qu’ils n’ont pas encore digérés, il est peut-être un peu tôt pour le plonger déjà dans les affres d’une nouvelle réforme dont ils savent bien qu’il faudra la financer et que cela ne sera pas sans de nouveaux sacrifices. Elle est belle et bien finie l’époque où l’on pouvait avoir en même temps le beurre et l’argent du beurre, avec le crédit.

On aurait pu néanmoins penser que la prise en charge de la dépendance s'annonçait comme plutôt consensuelle, quand la réforme de la fiscalité du patrimoine paraissait, elle, semée d'embûches, car impliquant entre autres la suppression de l'ISF. Eh bien c’est le contraire !

La mise en place d'un cinquième risque pour les personnes âgées dépendantes ne sera pas une partie de plaisir. On voit d’emblée toute l’importance de la phase de concertation que doit mener Roselyne Bachelot. Car si une majorité de Français (51 % contre 44 %) se dit « prête à payer » pour financer cette réforme, selon ce sondage, aucune des pistes évoquées n'emporte réellement l'adhésion : l'obligation pour les personnes de plus de cinquante ans de prendre une assurance privée pour la perte d'autonomie ne recueille que 19% d’avis favorables, et ils sont seulement 14% pour la hausse de la CSG pour les retraités. Voilà du grain à moudre pour le« grand débat national ».

Est-ce la campagne exagérée du PS contre le bouclier fiscal qui a permis aux Français d’en comprendre la problématique, toujours est-il que la réforme de la fiscalité du patrimoine arrive sur un terrain moins miné que prévu. Elle est rejetée d'une très courte tête par une majorité de Français. Si la suppression du bouclier fiscal était réclamée depuis des mois par une opinion abreuvée par les médias et des élus de plus en plus divers, pour tenir compte de la crise, celle concomitante de l'ISF paraissait totalement taboue depuis la création de cet impôt en 1988, aucun dirigeant de droite, y compris Nicolas Sarkozy, n'ayant osé jusqu'à maintenant la promettre.

Un « challenge » musclé quand même se prépare, puisque la solution proposée par Nicolas Sarkozy pour compenser la disparition de l'ISF et du bouclier fiscal est moins bien acceptée que celle suggérée par certains parlementaires de la majorité : le relèvement à 45 % du taux de la dernière tranche de l'impôt sur le revenu qui recueillait 64% d’avis favorables. Dans un contexte économique qui reste délicat, il faudra contrer les charges lancées par le PS contre « l’injustice » du projet, pour limiter leur impact sur l’opinion alors que la politique économique est toujours jugée sévèrement, en raison du chômage. Le courage, c’est bien, mais ce n’est pas  forcément productif sur le plan électoral.

 


KARACHIKAYA

 

Quel jeu sordide jouent les médias ? Vous ouvrez le journal, la radio, les JT, c'est "Karachi partout" ! A force d‘en rajouter contre le Président de la République, ils vont favoriser le vote extrême et surtout la désertion des bureaux de vote.

J’écoutais sur France Info le journaliste en charge du dossier « Karachi », d’ailleurs fort bien analysé, faire le point : il le disait lui-même, il n’y a aucune preuve tangible de quoi que ce soit en l’état des choses. Ni sur les commissions, ni sur les rétrocommissions, ni sur le lien éventuel avec l’attentat. Tous les soupçons étalés ici et là, toutes les questions vicieuses qui sont posées ne reposent que sur un échafaudage d’hypothèses. Dans un pays où l’on met volontiers en avant la présomption d’innocence, c’est un comportement plutôt curieux. Qu’on laisse les "karachicaneaux" travailler.

Justement, l'enquête sur l'attentat de Karachi va-t-elle tourner au bras de fer entre les juges et l'exécutif ? Nicolas Sarkozy a assuré samedi «  que tous les documents qui sont demandés » seraient « communiqués en temps et en heure ». Or François Fillon a refusé une perquisition à la DGSE demandée par le juge Renaud Van Ruymbeke, qui enquête sur une possible corruption lors de la présidentielle de 1995, pouvant être liée à l'attentat. Un super juge : c’est celui qui avait instruit l’affaire Clearstream en s’appuyant sur des fichiers truqués ! On comprend donc le refus dans la mesure où la commission compétente a donné un avis défavorable. Il y va de la crédibilité de nos services secrets.

Dans un autre volet du dossier, le juge antiterroriste Marc Trévidic a écrit hier au nouveau ministre de la Défense, Alain Juppé, pour demander des déclassifications de documents : celui-ci lui a répondu publiquement qu’il répondrait à sa demande. Quant à Dominique de Villepin, qui avait accrédité vendredi les soupçons de corruption, il a modéré ses propos dimanche, s’étant aperçu qu’il s’était tiré une balle dans le pied. Il doit être entendu en fin de semaine : on se demande bien ce qu’il pourra dire de plus au juge.

Il était donc malvenu de questionner Nicolas Sarkozy sur le sujet jusqu’au sommet de l’OTAN. On comprend sa mauvaise humeur et il a bien fait de moucher le journaliste en utilisant le même procédé, l’accusant, selon son intime conviction « d’être pédophile. » Tout le monde aura compris l’ironie volontairement acide. Mais quand c’est lui qui dénonce, c’est un dérapage !

Il n’y a qu’en France où les médias peuvent s’emparer d’un sujet pour en faire une « affaire », n’hésitant pas à utiliser la grosse artillerie du vocabulaire dramatique : affaire d’état, corruption, régime perverti, …et tout occulter de l’information, alors que les faits supposés remontent à 16 ans, sous un président socialiste, ce qui devrait inciter les responsables du PS à la prudence. Et en même temps, curieusement, personne ne semble s’intéresser au Ministre de la Défense de l’époque.

Mais attention, maintenant que la réforme des retraites est passée, la patience du locataire de l’Elysée pourrait trouver ses limites. On sait qu’il est capable de se défendre et connaissant son tempérament, je ne serais pas étonné qu’il passe à l’offensive. Les médias n’ont pas fini de se plaindre !

 


LA SEMAINE D’ARCHIBALD

Longue vue 2

 

AUDIENCES. On sait que Nicolas Sarkozy, lors de son interview a eu une audience de 12,5 millions de téléspectateurs. Sans être un record, c’est quand même un niveau très élevé.  Martine Aubry, il est vrai en chute dans les sondages, elle, a plombé le journal de 20 heures d’Harry Roselmack qui a fait, dès son apparition une de ses pires chutes d’audience… Celle que Anne Roumanoff surnomme le « Pitbull » aurait commenté méprisante : « on sait bien qui regarde TF1… ». Alors pourquoi elle y vient ?

AUBRY C’EST COUE. Je savais ce que l’Amer de Lille allait dire à la fin de l’émission du Président. J’avais parié avec mon entourage. Et j’ai gagné : « J’ai vu un président perdu, qui ne sait pas où il va, sans cap, etc… » Le commentaire était déjà écrit avant l’émission. C’est la 3ème fois qu’elle le répète en quelques jours : c’est la nouvelle antienne du PS. Comme s’il suffisait de répéter les choses pour qu’elles deviennent réalité…

AVEU. Un peu de local. Je lis dans mon quotidien une interview du Maire d’Angers venu s’expliquer sur la délibération retirée du vote au Conseil d’Agglo, prévoyant une somme de 400 000€ pour couvrir une partie des frais de l’inauguration du futur tramway. Choquant par les temps qui courent. Mais au détour d’une phrase que ne nous dit-il pas, sans doute pour tenter de justifier la dépense ? « une inauguration de tramway, on en fait une par siècle ! »  Ouf ! On n’aura donc pas de 2ème ligne d’ici 100 ans. Cela tombe bien, il n’y a pas un rond pour la financer.

PERFUSION. Le PC est moribond. Mais heureusement, il a trouvé un produit pour le maintenir en survie. On s’en est aperçu ce week-end au Mans, avec le congrès du parti de Gauche. Le produit miracle c’est la « méchanconite » qu’on lui transfuse à haute dose, avec « Internationale » en cachets  (effervescents, évidemment).

EPIDEMIE. Rue89 a été cambriolé, comme d’autres médias. Le site s’est fait soustraire une vingtaine d’ordinateurs. Comme Médiapart, où le vol  était plus ciblé. On nous fait savoir, avec une certaine gourmandise, que bien sûr, certains contenaient des dossiers sensibles et que ce n’est peut-être pas un vol « ordinaire » mais un moyen de pression sur des journalistes… si vous voyez ce que je veux dire ( Suivez mon doigt.) C’est vrai que les journalistes sont tellement cons qu’ils ne savent pas faire de sauvegardes de leurs dossiers importants. On nous prend pour qui ?

 

- Le bonnêt d’âne de la semaine (il y en aura un chaque semaine) : Il est décerné à Nicolas Dupontéigneux, non pas pour son annonce qu’il va se présenter à l’élection présidentielle, mais pour son numéro médiatique sur l’euro qui serait source de tous nos maux et dont il a déchiré une coupure géante devant les caméras.

- Ça ne s’invente pas !  Deux statues romaines trônant au Palazzo Chigi, siège du gouvernement italien, ont connu une restauration pour le moins peu orthodoxe pour ne pas dire surprenante : la statue de Mars, sous les traits de Marc Aurèle a retrouvé son pénis, et celle de Vénus, sous les traits de son épouse Faustine, ses bras. Vous l’avez deviné, on doit ces adjonctions au Cavaliere, qui, passant devant chaque jour, était lassé de les voir mutilées. Ah, le sexe… On ne dit pas sur qui les restaurateurs ont pris modèle.

 


SOUS LA CRISE, LES VIEUX !

 

Il n’y a pas que le problème des retraites qui pose problème pour les financer et dont on sait que la démographie est une circonstance aggravante, avec notre pyramide des âges en forme de montgolfière. Demain ce sera la dépendance et en attendant on peine à financer les maladies de dégénérescence cérébrale, comme Alzheimer.

Et voilà que la crise financière n’est plus tout-à-fait un mystère. Comment a-t-on pu en arriver à cette énorme bulle de crédit dont o l’explosion en 2008 a plongé le monde dans une crise dont on peine encore à sortir ?

Tout le monde s’y est mis : économistes, historiens, anthropologues, financiers pour creuser le dossier et tenter de trouver le point de départ.

D’abord, on a tout de suite vu la folie financière avec ses outils si sophistiqués que bien peu comprenaient leur fonctionnement, alors envisager un effet systémique, vous pensez !  Ensuite on a découvert que la politique monétaire trop laxiste aux Etats-Unis avait fait monter les cours des actions et les prix immobiliers. A ce premier déséquilibre macroéconomique il fallait en rajouter un autre, celui créé par le formidable excédent commercial chinois à mettre en face du déficit abyssal américain.

Puis on s’est aperçu que les nouvelles technologies de l’information et de la communication ont contribué à accélérer le processus, participant à la création d’une bulle du même type que celle qui a explosé en 2000. Phénomène qui a contribué à l’accélération du mouvement de glissement du pouvoir économique de l’Amérique à l’Asie.

Mais la vraie clé qui vient se superposer à toues les autres, c’est la clé démographique. Au cours des 40 dernières années, la population mondiale de plus de 65 ans a augmenté de 400 millions de personnes. Et au cours des 40 prochaines années, elle va augmenter de 1,2 milliard. Avec la génération du « baby-boom » des pays développés qui prend sa retraite, c’est la finance qui est concernée en premier, puisque sa fonction est de transporter l’argent à travers le temps. L’inflation a disparu depuis que cette génération est arrivée à l’âge où l’on épargne. Depuis un quart de siècle les fonds de pension ont acheté massivement des actions. Les sommes en jeu sont colossales : près de 24 000 milliards de dollars selon les estimations (pour 13 pays), dont plus de la moitié pour les seuls Etats-Unis.

Mais fini d’engranger : pour les années qui viennent, les fonds de pensions vont devoir débourser, et d’abord pour sécuriser le capital, faire glisser les capitaux des actions vers les obligations, les faisant monter. En même temps, il faut s’attendre à une pression à la baisse sur les marchés boursiers. Résultat : la baisse des taux d’intérêts. Et c’est exactement ce qui se passe aujourd’hui. Et nous n’en sommes qu’au début.

Selon l’économiste hongrois Elöd Takats, l’impact  dépressif sur le logement dans les pays développés pourrait être de l’ordre de 1% par an dans les pays vieillissant le plus vite, de quoi faire baisser les prix de moitié !

La tempête financière et la crise économique ne viennent pas seulement des folies de Lehman Brothers, des erreurs d’Alan Greenspan, de l’émergence de la Chine et de l’effet démultiplicateur d’internet. La rupture démographique qui n’apparaît pas d’emblée est en réalité violente dans ses effets, parce qu’elle fait valser des milliers de milliards de dollars ou d’euros.

 Pas drôle de vieillir !

 


ECLAIRCIE SUR LE FRONT DE L’EMPLOI

 

L'euphorie n'est pas de mise, bien sûr. L'emploi salarié a tout juste retrouvé son niveau du deuxième trimestre de 2009. Mais si la baisse du chômage n'est pas encore installée, la hausse de l'emploi, elle, est là. C'est ce qui ressort des statistiques publiés par l'Insee. Le secteur marchand a gagné 44.000 postes, pour atteindre 15.958.400 postes au troisième trimestre 2010, et c’est le troisième trimestre d'affilée de hausse. Une estimation provisoire qu’il faut accueillir avec prudence, mais que la publication des chiffres définitifs, le 9 décembre, devrait confirmer.

Certes, les créations d'emplois ont continué, au troisième trimestre, à être tirées par l'intérim. Si la progression de 16.200 postes par rapport au trimestre précédent marque un ralentissement de sa croissance cet été (+ 3 % contre + 5,3 % au deuxième trimestre et + 5,9 % au premier trimestre de 2010), les statistiques mensuelles de Pôle emploi font état par ailleurs d'une évolution très contrastée, avec une stagnation en juillet (+ 0,1 %) et août (- 0,1 %) mais une nette reprise en septembre (+ 3,4 %). Attendons donc de voir.

Evidemment, l'industrie a continué à perdre des emplois au même rythme que le trimestre précédent (- 0,3 %), soit une perte de 8.900 postes et de 82.400 sur un an. La construction n'a pas non plus bénéficié d'un retournement de conjoncture, mais la baisse de ses effectifs a été divisée par deux par rapport au trimestre précédent, à - 0,2 %, soit 3.100 postes de moins.

Le tertiaire est pour sa part resté créateur net, même hors intérim, et l'Insee note une accélération des créations de postes, avec une hausse des effectifs de 47.400 contre 27.600 au deuxième trimestre.

Cette éclaircie sur le front de l’emploi précède généralement la baisse du chômage. Pour cela, il faut bien sûr que la croissance tienne le cap des 2%, ce qui n’est pas assuré pour 2011.

 

 


UNE TRAJECTOIRE CLAIRE

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Nicolas Sarkozy  s’est livré à un exercice classique. Il a montré ce soir qu’il s’était adapté à l’exercice de la fonction présidentielle que souhaitent les Français. Cela lui a probablement demandé beaucoup d’efforts pour prendre sur lui-même et son naturel bouillonnant. Nous avons vu un Président calme et déterminé mais se gardant de toute provocation. Il nous a montré aussi qu’il savait se remettre en cause et tourner les pages. Une forme de hauteur de vue qui contraste singulièrement avec les jacasseries de Ségodinde qui ont suivi.

On a bien compris aussi les avantages qu’il y a à garder François Fillon au poste de premier  Ministre. A commencer par sa vertu première qui est sa loyauté à toute épreuve. Il présente deux autres avantages : il a tout le groupe parlementaire UMP derrière lui et il est le plus à même de conforter l’électorat  naturel de la majorité puisque son aura déborde même sur le centre. Mais sa reconduction n’a pas qu’une vocation électorale.

Ce qui a aussi présidé aux choix du Président et du Premier Ministre dans la composition du Gouvernement, c’est le souci de donner de la France une image de solidité et de stabilité, qui n’est pas négligeable, loin s’en faut, aussi bien sur la scène internationale que pour la gestion des ministères importants. Pour sortir de la crise complètement, la France a plus besoin de continuité que de revirements.

Enfin, Nicolas Sarkozy a fait le choix d’aller jusqu’au bout des réformes. Un pari risqué pour le cas où il déciderait de se représenter. Quitte à être impopulaire, autant être utile jusqu’au au bout du mandat, pouvait-on comprendre en message subliminal. Certes, il espère peut-être secrètement que les Français lui sauront gré d’avoir ce courage, il n’empêche que cette conception des choses est la marque de fabrique du gaullisme, et qu’on le veuille ou non, c’est privilégier l’intérêt du pays sur son destin électoral. Personne ne pourra nier que les réformes engagées ou programmées sont nécessaires et qu’en même temps il faut à tout prix redresser les comptes et réduire la dette.

La page de la rupture et de l’ouverture est peut-être tournée. Celle du G20 s’ouvre sur des perspectives autrement plus lourdes. Qu’il s’agisse de la régulation des monnaies et du prix des matières premières ou de l’urgence du développement de l’Afrique, ce sont des enjeux qui pèsent déjà sur notre vie quotidienne. On comprend que le Président en ait fait ses priorités dans la gestion de la gouvernance mondiale.

Le débat politique va donc se faire maintenant entre deux camps dont l’un, celui du Président a une feuille de route et un agenda défini quand l’autre en est encore à définir son programme et  reporte à quelques mois de l’élection le choix de son leader. On comprend donc la stratégie de communication de Martine Aubry qui consiste à projeter sur son adversaire ses propres turpitudes et on comprend que pour l’instant les Français ne lui accordent qu’un crédit relatif.

 

 

 


RETOUR AUX FONDAMENTAUX

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Quels qu’aient été les choix de Nicolas Sarkozy, nous aurions eu droit aux sarcasmes de la gauche. Inutile donc de s’y attarder, sauf à dire, pour répondre à la cheftaine du PS, qu’elle n’est pas habilitée comme elle tente de le faire croire, à être la porte-parole de tous les Français. Si le Président doit entendre en priorité des Français, ce ne sont certes pas les mêmes que ceux qui ont défilé dans les rues.

Le gouvernement qu’il vient de nommer est un gouvernement d’experts es-politique et de personnes compétentes pour gérer les portefeuilles qui leur sont attribués. Le bateau France va encore tanguer dans les mois qui viennent et le Président a besoin d’une équipe sure, qui lui laisse la disponibilité nécessaire pour gérer les affaires du G 20 et éventuellement faire campagne. Le « resserrement » sert à ça. Le renouvellement de François Fillon dans sa fonction fixe aussi un cap qui est celui de l’équilibre entre la rigueur obligatoire et le soutien à l’économie indispensable pour développer l’emploi. Quelle autre politique pourrait être menée ? L’idée d’un virage social, dans le contexte de croissance actuel, n’aurait été qu’un gros mensonge. Le Premier Ministre sort renforcé mais il sera plus exposé.  De la nouvelle gouvernance qui va s’installer et de la relation entre les deux têtes de l’exécutif découlera naturellement une candidature à la présidentielle.

Car ces choix ne lèvent pas complètement le voile sur ce que sera le destin de Nicolas Sarkozy. Les efforts vont porter sans nul doute sur l’emploi, en priorité. C’est la condition sine qua none pour qu’il puisse se représenter. Ils comportent un pari stratégique sur l’incapacité qu’aura le « Centre » à s’organiser pour présenter un candidat commun. La liberté rendue à Borloo, sans avoir été souhaitée, est faite aussi pour compliquer un peu plus le jeu dans un marigot encombré de personnalités… secondaires. Mais d’un autre côté, on ne peut pas se plaindre comme le fait Hervé Morin d’avoir été évincé, alors qu’il a passé une année à philosopher sur sa propre candidature. Il y a cependant un risque à cette stratégie, c’est que le mécontentement persistant, l’addition des voix sur de petits candidats multiples lui joue le même tour qu’à Jospin en 2002. Car en même temps, il faudra neutraliser la « Marine ».

Enfin, parmi les attributions de ce nouveau gouvernement, il y en a une qui nous touche plus particulièrement : celle de Roselyne Bachelot  au Ministère des Solidarités et de la Cohésion Sociale. Nous savons en Anjou l’intérêt qu’elle porte depuis longtemps aux handicaps, à la dépendance, à toutes les formes de précarité. Elle était probablement la mieux à même de porter le projet de création du 5ème risque. Et nous sommes persuadés qu’elle donnera un élan et une nouvelle dimension à la politique de cohésion sociale.

 

 


SI ARCHIBALD VOUS LE DIT !

  Copie de longue vue

CANARD. Le Canard enchaîné serait « espionné » par les services secrets du gouvernement. Autrement dit ses journalistes « sur écoutes ». Affirmation dont on attend les preuves. Il y a longtemps que ce canard ne se contente plus d’être satirique, il est trop souvent « subversif ». Moi je trouverais normal qu’il soit surveillé.

CEINTURE. Que du bon sens dans la bouche du nouveau président du Conseil Général de Vendée, Bruno Retailleau. Interrogé sur la manière dont il comptait combler le déficit budgétaire annoncé pour 2011, il répond : « Augmenter les impôts, sûrement pas. Il va falloir se serrer la ceinture en faisant des arbitrages dans les dépenses ! ». Voilà un raisonnement qu’on aimerait entendre plus souvent.

G 20. Ce serait plutôt « j’ai zéro ». Les grandes nations vont-elles plonger dans l’égoïsme national en pratiquant une guerre des monnaies ? Dès lors que les US font tourner la planche à billets et que les Chinois ne veulent pas toucher au cours du Yuan, les 18 autres pays se retrouvent spectateurs : un rôle dont ils ne se contenteront pas. Bon courage Nicolas !

RACKET. Dans son projet économique et social pour 2012, Eva Joly prévoit une imposition de 50% pour les revenus supérieurs à 70 000 euros par an. Ce qui fait qu’avec moins de 6 000 euros par mois, vous êtes concernés. Une information qui intéressera nombre de gens de gauche, les couples d’enseignants du secondaire et du supérieur, par exemple. Cela porte un nom : « l’impôt confiscatoire » !

A PEU PRES. On connaissait les effectifs de l’Education Nationale à 20 000 près. Excusez du peu. En effet, à la suite d’une enquête diligentée par le Ministre, on a retrouvé 20 000 postes non comptabilisés. Ils en disent quoi les syndicats ?

AMONT. Au PS, on fait des conventions sans concertation en amont. C’est Mosco qui le dit. Pourtant c’est Hamon qui les organise. Donc avec Hamon, l'amont c'est lui. On s’en serait douté. La gauche de "gauche" est toujours marquée par ses certitudes. C’est à ça qu’on la reconnaît.

MATCH. Avez-vous vu la cote de François dans le dernier Match : plus de 50% sur tous les critères. Etonnant après la bataille des retraites. On comprend que Nicolas ait décidé de le conserver premier ministre. Dans cette période, la France a plus besoin de stabilité et de continuité que de rupture. En plus dans un récent sondage il battrait Martine. Tout pour plaire !

FOURRE-TOUT. Mêmes pas capables de trouver un nom original pour leur conglomérat. Le rassemblement des verts, « ni à gauche, ni à droite », c’est aussi crédible que si le « facteur » se disait centriste. On attend avec impatience de découvrir l’écologie de « sobriété joyeuse, économe et solidaire ». Faut avoir fumé un pétard pour sortir des trucs pareils.

A Demain, pour l’analyse du nouveau gouvernement.

 


 


L’OBSCURANTISME, GANGRENE DU 21ème SIECLE ?

Burqa      Tea party  ...

 

Nous sommes depuis longtemps atterré de voir le fondamentalisme islamique gagner du terrain partout dans les pays musulmans, et partout où vivent des musulmans, apportant avec lui son cortège de contraintes, de violences quand ce n’est pas le terrorisme. Averroès avait ouvert l’Islam sur la lumière. Plusieurs siècles de manipulations l’ont  fait plonger dans l’oubli.

Il n’y a pas que les musulmans qui soient confrontés à cette interprétation étroite, parfois bien lointaine des textes, de ce qui fonde leur religion. Le Christianisme connaît lui aussi des dérives tout aussi inquiétantes. Aux Etats-Unis se développent un mouvement ultra conservateur alimenté par les « Créationnistes » qui rejettent la théorie de l’évolution et tentent d’influer sur les programmes scolaires pour imposer leur vision des choses. Le fait qu’ils aient été très impliqués dans les rassemblements de « Tea Party » avec un succès relatif mais loin d’être négligeable, nous indique très clairement que la connaissance fondée sur les sciences établies est menacée au profit de la vérité dogmatique de textes religieux dont on ne sera bientôt plus capable de se distancier par l’esprit critique. Et cela même dans nos pays « modernes » dits « développés ».

En France même, de nombreux enseignants sont découragés parce qu’ils ne peuvent plus aborder dans leurs cours des sujets inscrits au programme. Certains élèves s’y opposent avec une telle violence qu’elle confine parfois à l’émeute.

Il s’agit de chapitres de l’histoire et des sciences naturelles, plus particulièrement quand ils portent sur la colonisation, la Shoah et surtout tout ce qui à trait à l’origine de l’Homme, dont les avancées de la paléontologie dérangent les exaltés des Ecritures saintes. Yves Coppens, au secours !

Ce qui est préoccupant c’est cette évolution inquiétante : la remontée de l’obscurantisme, le refus borné de la connaissance, l’imperméabilité à l’esprit d’examen, l’incapacité têtue au dialogue vont de paire avec l’illettrisme, la superstition, sur lesquels prospèrent les imams rustiques autoproclamés et les agitateurs de caves.

Les créationnistes se réclament bruyamment de la « vraie Amérique ». Nos récalcitrants rejettent ouvertement la France et ses valeurs. Ils ne sont heureusement qu’une minorité, mais ils font déjà la loi dans certains établissements. Ces malheureux s’excluent de la République du savoir, celle-là même qui pourrait les aider à s’intégrer. Il leur est ainsi plus facile de rejeter la République tout court. Ceux qui les manipulent en fait les stérilisent parce que leur pouvoir se bâtit en premier lieu sur l’ignorance.

On aurait tort de limiter cet état d’esprit à la religion. Par bien des aspects, des comportements de méfiance par rapport aux avancées de la science, aux progrès techniques, se répandent par la fluidité sans filtre d’internet mais aussi la propagande de certains partis politiques qui sous couvert d’écologie, prônent le rejet de certaines technologies ou avancées scientifiques.

Resterons-nous les spectateurs passifs de ce retour de la nuit avec son cortège de terreurs et de barbarie ?

 


"EGALITE REELLE" POUR MONDE VIRTUEL

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Après une longue nuit de débats de la « commission des résolutions » pour examiner des dizaines d'amendements, le projet du PS pour lutter contre les inégalités a été soumis au vote du conseil national (parlement) du PS. Le texte à propos de « l'égalité réelle » d'une quarantaine de pages sera soumis en décembre aux militants. Rédigé par Benoît Hamon, il révèle des divergences réelles entre socialistes et réveille le bon vieux clivage entre la « gauche » et la « droite » du parti.

« Egalité réelle », un slogan suivi d’un ensemble de mesures confuses, extrêmement vagues et parfois ridicules, non triées ni hiérarchisées et surtout sans financement précis : le PS fait la preuve qu’il n’est pas un parti de gouvernement, refuse toujours de s’inscrire dans les réalités du monde actuel, bref, il reste archaïque ! C’est à peu de choses près ce qu’en a dit Denis Olivennes du Nouvel Observateur, l’autre soir à C dans l’air.  Un projet qui cherche plus à surfer sur le « sentiment d’inégalité » qu’à apporter des solutions à ce qui les génère. On se demande comment on peut encore imaginer un projet qui prévoit de « distribuer » encore plus alors que le pays est endetté jusqu’au cou. On comprend mieux pourquoi Benoit Hamon ne parle jamais de la dette. Comme d’habitude,  le PS se soucie davantage de la force symbolique de ses propositions que de leur coût, l'affichage politique prime sur la crédibilité économique.

Les allocations nouvelles - et non chiffrées -abondent. Voici l'Etat relançant le pouvoir d'achat par la magie d'une négociation nationale sur les salaires. Et renationalisant le secteur de l'énergie par « une forme de contrôle public » sur Total, « en vue de l'indispensable réappropriation citoyenne de la rente pétrolière »...

On peut s’interroger sur l’intérêt d’un tel document. S’il s’agissait de faire surgir le clivage entre les gestionnaires réalistes partisans d’un socialisme ancré dans la réalité du monde, tels Manuel Valls et François Hollande ou les amis de DSK, et les socialistes visionnaires encore ancrés dans le marxisme pour lesquels les mots comptent plus que les réalités, autrement la gauche du parti incarnée par Benoit Hamon lui-même (on n’est jamais si bien servi…), c’est plutôt réussi. Entre position symbolique, sinon dogmatique, et une position réaliste, on voit les primaires se profiler et la stratégie de Martine-la-sentencieuse qui a bien verrouillé toutes les portes de la maison, apparaît en pleine lumière : l’arbitre au centre du débat. Position idéale de future candidate.

Reste que le PS, et sa patronne avec, n’arrive pas à décoller de sa posture habituelle depuis Guy Mollet : contester fort dans l’opposition, gestionnaire au pouvoir en faisant le contraire. Car on ne voit pas comment un tel programme pourrait être appliqué. La réalité est malheureusement très têtue. Quand les moyens se dérobent …Autrement dit « égalité réelle » dans un monde virtuel !

 



SARKOZY A-T-IL ENCORE UN DESTIN ?

Sarko Europe

 

Au moment où se profile le dernier quart temps du quinquennat et alors que s’annonce le changement de gouvernement qui en donnera le ton sinon le tempo, la question se pose au fond de savoir ce que souhaite vraiment faire le Président ensuite : se présentera-t-il à nouveau au suffrage des électeurs ou non ?

Pour beaucoup d’observateurs, la question ne se pose même pas tant ils s’imaginent que Nicolas Sarkozy doit y « penser tous les matins en se rasant ».  Pourtant au vu de sa cote de popularité et  de la tâche qui reste à accomplir, au vu de l’évolution de la situation économique, le doute sur ses intentions est pour le moins permis : on peut penser qu’il y regardera à deux fois et qu’il est du genre à partir la tête haute plutôt que de prendre le risque d’être battu. Le destin de Nicolas Sarkozy dépend moins du rapport de force politique que de l’état de l’économie en 2012.

Comme Barak Obama, il aura été victime de la « malédiction des réformateurs ». La plupart des réformes qui ont été engagées en France, à l’initiative du Président et conduites par le Gouvernement, que ce soit celle des retraites ou de l’Etat, de la santé, de l’armée, de la justice, ne s’appliqueront avec leur plein effet que dans quelques années, ce qui interdit à leurs concepteurs d’en tirer le moindre bénéfice. Au contraire, les bouleversements qu’elles imposent au corps social au moment où elles sont décidées coûtent très chers aux dirigeants qui les ont portées.

Le temps des réformes structurelles n’est pas compatible avec celui d’une opinion consumériste. Ce qui revient à dire qu’un homme politique qui dispose d’un mandat de cinq ans n’a pas les moyens de conduire le programme pour lequel il a été élu sans le payer du prix de sa non-réélection. Le réformisme est une recette pour un désastre. Et Nicolas Sarkozy aura beau modifier son style, avoir abandonné sa faconde au profit d’une grande sobriété, être passé du « Président Grande Vitesse » à un rythme plus classique, avoir réorienté sa politique vers la droite et le centre, ne modifie pas substantiellement son sort, plus déterminé par la crise et le chômage qu’on ne lui pardonne pas de ne pas résoudre. Qu'il privilégie l'intérêt national plutôt que sa propre carrière ne m'étonnerait pas.

La tentation peut-être grande alors de mettre en application ce que le Président livrait en privé lors de sa campagne de 2007 : « je suis élu, je fais les réformes et je m’en vais. ».

Les réformes, il les aura toutes faites et la plupart de ses promesses auront été tenues au terme du mandat. J’aurai l’occasion d’y revenir. La France a déjà plus changé en trois ans et demi sous Sarkozy qu’en sept sous Giscard ou douze sous Chirac. Et je pense qu’il a peut-être déjà pris sa décision. Le fait qu’il ait changé d’avis sur les réformes qu’il va mener jusqu’au terme du mandat au lieu de la pause annoncée, ce qui rend difficile une campagne de sortant, l’anticipation d’une reprise molle qui ne lui permettra pas de tenir sa promesse sur le pouvoir d’achat, la nécessité d’accentuer l’effort impopulaire de réduction de la dette… et aussi que Carla ait dit à plusieurs reprises qu’elle souhaiterait une vie plus calme… autant d’éléments qui me font penser qu’il ne se représentera pas. Le signe qu’il va envoyer avec le changement de gouvernement sera décisif : s’il garde Fillon sera un argument de plus, peut-être pour mettre son fidèle premier ministre en piste… Jean-François Copé à l'UMP en sera un autre.

Pendant un an, il va s’éclater au G20, réussir comme il en a le talent les compromis impossibles, peut-être même laisser sa marque sur un nouvel ordre mondial, et après… Salut la compagnie !  Sauf si d’aventure les Français lui jouaient l’air du « t’en vas pas comme ça ! ».

Pure Hypothèse évidemment. Nicolas ne m’a pas téléphoné.  

 

 


ENCORE LES RETRAITES

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La loi est promulguée. Validée hier par le Conseil Constitutionnel, le Président a choisi d’aller vite. Fidèle à sa maxime : « on part à fond, on accélère ensuite », cette rapidité d’exécution préfigure ce qui va se passer maintenant. Mais peut-être pas avec le scénario attendu. Je vous en parlerai demain.

La réunion hésitante de l’intersyndicale de jeudi dernier et la mobilisation en net retrait du samedi précédent ont confirmé ce que chacun savait déjà : la bataille des retraites est terminée et elle se conclut sur la victoire du gouvernement et de Nicolas Sarkozy. Sans reculer sur l'essentiel, ce dernier a fait passer une réforme dont l'ampleur -symbolique, financière, politique - est profonde. Elle aura de surcroît une incidence concrète et rapide sur la vie des Français. Personne ne sait si cette issue servira ou non le candidat Sarkozy (s’il l’est) en 2012. Mais il est possible déjà de tirer plusieurs enseignements de ces six mois d’affrontements.

En premier lieu, les manifestations ont remplacé les grèves comme mesure de la mobilisation. Le blocage des transports publics ne constitue plus le principal levier d'action pour paralyser ou ralentir le pays comme en 1995 ou même en 2003. Le service minimum est passé par là. Cette fois-ci, ils ont été remplacés par les raffineries,  créant une gêne rapidement contournée par les importations très faciles sur un marché européen en raffinage excédentaire.

Dans les rangs syndicaux, il y a désormais le puissant tandem CGT-CFDT, qui estime avoir gagné la bataille de l'opinion malgré sa défaite –ce qui reste à prouver- et les autres. Force ouvrière, notamment, se retrouve affaiblie. Ce diagnostic reste à vérifier lors des prochaines élections professionnelles. Les syndicats dits « réformistes » ont été plus suivistes que meneurs par intérêt électoral mais ont pesé sur la fin du conflit en prêchant la modération, finissant par imposer leur point de vue.

Pour la première fois, les syndicats ont été mis en difficulté sur le décompte des manifestants : la longue habitude de couper la poire en deux entre les chiffres de la police et ceux des syndicats pour avoir une idée de leur nombre a pris du plomb dans l'aile. Des expertises concordantes extérieures laissent penser que les premiers s'approchent le plus de la vérité ! Et cela ne surprendra que les gogos prêts à avaler les mensonges de la propagande. Mais, je l’ai déjà dit ici, un ou trois millions de personnes, ce n'est pas la même chose, et le pouvoir le savait …

La sur-interprétation des faits de beaucoup de médias par une empathie exagérée pour les mouvements sociaux conduit parfois à des simplifications outrageusement hâtives. Il suffit que quelques lycées soient bloqués pour qu’on y voit le malaise de toute une génération !La réalité est certainement plus prosaïque : une fraction de ces jeunes de 16-18 ans, toujours la même, a été ravie de cette occasion de mettre le bin’s et de ces heures gagnées sur les cours, pour lesquels ils n’ont qu’un goût modéré. Au moins retrouvera-t-on leurs leaders demain à la tête des Jeunes Socialistes…

Une certitude, enfin. Ces six mois ont une nouvelle fois confirmé la lourde interrogation sur le rapport au travail en France mais aussi, si on veut donner un sens au soutien apporté aux manifestants par l'opinion, sur le malaise profond des classes moyennes quant à leur avenir. C'était vrai avant la crise, cela l'est encore plus après. Le Ministère du « temps libre » est loin, mais que de dégâts depuis !

 

 

 


OBAMA BLUES

Obama concentré
  

Il n’est pas inhabituel aux Etats-Unis de voir un président perdre sa majorité lors des élections de mi-mandat. Ronald Reagan, Bill Clinton et bien d’autres en ont fait l’expérience deux ans après une élection confortable.

Héritier de deux guerres étrangères et d’une situation financière catastrophique, confronté à une tempête économique sans précédent, Barak Obama ne pouvait pas faire de miracles dans un délai si court. De même que les espoirs suscités par son élection étaient tout aussi démesurés que le sont les commentaires qui jettent aujourd’hui le « bébé Obama » avec l’eau du bain des « mid-term ».

Les raisons de cette défaite ont été amplement évoquées avant même de connaître le résultat sorti des urnes : la crise économique et financière et la poussée d’un chômage irréductible qui se maintient à 10% en sont les principaux facteurs. Mais l’activisme forcené de très puissants lobbies hostiles à la réforme de Wall Street et à celle de la santé conjugué avec la contestation virulente du Tea Party ancrée dans l’intolérance quand ce n’est pas l’obscurantisme et qui expriment une aversion pour tout ce que le président représente ont contribué à mobiliser un électorat conservateur. Alors que de l’autre côté, c’est la démobilisation de la classe moyenne et des pauvres inquiets de ne pas voir la lumière au bout du tunnel. Les principaux soutiens du président : les jeunes, les noirs, les femmes ont manqué à l’appel et permis la victoire républicaine notamment à la Chambre des Représentants.

Le président a aussi sa part personnelle de responsabilité : il est apparu trop souvent comme un intellectuel froid et distant, en tout cas loin des préoccupations de ses concitoyens en difficultés ; il passe aussi pour hostile aux milieux d’affaires, moteur de l’économie du pays. Sa faiblesse aura été de se présenter comme l’homme du rassemblement et de ne pas avoir combattu le parti républicain, ravi de l’aubaine. Sa défaite électorale ne récompense pas la patience, le temps consacré à la persuasion, le respect affiché pour les adversaires les plus déterminés, le calme olympien face aux pires calomnies, le choix du compromis pour faire voter ses réformes. Et il n’est pas resté inerte. Son bilan est loin d’être anecdotique.

Et maintenant ? Une cohabitation houleuse est l’hypothèse la plus plausible. Le futur « speaker » républicain John A. Boehner et le chef de la minorité républicaine au Sénat Mitch Mac Coennell ont adopté d’emblée un ton belligérant en annonçant leur intention de réduire fortement le rôle et les dépenses de l’Etat et de revenir sur la réforme du système de santé. Autant dire que nombre de réformes ne verront pas le jour et que l’acte II de la présidence va être dorénavant et dès maintenant tourné vers la campagne de 2012. Cette cohabitation à la sauce américaine va ressembler à une situation de blocage et de paralysie de l’action législative aux Etats-Unis.

Le président a quelques moyens et atouts dans son jeu et il se révélera peut-être davantage dans l’adversité. D’autant plus que chez ses adversaires, le Tea Party, composé de personnalités ignares, farfelues, excessives et intransigeantes, complique plus qu’il ne simplifie la tâche des Républicains dont le parti connaît déjà des tensions. Le paradoxe, c’est qu’en créant une situation de blocage qui rend pratiquement nulle la possibilité de faire passer des lois ambitieuses comme sur le climat ou l’immigration, ils permettent au président de prendre du temps pour faire campagne, un exercice dans lequel il excelle.

Voilà deux années passionnantes qui s’annoncent. Avec en corollaire beaucoup de temps perdu pour le progrès des Etats-Unis, progrès bien difficile à trouver dans les thèses, l’intolérance et les anathèmes des « tea-partistes ».

 

 


LA SEMAINE D’ARCHIBALD

Longue vue

 

Après une pause familiale, le bloc-notes reprend du service. L’actualité est particulièrement fournie, ce qui promet quelques développements qui se prolongeront dans les jours prochains.

REMEDE DE CHEVAL. C’est celui que Cameron impose à l’Angleterre pour tenter de sortir le pays du fossé où il est allé se planter. La financiarisation exagérée n’a pas que des bons côtés. Les mesures en raccourci : l'âge de la retraite est repoussé à 66 ans,  près d'un demi-million d'emplois supprimés dans la fonction publique, la TVA  relevée de 2,5 points, à 20 % et les prestations sociales sérieusement revues à la baisse ! Et en plus, cerise sur le gâteau d’un eurosceptique, un accord exceptionnel de coopération militaire avec la France. Comme quoi les économies n’ont pas que du mauvais.

PEKIN SUR SEINE. La visite du Président Chinois Hu Jin Tao (prononcer « usine tout ») permet à Nicolas Sarkozy de concrétiser sa volonté d’aller chercher la croissance « avec les dents s’il le faut ». Près de 20 milliards d’Euros de contrats signés ou de projets mis en route, c’est tout bon pour nos entreprises et l’emploi en France, malgré tout. Silence radio de la gauche sur le sujet… Ah si, les Droits de l’Homme érigés en statuts du commandeur. Un peu maigre pour faire tourner nos usines, sauf à fabriquer des pin’s de la déclaration de 1789.

MEDIATARTE. Plenel voit des barbouzes partout. On serait tenté de lui conseiller d’arrêter le H ou la marijuana. Il n’empêche, la campagne que son site mène pour nous faire croire que nous vivons sous un régime dictatorial continue à travers toutes ses insinuations. Au point que Claude Guéant, directement nommé, sans preuves comme d’hab, s’est résolu à porter plainte. Stop ! Il faut de la transparence du pouvoir, mais quand il s’agit de « sources journalistiques », l’opacité la plus épaisse est de rigueur. Pourquoi ? parce qu’il s’agit de corruption ? de procédés inavouables ? de collecte de ragots ou de poubelles ?

BASTA ! Des milliers de fonctionnaires ont crié « ça suffit ! » dans les rue de … Lisbonne. Ils protestent contre l’austérité imposée par le gouvernement, notamment la baisse des salaires de 3 à 10%, l’augmentation de la TVA et le plafonnement des prestations sociales. Une grève générale est prévue le 24 novembre. Mais quel est donc cet affreux gouvernement qui serre ainsi la ceinture au pauvre (c’est le cas) peuple portugais ? Celui de José Socrates, socialiste si je ne m’abuse. C’est fou ce que les situations se ressemblent. Je présume que la cote de popularité du bonhomme réélu en 2009 doit être dans les 36èmes dessous… Que voulez-vous, les effets de la crise se moquent bien de la couleur des gouvernements !

PAS DE VAINQUEUR. Donc on a dit pas de vainqueur. C’est dit, c’est dit ! M’enfin, il me semble bien que la baudruche des défilés qui battent le pavé se dégonfle, que l’intersyndicale cherche une solution de sortie et bat de l’aile, et que sauf erreur, les opposants au projet n’ont obtenu ni son retrait, ni son ajournement. La gauche peut dire ce qu’elle veut, la fermeté du gouvernement a payé. D’ailleurs les sondages commencent a émettre un son différent. Il faut se méfier des sondages. Je ne retiens qu’un chiffre de celui de l’IFOP publié dans le JDD : 64% des Français pensent « qu’il fallait bien en passer par là » (62 ans) tout en ayant de la sympathie pour les manifestations. Râleurs mais conscients et résignés. On l’avait compris ! Le fil des évènements donne toute latitude au Président pour reprendre l’initiative.

BORGNE ET AVEUGLEE. Martine à la manif’ devrait moins picoler avant de battre le pavé. Du moins c’est ce qu’on pourrait penser à lire les propos incohérents et surréalistes qu’elle a tenus : « Nicolas Sarkozy est perdu. Le Gouvernement ne fait plus rien. Le pays part à vau l’eau. On ne sait plus où on va, il n’y a plus de cap… ». Elle a un oeil qui ne voit plus rien et l’autre est obstrué par la poutre… une preuve ? voilà : « Nous, nous sommes unis avec le reste de la gauche pour proposer une alternative. Voilà la différence ». Si c’est pas un gros mensonge … A force de faire le grand écart entre Hamon et Valls (pour ne parler que du PS) elle va se déchirer le périnée.

EXPLOITS. En revenant de Bretagne ce soir, j’écoutais le Club de la presse sur RTL avec comme invité… Benoit Hamon. De sa prestation idéologique de bout en bout, je retiendrai deux choses. Un : les rédacteurs des rapports du FMI sont des rigolos ou des aimables plaisantins (il faut dire qu’ils ont le culot de trouver des effets positifs à la réforme que la France vient de voter). Deux : on peut être responsable politique et porte-parole du parti d’opposition susceptible de gouverner et parler pendant plus d’une heure sans jamais évoquer la dette ! Incroyable.

LE PROBLEME C’EST LUI.  Le Gargamel de République Solitaire s’en est encore pris au Président de la République, en des termes vils et bas. S’il espère conquérir des voix à droite par ce moyen, il se trompe. En tout cas, il n’aura pas la mienne. Par contre il rend service à la gauche en servant de caisse de résonnance à ses attaques incessantes et aussi haineuses. Comme Bayrou en un autre temps. On a vu avec quel résultat.

 


EGALITE SELECTIVE

Conseil_constitutionnel

Comme on pouvait s’y attendre, le recours déposé au Conseil Constitutionnel contre la réforme des retraites par les partis de gauche porte essentiellement sur « l’égalité », thème obsessionnel s’il en est.

En voici les termes : « Cette réforme porte atteinte aux principes d'égalité reconnus par le préambule de la Constitution et par son article 1 ». Ces « ruptures d'égalité » concernent : « les salariés qui ont commencé à travailler tôt et qui devront supporter seuls le recul de l'âge de la retraite à 62 ans »; « les femmes et les chômeurs qui ont connu des carrières professionnelles hachées et qui devront attendre 67 ans pour obtenir une pension complète »; « les ouvriers qui ont une espérance de vie de 7 ans inférieure aux autres catégories sociales et qui se voient priver d'un droit compensatoire ».

De quoi faire sourire. Car il s’agit bien d’une conception de l’égalité très sélective. On aurait pu imaginer trouver aussi dans les ruptures d’égalité celle qui concerne le salaire de base  sur lequel on calcul la pension, entre la moyenne des vingt meilleures années et les six derniers mois pour les fonctionnaires (autrement dit, le dernier payé dans presque tous les cas). On aurait pensé trouver une rupture d’égalité dans la possibilité qu’ont de nombreuses catégories de partir (encore) à 50 ans ou 55 ans, rentes de situation qui n’ont plus beaucoup de sens aujourd’hui pour la plupart d’entre elles…

Si le Conseil constitutionnel tombe dans le piège, il n’y a plus qu’à rétablir les régimes spéciaux !

Pour terminer quelques paroles sélectionnées qui éclairent la réforme.

Alain Juppé : A vous de juger (14/10)

« La réforme des retraites est nécessaire”, affirme Martine Aubry. Bien. Mais laquelle? Mystère. Question assassine de Nicolas Beytout: ” Pour un jeune qui commence à travailler et à cotiser à 20 ans, l’âge de la retraite à taux plein viendra à 62 ans dans la réforme Sarkozy et à 61,5 ans dans la vôtre. La différence justifie-t-elle l’ébullition actuelle?” Martine Aubry ne conteste pas les chiffres … et reste coite. »

François Fillon : Le bon sens (20/10)

Répondant au Président du groupe Nouveau Centre, à l’Assemblée Nationale : « La réforme actuelle, Monsieur le Président SAUVADET, elle n'est ni de droite ni de gauche. C'est la réforme du bon sens, et c'est la réforme de la République sociale ! Et je vous le dis, dans quelques temps, cette réforme fera l'objet, comme les autres, d'un large consensus national. »

 Jean-Pierre Raffarin : « Le temps manipulé » (21/10) 

« Au Sénat l’opposition joue la montre. Les discours bégayent, les amendements s’amoncellent, les arguments rebondissent, les suspensions de séances se succèdent, le temps passe, l’opposition parle, la majorité, lasse, patiente…
L’opposition guette la rue, en espérant que la rue sera plus efficace qu’elle même… »
 

Eric Woerth : Fiasco (28/10)

Invité du JT de 20 heures et commentant le reportage qui venait d’être diffusé dans lequel Laurent Fabius proclamait sentencieux « cette réforme c’est le fiasco du sarkozysme », « c’est surtout le fiasco du Parti Socialiste si l’on en juge par les propos contradictoires et le flou du projet »


 

 


 


OUTRANCES, EXCES, CONTRE-VERITES ET MAUVAISE FOI

 

L’affrontement entre le pouvoir et l’opposition sur la réforme des retraites, donne lieu, plus que de raison, à des excès de langage, des outrances et tout un catalogue de contre-vérités dont surtout la gauche et les syndicats font un usage immodéré, au point que le vocabulaire utilisé a glissé depuis longtemps dans le registre de la « guerre civile » (heureusement encore limitée aux mots)… où il n’est question que d’épreuve de force, de conflit, de bataille, d’affrontement.  

Le Gouvernement a résisté tant bien que mal à cette avalanche tout en ne répugnant pas aux échanges virils, notamment à l’Assemblée Nationale. La gauche prétend, par la voix de Jean-Marc Ayrault, avoir gagné la bataille de l’opinion : je pencherai plutôt pour une victoire de l’intox, du faux-semblant et du mensonge. Ceux qui prétendent défendre nos intérêts, en réalité, nous mentent. La vérité serait plutôt d’affirmer qu’elle a gagné la bataille de la démagogie !

Extraits d’une guérilla :

Petit florilège :

Pour qualifier le débat parlementaire qui a duré des centaines d’heures et permis dix-huit modifications importantes du texte :

« Naufrage démocratique », c’est l’expression utilisée par les élus de la gauche participant à la réunion de la commission paritaire Assemblée/Sénat ;

« Passage en force », locution martelée à tout moment dès qu’un micro est tendu, par les syndicalistes de tout poil ;

« Gouvernement sourd », expression préférée des élus du PS.

« Bernard Accoyer n’est que le pantin d’une farce sinistre » de Marisol Touraine, pour protester contre le rejet de l’obstruction socialiste qui voulait imposer 100 explications de vote.

« Il n’y a pas eu de concertation ni de négociations », la contre-vérité la plus diffusée par les syndicats

« On ne gouverne pas contre le peuple, contre les Français » comme si les manifestants étaient tous les Français…

Sur le contenu de la réforme :

« une réforme injuste qui ne règle rien », celle-là c’est l’antienne de Martine Brochen-Aubry

« Allégeance aux marché financiers », comme si la gauche pouvait s’en affranchir : c’est comme raser gratis.

« Les séniors prendront le travail des jeunes » autre contre-vérité énoncée par le Président de l’Unef et scandée par des lycéens programmés comme des « zhu zhu pet »

La cerise sur le gâteau :

« Le fiasco du sarkozysme », la dernière trouvaille de l’ineffable Fabius (un expert en fiascos)

« Un système tyrannique » pour qualifier les conditions de vote de la loi, c’est la nouvelle sortie de la Royal (après le système corrompu) qui n’est pas à une outrance près.

On pourrait y ajouter les sornettes d’Eva Joly ou  les saillies de Benoit Hamon ou encore les rodomontades du méchancon du Parti de Gauche, mais vraiment la liste serait trop longue. Et je ne voudrais pas vous lasser !